Ellana : Merci beaucoup pour ta review, j'espère que ce qui va suivre te plaira !

Aurore : Haha, merci, c'est très gentil ! Pour les fautes, je dois bien avouer que je ne me relis pas, et comme je n'ai pas de béta lectrice, ça ne me facilite pas la tâche. Enfin bref, ravie que ça t'ait plu, souhaitons que la suite comble tes attentes ^^ .

Corie : Merci ma puce, j'aime que tu aime :p !


Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Stéphanie Meyer et je ne tire aucun profit de la publication de cette fanfiction.


Alicia avait complètement perdu la notion du temps. À vrai dire, elle n'avait plus conscience de rien, à part de la douleur fulgurante qui ne la quittait plus. Depuis combien de temps était-elle allongée dans cette ruelle sans avoir la possibilité de se relever ? Trois minutes ? Trois heures ? Trois jours ? Trois semaines ? Elle n'en savait rien. Elle savait juste qu'elle était sur le point de devenir complètement folle, en oubliant jusqu'à son propre nom. Elle s'accrochait avec désespoir à l'image, désormais flou, du visage de son agresseur, et c'était bien la seule chose qui lui donnait la force de se battre.

Elle était toujours incapable de faire le moindre geste : au mieux, elle pouvait serrer les dents et les poings, mais cela ne lui était d'aucune utilité. Rien ne semblait capable d'apaiser le feu ardent qui la brûlait de l'intérieur, n'épargnant aucun centimètre carré de son corps incandescent. Incandescent. Il n'y avait pas de mot plus approprié. Elle avait l'impression que tout son être s'était transformé en un morceau de métal chauffé à blanc. D'ailleurs, lorsqu'elle tentait d'imaginer à quoi pouvait ressembler son corps, elle voyait très nettement se dessiner un morceau de charbon rougeoyant.

Elle n'était même pas en mesure de hurler sa souffrance, car elle savait que si elle laissait le moindre son s'échapper d'entre ses lèvres, elle ne pourrait plus le contenir et s'arracherait les poumons jusqu'à ce que mort s'en suive. D'ailleurs, elle doutait d'être encore en mesure de pouvoir parler. Ses cordes vocales, comme tous les autres organes de son corps, semblaient avoir été baigné dans l'acide. Elle n'aurait jamais cru pouvoir souffrir un jour comme ça. Même avec sa formation de médecine, elle était incapable d'expliquer quel mal la dévorait de l'intérieur, elle n'avait jamais entendu parler d'une telle infection.

Elle aurait mille fois préféré se faire passer à tabac par toute une équipe de footballeurs américains, passer sous les lames d'une moissonneuse batteuse, se faire briser tous les os du corps un par un, s'arracher elle-même la totalité de la peau avec les ongles. Elle aurait vécu ça comme une douce caresse réconfortante. Tout semblait plus agréable que ce qu'elle endurait en ce moment. Elle aurait voulu qu'on l'achève, que quelqu'un la prenne en pitié et en finisse avec elle, mais personne ne vint la délivrer de sa souffrance. Elle était condamnée à endurer tout ça, et pourquoi ? Pour mourir ou pour survivre, elle n'en savait rien, et c'est surement ce qui la terrorisait le plus.

Si la mort était la seule fin possible à cet état insupportable, alors elle aurait enduré tout cela pour rien, et c'était le plus intolérable. Si elle avait pu bouger ses bras, elle aurait déchiré elle-même la peau de son torse pour s'en arracher le cœur à pleine main. Elle n'aurait pas hésité une seule seconde. La seule pensée clair de son esprit se répétait inlassablement, comme une horrible litanie désespérée. Tuez moi. Tuez moi. Elle voulait juste qu'on la laisse partir, qu'on lui accorde le droit de choisir la mort plutôt que la torture, mais ses prières restaient vaines.

Son cœur battait à une allure folle, comme s'il tentait de s'extraire lui-même de sa poitrine, et cette idée plut à Alicia. Si seulement cela avait été possible… Le feu qui la dévorait, sans pitié, semblait voué à ne jamais s'éteindre. Il ne l'assaillait pas par vague - ce qui aurait été tout aussi douloureux mais surement plus supportable - il la brûlait en continue sans jamais faiblir, sans jamais perdre de son intensité. Elle ignorait ce qui se passait, mais quelque part dans son cerveau embrumé et anesthésié par la douleur, elle avait la certitude qu'elle n'endurait pas cela pour rien. Que cela la conduirait vers quelque chose qui en vaudrait la peine.

