Itinéraire d'une tueuse en série

Chapitre 2

Le lendemain, il fut là dans cette même petite salle. Curieux, il voulait savoir.

Il la vit arriver, toujours avec cette escorte de Détraqueurs. Malgré tous les meurtres qui lui avaient été attribuées, il avait du mal à croire que cette jeune femme fut réellement dangereuse.

Elle avait l'air mieux que le jour d'avant, se dit-il. Il allait essayer de ne pas la brusquer.

-Vous pensez que vous pourrez parler aujourd'hui ? Enfin, vous allez bien ? Je ne veux pas que vous vous forciez, nous avons tout notre temps…

Elle le regarda et lui dit qu'elle était prête.

Il la jaugea de nouveau. Quand il fut assuré de son état, il mit le magnéto en marche.

-Hermione, vous disiez hier que vous aviez été persécuté par les élèves de vos maisons respectives. Vous en avez parlé et j'imagine que vous en avez souffert. Mais on aimerait savoir avec vos propres mots, comment vous l'avez vécu ?

« Disons qu'il y a eu des hauts et des bas. Les bas, c'était quand ils m'insultaient. Drago était plutôt épargné au niveau des « surnoms » mais moi, non. C'était « putain de Serpentard ou « putain de Sang-de-Bourbe » selon la maison Gryffondor ou Serpentard. Mon petit ami prenait étrangement bien les choses, il prônait le calme. La plupart du temps, il ne réagissait pas ou il se contentait de lancer des regards meurtriers sans plus… »

- Et en ce qui concerne les amis ? Vous sont-ils restés fidèles ?

Elle haussa les sourcils.

« Oh, vous faites bien de parler des amis. Tous des traîtres. Cela s'est très, très mal passé pour moi. Depuis la révélation, je n'avais pas croisé Ron et Harry. Je vous prends de court : oui c'est bien le Harry que tout le monde connaît, Le Survivant. Bref, on allait au cours de Potions quand nous sommes tombés sur eux. Je les ai salués tous les deux et nous allions entrer quand j'ai entendu Ron dire:

-Regarde-moi ces deux-là !

Je me suis retourné et je lui ai lancé un regard assassin.

-Tu as un problème avec ce que tu vois, Ron ?

Il m'a regardé avec mépris puis il s'est tourné vers Harry pour lui chuchoter à l'oreille. Qu'est ce qu'il pouvait être gamin à des moments ! Quelques secondes après, Potter a parlé :

-Ron te dit qu'il ne veut pas te parler directement car tu te compromets avec l'ennemi.

Drago m'a fait signe de me calmer.

-Eh bien dis-lui qu'il n'a rien vu encore car se compromettre, c'était ça exactement !

Je ne sais pas ce qui m'est passé dans l'esprit mais j'ai attiré Drago contre moi et je l'ai embrassé sauvagement…Non, le terme le plus correct serait «rouler une pelle ». Comme jamais je ne l'avais fait auparavant.

Le fait d'imaginer la réaction du roux était jouissif. Je voyais presque le dégoût sur son visage et rien que cela a suffi pour que je me surpasse à mon avis »

- Et alors ?

« Bien je n'avais pas tort. Il semblait atterré.

-Hermione, tu n'es qu'une…

Je terminai sa phrase.

-Qu'une pute, c'est ça ? Allez, vas-y, dis ce que tu pense ! Tout le monde me le dit déjà ! A moins que tu aies peur…

Un sourire apparut sur ses lèvres.

-Oh non mais toi, est-ce que tu as peur des crapauds, ça a été un plaisir pour moi de les déposer...

A ce moment-là, je peux dire que si Harry n'avait pas été là, je l'aurai tué sur place. Sérieusement, je crois que j'aurais pu le réduire en pièces. Bien évidemment, il s'en allé après mais Harry est resté :

- Hermione, tu le connais ? Il ne pensait pas vraiment ce qu'il a dit. Il est disons…un peu perturbé par tes nouvelles fréquentations. Rien ne laissait présager que tu allais tomber amoureuse de…de lui.

