Bonjouuuur !
Merci aux reviewers et bonne lecture tout le monde !
Chapitre 1 : Première séance
Elisabeth Monroe entra dans la pièce d'un pas chancelant (elle s'était bien niqué la cheville en tombant après tout) et alla s'asseoir face à son nouveau patient, Jim Moriarty. Du coin de l'œil, elle vit les gardiens refermer la porte, la laissant seule dans la pièce avec le petit brun. Pas vraiment rassurée, elle vérifia rapidement que les menottes du prisonnier étaient bien refermées et s'autorisa à souffler un coup.
Puis elle le détailla.
La trentaine, une barbe de cinq jours, des cheveux bruns un peu en pétard, la peau pâle qui tranchait avec ses vêtements flashy, vaguement mignon… Elisabeth voulut rencontrer le regard de son interlocuteur et le regretta aussitôt. Il lui semblait que deux puits noirs et obscurs s'ouvraient dans le visage du criminel, et c'était déroutant au possible. Avalant de travers, la psychologue reprit ses esprits et se força à prendre un air détendu.
- Vous semblez mal à l'aise, fit remarquer le détenu qui, lui, aurait pu être le maître des lieux tant il était calme et souriant.
- C'est ma première fois ici, je dois être un peu nerveuse, se justifia la jeune femme en commençant à jouer avec son stylo. Donc, comme vous le savez déjà, le docteur Brown m'a demandé de m'occuper de vous…
- C'est le cas, même si je n'ai pas vraiment compris pourquoi, répondit l'autre avec un accent irlandais prononcé et un air attristé.
- He bien, si je suis là, c'est pour vous aider, Monsieur…
- Moriarty. Mais vous pouvez m'appeler Jim.
Le ton s'était fait charmeur. Typique des taulards qui voient une femme après un mois de détention. Même si celui-ci n'avait rien de vulgaire.
- Monsieur Moriarty. Je suis ici pour vous aider à vous intégrer de nouveau dans la société, lorsque vous sortirez de prison.
Une lueur nouvelle s'alluma dans le regard sombre du prisonnier.
- Je n'ai pas bien saisi votre nom, docteur…?
- Elisabeth Monroe, dit-elle, aimable.
- Elisabeth, ronronna le criminel. Qui me dit que vous n'êtes pas ici pour m'extorquer des aveux supplémentaires, histoire qu'ils me collent d'autres crimes sur le dos ?
Hm, de la familiarité puis de la méfiance. Etape 1, le rassurer.
- Monsieur Moriarty, tout ce qui se passe dans cette pièce reste dans cette pièce.
- Et à quoi sert cette caméra alors ? persifla le jeune homme en pointant du doigt l'appareil quasiment invisible qui se trouvait dans un coin de la pièce.
Comment a-t-il pu la voir ?!
- Je regarde beaucoup de séries policières, vous savez, Elisabeth. Si je devais placer une caméra dans cette pièce, c'est là que je la mettrais. Et non, je ne lis pas dans vos pensées, vous êtes juste extraordinairement expressive.
De plus en plus perplexe, la psy relâcha l'air qui était resté coincé dans sa poitrine.
Encore un sourire complaisant…
- Le son n'est pas enregistré, seulement l'image. Et quoique vous ayez envie de me dire, Mr Moriarty, cela restera entre nous.
- Donc vous voulez… m'analyser ? demanda le brun en souriant plus largement comme s'il venait de raconter une bonne blague.
- Non, disons que je ferai office d'oreille attentive pendant nos séances. Vous pourrez me raconter tout ce que vous voudrez et j'essaierai de vous aider à mettre vos idées au clair et à vous sentir plus en phase avec vous-même.
- Je vois. Vous êtes une sorte d'amie payée par l'Etat, donc. Ça me va. Que voulez-vous que je vous raconte, Elisabeth ?
- Tout ce que vous voudrez. Mais vous pourriez commencer par me dire comment vous vous sentez, si vous le désirez.
