Je parcours les derniers mètres qui me séparent de lui à toute allure et me jette dans ses bras. Je suppose que ma réaction doit le troubler car il reste quelques secondes abasourdit puis se décide enfin à me serrer contre lui.
Les deux mains dans son dos, je l'enlace de toutes mes forces tandis que des larmes me montent aux yeux mais je ne fais aucun effort pour les retenir. Après ce moment qui ressemble une éternité, je m'écarte un peu de lui, juste assez pour lever la tête vers son visage.
- Bonsoir Claire.
J'étouffe un sanglot et me dégage un peu plus de lui, sachant que le fait d'être collée à lui pourrait paraître déplacé. Je suis incapable de dire quoique ce soit et il en profite pour essuyer une de mes larmes. Mon Dieu, ce geste. Sa main effleure ma joue avec tellement de douceur que j'ai l'impression que mon cœur va exploser. Je fais un énorme effort pour me ressaisir et lâche :
- Peter …
- Oui.
Ce regard … Ces magnifiques yeux marron sont posés sur moi et semblent analyser chacune de mes réactions.
- Comment … ? tenté-je de demander.
Je plaque une main sur ma bouche pour étouffer un autre sanglot et il me saisit par la nuque pour me blottir contre lui. Si je m'étais écartée de lui par crainte de geste déplacé, celui là l'était partiellement. Ou peut-être pas.
Je pose mes deux mains sur son torse et pleure sans aucune retenue. Malgré les secousses qui agitent mon pauvre corps, je sens le baiser qu'il applique sur mes cheveux. J'ai l'impression de me liquéfier mais ce n'est qu'une impression je vous rassure.
Allez Claire, il faut que tu te ressaisisses. J'inspire profondément et tente de me dégager de son étreinte. Je suis dingue de faire une telle chose … Je resterais bien dans ses bras pendant une vie ou deux. Mais, il faut que je sois raisonnable. Alors, je m'écarte pour de bon, tandis qu'il ôte délicatement sa main de ma nuque, et je laisse quelques centimètres de distance de sécurité entre nous. Je l'interroge du regard et il se décide enfin à m'expliquer après avoir remis sa mèche derrière son oreille :
- Je ne suis pas mort.
Je manque d'éclater de rire et réplique :
- C'est ce que je vois.
- Il y a bien eu une explosion. J'ai explosé. Mais il n'y pas eu de répercussion sur moi. Ni sur Nathan d'ailleurs. Ton père est en vie, Claire.
Ouah. Deux bonnes nouvelles en une. Cependant, ça ou un panneau écrit en grand « Je suis ton oncle », même combat. Bizarrement, cette phrase m'aide à calmer les sentiments qui me bouleversent depuis que je l'ai aperçu. Peter poursuit son récit :
- Il a pu s'éloigner assez pour ne pas être touché par l'explosion et est revenu me rattraper. Et nous avons atterri en Irlande. Mais en arrivant à terre, on s'est rendu compte que nous n'avions plus aucun pouvoir. C'est pourquoi notre retour en Amérique a été très difficile.
Je hoche la tête en signe de compréhension tandis qu'il continue :
- On a pensé que c'était du aux radiations à cause de l'explosion. Tu sais …
- Oui, Ted était radioactif.
- Voilà. Mais tout est arrangé maintenant, on les a retrouvé hier. J'en ai tout de suite profité pour …
Pour me voir ? Oh, Peter … Vas-y, dis le !
- … Pour te voir.
Ouah !! Ok, du calme. C'est juste notre relation oncle-nièce qui ressort. Je lui adresse un de mes plus magnifiques sourires tant que son aveu me va droit au cœur.
- C'est gentil.
- C'est normal, rectifie t-il.
Un ange passe et le regard de Peter dérive sur la vitrine. Il me dit alors :
- C'est à cet endroit qu'on s'est rencontré.