Drago eut droit au regard noir mais il fit mine de n'avoir rien remarqué

- Bien sûr, je dois te prévenir…

- Ne le prends pas comme cela. Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire et tu le sais bien. Fais juste attention car il y a des gens qui ne changent pas et qui restent des vermines toute leur vie.

Drago tiqua mais il resta maître de lui.

-Merci, papa, dis-je d'un ton acerbe.

Il comprit que la conversation était close et sur ce, il nous laissa. Je pense que je n'en suis pas sortie indemne. Ce n'était pas la première fois que Ron et moi nous disputions mais le fait qu'il ait participé au coup des crapauds, je trouvais cela mesquin. Au fond de moi, j'étais extrêmement déçue. Je pense que Malefoy a compris et il m'a prise dans ses bras.

-La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe, dit-il.

Je le dévisageai, surprise par cette remarque un peu douteuse. Je m'étais dit que la petite conversation avec Ron l'avait retourné. Quoique, moi en belle colombe, pourquoi pas ?

-Comment ?

-Bah, je suis la belle colombe !

Il dit cela avec un tel naturel que je ne pus m'empêcher de rire.

-Moi qui pensais que tu préférerais le rôle du crapaud !

Cela nous détendit et nous nous sommes rendus en cours. »

-Donc on peut dire que l'Hermione que tout le monde a connu est morte ce jour-là ? demanda-il.

« Non »

Le regard de la jeune fille s'assombrit.

« Elle est morte beaucoup plus tard. Les vacances sont arrivées et je n'étais pas ravie. Avant, je restai à Poudlard avec Harry et Ron. Mais là, je n'y voyais plus un grand intérêt puisque l'on ne s'entendait pas comme avant.

Je pensais à tout cela quand Drago est venu. Il avait l'air morose. Je me suis rappelée alors de ce que ces vacances signifiaient pour lui par conséquent pour moi : la fameuse Linori allait apparaître dans sa vie. Je me crispai.

-Mais je pensais qu'au vu des événements survenus, ils laisseraient tomber.

-C'est que tu ne connais pas ms parents, Hermione, surtout mon père. Il ne lâche jamais rien. Comme tu as pu le remarquer, ils ont fait comme si de rien n'était. Je n'ai reçu aucune Beuglante, ni de mon père ni de ma mère.

Cela me désespérait de le voir dans cet état. On ne parlait pas déjà mariage, on ne va pas exagérer, mais ce qu'on avait vécu avait fortement soudé notre couple.

-Et si je t'accompagnai ? dis-je brusquement.

-C'est une blague, tu veux être lynché sur place ? Non, non je ne veux pas prendre le risque, je vais me débrouiller tous seuls avec eux.

- Non, tu ne vas pas te débrouiller. Quelque chose me dit que tes parents ont une influence trop importante sur toi et que tu pourrais …

Il me fixa droit dans les yeux.

-Tu n'as pas confiance en moi, Hermione.

Il avait mal pris ma remarque alors j'ai tenté de rectifier le tir.

-Non, ce n'est pas cela. C'est en eux que je n'ai pas confiance…

-Moi aussi, c'est la raison pour laquelle je ne veux pas que tu viennes…

Je compris alors. Il avait peur pour ma vie, peur que son père ou sa mère en profite pour se débarrasser de moi.

-Ne t'inquiète pas, je vais prévenir mes parents et Dumbledore de ma visite chez toi…

Il n'insista plus. C'est comme cela que quelques jours plus tard, je me suis retrouvé devant leur manoir. Assez flippant au premier abord : elle était perdue au plein milieu d'une forêt, très imposante, en plus.