- Pour être tout à fait honnête, la nourriture est dégoûtante, il n'y a pas de thé le matin, mes vêtements sont horribles et je m'ennuie atrocement dans ma cellule sale. Mais là, maintenant, tout de suite, je me sens… bien, murmura le détenu comme s'il s'agissait d'un secret.
Jim s'amusait à faire tourner sa psy en bourrique. Elle restait sur ses gardes, mais elle le croyait maintenant moins dangereux qu'il l'était réellement, et il pouvait littéralement voir son stress baisser à mesure qu'il la roulait dans la farine.
Ses grands yeux gris, d'abord écarquillés par la crainte, étaient plus amicaux alors qu'elle le croyait prêt à se mettre à table. Si seulement elle savait…
- Bien, et si vous me parliez un peu de vous ? demanda Monroe avec un sourire timide. Avez-vous de la famille ?
C'est trop facile.
Jim prit un air triste et faillit exploser de rire en imaginant sa tête.
- J'ai un frère, mais ça fait des années que je l'ai pas vu… Et mes parents sont morts, paix à leur âme…
- Oh, je suis désolée Mr Moriarty… s'excusa la jeune femme apitoyée.
- Vous pouvez m'appeler Jim, et vous savez, c'est peut-être mieux ainsi. Qu'ils ne soient plus de ce monde je veux dire.
- Que voulez-vous dire ?
Jim se mordit la lèvre inférieure, faisant mine d'hésiter à répondre.
- Vous pouvez tout me dire vous savez, Jim, le rassura la brune en avançant une main sur la table, comme si elle avait voulu attraper une des siennes mais s'était retenue au dernier moment.
- He bien, bredouilla le Consultant. Mon père… il me battait, quand j'étais enfant. Et ma mère buvait et trompait mon père avec plusieurs amants… Mon frère aîné était déjà parti de son côté, il ne savait rien de tout ça…
- Oh, Jim, c'est horrible, compatit le docteur en penchant la tête sur le côté.
- J'ai fait de mon mieux pour survivre, puis je suis parti à mon tour, et j'ai appris quelque temps après qu'ils étaient morts tous les deux. Et le pire c'est que je… mon dieu, je n'ai même pas été triste de l'apprendre ! Je dois être un monstre, pour ne pas regretter mes parents !
- Mais non, Jim, vous n'êtes pas un monstre, vous êtes une victime ! déclara Elisabeth avec verve.
Alors qu'il continuait à faire semblant de s'appesantir sur des événements imaginaires, Jim nota dans un coin de son cerveau qu'il pouvait se servir de la compassion exacerbée de la psy pour la faire parler et le divertir.
De son côté, Monroe constata sans réelle surprise que Moriarty essayait de s'attirer sa pitié. Comme s'il pouvait s'en servir pour s'évader !
Donc, ne pas tenir compte de son histoire larmoyante, il s'agissait sûrement de mensonges ou d'une version enjolivée de la vérité.
On n'a jamais dit que le métier était facile, après tout.
Fataliste, elle offrit un mouchoir en papier au prisonnier, qui la remercia au moins quatre fois avant de s'éponger les yeux. Quand elle détecta la présence d'un fin sourire entre les plis du mouchoir, elle décida de faire tomber les masques.
- Jim, vous pouvez arrêter de faire semblant, s'il vous plaît ?
Le détenu prit un air outré.
- Vous pensez que je mens ?! Elisabeth !
- Je sais que vous mentez, vous en faites beaucoup trop pour que ce soit crédible. Si vous ne vouliez pas parler de ça, il suffisait de me le dire. De toute manière, personne n'aurait lâché un truc pareille à une première rencontre.
Aussitôt, les larmes disparurent comme par magie et le visage de son interlocuteur s'éclaira d'un coup.
- Vous ne m'en voulez pas d'avoir essayé, j'espère ? demanda-t-il.
