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J'ai toujours trouvé les couloirs des lycées d'une étrange beauté. Ils inspiraient lentement les élèves dans les salles de classe puis les expiraient à toute vitesse, une heure plus tard. Ici, comme le voulait la coutume dans certains bahuts, chaque porte avait un nom. Celle dont je sortais s'appelait Max Planck et celle d'en face arborait le nom Lucy In The Sky en lettres d'or.

Les murs du couloir étaient lambrissés pour leur partie basse avec des lattes de bois brun. Le papier peint, au-dessus, était caché par les innombrables tableaux et panneaux de lièges, chargés de notes multicolores.

J'aimais aussi le lino, qui était vert pisse. Ça me faisait penser au roman de Stephen King, La Ligne Verte, où les condamnés à mort attendaient de s'assoir sur la Chaise. Dans le livre, on jugeait John Caffey à tort. L'électricité était passée dans son corps jusqu'à ce que mort s'en suive. Pas pour ce qu'il avait fait, car il n'avait rien fait, mais pour ce qu'il était. Ça m'a rappelé quelqu'un.

J'ai quitté le couloir par une porte qui n'avait pas de nom. J'ai pris la cage d'escalier et j'ai rejoins le self. J'avais des pancakes à manger et une tête à garder baissée.

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