Je le suivis à la porte et quand il frappa, un homme ouvrit, complètement défiguré. Plus tard, Drago m'expliquait que c'était un ancien Mangemort. Une maison infestée de Mangemorts, rassurant, non ? Surtout quand ils vous considèrent comme un être inférieur…Bref, on est entré et il m'a mené vers une salle. Son père était assis, dos à nous, face à une grande cheminée. Drago me fit signe de l'attendre et il avança vers son père. Il s'est agenouillé et une main se tendit. Main sur lequel il déposa un baiser.

-Père…

Quelque chose se modifia alors. L'ambiance devint électrique et j'avais l'impression d'étouffer. Je sentis comme un changement de température alors que le feu brûlait toujours dans la cheminée.

Le père se leva et la première chose que je remarquai fut le contraste entre sa chevelure et sa tenue. Ses cheveux blonds presque blancs recouvraient tout son visage si bien qu'on ne voyait pas ses yeux et sa robe était d'un noir intense. Il est venu vers moi et là j'ai pu distinguer ses yeux. Ils me perçaient. C'était comme s'il essayait de lire dans mon esprit. C'était très désagréable, cette sensation d'impuissance.

Comme s'il avait compris, il se tourna vers son fils qui était resté près du fauteuil.

-Drago, je vois que vous nous avez ramené de la visite… Intéressant.

Le son de sa voix avait quelque chose de sournois. Comme son regard, elle s'insinuait en vous… »

-Une voix presque perverse ? tenta le jeune homme.

Elle acquiesça.

« Totalement. Ensuite il s'est tourné vers moi.

-Vous devez sûrement être Hermione Granger. Le professeur Rogue m'a beaucoup parlé de vous et de vos exploits.

Je rougis, j'avais compris la référence au « petit » incident.

-Je ne pensais pas que vous oseriez venir après cela mais comme vous êtes là, nous nous devons de vous faire bon accueil. Suivez-moi tous les deux. Votre mère va être ravie de vous voir Drago.

On obéit. L'accueil de la mère ne fut pas chaleureux, loin de là. Mais je m'y étais préparée, je ne m'attendais pas à ce qu'ilsnous sautent dans les bras. Ella me salua et puis prit un soin particulier à me présenter leur « belle-fille » Linori, qui elle m'ignorait mais alors complètement.

Le lendemain, j'essayai de « m'intégrer ». J'ai alors passé toute une partie de la journée avec la belle Linori. Pour comprendre pourquoi elle. Je l'invitai à s'installer près d'un arbre.

-Linori, je peux vous appeler comme cela ? dis-je timidement.

Elle m'a regardé. C'est vrai qu'elle était belle. Cheveux noirs de jais qui retombaient sur ses hanches. Yeux bleus. J'ai pensé à un ange noir la première fois que je l'ai vue.

- Vous devez vous demander pourquoi j'accepte d'épouser Malefoy ? dit-elle d'une voix douce.

Je hochai la tête.

-Eh bien, ses parents sont venus me chercher et ils m'ont proposé cette alliance. J'ai accepté parce que je le considérais comme un bon parti, ajouta t'elle simplement.

-Vous n'avez pas eu trop le choix si je comprends bien ?

-Non, effectivement.

J'avais pitié pour elle.

-Mais vous allez l'épouser malgré ce qui se passe actuellement entre lui et moi ?

Sur ces lèvres, un sourire presque démoniaque.

- Bien sûrement, cela va me répugner qu'il ait pu poser ses mains sur une Sang-de-Bourbe mais j'espère pouvoir oublier avec le temps. Et puis qu'il vous aime ou non, là n'est pas la question, car c'est moi et moi seule qu'il va épouser.

Elle avait dit cela avec un calme qui m'avait littéralement paralysée sur place. Je ne peux pas très bien vous expliquer ce que j'ai ressenti. Je ne m'attendais pas du tout à cette attaque. Je suis restée silencieuse pendant le reste de la journée.

