Note de l'auteur : Bonjour à tous, voici le deuxième chapitre de la fanfiction, en espérant que ça vous plaise. Bonne lecture.
Les petits congés scolaires de Noël étaient enfin arrivés. Misaki avait le pressentiment d'avoir plutôt bien réussi ses examens et était assez fier de lui. Après tout, s'il voulait faire comme son ami et se trouver un petit travail pour ne plus être dépendant de ses parents, c'était bien là la meilleure façon de réussir. Ce samedi, il devait se rendre en ville afin de faire ses achats de Noël, et il avait décidé de retrouver son frère. Se sentant plus léger, il se mit en route pour la ville après avoir enfilé des vêtements bien chauds. Misaki comptait bien passer un bon moment avec son grand frère. Ils se retrouvèrent au centre de la ville et commencèrent à arpenter les boutiques, en quête de présents. En fin d'après-midi, alors qu'ils avaient réglé la plupart de leurs achats, une neige épaisse se mis à tomber. Ils décidèrent de rentrer et Takahiro proposa à son frère de venir chez lui. Une fois à l'intérieur, Misaki sortit un petit paquet de sa poche et le tendit à son ainé.
« C'est pas grand-chose, mais voilà… Je voulais quand même te faire plaisir, tu en fais tellement pour moi. Joyeux Noël, ajouta-t-il.
— Oh, merci beaucoup Misaki !, fit le plus âgé en retirant l'emballage. »
Du paquet, il sortit une petite boîte bleue qu'il ouvrit. Une jolie montre simple s'y trouvait.
« Elle est très jolie !, s'exclama Takahiro, le regard brillant. Ça me fait vraiment plaisir.
— Content que ça te plaise, répondit Misaki. »
Ils finirent la soirée en buvant un peu de saké et en discutant de tout et de rien.
Takahiro voulu que Misaki reste dormir, alors il installa un matelas dans sa chambre pour qu'ils puissent continuer à discuter, comme au bon vieux temps.
« Tu sais Misaki, commença Takahiro alors qu'ils venaient d'éteindre les lumières. Cette soirée me rappelle beaucoup celle d'il y a deux ans, tu te souviens ? Quand il neigeait très fort, et que j'habitais encore dans ce petit appartement…
— Oui, dit simplement le plus jeune. Je m'en souviens…
— C'était la fin du lycée, pour toi… La fin de la vie tranquille ! Et puis, les parents s'inquiétaient pour toi, mais au final, tu t'en es plutôt bien sorti ! »
Misaki écarquilla les yeux. Il s'agissait bien là de l'une des premières fois que son frère lui faisait un tel compliment. Ce fut sur cette dernière conversation que les deux frères s'endormirent, en repensant à leur journée.
La soirée suivante, ils furent invités par leurs parents pour fêter Noël en famille. Ils s'y rendirent tous les deux après être passés chez le fleuriste. Leur mère fit une étreinte au plus grand en lui souhaitant son anniversaire, et accueillit Misaki avec un simple « bonjour ». Ils se mirent à table et une discussion banale commença. Misaki y prit à peine part, préférant écouter sans y porter attention. Lorsqu'ils en virent à parler du travail de Takahiro et de ses étudiants, le plus jeune leva les yeux au ciel. Les conversations était toujours les mêmes, et il était prêt à parier qu'ils allaient parler de lui dans moins de cinq minutes. Il eut raison, puisque son père lui demanda :
« Et toi, Misaki ? Tu as trouvé quelque chose, hein mon garçon ? »
Il soupira, et dit sur un air blasé :
« Non…
— Non ?, répéta sa mère. Tu sais Misaki, on ne va pas te payer ton logement et tes études indéfiniment. Dans moins de dix ans, nous serons à la retraite. Il faut qu'on commence à économiser, si on veut vivre correctement.
— Je sais, marmonna-t-il en baissant la tête. »
Lui qui avait cru que sa relation avec ses parents s'améliorerait en même temps que celle de son frère… Il avait eu tort, et se sentait stupide d'avoir imaginé cela.
Sa mère soupira puis se tourna vers Takahiro, pour reprendre la conversation en changeant de sujet. Ce avec cette même ambiance qu'ils entamèrent le dessert.
« Le temps passe tellement vite, commenta leur père en riant. »
Ils lui offrirent une jolie veste bleue à Takahiro qui les remercia en leur faisant une étreinte. Misaki, lui, reçut des chaussures de ville. Au lieu de retourner s'asseoir, son frère resta debout, comme s'il allait faire un discours. Il se racla la gorge, et dit avec un air presque solennel :
« Papa, maman… J'aimerais vous présenter quelqu'un, que j'ai rencontré lors d'une sortie entre collègues. Je l'ai déjà présentée à Misaki, et ils se sont tout de suite bien entendus. C'est une charmante jeune fille, et j'apprécie beaucoup son caractère.
