Me voilà comme promis ! Je pense d'ailleurs poster tout les Jeudis, donc j'espère vraiment que vous serez au rendez-vous avec moi !

Je voudrais, avant de commencer, remercier _christou57, Celilys, _patoun, _Elfia, _Lorenal3, _pyreneprincess et _Cloums, pour leur mises en alerte !

Je pensais pas être lu autan et je suis super contente. Comme m'a dit ma Bêta, Rome ne se construit pas en un jour...mais j'aurais jamais imaginé avoir autan de mise en alerte en deux jours.

Petite réponses au anonymes :

_Anne : Merci beaucoup ! J'espère que les deux premiers chapitre te plairont aussi.

_nodame : Ca y est, on rentre un peu plus dans le sujet ! Dis moi ce que tu en penses ?


CHAPITRE 1

LA CHUTE


On ne sait jamais vraiment qu'on tombe.

On a simplement une vague impression étrange.

Un sentiment inconnu qui s'empare de nous

Et c'est quand on touche le fond qu'on prend conscience

Qu'un jour, on est tombé.

C'est le principe de la chute.

C'est dur de commencer une histoire comme celle-ci. Il n'y a pas forcément de raison particulière certainement. La difficulté fait partie de la vie, non ?

Mais commencer par une question n'est jamais bon. Car ça donne toujours l'impression qu'on a un quelconque pouvoir sur le déroulement des événements. Alors qu'en fait, on n'en a aucun.

Mais une histoire est une histoire et il faut bien commencer par quelque part. On dit souvent par le début. Faut-il déjà l'identifier. Et nous voilà encore devant une difficulté. Insurmontable ? Non pas vraiment. Juste problématique.

Et alors lentement, on s'éloigne de notre sujet. Mais quel est réellement notre sujet ? Vous ne le savez pas encore et vous vous demandez alors à quoi sert tout ce discours. C'est peut être une façon, un peu plus originale que d'habitude, de commencer une histoire.

L'histoire de Bella.

Bella ? C'est la jeune femme que vous voyez là, en train de courir sur la plage. Le « je », de notre prologue. Le « capitaine ». Alors doucement, vous vous rendez compte que l'on a changé de décor.

Ce n'est plus la guerre, ce n'est plus l'Irak. C'est une plage d'Hawaï. Pourquoi ? La réponse tient en une phrase certainement : il est mort.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle court peut-être.

Nous voilà donc avec une femme et une plage. Une femme qui court, une course qu'elle ne gagnera certainement pas. Mais elle court quand même car c'est ce qu'elle a appris à faire. Courir encore et encore. Sans s'arrêter. Que peut-on faire avec ça ? Pas grand-chose, direz-vous. Eh bien vous avez tort.

Inspirer. Expirer. Une foulée

Inspirer. Expirer. Deux foulées.

Une foulée à la fois. Une foulée à la fois.

Bella court, comme chaque matin, sur cette plage encore déserte. Et elle essaye de vider son esprit. En vain.

Le rêve de cette nuit l'a bouleversée. Beaucoup plus que d'habitude. Elle ne saurait vraiment dire pourquoi. C'est peut-être le fait que ça a été si réel, qu'elle a eu l'impression en se réveillant qu'il était encore là, près d'elle, son corps lové contre le sien. Alors qu'en réalité, il n'y avait rien d'autre que le vide à ses cotés. Rien d'autre que le vide. Et ce fut plus dur à supporter que d'habitude.

Pourtant, elle est encore là, à courir sur cette plage comme chaque matin, en tentant de se convaincre qu'elle n'a pas abandonné, qu'elle n'est pas là parce qu'elle a fui et qu'elle n'est pas une lâche.

Ce n'est pas ce qu'il aurait voulu. Il n'aurait pas voulu qu'elle abandonne mais qu'elle se batte encore pour sa propre survie. Qu'elle fasse ce qu'elle aime et qu'elle ne s'arrête pas simplement parce qu'il n'était plus à ses côtés.

Mais elle a abandonné. Elle n'a pas posé son arme et son insigne sur le bureau de son supérieur, comme dans les films. Non, elle a juste dit que c'était fini pour elle et qu'elle s'en allait. Et elle est partie. Elle a quitté la base avec pour simple bagage, son portefeuille et ses effets personnels. C'est peut être ce qu'il y a de mieux avec l'armée. Pas d'attachement. Pas de superflu. Juste le nécessaire. Alors oui, elle a pris son nécessaire et elle est partie. Loin. Le plus loin possible du froid et du sang d'Irak. Hawaï fut sa première pensée. Elle n'a pas tenu compte des suppliques de ces hommes et amis. Elle les a juste regardés le regard vide.