Le soir, Drago m'a rejoint dans ma chambre. Il n'avait pas l'air bien du tout.

-J'ai dû fait plus ample connaissance avec Linori.

-C'est la raison pour laquelle tu as si bonne mine, dis-je ironique.

-Elle ne manque pas de…

-De suffisance, d'arrogance. Un peu comme toi avant, non ?

J'eus le droit au regard noir.

-Je vais faire abstraction de ta remarque. Plus sérieusement, on aurait presque envie de la tuer. Ca te dit si on la balance par la fenêtre. On attend qu'elle s'endorme et on y va.

Je caressai lentement sa tête qu'il avait posé sur ma poitrine.

-Allez, arrête de délirer. On va trouver quelque chose…

Après quelques minutes, il s'en est allé. Tout de suite, j'ai pensé qu'il fallait que je rende visite à la jeune femme avant qu'il ne soit trop tard vu la rapidité avec laquelle les évènements s'enchaînaient. Je voulais aviser sur place. En plus, sa chambre se trouvait face à la mienne… »

Hermione s'arrêta de parler net.

-Donc vous êtes allé la voir ?

« Oui, j'y suis allé mais elle dormait. Je me suis rapproché du lit et je l'ai regardé longuement. Pendant une dizaine de minutes environ… »

-Et qu'avez vous pensé ?

Quelque chose changea dans l'expression du visage d'Hermione. Elle avait l'air plus tendu.

« Eh bien, je me suis demandé pourquoi … »

-Pourquoi quoi, Hermione…

La jeune femme commença à taper du pied sur le sol

« Pourquoi elle voulait nous séparer. »

Elle regarda ses pieds.

-Regardez-moi Hermione, qu'avez-vous fait ?

Elle ne releva pas la tête et elle se balança sur sa chaise.

« Rien, rien du tout…Je vous le jure que je n'ai rien fait… »

- Vous lui avez fait quoi à cette femme? hurla t'il.

Elle se mit à crier comme si elle était possédée par un démon.

« Oui, oui, je l'ai fait. Cette garce avait osé m'humilié et je ne pouvais pas laisser passer l'affront. Elle voulait me voler ce qui m'appartenait et… »

Soudainement, elle se calma et reprit un ton neutre.

« Quand je l'ai regardé, j'ai vu un sourire apparaître sur ses lèvres. J'ai su alors que peu importe ce qu je dirai, elle ne céderait pas. J'ai donc été obligé de me débarrasser d'elle. C'est la vie, ce n'est pas moi qui ait décidée cela. Je n'ai pas eu le choix. J'ai pris l'oreiller qui se trouvait près d'elle et je l'ai posé sur sa tête lentement comme cela »

Elle mima le geste.

« Et puis j'ai appuyé plus fort et puis encore plus fort. Oh elle s'est débattue, elle a été très digne devant la mort, cette malheureuse fin qui l'attendait. Elle tentait de s'agripper à moi mais j'étais plus forte qu'elle. Si bien qu'au bout d'un moment, je sentis ses doigts se raidir. De plus, elle ne se débattait presque plus. Je suis resté ainsi cinq bonnes minutes avant de retirer l'oreiller. Mais cela ne me suffisait pas. Je voulais être sûr qu'elle était morte pour de bon. Je me suis levée puis j'ai pris tout ce que j'ai pu trouver : une lampe de chevet. Là je suis revenue près d'elle et j'ai frappé en pleine tête. Avec une puissance que je ne soupçonnais pas moi-même. J'entendais les os se craquer sous mes coups. Et mes mains… »

Elle les agitait devant elle.

« Oui ces mains-là étaient recouvertes de sang. Non, tout mon haut était aussi recouvert de sang mais c'était comme si je n'arrivais pas à m'arrêter de frapper. Du moins jusqu'à ce que j'entende quelqu'un dire « Par Merlin ! » derrière moi … »

Maledian