— Nous sommes heureux pour toi, Takahiro, fit leur père avec un grand sourire.
— Depuis le temps qu'on attendait ça !, ajouta leur mère. Alors, comment s'appelle cette chanceuse jeune fille ?
— Eri Aikawa. Je crois que j'ai trouvé la bonne, cette fois. »
Leurs parents vinrent lui faire une autre étreinte, tandis que Misaki les regarda de sa place. Il ne s'attendait pas à ce que Takahiro l'annonce aussi rapidement à ses parents, mais il ne fit aucun commentaire et alla féliciter son frère une deuxième fois. La journée se termina lentement et Misaki préféra rentrer chez lui. Il les salua et repartit de son côté. Le lendemain, il décida de rester dans son appartement. Cependant, il entendit quelqu'un frapper à sa porte en fin de matinée. Il ouvrit.
« Hey Misaki. »
C'était Shizuku, plein de documents sous les bras.
« Tu peux me donner un petit coup de main, s'il-te-plaît ?, lui demanda-t-il, essoufflé.
— Oui, tout de suite, fit Misaki en lui prenant quelques papiers pour l'aider. Où doit-on amener ça ?
— Marukawa. Il faut qu'on y aille tout de suite. Merci pour l'aide, répondit Shizuku. J'ai dû porter tout ça depuis chez moi mais je me suis rendu compte que je ne pourrai jamais y arriver tout seul… »
Ils s'y rendirent, courant presque, et entrèrent à toute vitesse. Son ami lui indiqua l'ascenseur en lui disant qu'il trouverait « une certaine Mademoiselle Aikawa » à l'étage pour lui remettre les « documents confidentiels », tandis que lui devait en porter d'autres à son supérieur. Le brun s'y rendit, après que son ami soit parti en courant de l'autre côté. Il prit donc l'ascenseur, et monta au troisième étage. Il tomba directement sur Aikawa, qui attendait devant une porte.
« Misaki, c'est toi ! Et tu as les documents, parfait ! Pourquoi est-ce que c'est toi qui viens les apporter, d'ailleurs ?, demanda-t-elle, visiblement surprise.
— Shizuku m'a fait venir ici, il avait besoin d'aide, fit-il en reprenant son souffle.
— Je vois. Merci beaucoup, en tout cas.
— Je vous en prie, répondit le plus jeune en s'apprêtant à partir. »
Alors qu'il allait se retourner, l'inscription sur la porte devant laquelle attendait Aikawa attira son regard. Il put y lire : Kyo Ijuuin – Prière de ne pas déranger.
Il ne bougea plus pendant un moment, avant de s'exclamer :
« Kyo Ijuuin ?! Le vrai ? Mademoiselle Aikawa, est-ce que c'est bien lui ? »
La jeune femme passa une main derrière la tête, gênée et ne sachant que répondre. Un homme arriva derrière eux, les regarda et dit :
« Qu'est-ce qu'il se passe, ici ?
— Ah, Isaka, vous tombez bien, dit Aikawa. Vous savez, à propos d'Ijuuin…, continua-t-elle en chuchotant. Vous pensez que si on lui présente un de ses plus grands fans, ça marchera ?
— Hm… Ce gamin est vraiment fan ?, demanda-t-il en chuchotant aussi. Si c'est le cas, emmenez-le, on peut toujours essayer ça…
— Misaki !, s'exclama l'éditrice avec un sourire qui fit froid dans le dos du plus jeune. Tu aimerais rencontrer monsieur Ijuuin, n'est-ce pas ? »
Le brun hocha la tête, des étoiles dans les yeux.
« Parfait, suis-moi, fit-elle en ouvrant la porte. »
À l'intérieur, il faisait très sombre. Misaki cru même entendre un râlement.
« Monsieur Ijuuin, debout !, s'exclama Aikawa. Je vous ai amené votre plus grand fan !
— Hm…, répondit une voix au loin. »
Ils avancèrent en trébuchant sur des objets non identifiés, et la jeune femme alluma la lumière. Le bureau était assez grand, mais le sol était parsemé de livres de toutes sortes. Tout au fond de la pièce, se trouvait un homme aux cheveux noirs, assis à son bureau, la tête penchée vers le bas.
« Vas-y, Misaki, dit Aikawa en l'encourageant. Je crois en toi ! »
Le petit brun eut l'impression de s'être fait embarquer dans quelque chose d'étrange, mais la passion qu'il avait pour le manga The Kan lui fit tout oublier. Il avança en essayant d'esquiver tous les obstacles et arriva devant le grand bureau. Quand il le vit, Misaki fut paralysé de joie.