Elisabeth choisit de ne pas répondre à sa question.
- Vous êtes une personne intelligente, Jim, vous pourriez faire tellement mieux que jouer les victimes.
- Oh ? Et je pourrais faire quoi, d'après vous ? Devenir agriculteur, comme vos parents ?
Les yeux de Monroe s'ouvrirent d'un coup.
- Comment… ?
- Vos mains, Elisabeth, elles me disent que vos parents étaient fermiers et que vous les avez aidés pendant toute votre enfance avant de vous lancer dans la psychologie. Ah, et vous êtes gauchère.
Elisabeth ne put s'empêcher de regarder ses mains, pourtant nettes et manucurées.
- Oh, bien sûr qu'elles sont propres, vous êtes une professionnelle. Mais à vrai dire, les veines sur le dos sont protubérantes, c'est le signe que vous pratiquez ou avez pratiqué une activité manuelle intense. Comme vous êtes psy à plein temps, et qu'il m'étonnerait que vous souleviez des meubles, j'en ai donc déduit que vous avez vécu jusqu'à la fin de votre adolescence dans une exploitation agricole. Et la bosse sur votre majeur indique que vous écrivez régulièrement de la main gauche. Rien de sorcier.
- Autre chose ? grommela la jeune femme, sarcastique.
- Je sais aussi que vous avez avalé mon histoire à dormir debout pendant au moins quelques minutes, vu que vous vous êtes penchée vers l'avant à mesure que je parlais avant de vous reculer de nouveau par la suite. Et vous avez une mémoire auditive développée, vu que vous ne ressentez pas ce besoin maladif qu'ont les psychologues d'écrire un roman sur un bloc-notes. Je continue ?
- Oui, j'adorerais savoir comment un homme aussi observateur a pu se laisser attraper par la police.
Oh.
Et voilà, j'ai encore raté une occasion de fanfaronner.
Cette femme… De vague occupation, elle venait de devenir assez divertissante pour que Jim n'ait pas envie de la faire fuir. Du moins, pas pour le moment.
- Qui vous dit qu'il ne s'agit pas d'une erreur judiciaire ? rétorqua le Criminel Consultant.
- Une intuition, répondit la jeune femme sur le même ton.
- Voilà qui n'est pas très psychologue de votre part, docteur. N'êtes-vous pas censée écouter religieusement mes paroles et y chercher un traumatisme d'enfance en essayant de ne pas trop me chambouler ?
- Je ne crois pas que votre enfance ou un quelconque traumatisme ait quelque chose à voir avec votre présence ici, Mr Moriarty.
- Oh, pitié, vous m'appeliez enfin Jim ! s'exclama le détenu en haussant la voix.
- Du calme, s'il vous plaît, Mr Moriarty.
- Appelez-moi Jim !
- Hm, c'est impossible, pour commencer je n'aurais pas dû être aussi familière avec vous. Pour une première séance c'est un peu rapide, vous ne pensez pas ?
- Vous devenez rasoir, docteur. Et dire que je commençais à vous apprécier…
- Justement, c'est assez atypique comme comportement chez un détenu obligé de voir un psy. Vous m'expliquez ?
- Le fait est, Elisabeth, que je m'ennuie.
- He bien voilà, on avance ! Vous n'avez pas de hobby ?
Jim s'esclaffa.
- Un hobby ? Vous êtes sérieuse ? Non non non, c'est le reste de l'humanité qui m'ennuie. Vous êtes tous tellement… normaux ! Je ne peux même pas lire de romans, je devine la fin après trois pages ! Les films sont stupides, les intrigues ne valent pas un clou, sans parler des séries ! C'est si facile de deviner qui est le tueur, où est le plaisir ?
Wow. Elisabeth avait toujours eu la poisse, mais se coltiner le seul gars au monde trop intelligent pour ressentir un quelconque intérêt envers le reste du monde, c'était le pompon.