Cette soudaine prise de conscience lui fournit la motivation nécessaire pour ne pas perdre définitivement la raison. Si la douleur ne la quittait pas, la lucidité et la puissance reprenaient peu à peu leur droit, lui insufflant la certitude que cet enfer touchait à sa fin, qu'elle serait bientôt délivrée de l'insupportable tension qui courait dans son corps. Elle réussir à desserrer les poings, constatant par la même occasion qu'elle les avait serrer si fort que ses ongles avait entamé la chair tendre de ses paumes. Elle posa les mains à plat sur le sol, déçue de voir que même la fraicheur du bitume n'apaisait pas ses brûlures.

Lorsqu'une vague brûlante plus forte que les autres lui dévora soudainement les veines, elle s'arqua de nouveau et ses ongles s'enfoncèrent dans le sol, entamant le béton sans abîmer sa chair. Elle ne le remarqua même pas, trop dévasté par le regain fulgurant de puissance du mal qui l'habitait. Elle sentit tout d'un coup les braises ardentes s'apaiser au niveau de ses mains et de ses pieds, mais le soulagement qu'elle éprouva fut de courte durée. En effet, au fur et à mesure que la douleur s'effaçait de ses bras et de ses jambes, elle redoublait d'intensité dans sa poitrine. Comme si tout l'acide qui ravageait son corps de l'intérieur avait décidé de se regrouper au niveau de son cœur.

Son cœur d'ailleurs semblait devenir fou de frayeur. Il battait à une allure folle, à telle point que cela en devenait douloureux. Alicia était infirmière, et elle savait bien que la vitesse de ses battements n'avaient rien de naturel, personne, aussi résistant soit-il, ne pouvait survivre à ça. Elle sentait la douleur la quitter à une lenteur qui la rendait hystérique, comme une baignoire au siphon bouché que l'on aurait voulu vider. Même l'apaisement qu'elle ressentait au niveau des mains et des pieds ne suffisaient à l'apaiser. Le reste de son corps irradiait comme un soleil.

Soudainement, une douleur inimaginable s'empara d'elle et elle sentit son cœur se contracter, aspirant brusquement toutes les braises ardentes qui couraient à travers ses veines pour la concentrer en lui. Elle s'arqua plus violemment encore que la dernière fois, pétrifiée par ce qu'elle ressentait. Si elle avait souffert jusque là, elle ne s'en souvenait pas, elle qui croyait avoir vécu le pire, elle réalisa bien vite son erreur. Son cœur battait si vite qu'elle avait l'impression qu'il allait lui arracher les côtes de l'intérieur, ce qui la terrifia au plus haut point. Elle ne voulait plus mourir. Pas si près du but.

Puis tout d'un coup, une décharge la traversa et, ouvrant grand les yeux sous le coup de la douleur, un hurlement déchirant s'échappa de sa poitrine. Puis ce fut fini. Elle sentit que son cœur s'était arrêté brusquement de battre, au moment même où la souffrance avait quitté ses veines, et elle réalisa qu'elle n'était pas morte. Elle se redressa sur les coudes et regardant autour d'elle, elle retint un hoquet de stupeur. Il faisait nuit, mais elle n'avait jamais eu une vision aussi parfaite, aussi affutée. Aucun détail ne semblait pouvoir lui échapper. Tout autour d'elle lui semblait si beau, si grandiose, qu'elle prit une grande inspiration, goûtant ainsi l'air qui l'entourait. Toutefois, ce geste lui parut des plus étranges, et pour cause, elle n'en ressentit aucun contentement.

Elle n'avait visiblement pas besoin d'oxygène, et cette pensée la choqua jusqu'au plus profond de son âme. Que lui était-il arrivé ? Elle posa une main contre sa poitrine, et constata qu'effectivement, son cœur ne donnait plus aucun signe d'activité. Plus paniquée encore qu'elle ne l'avait jamais été, elle tenta de se redresser et, forçant sur ses bras, elle se retrouva propulsée contre le mur d'en face, s'y écrasant sans aucune délicatesse. Des morceaux de briques tombèrent à ses pieds, et , hébétée, elle balança de toute ses force son poing contre le mur, et elle sursauta lorsque ce dernier passa au travers de la brique aussi facilement qu'à travers du papier.

Elle sentit un sentiment étrange monter en elle, sans être capable de le contenir. Un mélange explosif de terreur et de colère. Elle voulu avancer pour s'enfuir d'ici mais elle fut rapidement désorientée. Comme était-elle passée du fond de l'impasse à son extrémité en un seul pas ? Harcelée par une vague de questions auxquelles elle n'avait malheureusement aucune réponse, elle se laissa tomber au sol, effrayée à l'idée d'avoir à se déplacer ou à faire le moindre geste. Que signifiait cette vitesse de déplacement hors du commun ? Et cette force surhumaine ? Pourquoi personne n'était là pour lui venir en aide, pour lui donner les réponses dont elle avait besoin ?