Je regarde à mon tour les photos, les souvenirs, les coupures de journaux et la plaque où il est inscrit « Jackie Wilcox, notre amie bien-aimée ». Je lâche :
- A ce moment là, cette vitrine était plus joyeuse.
- Une pom-pom girl qui avait sauvé un homme d'un incendie. Je me souviens de notre discussion. Je pensais que c'était elle la cheerleader à sauver.
- C'était une fille bien. Au fond, rajouté-je après réflexion.
- Qui a menti à tout le monde et s'est accaparée ton acte de bravoure, rappelle Peter. S'il elle ne s'était pas vantée, elle serait encore en vie.
- Peut-être, avoué-je.
Je tourne la tête en direction de Peter qui reporte son attention sur moi :
- Claire, ce que je vais te dire ne sera pas facile à entendre.
Mon cœur fait un bond dans ma poitrine et je fais un effort surhumain pour me contrôler. On ne s'emballe pas, Claire, on attend de voir ce qu'il va dire et après on pourra exploser. Peter ne me quitte pas de yeux et se lance :
- Sylar est encore en vie.
Effondrement total. De un, parce que j'aurais préféré un aveu plus … heureux et de deux, car cette nouvelle est synonyme d'un tas de problèmes et de souffrances. Je crois que mon visage exprime mes sentiments plus que je ne le voudrais car Peter s'empresse d'ajouter :
- Tu n'as pas à t'inquiéter.
Je dévisage Peter, l'air dubitatif :
- Ah bon ?
- Bien sûr. Tu n'as quand même pas oublié que je suis ton héros?
Son sourire en coin m'ôte toutes peurs et j'ai plus qu'envie de lui faire confiance. Je déclare alors :
- Dans ce cas, je n'ai pas peur.
Il s'approche lentement de moi et pendant une seconde, tout mon corps se raidit. Finalement, il pose sa main droite sur mon épaule et me dit :
- Si on rentrait chez toi maintenant ?
Une fois de plus, mon air surprit l'incite à développer :
- Il faut que je parle à Monsieur B… à ton père.
Peter enlève sa main et nous nous mettons en route, après que j'ai jeté un dernier coup d'œil à Jackie. En marchant côte à côte dans le couloir, je ne peux m'empêcher de demander :
- Et comment ça va se passer ce coup-ci ? Je vais de nouveau partir à Paris ? Même si je n'y suis jamais allée, rajouté-je.
- Tu verras, me répond t-il mystérieusement, en me lançant un regard à faire fondre tous les sommets enneigés du monde.
Nous sortons du bâtiment et nous nous fondons dans la foule. En passant devant elles, un groupe de filles nous observe, l'air étonné. Et là, j'ai envie de crier, scander, hurler : « C'est mon oncle, mon héros ». Bravo Claire, on atteint le summum de la craignitude.
- Ca me touche ce que tu penses de moi, lance Peter sur un ton naturel.
Je manque de m'étouffer avec ma salive alors qu'il m'apprend :
- Je peux lire dans les pensées. J'ai récupéré ce pouvoir sur Matt Parkmann.
Que quelqu'un me vienne en aide !
- Claire ?
- Zach ! répondé-je en stoppant net.
Mon meilleur ami observe Peter d'un œil douteux et je m'empresse de lui expliquer :
- C'est mon … mon oncle.
- Oh ! J'ignorais que tu en avais un.
Zach redresse son sac à dos sur son épaule et me lance :
- Dans ce cas, à demain.
- Oui, à demain.
Je lui souris et il s'éloigne en marche arrière pendant un instant, en me regardant, puis se retourne pour traverser la rue.
- C'est ton petit ami ?
Je lève les yeux en direction de Peter et suis surprise d'y découvrir un visage grave.
- Non, juste mon meilleur ami, dis-je.
Il hoche pensivement la tête et nous nous remettons en route.
Je tourne la clé dans la serrure et pousse la porte d'entrée. Je glisse ma tête dans l'entrebâillement et lance :
- Maman ? Papa ? Lyle ?
