Message aux lectrices : J'ai décidé de poster des parties plutôt courtes et je crois vais garder le pairing d'origine, tant pis pour le choc psychologique des yunjae fangirl XD [Merci Pikanox 3] Ce chapitre n'est que de narration et fait encore guise d'introduction parce qu'il pose surtout le contexte, l'environnement et le caractère aussi.


CHAPITRE I

Il était dix-huit heures trente tapantes d'après l'horloge municipale. Comme tous les jours, Kim Jaejoong s'installait à la terrasse de son café favoris. Placé au centre de la ville dans une avenue piétonne qui joutait la place marchande, il appréciait l'animation paisible qui enveloppait les lieux. Pas de circulation bruyante, seuls des mouvements de personnes plus ou moins silencieuses. Il avait fait sienne cette table légèrement en retrait. Il estimait qu'elle était un peu comme lui. D'apparence passe-partout avec ce quelque chose qui ne manquait pas d'attirer l'attention. Et bien sûr, il aimait ça.

L'humilité était un trait de caractère qu'il avait appris avec le temps. Il en maîtrisait les expressions à la perfection. Mais honnêtement, il était bien trop heureux de susciter autant de compliments, admiration et jalousie pour être sincère.

Oui, cet endroit était le sien. Il en avait pris possession un beau jour d'automne. Emmitouflé dans son blouson en cuir signé Verazzano, il s'était assis à cette terrasse et avait regardé ces nombreux mouvements humains. Toutes ces petites fourmis qui s'activaient, obnubilées par des préoccupations futiles.

La première chose qui lui avait plu ici, c'était qu'il pouvait voir toutes ces banalités quotidiennes sans la moindre restriction. Il pouvait observer, détailler, juger à guise. La seconde, c'était que personne ne pouvait réellement ignorer sa présence. Et ça, c'était une chose qu'il aimait savourer avec délectation. Ces regards remplis d'envie qu'il feignait ne pas sentir, ces petits gloussements féminins qu'il semblait ne pas entendre, jamais il n'aurait pu vivre sans ces multiples attentions qui flattaient son égo.

Il aimait cet endroit et avait même finit par en faire son principal espace de détente. Il avait abandonné à son profit les boites de nuit et ne ressentait plus le moindre besoin d'écumer les bars de seconde zone en quête de divertissement. Il n'en avait plus besoin. Ce petit café lui offrait tout ce qu'il désirait désormais. Et la distraction n'en était que plus plaisante.

Parfois, rarement, il s'installait discrètement et se contentait de regarder les passants. Laissant les heures défiler avec pour seule compagnie un demi ou un verre de blanc lorsqu'il était d'humeur sereine. Cependant, la plupart du temps il prenait place avec une assurance qu'il savait camoufler et commandait un jus de fruit ou un soda. Dominant l'espace de son aura si particulière et si bien exploitée.

À ces occasions, son regard analysait les environs et il choisissait sa cible. Ses préférences se portaient en priorité sur les autres consommateurs, sa tâche n'en était que simplifiée. Son jeu était parfaitement rodé. Il choisissait, jouait et gagnait. Tout était parfaitement planifié. Il maitrisait à la perfection ce jeu d'acteur et toujours il obtenait ce qu'il voulait. Il alliait son physique qu'il jugeait lui-même avantageux à un caractère naïf qu'il adaptait parfois à ses proie et à une apparence aisée qui aidait à taire toute réticence. C'était simple, tout le monde finissait par succomber.

Ce jour-là, il se laissa tomber mollement sur la chaise plastifiée. Il était fatigué, blasé de son travail de bureau enfermé dans un bâtiment moite bien que surchauffé. Il n'avait aucune envie de rentrer chez lui. Par habitude il commanda un jus de pêche à la serveuse qui se présentait à sa table. Ses yeux parcoururent rapidement les alentours sans trouver d'endroit plaisant où se poser. Il n'y avait pas foule ni dans les magasins, ni dans les rues. Les nuages grisonnant et la légère brume qui tombait encourageaient les quelques courageux qui avaient daignés braver le froid à rentrer chez eux. Le printemps était déjà installé depuis deux semaines, mais seul le calendrier permettait de garder en mémoire cette réalité.

Pour la première fois depuis qu'il avait découvert les lieux, il s'ennuyait ferme. Pas le moindre divertissement à l'horizon. Pourtant, aujourd'hui plus que jamais, il en avait besoin. Ses doigts pianotaient sur la table, marquant sa contrariété. Il devait faire passer l'agacement de sa journée, les remontrances incessantes à propos de sa désinvolture de la part du grand patron, qui malheureusement pour lui était accessoirement son paternel. Il voulait oublier ses heures de figuration à attendre la conclusion d'un contrat dont il n'avait rien à faire. Pourquoi ne pouvait-il pas avoir ce qu'il lui fallait au bon moment ?

Il frotta son visage de ses mains sans se retenir de soupirer. Étirant ses pieds sous la table, il s'allongea sur sa chaise fétiche et bascula sa tête en arrière, faisant retomber mollement ses bras le long des accoudoirs. Il n'avait même pas le courage de tenir correctement son image si bien construite tant il était déçu. Malgré ses yeux clos, il sentit une présence une présence à ses côtés et se reprit en main, se redressant immédiatement avec une expression confuse en constatant que l'employée intérimaire venait déposer sa commande. Il savait parfaitement que comme les autres, elle ne resterait pas longtemps à travailler ici. Après tout l'offre d'emplois temporaires pour étudiants semblait être la politique de la maison. Il devait avouer que ça l'arrangeait beaucoup, mais il préférait surveiller ses arrières, il n'aimait pas que n'importe qui soit capable de le percer à jour.

Bien droit sur son siège, il la remercia, revêtant son air de composition et secoua le jus de fruit avant de commencer à en verser le contenu dans son verre multicolore. Il plongea sa paille dans le liquide, jouant de cet arc en ciel de couleur avant de la porter à sa bouche. Un nouveau client dépassa les arbustes artificiels de décoration pour traverser la terrasse. Son regard fut instantanément captivé par cette silhouette qu'il reconnaitrait entre mille pour l'avoir si souvent eut devant les yeux.

Après tout, il trouverait peut-être le moyen d'égayer sa soirée.