Elle observa l'Irlandais qui reprenait son souffle et roulait les yeux comme un psychotique et se dit que ses collègues auraient tué pour rencontrer un cas pareil.
- Allez-y, rendez-vous utile, trouvez-moi quelque chose à faire qui n'implique pas le crime, la défia son patient.
- Vous avez déjà essayé le tricot ? répondit Elisabeth, pince-sans-rire.
- Oui, répliqua Jim avec impatience.
- He bien…nooooon, vous êtes sérieux ?
- Croyez-moi, j'ai tout essayé. Mais c'est trop simple, ça ne va pas. Même avec quatre aiguilles… Je n'ai même pas eu le cœur à faire la deuxième chaussette, tellement ça m'ennuyait.
Elisabeth faillit exploser de rire en imaginant le détenu avec des aiguilles et une chaussette coincée à l'état de socquette pendant lamentablement dans le vide. Puis elle se reprit. S'il était vraiment sérieux, sa vie devait être un enfer.
Voyant le regard noir et calculateur de Moriarty remonter vers elle dans l'expectative, le docteur se félicita d'avoir gardé son sérieux et chercha un nouveau sujet de conversation.
- Hrm, et y a-t-il quelque chose que vous aimez ?
Surpris qu'elle ne s'attarde pas plus sur le tricot, Jim se redressa un peu.
- Le thé, Westwood, la musique des années 80', faire la cuisine quand je suis seul, danser…
- Vous avez des passe-temps vachement plus ordinaires que je le pensais ! s'exclama la psy sans pouvoir se retenir.
- Ordinaire n'est pas le mot que j'utiliserais, mais si vous le dites…
- Et vous cuisinez bien, d'après vous ?
- Sans me vanter, je pense faire les meilleurs cookies de la capitale.
Elisabeth lui sourit, puis se recula vers sa chaise.
- Les cookies, j'adore ça, commença-t-elle avant de voir l'heure sur sa montre. Mon dieu ! Il est déjà quinze heures passée !
- Le temps passe vite quand on discute, commenta Moriarty en contemplant ses ongles.
- Oh, je suis désolée, je suis déjà en retard pour mes autres patients, il faut que je file… On se revoit dans deux jours à la même heure ?
- Avec plaisir, mais vous allez me rendre jaloux si vous me quittez pour rejoindre un autre, Elisabeth…
La jeune femme resta muette, puis décida qu'il plaisantait.
- Heu…bref, à dans deux jours. Soyez sage !
Elle le salua chaleureusement avant de quitter la pièce sans se rendre compte qu'un regard sombre fixait son dos avec intensité.
- Hé, Moriarty, t'as une visite, grommela une voix bourrue alors qu'un gardien cognait aux barreaux de la cellule de Jim, le tirant de ses pensées.
- Ne peut-on donc jamais réfléchir tranquillement dans ce boui-boui ? se plaignit le Consultant en se levant de sa couchette.
Un œil torve lui répondit et on l'emmena jusqu'au parloir où une silhouette familière l'attendait.
- Seb, dit-il simplement en s'emparant du téléphone.
- Bonjour patron, tu as l'air en forme. J'adore ta coiffure, ironisa le sniper blond.
Jim fit bouffer avec agacement ses cheveux écrasés par le matelas et fixa son visiteur, irrité.
- Si tu es venu pour critiquer mon apparence, tu peux prendre ton flingue et te le fourrer dans le…
- J'ai des dossiers pour toi, boss, l'interrompit son homme de main en lui montrant une pile de feuilles posées bien en tas devant lui.
- Je suis en vacances, sourcilla son chef.
- Mais tu dois t'ennuyer à mourir ici, non ? Une affaire ou deux, pour passer le temps…
- Je n'ai aucune envie de bosser, là. Cette prison commence vraiment à me les briser.