Pas de réponse. Je pénètre dans la maison, suivie de Peter qui referme la porte derrière moi. Je jette négligemment mon sac près des escaliers et me dirige dans le salon, Peter ne me quittant pas d'une semelle. J'attrape le téléphone posé sur la table basse et tape le numéro du travail de mon père. Je passe d'abord par sa secrétaire puis la voix de mon père me parvient :
- Qu'y a t-il ma Claire Bear ?
- Papa, il y a quelqu'un qui voudrait te parler ici, l'informé-je sans cesser de fixer Peter.
- Qui est-ce ? Est-ce que tout va bien ma chérie ?
- Oui, oui, tout va bien, le rassuré-je. C'est Peter.
Mon père débarque en quatrième vitesse et une fois chez nous, les retrouvailles sont un peu tendues. La dernière fois qu'ils se sont vus, la situation était assez critique et mon père avait chargé Peter de me mettre hors de danger. Ce qu'il n'avait pas vraiment réussi à faire. Malgré tout, Peter s'avance en tendant la main en direction de mon père :
- Bonjour Mr Bennet.
- Peter.
Mon père la lui serre avec méfiance et Peter déclare :
- J'aimerais vous parler seul à seul.
Les bras que j'avais croisés sous ma poitrine m'en tombent. Je commence à protester :
- Mais …
- Claire, je crois que ça vaudrait mieux, intervient mon père.
Je prends mon air le plus indigné et quitte la pièce, vexée. Je saisis mon sac et monte dans ma chambre. Je me jette sur mon lit et contemple le plafond une nouvelle fois. Mes yeux finissent par glisser sur mon armoire et je me souviens de mon journal intime.
Je saute à terre et ouvre le tiroir du bureau où je l'avais rangé la veille au soir après l'avoir jeté contre l'armoire. Je m'empare d'un stylo, me recouche sur le ventre et m'empresse d'inscrire :
Il est vivant ! Vivant et ici, rien que pour moi ! Je ne sais pas ce qu'il va se passer maintenant mais peu importe puisqu'il est en vie ! Je me fous de courir un grand danger ou de devoir me tailler à l'autre bout du globe puisqu'il est là.
N'écris pas ça, Claire. Tu viens tout juste de retrouver une vie normale et le voilà qui débarque. Et tout va de nouveau être perturbé.
De quoi ils peuvent bien causer en bas ? Et si ... Non, ça ne serait pas bien. Je n'irai pas écouter aux portes.
Est-ce que maintenant qu'il est revenu j'ai encore le droit d'écrire que je l'aime ? J'ai l'impression que c'était plus facile lorsque je le croyais mort. Je me lamentais sur mon sort et sur mes sentiments mais là, ce n'est plus possible.
Je pense que tout cela ne va pas tarder à devenir très compliqué. Non. Ca suffit. Lui, oncle. Moi, nièce. Tiens t-en à ça Claire et maîtrise tes pensées. Ce n'est qu'une lubie d'adolescente puérile. Il ne doit jamais savoir. Jamais.
Je referme mon journal et contemple ma collection d'ours en peluche en mordillant mon stylo. J'en possède de toutes les tailles, toutes les couleurs et surtout de tous les pays. En les observant avec plus d'attention, je découvre qu'ils sont synonymes de mon immaturité. Il n'y a qu'une gamine pour aimer les ours en peluche.
Coup de blues. J'attrape mon oreiller de la main droite et enfouie ma tête dedans, après avoir lâché mon stylo. Je reste quelques instant dans cette position, le souffle coupé, à méditer sur le sens du mot « normal », jusqu'à ce que des coups à ma porte retentissent.
Je retire l'oreiller de mon visage et lance :
- Oui ?
- C'est moi, ma Claire Bear.
Mon père rentre dans la chambre tandis que je m'assoie en tailleur sur mon lit. Vu l'expression de son visage, les nouvelles ne vont pas être réjouissantes. Il vient s'asseoir à mes côtés et me déclare :
- Je t'aime ma Claire, tu le sais ?