Elle se souvient encore de la mine déconfite d'Emmet et du visage désolé de Jasper.

_Tu ne peux pas faire ça ! A-t-il hurlé. Tu entends ? Tu peux pas nous lâcher. Pas maintenant !

_Je suis désolée.

_On l'a perdu aussi ! Il n'y a pas que toi qui souffre !

Elle se rappelle de son dos qui heurte le mur, malmené par la force d'Emmet.

Mais rien n'y a fait. Elle était déjà loin.

Et voilà six mois. Six mois que Bella court chaque matin sur cette plage pour oublier.

C'est sa façon de faire son deuil et de tirer un trait sur toutes les années qu'Alec Volturi lui a offertes. C'est sa façon de l'oublier et d'essayer de se reconstruire. Et peu importe s'ils ne comprenaient pas.

Elle gravit en sueur les marches pleines de sable de son immeuble et entre dans son appartement à l'image de la vie qu'elle mène. Immaculé, en ordre. D'apparence on dirait une chambre d'hôtel. Pas d'objets personnels, pas de signe évident de vie. Rien.

Et elle se déshabille rapidement, abandonnant ses vêtements sur son chemin et entre dans la douche. L'eau froide coule sur son corps marqué et s'échoue sur le carrelage dans un bruit presque mécanique.

_Je ne sais pas comment tu fais pour prendre des douches aussi glacées !

_Ça réveille, Alec. Ça réveille.

Elle entend sa voix comme s'il était encore à ses côtés, comme s'il était encore en vie. Elle sent encore ses mains sur ses hanches quand il rentre dans la douche et colle son torse sur son dos. Elle se voit frissonner quand sa langue titille son oreille alors qu'il lui chuchote sensuellement :

_Je croyais pourtant que te faire l'amour comme un fou avait suffit à te réveiller, mon ange.

Alec avait toujours eu ce don de l'exciter rien qu'avec ces mots. Bien sûr, en un rien de temps, elle s'était enflammée et bientôt, elle s'était mise à se frotter honteusement contre lui.

_Apparemment vous avez mal fait votre job, Sergent.

_Ah oui ? Avait-il demandé alors que ses mains dérivaient vers ses seins durcis.

_Et vous savez... ce qu'un soldat doit faire... quand son job est mal fait, avait-elle haleté.

_Non, dites-moi Capitaine.

_Il doit recommencer. Tout.

Bella pose ses mains à plat sur le carrelage de sa douche. Elle ne veut pas se rappeler de la suite. Elle ne veut entendre ses grognements de plaisir. Elle ne veut pas sentir la douleur de son dos claquer contre la céramique alors qu'Alec la prenait comme une bête. Non. Elle veut juste...Elle ne sait pas ce qu'elle veut.

Alors elle sort de la douche et passe son peignoir. C'est à peine si elle prend la peine de s'essuyer.

Non, Bella se dirige directement vers son salon où elle prend son arme.

Et elle la fera glisser sur le comptoir de sa pseudo cuisine vide. Elle la pointera sèchement vers son reflet sans jamais oser tirer. Et elle la démontera. Pour la remonter. Encore et encore. Sans s'arrêter, comme pour ne pas perdre la main. Comme pour ne pas oublier. Comme pour garder dans son enfer personnel, un poignard à s'enfoncer dans le cœur.

Voilà comment Bella vit. Voilà ce qu'il reste du « Capitaine », du « je » de notre prologue. Rien qu'une fille à moitié folle qui ne vit plus. Qui se contente de survivre.

Alors la phrase juste, la vérité à dire, ce serait plutôt : voilà comment Bella survit.


CHAPITRE 2

SE RELEVER


Tomber est souvent permis.

C'est une chose qui fait partie de la vie, dit-on.

Et c'est malheureusement une chose que l'on peut

Rarement contrôler ou empêcher.

Alors Tomber Est Permis, Mais Se Relever Est Ordonner.

Les rayons de la petite boutique en bas de sa rue, lui semblent sans vie, sans attrait. Et Bella se demande encore pourquoi elle est là. Certainement pour respecter la promesse faite à son père : « Oui, Marcus, promis je vais manger ». Mais rien, ici ne lui semble réellement appétissant. Mais elle prend quand même un paquet de pâtes, une bouteille de jus et des raisins.

Elle sort ce soir. Elle a besoin de force.