- Ah ouais, ça se voit. Au niveau du langage, surtout… s'esclaffa le tueur en liberté. Bon, plus sérieusement, reprit-il à voix basse, si tu tiens toujours à t'évader maintenant, les pions sont presque tous en place, il me reste encore un ou deux gardiens à soudoyer, puis on pourra lancer le plan A au moment prévu.
- Mouais… mais je n'ai plus tellement envie de m'en aller, vois-tu.
- Mais ? Je pensais que tu en avais marre de la prison, patron ?
- Et c'est vrai. Figure-toi qu'on m'a attribué un psy.
- Un psy ? Le pauvre. Il est comment ?
- Cheveux bruns, les yeux gris, pâlichon, pas bien large.
- Bah, rien d'extraordinaire, donc ?
- Non… ah, si, il porte une jupe et fait du bonnet B. Ou C. J'hésite.
- Nooooooon ?! souffla Sebastian, incrédule. Elle est mignonne ?
- Je n'irais pas jusque là, mais elle n'est pas particulièrement moche. Mais si je te parle d'elle, ce n'est pas pour son physique. Elle est marrante, ça me fait passer le temps.
- Ne me dis pas qu'elle t'intéresse ?!
Jim soupira exagérément en roulant les yeux.
- Pour qui me prends-tu ? Je veux simplement profiter de toutes les nouveautés qui se présentent, c'est tout. Elle n'a rien dit quand je lui ai expliqué que le monde entier m'emmerdait, ni quand je lui avoué que je prépare des cookies quand tu as le dos tourné. Je veux voir jusqu'où je peux lui dire la vérité à mon sujet avant qu'elle ne prenne la fuite en hurlant.
- Et c'est une raison suffisante pour rester en taule, patron ? Et, espèce d'enfoiré, tu ne m'as jamais filé un seul cookie…!
- Enfoiré, patron… franchement, essaie de te décider, ça devient chiant là. Si je rentre à la maison maintenant, j'aurai l'impression que rien n'a changé, et mes pseudo vacances n'auront servi à rien. Je veux juste me changer les idées avant de rentrer, voilà tout.
- La pauvre fille, tu vas la traumatiser, soupira Seb.
- J'ai besoin que tu enquêtes sur cette femme, Elisabeth Monroe, ordonna Jim sans faire attention à l'opinion de son bras droit.
- A ce point-là ? Il te faut quoi exactement ? L'adresse de son petit ami ?
- Tout. Communique-moi tout ce que tu trouves. Je veux connaître ses hobbies, les endroits où elle se rend pour se détendre, la musique qu'elle écoute, les chaînes qu'elle regarde, les livres qu'elle lit, la taille de ses sous-vêtements, si elle préfère le satin ou la dentelle, et si elle a de la famille vivante, je veux le savoir. Idem si elle a un copain ou un mari, ce qui m'étonnerait vu qu'elle ne portait pas d'alliance.
- Je me fais l'effet d'un foutu stalker, pas toi ? plaisanta Sebastian en notant le nom et la profession de la jeune femme sur un coin de feuille vierge.
- Oh, Seb, ronronna la Criminel Consultant, tu n'en es pas à ta première fois, n'est-ce pas ?
Moran prit une tête blasée et soupira pendant dix bonnes secondes.
- Et ça va te servir à quoi, toutes ces infos ? A la faire flipper ?
- Mais non enfin, mentit Jim en secouant la main, je veux juste en apprendre un maximum sur elle pour… orienter nos passionnantes conversations.
- Mouais… grogna le grand blond. Ne laisse rien échapper de compromettant hein, sinon tu pourrais bien avoir de vrais ennuis. Même si tu adores fanfaronner, ce n'est pas le moment de te faire transférer dans une prison de haute sécurité.
- T'inquièèèèète, j'ai de mon côté cette chose merveilleuse qu'on appelle secret médical. Bon, c'est pas que je m'ennuie avec toi, mais j'ai besoin de préparer notre prochaine entrevue.
