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Chapitre 2

-Est-ce que tout va bien ? Mathilde scrutait le visage livide de Drago avec inquiétude.

-Laissez-moi seul, lui lança-t-il sèchement. Ne voyant aucune réponse de sa part, il hurla de nouveau qu'il voulait qu'elle parte, ferma les paupières et c'est avec lassitude qu'il entendit le son des talons s'éloigner. Mathilde avait emporté avec elle sa vieille mère par sécurité, aussi le jeune homme se retrouvait complètement seul face à son désarrois.

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Drago, six ans, fixait avec peur son elfe de maison qui arborait un œil au beurre noir et deux larges ecchymoses sur le bras gauche.

-Bobo ? Pleura-t-il en fixant les blessures, incapable d'assimiler qu'il avait devant lui les actes de son père, digne Malfoy avec des dizaines d'elfes sous son toit.

L'elfe lui sourit doucement et l'avait raccompagné dans sa chambre. Sa mère s'y trouvait et remarqua que son fils avait le visage bouffi et les yeux rouges. Sermonnant l'elfe d'avoir attristé son seul héritier, elle poussa son esclave hors de la chambre et força Drago à se coucher le cœur gros.

Quelques années plus tard, Drago revenait de Poudlard et se fit rentrer dedans par une sublime créature aux yeux clairs et à la peau aussi noire que la nuit –il n'en avait jamais vu de semblable. Elle gardait sa main sur sa joue et sanglotait sans retenue, essayant en vain de cacher son buste découvert par les pans de tissus de sa robe fraichement déchirée. Le soir, au souper, Lucius expliqua à Malfoy les envies parfois brusque que l'homme ressentait envers la gente féminine. En sortant du repas, Drago était convaincu que son père avait agit noblement, vu que la jeune femme était non seulement de race inférieure mais en plus moldue. Endoctriné, il s'amusa l'année suivante à s'imaginer faire les mêmes choses à sa sang-de-bourbe préférée : Hermione. Il n'avait jamais osé, mais l'idée de la voir pleurer comme cette femme, de la savoir démunie lui donnait de délicieux frissons dans le dos.

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Certes, son père le corrigeait, surtout lorsqu'il était très jeune. Les sangs purs ne prenaient guère le temps d'écouter leurs enfants alors pour combler leurs devoirs parentaux, ils corrigeaient lors de mouvements fautifs ou de notes trop basses. Ce type de traitement avait valu à Drago une des meilleures moyennes durant ses années à Poudlard mais avait aussi coûté sa relation avec son père, ainsi que bien des nuits de terreur. Distant et difficile, rien n'était assez bon pour Lucius et tout avait dégénéré à l'arrivée du Lord Noir. Face aux nombreux échec de son paternel, Drago comprit que s'il suivait le Lord, il protègerait sa famille mais aussi, il pourrait tenter d'obtenir la reconnaissance et la fierté paternelle. Sauf que lui aussi avait échoué et bien que son père n'avais pas fait mieux, l'homme en voulu profondément à son enfant, le tenant pour responsable de leurs pertes matérielles suite à la guerre. De là à essayer de le tuer lui semblait pourtant exagéré.

Anéantis, détruis, brisé. Il avait eu toute sa vie comme seul objectif de rejoindre dignement le clan Malfoy, de rendre fier son père, de voir en lui une once de plaisir à rester près de son seul fils; tous ses efforts, toutes ses démarches, toutes ces années à vivre la vie qu'on lui prédestinait; tout cela pour finir dans une sombre ruelle, laissé pour mort.

-Qu'ais-je fait, père, pour mériter pareil dédain. Pourquoi la haine prévaut-elle sur ce sang si pur dont vous vous targuez sans cesse depuis ma naissance ? Pourquoi je dois continuer à vivre sous cette façade si vous, de votre coté, ne me laissez pas vous aimer ? À quoi bon vivre ainsi ?

Son univers si savamment construis depuis sa tendre enfance s'écroulait au moment où il réalisait que tout ses efforts avaient été vains.

Il aurait put tout faire différemment. Il aurait put vivre sa vie avec sincérité, redonner l'affection qu'il recevait de sa mère et de Pansy, dédaigner l'absence d'amour de son père et rejeter ses faux amis. Oublier l'importance du sang, de la lignée, du rang social. Il aurait pu approcher cette fille qu'il trouvait si belle en quatrième année; celle qui restait des heures près du lac à scruter le paysage sans cligner des yeux. Il aurait pu chasser un peu sa rancœur, son dégout des autres et sa volonté à montrer sa supériorité. Il aurait pu sourire, dire merci à Rogue pour son aide en moments troubles, montrer son intérêt réel pour la métamorphose et la botanique. Si son père ne lui avait pas semblé si important, si crucial, alors toute sa vie se serait transformée.

Les remords, la rage d'avoir seulement subit plutôt qu'agit; la tristesse, la honte; toutes ses émotions sagement enfouies refirent surface en même temps qu'une douleur quasi impossible dans sa jambe. Les larmes dévalèrent sur ses joues, baignant son cou et ses épaules comme une pluie amère. Secoué, tremblant de tous ses membres, il ne put s'empêcher de grogner de douleur – physique et morale – tout en pleurant de plus en plus fort. Cette fois, il ne remarqua pas la femme à ses coté lorsqu'il tourna de l'œil, le cerveau brulant et le cœur aussi lourd qu'au lendemain de la bataille finale.