Quelques heures plus tard, quelque part sur l'île

Cet inlassable sentiment de tomber dans un trou sans fin l'habite. Alors que cette impuissance constante de n'avoir que le choix de se le laisser tomber et d'attendre le dénouement inévitable la domine.

Elle n'a aucune arme pour se battre contre ça. C'est à peine si elle peut lutter en fait.

_Alors, c'est tout ce que tu as ? Hurle l'homme plus proche de la bête que de la race animale. Allez lève-toi, sale garce !

Le sang envahit sa bouche, alors qu'elle est persuadée que ce connard lui a au moins cassé une côte. Pourtant elle ne s'est jamais sentie aussi libérée, aussi elle-même.

Bella le sent s'approcher et quelque secondes plus tard, son pied s'écrase contre son estomac. Et elle sourit alors que la douleur l'envahit. La douleur. Il n'y a que ça qui la fait se sentir vraiment vivante. Et c'est certainement pour ça qu'elle est ici, tous les derniers vendredi de chaque mois à se faire tabasser par des mecs qu'elle ne connaît pas.

Des dizaines de gens hurlent autour du pseudo-ring. Certains crachent même dans sa direction, persuadés d'avoir perdu leur mise ce soir.

Bella tente de se lever. En vain. Le molosse appuie violemment contre son dos et elle s'écrase contre le sol, tandis qu'il vocifère sa victoire tel un bœuf engraissé. Mais elle sourit encore, là, allongée au sol, son marcel blanc rougi et sale de sueur.

Elle est tombée bien bas, tout de même. Elle, la prodigieuse Isabella Swan, si prometteuse, si talentueuse, si parfaite. Voilà où elle se retrouvait : dans un hangar miteux entouré d'hawaïens pour la plupart alcooliques.

Que penserait Marcus? Lui, qui avait si vite remplacé son père, l'homme qu'elle a quitté sur un coup de tête, simplement parce qu'elle était trop orgueilleuse. Que penserait-il de sa bienveillante et si gentille petite fille ? Certainement pas du bien. Elle l'imagine déjà, les mains dans les poches, sa mine réprobatrice sur le visage, lui dire ce qu'il pensait vraiment de tout ça. Elle sait qu'il se fâcherait. Qu'il crierait beaucoup. De la même façon qu'il avait hurlé dans le téléphone alors qu'elle avait appelé de la base militaire de Seattle, fraîchement recrutée. Elle se souvient de ses mots, de sa déception, de ses reproches. Elle a toujours su qu'il avait raison, qu'elle aurait pu essayer encore, qu'il ne fallait pas qu'elle s'arrête sur un échec. Elle n'avait pas été acceptée à Harvard et alors ? Bella aurait pu le voir comme ça. Mais elle n'avait pas pu. C'était Harvard ou rien. Et le destin avait choisit le rien pour elle. Mais ça ne servait à rien de revenir sur de telles choses. Cette époque lui semble tellement loin maintenant. Ces études au lycée de Forks, ces bouquins. Oh oui tout ça est bel et bien loin.

Loin de ce qu'elle a vécu et de ce qu'elle vit encore maintenant. Loin de la guerre et des armes. Des ordres et de la vie ou de la mort.

Soudain, un visage s'approche du sien et un regard bleu acier la regarde. Bella cligne plusieurs fois des yeux, pas vraiment sûre de ce qu'elle voit. Mais ce sourire ne trompe pas. Il est bel et bien là.

_Hé bien, Capitaine, on a connu des jours meilleurs, n'est-ce-pas ? Chuchote-t-il presque moqueur.

Son adversaire hurle encore une fois sa gloire avant de se rediriger vers elle.

_Vous vous souvenez de Simmons sur la base de Sao Paulo ?

L'image du grand colosse gros et gras s'impose dans son esprit. Elle n'a pas le temps de répondre qu'il poursuit :

_Je sais pas pour vous, mais moi il me fait un peu penser à votre champion. Ils se ressemblent tous de toute façon. Le cou et les hanches, c'est terrible pour eux.

Et un clin d'œil plus tard, il s'écarte alors que l'autre combattant l'empoigne par les cheveux. Bizarrement, Bella reprend ses esprits, se rendant compte de l'étrangeté de la situation. Etait-il vraiment là ou était-ce une simple invention de son esprit en souffrance ? Elle ne sait pas vraiment mais il a disparu pour l'instant.

On lui lèche goulûment le visage en lui chuchotant à l'oreille :

_Alors ma salope, il est peut-être temps d'abandonner, non ?