Sur le coup, une vague de panique me submerge. J'ai beau agité les bras, je coule quand même. Dans un murmure, je demande :
- C'est si grave que ça ?
- C'est à toi de décider. Descendons.
Avant de le suivre, je lui avoue :
- Oui, je le sais et je t'aime aussi.
Mon père m'embrasse tendrement sur la joue et je le suis jusqu'au rez-de-chaussée. Peter est debout à côté du canapé, le regard dans le vide, ce qui est plutôt inquiétant. En m'apercevant, il se ressaisit et s'approche de nous. Mon père commence :
- Peter m'a expliqué la situation et les dangers que tu courais, comme la dernière fois. Il m'a fait une suggestion que je trouve judicieuse, bien que brutale.
Je commence à me tordre les mains, signe typique de nervosité chez moi. Derrière ses lunettes, mon père lance un regard à Peter, l'incitant à poursuivre.
- Je propose que tu viennes vivre un moment à New York, lâche Peter. Le temps nécessaire pour éliminer ... la menace.
- Pourquoi New York ? m'exclamé-je.
- Parce que tu y seras plus en sécurité qu'ici, dit Peter.
- La dernière fois, je m'y trouvais et j'étais on ne peut plus proche du danger ! rappelé-je.
- La situation était différente. Ce coup-ci, je ne risque pas d'exploser, précise Peter. Et nous te protégerons.
- Nous ?
- Moi et ton père, enfin Nathan, se rattrape Peter.
Bien sûr ! L'homme qui a voulut détruire New York va vouloir protéger sa fille qu'il n'a jamais connu !
- Ne sois pas si dure avec lui, proteste gentiment Peter.
- Et toi arrête de lire dans mes pensées !
Mon père nous regarde, un peu perdu. Néanmoins, il précise :
- Tu as le choix Claire, tu peux rester ici, si tu le veux.
Ce serait suicidaire. Sylar y est déjà venu, il sait où me trouver. Je n'ai pas le choix. Du coin de l'oeil, je vois Peter hocher imperceptiblement la tête. Je questionne :
- Pendant combien de temps ?
- Je n'en ai pas la moindre idée, confie Peter.
J'enfonce mes mains dans les poches arrière de mon jean et suppose :
- Et je présume que le plus tôt sera le mieux.
- Si tu acceptes, le premier vol de demain est pour nous.
Je ferme les yeux et me mords la lèvre inférieure. Je ne veux pas partir, pas perdre ce que je viens de retrouver. Que tout cela est ironique. Hier, je désespérais parce que j'avais perdu mon père biologique et ... sa famille et maintenant que j'ai l'occasion de le revoir, je n'en ai plus envie.
Je crois que je m'étais fait une raison. J'avais fini par tirer un trait sur cette histoire. Et voilà que Peter réapparaît. Je fixe ce dernier droit dans les yeux et lance, sans réfléchir davantage :
- Je viens.
Mon père tressaillit mais ne dit rien.
- J'en suis heureux, sourit Peter.
Nous mettons au point les dernières formalités et il quitte notre maison. En voyant mon père faire grise mine, je lui dis :
- Ne t'inquiète pas. Je suis certaine qu'ils veilleront bien sur moi.
- Ils ont intérêt ...
- Mais qu'est-ce qu'on va dire à maman et Lyle ?
- Laisse moi y réfléchir ma Claire. Pendant ce temps, va préparer tes affaires.
Mon père me sourit mais tristement. Je sais que ça lui fait mal au cœur de savoir que je vais partir avec un étranger, d'autant plus que je cours un danger. Je me contente alors de remonter dans ma chambre et d'ouvrir en grand mon armoire.
Je me retourne et sors un sac de voyage de sous mon lit. J'y fourre tous les vêtements, ce que je juge utile et j'allai refermer l'armoire lorsqu'une de mes tenues de cheerleader attire mon regard. Je prends donc un air résolu, même si ce n'est que pour moi-même et claque la porte.