« Monsieur Ijuuin !, dit-il une fois devant l'auteur, qui avait relevé la tête. C'est un honneur de vous rencontrer. Je m'appelle Misaki Takahashi, et j'adore tout ce que vous faites ! »
L'homme ne répondit pas et se contenta de le regarder.
« Je ne sais pas vraiment pourquoi vous êtes dans cet état, mais en tout cas, continuez votre manga ! L'histoire est passionnante, et les personnages sont vraiment attachants ! Je connais d'autres fans de vous, et on est tous d'accord pour dire que c'est le meilleur manga de tous les temps ! Vraiment, je vous adore !, termina-t-il avec une voix pleine d'émotions.
— Alors il y a encore des gens qui lisent ça, hein ? Je vois…, fit l'auteur en le fixant.
— Allez, viens Misaki, c'est bon, lui dit Aikawa en avançant.
— Attendez ! E-est-ce que je peux avoir un autographe s'il-vous-plaît monsieur Ijuuin ?, demanda Misaki d'une traite. »
Le concerné écarquilla les yeux. Il y eut un moment de flottement, avant qu'il n'arrache un morceau de feuille sur lequel il griffonna rapidement. Il le tendit ensuite à Misaki, qui le remercia chaleureusement, en n'en revenant toujours pas. Juste avant qu'Aikawa et lui ne franchissent la porte, Ijuuin marmonna :
« Merci. »
Une fois sorti, Misaki essaya de se calmer. Il venait très certainement de réaliser l'un de ses rêves ! Il ne remarqua même pas Isaka détacher rapidement son oreille de la porte et partir en trottinant dans la direction opposée.
« Monsieur Misaki ?, appela une voix masculine. Voulez-vous bien me suivre, je vous prie. »
Un grand homme blond se tenait derrière lui et le regardait, le visage dénudé d'expression.
« Vas-y !, lui fit Aikawa avec un regard qui se voulait rassurant. »
L'homme l'emmena à quelques portes plus loin, et le fit entrer dans un bureau.
« Si vous voulez bien attendre ici, lui dit-il sur le même ton neutre. »
Le jeune homme s'assit et attendit patiemment. L'homme qui l'avait autorisé à rencontrer monsieur Ijuuin entra, et le dévisagea. Puis, après quelques secondes, il lui annonça :
« Dis-moi, gamin, est-ce que ça te dirait de travailler chez Marukawa ? »
Misaki écarquilla les yeux, surpris. Lui qui avait tant espéré trouver un petit travail, allait se retrouver aux éditions Marukawa.
« Avec grand plaisir, monsieur !, s'exclama t'il en s'inclinant. Je ferai de mon mieux !
— Parfait, lui répondit-t-il. Au fait, moi, c'est Ryuichiro Isaka, et je suis le directeur-en-chef de Marukawa.
— R-ravi de faire votre connaissance, monsieur, dit le plus jeune à toute vitesse, ne s'attendant pas du tout à une telle révélation.
— Et toi, tu es…
— Misaki Takahashi, monsieur !
— Très bien, gamin. Tu commences demain. »
Le lendemain, Misaki se rendit à Marukawa à la première heure du matin. L'établissement était déjà ouvert, alors il entra, pressé de voir ce qui allait l'attendre. Il se rendit dans le bureau de monsieur Isaka, comme ce dernier lui avait dit de faire. Il frappa deux coups à la porte et entra.
« Bonjour monsieur, dit-il en s'inclinant.
— Bonjour, Takahashi !, répondit le directeur-en-chef en lui faisant un signe de la main. Ce matin, tu vas faire une petite visite de l'établissement. Comme ça, tu pourras voir avec qui tu feras équipe. C'est Asahina, mon assistant, qui t'accompagnera. Ensuite, cet après-midi, tu commenceras vraiment !
— Très bien, répondit le jeune homme en sortant avec l'assistant. »
Ils prirent l'ascenseur pour monter à chaque étage. Dans les couloirs, ils se rendirent de bureaux en bureaux.
« Voici le département des Shonen. Voici celui des Seinen. Ici, celui des Shojo. À cet étage, c'est les romans en tous genres. C'est là où tu travailleras. »
Il lui présenta les différents responsables de chaque département, puis ils se rendirent de nouveau dans le bureau d'Isaka.
« Parfait, dit-il. Tu peux prendre ta pause et revenir tout à l'heure ! Profites-en pour regarder un peu comment ça se passe ! »
Il monta au deuxième étage, là où se trouvait Aikawa. Le bureau où elle travaillait était assez grand, et quelques assistants s'y trouvaient. La jeune femme remarqua Misaki, et lui dit en souriant :
« Bonjour Misaki ! Alors, tu t'y fais ?