Abandonner ? Il y a beaucoup de choses que Bella a abandonnées. Son honneur entre autres choses. Mais sa rage, sa hargne et sa haine sont toujours là. Et ça même si elle le voulait, elle ne pourrait pas s'en débarrasser.

Alors elle hurle et se dégage vivement. Le molosse n'y voit que du feu, se rendant compte avec dépit que ses mains sont vides. Il avance déjà vers elle, les poings levés. Mais elle esquive.

_Tu sais c'est quoi la seule chose qui puisse me faire abandonner, connard ?

Un coup à la hanche et il vacille.

_Te faire sauter ? Grogne-t-il.

Un uppercut sur la gueule pour la réplique salace. Il crache du sang avec dégoût. Elle se prend quelque coups encore pour ça, gémit de douleur et sourit. Puis elle saute, l'entourant de ses jambes, le serre à le faire se crisper et un mouvement plus tard, un craquement sinistre retentit dans le hangar. Le public autour s'arrête, le calme emplit la pièce alors que la bouche du costaud est ouverte. Aucun son n'en sort. Rien. Bella se laisse tomber au sol, atterrissant soigneusement sur ses pieds. Il tombe sur ses genoux en la regardant le regard empli de douleur.

_C'est la mort. Connard.

Et son poing s'écrase sur sa mâchoire, produisant un second craquement. Puis il s'écroule inconscient.

Le silence l'entoure encore alors que Bella descend chancelante du ring. On lui ouvre un passage alors qu'elle arrache un gobelet de bière au barman, qu'elle boit goulûment. Beaucoup la regardent, chuchotent mais elle s'en fiche. C'est seulement quand Laurent et Victoria la rejoignent que les paris et l'ambiance reprennent.

_Rappelle pourquoi je t'ai appelée, lance-t-il en lui tendant une enveloppe kraft, qu'elle vérifie rapidement.

_Arrête, Laurent, lui lance Victoria alors qu'elle sort déjà de sa trousse de soin, des compresses et du désinfectant.

_Parce que je te fais gagner un max de blé.

_Et parce que tu mets hors service tous mes meilleurs combattants aussi, ajoute-t-il visiblement contrarié.

_Ça risque de faire mal, ma Poupée, chuchote Victoria.

_Désolée, grimace-t-elle. Mais celui-là, je l'aimais pas.

Bella avait connu le sang, la douleur des balles déchirant la chair et encore beaucoup de choses. Mais le désinfectant sur une plaie ouverte est la pire chose pour elle. Victoria le voit bien et la caresse doucement.

_Tu m'as dit la même chose pour le précédent à qui tu as pété la jambe et à l'autre avant encore, continue-t-il. Mais là j'avoue que tu as fait fort. Le bassin, Bella, c'est le comble.

Il a l'air vraiment en colère. Il est crispé à coté d'elle et ses mains sont plantées dans ses poches comme des masses.

_J'ai dit que j'étais désolée.

_Et moi j'aurais espéré que pour une fois, tu te fasses défoncer, crache-t-il, cinglant.

_Laurent, le réprimande Victoria alors qu'elle enfonce l'aiguille et le fil dans l'arcade de Bella. Tu ne peux pas dire ça, tu le sais ?

_Tout ce que je sais, c'est que si James sait qu'elle est là, je suis mort, s'énerve-t-il.

Bella se tourne vers lui, hallucinée. Elle en avait entendu des conneries dans sa vie mais il fallait avouer que celle-ci était l'une des meilleures. Quand Laurent s'aperçoit qu'elle l'observe, il détourne le visage vers l'autre bon du hangar :

_Tu n'as rien à faire ici Bella. Tu le sais autant que moi.

_J'ai passé 10 ans à la guerre, Laurent, avec James sous mes ordres Je sais très bien où est ma place, aussi bien que lui. J'en ai rien à foutre de ce qu'il pense, grogne-t-elle.

_Ouais, bah pas moi.

_Ce que veut dire Laurent, ma Bella, intervient Victoria, c'est que tu as mieux à faire que d'être là avec nous. Regarde l'état dans lequel tu es. Ce n'est pas digne de toi. Et on se sent responsable de tout ça. Quand tu es venue nous voir, on t'a promis de prendre soin de toi et c'est pas du tout ce qu'on fait.

Elle aimerait leur dire qu'ils n'y sont pour rien, qu'ils n'ont pas à se sentir coupables et que tout ça est la faute du destin ou peut-être de ses propres choix à elle. Mais elle ne dit rien, se contentant de regarder la peine se dessiner sur le visage de son amie, en se rendant compte qu'elle est presque devenue indifférente à tout ça.