Sa main entra en contact avec une flaque sèche et la sensation fit frémir la jeune femme, qui baissa subitement les yeux pour voir ce qui provoquait en elle un tel trouble. Qu'est-ce que… Est-ce que c'était du sang ? Paniquée, gardant encore quelques réflexes d'avant son agression, elle prit malgré une inspiration intense et se plaqua une main contre la gorge lorsqu'elle ressentit une vive brûlure l'envahir. Une brûlure similaire à celle qu'elle avait ressentit pendant ces derniers jours, mais centrée au niveau de la gorge. Elle aurait voulu fondre en larme, mais malgré ses tentatives, ses yeux restaient désespérément secs.

"Mademoiselle, tout va bien ?" demanda une voix dans son dos.

Elle se retourna vivement, prête à se défendre de la personne qui se tenait si proche d'elle, mais se calma en réalisant que l'homme qui lui avait parlé se tenait beaucoup plus loin d'elle qu'elle ne l'avait imaginé. Elle l'avait entendu avec tellement de précision, si distinctement, elle aurait presque pu sentir son souffle contre sa nuque. Mais il n'en était rien, il se tenait bien à une quinzaine de mètres d'elle, et se rapprochait d'un pas vif, voulant visiblement lui venir en aide. Elle le regarda avec plus d'insistance et dressa l'oreille en entendant le bruit mélodieux de son cœur battant dans sa poitrine, le sang pulser dans ses veine. La douleur dans sa gorge se décupla et elle poussa un gémissement de souffrance.

"Mademoiselle !" s'exclama l'homme en la prenant par les épaules pour l'aider à se relever. "Mon Dieu, vous êtes glacée !"

"Aidez moi…" murmura Alicia, fébrile.

Elle ne reconnut pas sa propre voix. Avait-elle toujours été aussi mélodieuse ?

"Vous êtes blessée ?" demanda l'homme en tentant de capter son regard. "Vous êtes si pâle…"

"Je… J'ai mal…" poursuivit-elle.

Mais visiblement, l'homme n'avait rien entendu, car il s'approcha d'elle et tendit l'oreille. Etait-il sourd ? Elle avait pourtant parlé d'une voix normale ! Tout d'un coup ses pensées s'emmêlèrent et elle perdit pieds. L'homme était beaucoup trop prêt d'elle, beaucoup trop prêt. Elle pouvait sentir son odeur entêtante, et pouvait voir ses veines se dessiner à la base de son cou. Malgré elle, elle se lécha les lèvres et émit un ronronnement des plus étranges. L'homme, surprit, tenta de se reculer, mais elle plaqua ses mains sur ses épaules - qui craquèrent horriblement, arrachant au pauvre homme un cri de douleur - et elle finit par planter ses dents dans son cou, mue par une force invisible.

Alors qu'elle aurait du être dégoutée par ce qu'elle était en train de faire, elle trouva ce geste très naturelle, et se surprit à se délecter du goût du sang de son innocente victime, qui avait cessé de se débattre, comme résigné. Alicia continua de boire et le vida jusqu'à la dernière goutte avant de le laisser retomber lourdement sur le sol, elle constata qu'elle y avait prit beaucoup de plaisir, et que par-dessus le marché, sa gorge ne la faisait plus souffrir. Elle s'essuya la bouche d'un revers du bras et regarda tristement le cadavre de l'homme désarticulé. Elle n'avait pas voulu lui faire de mal, mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Elle avait complètement perdu le contrôle sur elle-même.

Soudain inquiète à l'idée que quelqu'un puisse découvrir ce qu'elle avait fait, elle prit le cadavre dans ses bras et se mit à courir en direction du nord. Elle se rendit compte qu'elle se déplaçait à une vitesse folle. Elle aurait du se prendre les obstacles qui se dressaient devant elle, mais il n'en fut rien, sa vision n'en était absolument pas altérer. Alors qu'elle aurait du voir flou, elle percevait à la perfection tous les objets qui l'entourait, des trottoirs aux flaques d'eau glissante, des lampadaires aux particules de poussières qui dansaient paresseusement dans leur lumière faiblarde. C'était jouissif, et la jeune blonde se sentit pousser des ailes, prêt à courir comme ça jusqu'au bout du monde. Elle grimpa d'un saut sur le toit d'une maison haute et continua sa course en bondissant de toit en toit.