— Oui, l'ambiance est vraiment bien !, répondit-il en souriant à son tour. »
Aikawa tourna la tête en faisant un rictus nerveux.
« C'est ce qu'ils disent au début, oui…, fit-elle en marmonnant.
— Qu'avez-vous dit mademoiselle Aikawa ?, demanda-t-il, peu certain d'avoir compris.
La jeune femme était déjà partie.
Après avoir déjeuné rapidement, Misaki se fit confier la tâche d'aider le département des Shonen chose qu'il fit avec grand plaisir. Isaka revint le voir en fin de journée.
« Tout se passe bien, gamin ?, lui demanda-t-il en l'observant.
— Parfaitement bien, Monsieur ! Ce secteur m'intéresse beaucoup, alors c'est plutôt sympa, répondit le plus jeune en souriant.
— Tant mieux. Tu peux y aller, je pense que ça fait assez pour aujourd'hui.
— Très bien. Au revoir, Monsieur, fit-il en s'inclinant. »
Il était dix-sept heures et demie et le ciel commençait à devenir sombre. Misaki ne traîna pas plus que nécessaire en sortant de l'imposant bâtiment. Il rentra en marchant calmement dans les rues presque désertes.
Alors qu'il arpentait les longs couloirs de Marukawa, Shizuku se retrouva devant le bureau d'Ijuuin. Il s'y arrêta quelques temps, se demandant si l'auteur était toujours dans le même état. Il ne s'attendit pas à ce qu'il entendit, en collant son oreille contre la porte.
« Amenez-moi Aikawa !
— Enfin, monsieur… Reprenez-vous…
— Amenez-moi Aikawa, sur le champ. Vous êtes un éditeur incompétent, et j'ai hâte de me débarrasser de vous. »
Shizuku se décida à ne pas en écouter plus lorsqu'il entendit des bruits de pas approcher de la porte. Il se remit en marche et attendit de voir qui sortait. Il s'agissait de l'éditeur d'Ijuuin, un vieil homme proche de la retraite. Ce dernier courra comme il le put dans la direction opposée, sûrement pour chercher Aikawa. Cette dernière arriva dix bonnes minutes après que Shizuku ne soit parti. Elle entra, pour tomber sur une scène qu'elle n'aurait jamais cru voir. Monsieur Ijuuin était debout et l'attendait, le vêtement impeccable.
« Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?, lui demanda l'éditrice.
— Vous voilà enfin, parfait. Asseyez-vous, je vous en prie. »
Aikawa obéit, se demandant ce qui allait suivre.
« Bien, fit le mangaka en réajustant sa tenue. Vous vous souvenez de la fois où vous m'avez amené un jeune homme qui voulait me voir ?
— Bien sûr, lui répondit-elle en essayant de s'imaginer ce qui allait suivre.
— Serait-ce possible de revoir ce jeune homme ?, demanda-t-il.
— Heu, oui, pourquoi cela ?, l'interrogea-t-elle, surprise.
— Voyez-vous, il se trouve que cette personne m'a donné le courage de continuer. Malgré le peu qu'il m'a dit, j'ai senti la sincérité de ses propos. C'est pourquoi je voudrais le revoir pour le remercier, avant de me remettre à travailler.
— Évidemment !, s'exclama Aikawa, avec un grand sourire. Je le contacte tout de suite ! »
Elle s'empressa de composer le numéro de Misaki, et réussit à décrocher un « rendez-vous ».
« C'est fait !, annonça-t-elle. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je dois aller voir monsieur Isaka. Passez une bonne journée !
— Attendez !, fit Ijuuin en la retenant par la manche. Comment s'appelle-t-il ? »
Aikawa lui jeta un regard interrogateur avant de lui répondre :
« Misaki Takahashi. »
Puis elle sortit du bureau, courant presque.
Resté à l'intérieur, Ijuuin murmura pour lui-même :
« Misaki… »
Shizuku se détacha de la porte. Son visage ne montrait aucune émotion. Il marcha jusqu'au fond du couloir, prit l'ascenseur et sortit de Marukawa. Il prit le métro pour rentrer chez lui.
En ce moment même, chez monsieur et madame Takahashi, Misaki avait les yeux écarquillés et la bouche grande ouverte. Son frère n'en menait pas plus large.
« Oui, vous avez bien entendu et non, vous ne rêvez pas : nous avons décidé de partir vivre à Hokkaido, dès l'année prochaine, réitéra leur mère.
— Il s'agit là d'une décision que nous avons prise en commun, après avoir longuement réfléchi, ajouta leur père.
— Ça nous fera du bien de changer un peu d'air. Et puis, vous avez largement l'âge de vivre votre vie chacun de votre côté, termina-t-elle en lançant un regard plein de sous-entendus à Misaki.