- Okay, je me taille. Ah, j'ai oublié de te dire, y a un genre de gang de trafiquants chinois qui veulent passer un accord avec toi pour pouvoir s'étendre sur le territoire anglais.
- Fais-les patienter, j'ai pas que ça à faire.
- Et certains de tes clients se sont fait attraper par les flics, d'après les nettoyeurs, ils auraient eu affaire à un type nommé Sherlock.
- Un type ? Ça sonne plutôt comme un nom de fille, un peu comme Goldilock… Quelqu'un a parlé ?
- Non, on s'est arrangés pour qu'ils la ferment.
- Bien, bien, bien. Préviens les autres de ce qui leur arrivera s'ils parlent de moi à qui que ce soit, histoire de leur rafraîchir la mémoire. Sur ce… à la revoyure !
- Je reviens la semaine prochaine, soyez prudent patron.
- Mooooonh, mais c'est qu'il s'inquiète le gentil Seb !
- C'est pour mon matricule que je m'inquiète, grogna le sniper en se levant de sa chaise en plastique.
Jim regarda son homme de main sortir et se fit raccompagner jusqu'à sa cellule par un gardien. Aussitôt arrivé, il se rallongea sur son matelas et réfléchit tout haut.
- Alors, si je lance cette ligne de déodorants pour prisonniers… il me faut un nom sympa, un truc qui reste dans les mémoires. Et puis pour le prix…
Moriarty se gratta la tête et, horrifié, se rendit compte que ses cheveux devenaient gras.
- Eeewww ! Ok, donc, comme prix, du shampooing, un peigne et du gel, ça devrait le faire. Et pour ceux qui n'en ont pas, hmmm…
Bah, il les ferait payer en faveurs. Une armée de criminels à son service, ça pouvait toujours servir.
Moriarty ferma les yeux pour simuler une sieste, mais ses pensées tourbillonnaient comme un torrent dans son esprit.
Au milieu de tout ce bordel, une question lui revenait sans cesse : quand allait-il quitter cette foutue prison ? Bien sûr, il serait plus simple de se trouver une psy à domicile que de rester dans un pénitentiaire, mais où serait le plaisir ? Cette chère Elisabeth ignorait complètement à quel genre de criminel elle avait affaire, ce serait bien plus drôle de le lui faire deviner petit à petit que d'inviter un de ses collègues dans sa maison trop luxueuse.
Il voulait voir le doute naître dans ses yeux, suivi par la peur qu'il lui inspirerait alors. Il voulait la voir prise au piège dans la même pièce que lui alors qu'il se libérerait de ses menottes, juste avant que le plan A ne soit enclenché et que Sebastian le sorte de là.
Il ne lui ferait rien (il n'était pas tout à fait un monstre, après tout), mais ça, elle ne le savait pas.
Cependant…après son évasion, Elisabeth devrait faire une déposition et parlerait sans doute de lui à la police, qui, malgré son incompétence, allait bien se douter de quelque chose et enquêterait sur lui. Et ça, il préférait éviter.
Option n°2 : renoncer à son envie de la faire mourir de peur et espérer passer sous les radars des flics. Mais ça n'avait rien de drôle.
Option n°3 : la menacer pour qu'elle ne parle pas. Mais bon, le docteur chauve (comment l'avait-elle appelé …? Ah oui, Brown) se ferait une joie de montrer aux forces de l'ordre les résultats de ses tests psychologiques, même s'il était lui aussi tenu au secret. Il détestait trop Jim pour s'en empêcher.
Option n°4 : la retourner et la faire travailler pour lui, mais elle ne ressemblait pas vraiment au genre de femme qui cautionne le meurtre.
Après ça, il ne restait plus qu'une solution… :
Option n°5 : tuer Elisabeth.
À suivre…
Bon, je suis anxieuse là, j'ai l'impression d'avoir écrit des bêtises… Pitié, dites-moi sincèrement ce que vous en avez pensé !
J'espère que ça vous a plu !