Elle n'avait pas peur, elle savait qu'elle en était capable. Elle ne savait pas d'où lui venait cette drôle de certitude, mais elle décida de faire confiance à son instinct et à son corps, car visiblement, ces derniers s'en sortaient beaucoup mieux qu'elle. Tout d'un coup, elle s'arrêta, s'étonnant au passage de la facilité avec laquelle elle avait mit un terme à sa course, elle n'avait même pas été entrainée par son élan. Toujours sur un toit, les pieds au bord du vide, elle se rendit compte que, grisée par ce sentiment de puissance et de liberté, elle en avait oublié son objectif principal : se débarrasser du corps de sa victime.

Au loin, elle entendait le clapotis régulier de l'eau de la rivière Era, celle qui bordait Volterra au nord, et elle commença à se dire qu'elle allait apprécier ses nouveaux dons. Voulant voir jusqu'où ceux-ci s'étendaient, elle prit appuie sur ses pieds et donna une violente impulsion au sol pour jeter son corps vers l'avant. Elle ne fut pas déçue. Elle sentait le vent fouetter son visage et adorait cette sensation. Elle se rendit compte au dernier moment qu'elle avait sauté trop loin et creva la surface lisse de la rivière. Elle lâcha le corps et remonta à la surface, frappée par la surprise. Elle était tombée si profondément dans l'eau qu'elle avait eu peur de se noyer.

En prenant une longue inspiration, elle se rappela qu'elle n'en avait plus besoin et comprit que si elle voulait, elle pouvait nager sous l'eau aussi longtemps qu'il lui plairait. Galvanisée, elle se débarrassa de ses vêtements, poisseux et collants à cause du sang qu'elle avait perdu et de celui de sa victime, ne gardant que ses sous-vêtements, et les balança à l'aveuglette sur la berge avant de replonger sous l'eau. Par réflexe, elle avait prit sa respiration avant de s'immerger complètement. Visiblement, les habitudes avaient la vie dure. Elle fit quelques brasses et vida l'air de ses poumons. Elle se permit de faire quelque chose qu'elle n'avait jamais osé faire avant : ouvrir les yeux sous l'eau.

Elle fut frappée par la beauté de ce qui l'entourait. Il faisait nuit, et elle se trouvait dans l'eau, pourtant, elle voyait autour d'elle comme si elle se trouvait à l'abri derrière la surface vitrée d'un aquarium. Un sourire vint orner ses lèvres. Elle savait qu'elle aurait pu nager à toute vitesse, et qu'aucune fatigue ne pourrait l'empêcher de rejoindre la mer, mais elle ne le fit pas, préférant se prélasser doucement en observant les poissons et les multiples objets qui trainaient au fond de la rivière. Soudain, un bruit la tira de sa contemplation. Un bruit qui venait de la surface. De la berge pour être plus précise.

Elle nagea doucement et laissa ses yeux sortir de l'eau pour étudier la situation. Un couple marchait lentement, main dans la main, sans se douter qu'ils étaient observés par un monstre à moitié immergé. Elle se raidit à cette pensée. Se voyait-elle vraiment comme un monstre ? Le plus silencieusement possible, elle nagea jusqu'à la berge et grimpa agilement dessus. Elle avait l'habilité et la souplesse d'un chat. Les deux jeunes gens sursautèrent à la voyant sortir de l'eau et s'arrêtèrent pour la dévisager. Elle réalisa qu'elle était en sous-vêtements, et qu'il fallait absolument qu'elle trouve quelque chose à se mettre sur le dos.

Elle marcha jusqu'au couple et se dressa devant eux, les détaillant sans aucune gêne.

"Euh… Tout va bien ?" demanda l'homme en essayant de ramener sa petite amie derrière lui pour la protéger en cas de menace.

Cela arracha un sourire moqueur à Alicia. Comme si ce petit être faible pouvait faire quoi que ce soit contre elle si elle décidait d'un seul coup de les mettre en pièce. Toutefois, elle s'abstint de le faire. Elle avait étanché sa soif quelques minutes auparavant, et elle ne comptait pas se mettre à tuer pour le plaisir.

"Est-ce que j'ai l'air d'aller mal ?" répondit Alicia d'une voix menaçante mais magnifique. "Donne moi ta chemise."