Reposant encore sur mon lit, mon journal intime semble crier mon nom et je me précipite sur lui pour le ranger dans le sac. Je passe alors dans la salle de bain pour prendre toutes mes affaires de toilettes.
Je laisse mon sac sur le lit et redescends en trombe. Ne trouvant pas mon père dans le salon, je me rends dans son bureau où il est assit face à son ordinateur.
- Papa ? l'interpellé-je.
- Un séjour en Floride ça te dit ? demande mon père, d'un air qui se veut joyeux.
- Comment ça ?
- Nous allons dire que ton lycée organise un séjour en Floride pendant disons … deux semaines.
- Ca ne marchera jamais ! protesté-je. Maman n'y croira pas.
- Ta mère a … des problèmes de mémoire, tu le sais. Elle y croira si on lui dit que tu lui en as déjà parlé.
- Et Lyle ?
- Est-ce que Lyle fait vraiment attention à ce que tu racontes ?
- Non, c'est vrai, avoué-je.
- Alors, nous glisserons ça ce soir pendant le dîner.
- D'accord.
- Maintenant, il faut que je téléphone à ton lycée.
Je hoche la tête et quitte le bureau en fermant la porte derrière moi. J'avance dans le salon et regarde autour de moi. C'est ma nouvelle maison et je la quitte déjà, pas pour longtemps, je l'espère.
Si j'arrive à contrôler mes pensées, je me sentirais bien avec Peter. Ca me plairait de passer de temps avec lui et … Bien sûr, Claire ! Pourquoi pas aller au cinéma, manger du pop-corn et poser ma main sur la sienne.
J'ai une forte envie de me fracasser le crâne contre le mur mais, à mon grand regret, ça ne me ferait même pas mal, et je n'aurais aucune séquelle. C'est trop injuste. Au lieu de ça, je remonte dans ma chambre et attrape mon portable rose. J'y cherche le numéro de Zach et appuie sur la touche verte. Au bout de trois sonneries, il finit par décrocher :
- Allo ?
- Zach, c'est moi.
- Claire ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je ne vais pas pouvoir venir au lycée demain. En fait, je ne viendrai pas pendant un moment, lui appris-je.
- Pourquoi ? Ah. Comme la dernière fois.
- Oui, c'est ça. Ca a un rapport avec moi et toutes ces bizarreries qui m'entourent.
- Et ton oncle ?
- Mon oncle ? Ah oui, mon oncle, soupiré-je. Je pars avec lui et je pourrai voir mon vrai père.
- C'est chouette ça.
- Je pense, oui.
Je continue de discuter avec lui pendant un moment et finis par lui avouer qu'il me manquera. Maintenant que j'y pense, c'est mon seul ami. Ma mère ne tarde à revenir du salon de toilettage avec Mr Muggle, suivie par mon frère, qui lui revient de son lycée, pas du salon de toilettage … !
Je l'aide à préparer le dîner comme si de rien était et au cours, du repas, mon père glisse subtilement :
- Alors Claire ? Prête pour demain ?
- Bien sûr, approuvé-je d'un air évident.
- Demain ? répète ma mère sans comprendre. Qu'est-ce qu'il se passe demain ?
- Claire part en voyage avec son lycée, dit mon père, tout naturellement.
- Oui, demain matin, je prend l'avion pour …
- Orlando, finit mon père.
- Je ne me souviens pas de ça, avoue ma mère. On en avait déjà parlé ?
- Bien sûr maman.
Lyle hausse les épaules et ma mère gobe l'histoire. C'est quand même horrible d'abuser de sa maladie pour lui mentir de cette façon. Cependant, un regard de mon père m'indique que nous avons bien fait.
Pour ma dernière nuit chez moi, j'ai du mal à trouver le sommeil. Alors je fais la crêpe dans mon lit, blottie contre mes ours. Je suis pressée d'être demain, autant que je ne le suis pas.