Alors elle ne dit rien, prend son enveloppe kraft, embrasse rapidement Victoria et s'en va.

Ils ont peut-être raison, après tout. Et puis, elle s'en fout de tout ça. Elle a marre de penser, marre de réfléchir sans arrêt, de peser le pour et le contre.

Bella bouscule la foule pour sortir. Le vent frais de la nuit fouette son visage endolori, et mon dieu ! Ce que ça fait du bien. Elle reste longtemps comme ça devant sa Jeep noire, les yeux fermés. Quand soudain, le gravier craque à ses cotés et lorsqu'elle ouvre ses yeux, le vent ne fouette plus son visage. Non, elle ne sent que la douleur de ses membres. Oui, c'est qu'elle ressent en le voyant.

_Je suis content d'avoir parié sur toi, Isabella. Je vais pouvoir offrir un beau cadeau à Esmée. Peut être un collier. C'est bien, un collier, non ? On m'a dit qu'ils sont doués les hawaïens pour les colliers. Elle sera contente, je pense.

Bella ne dit rien, essayant simplement de retrouver cette sensation du vent sur son visage. Mais rien n'y fait. On dirait qu'il a aussi ce pouvoir, celui d'arrêter le vent sur son passage.

_Qu'est ce que vous faites là, Colonel ? Marmonne-t-elle.

_Pour l'instant je me renseigne sur l'endroit où je pourrais trouver un collier pour ma femme ?

_Un collier, c'est ringard, Colonel. Ramenez-lui plutôt un hawaïen. Là, je suis sûre qu'elle sera vraiment contente.

Il rit quelque peu, heureux de constater qu'elle n'avait pas perdu sa répartie légendaire. Il passe lentement sa main sur sa nuque.

_Je préfère mon idée, si ça ne te vexe pas.

_C'est vous qui voyez.

_Mais, Isabella, tu sais ce qu'elle aimerait que je lui ramène en entier ?

_Pas une hawaïenne, quand même, Colonel ?

_Toi.

Bella rigole nerveusement.

_Nous y voilà, marmonne-t-elle.

_Isabella...

_Écoutez, Colonel, je sais très bien ce que vous allez me dire, le coupe-t-elle. On est passé avant vous. Je fous ma vie en l'air ? Je sais. Je me fais du mal pour rien ? Je sais. Alors laissez-moi au moins le faire en paix, d'accord. Vous voulez faire quoi ? Me sortir de cet enfer, pour m'envoyer sur le terrain. Merci, mais je préfère l'enfer que je me suis fait toute seule. Sans rancune, hein ? Tout ça c'est plus pour moi. J'ai arrêté. Je fais...

_Tu fais quoi, Bella ? La coupe-t-il à son tour, certainement plus fermement. Hein, dis-moi ? Parce qu'à part merder, je vois pas trop. C'était ça que tu voulais quand tu m'as dit que tu partais ? Te faire botter le cul par des gros porcs ? Retourner la tête la première dans la merde de laquelle Alec t'avait sortie ? Mais c'est vraiment du grand art, jeune fille. Vraiment. Mais laisse-moi te dire que je ne vais pas te laisser faire. Tu veux foutre ta vie en l'air ? Tu veux le faire en paix ? Pas de problème. Mais fais-le sur ma base, là où je peux te regarder, d'accord. Alors maintenant tu montes dans ta putain de Jeep, on va à mon hôtel.

Il y a des personnes comme Carlisle que l'on qualifie souvent de sagesse, de douceur et calme incarnés. Dès les premiers regards, elles dégagent un charisme et une assurance incomparables. Mais les personnes comme ça, Bella peut les ignorer. Elle peut se foutre de ce qu'ils disent et continuer leurs chemins.

Et puis, il y a une autre facette de leur personnalité, qui n'existe pas toujours mais qui existe bel et bien en Carlisle. C'est l'autorité. Pure et brute. Et quand elle est accompagnée, les rares fois où elle apparaît, de vulgarité, Bella sait une chose : il faut se plier.

Alors elle monte dans sa Jeep, du coté passager, et s'enfonce dans son siège sans un mot.


Alors ? Vous en pensez quoi ? Ça vous plaît ?

Ma Bella est assez différente ! J'ai vraiment choisi la Bella forte et courageuse du livre !:D

Allez une petite review ? Juste pour me dire que vous êtes toujours avec moi...

A Jeudi prochain !