L'homme eut un petit rire mi gêné, mi surpris. Il devait la prendre pour une folle. Cette réaction énerva la blonde, et, plus rapide que l'éclair, elle attrapa la main de l'homme pour lui tordre le bras, veillant à ne pas se servir de sa force. Elle voulait l'intimider, pas lui arracher un membre. Sous le coup de la douleur, il tomba à genoux, levant des yeux terrorisés vers elle. Elle lui adressa un sourire faux et accentua la pression sur son bras, lui arrachant un petit cri de souffrance. Elle se retint de lever les yeux au ciel : cet homme ne connaissait rien de la souffrance.

"J'ai dit : Donne moi ta chemise." répéta t-elle en tentant de garder son calme avant de lui lâcher le bras.

Cette fois-ci, il s'exécuta sur le champ. Il retira sa veste, puis déboutonna sa chemise le plus rapidement possible avant de la tendre à la jeune femme d'une main tremblante. Elle pouvait sentir son cœur s'agiter furieusement dans sa poitrine, battant à l'unisson avec celui de sa petite-amie, qui n'avait pas pipé mot depuis le début de leur rencontre. Elle se contentait de la fixer craintivement par-dessus l'épaule de son chevalier protecteur. Qui, dans cette situation, n'avait plus rien d'un chevalier. Elle attrapa le vêtement et l'enfila sans même le remercier. Après tout, la politesse était-elle de mise lorsqu'on volait quelqu'un ?

"Qu'avez-vous aux yeux ?" demanda fébrilement la jeune femme rousse.

"Quoi mes yeux ?" s'énerva Alicia, ce qui fit sursauter les deux jeunes.

"Ils sont euh… Rouges…" bégaya la femme en se tassant d'avantage derrière son petit ami.

"Tu n'aurais pas des lunettes ?" questionna la blonde, tentant de radoucir sa voix. "Des lunettes de soleil."

"Euh, non, je ne crois pas…" murmura la rousse en fouillant dans son sac sans pour autant la perdre des yeux.

Alicia haussa les épaules et les laissa partir. Visiblement terrorisée par cette rencontre, ils filèrent en courant sans demander leur reste, se retournant de temps en temps pour vérifier qu'elle ne les poursuivait pas. Elle ferma les boutons de la chemise qui lui arrivait jusqu'à mi-cuisse et inspecta rapidement les environs. Il n'y avait personne. Ou tout du moins, elle ne voyait personne. Elle tendit l'oreille et se mit à humer l'air à la recherche d'une quelconque odeur qui sortirait de l'ordinaire. Mais rien ne lui vint à par l'odeur de l'herbe mouillée de rosée, de la rivière, de la terre humide et des différents animaux qui dormaient dans le parc.

L'euphorie qu'elle avait ressentit tout à l'heure s'était évanouie, et elle se sentait à présent accablée par une profonde lassitude. Elle repensa à l'homme qui avait voulu lui venir en aide et à la manière dont elle l'avait froidement tué. Comme un animal, un prédateur sans pitié. Si elle avait pu, elle aurait sans doute eu un haut le cœur tant ce souvenir l'écœura. Qu'était-elle devenue ? Etait-elle condamnée à rester un monstre sanguinaire régit par ses instincts les plus bas jusqu'à la fin de sa vie ? Et d'ailleurs, allait-elle finir par mourir un jour ? Elle se mit à le souhaiter ardemment.

Elle rejoint le parc public qui bordait la berge, sachant très bien qu'à cette heure là, elle n'y croiserait personne. Elle s'enfonça dans les buissons, à l'abri de quelconque visiteurs surprise et s'assit à même le sol, adossée contre un arbre. Elle replia les genoux contre sa poitrine et les entoura de ses bras. Elle baissa la tête et se mit à sangloter, mais aucune larme ne vint, ce qui l'accabla d'autant plus. Peu à peu, elle laissa la peur reprendre ses droits. Elle était seule. Désespérément seule. Elle ne savait même pas en quoi l'homme qu'elle avait sauvé l'avait transformée.

A cet instant, son sentiment de peur se transforma en une rage des plus intense. Pendant un moment, elle avait oublié son agresseur, trop secouée par les changements que ce dernier avait provoqué en elle. Elle serra les poings. Son corps tout entier réclamait vengeance pour le mauvais traitement qu'il avait subit contre son gré. Elle releva la tête. Si le blond habitait à Volterra, elle le retrouverait sans peine grâce à ses sens sur-développés, il avait engendré lui-même l'instrument de sa perte. Mais avant de l'affronter, elle devrait s'entraîner. Pour l'instant, elle n'avait pas une totale maîtrise de son corps, et il lui faudrait du temps pour pouvoir être en mesure de prendre le dessus sur un monstre de sa force.


"N'est-ce pas Démétri ?" demanda une voix enfantine qui le tira brusquement de ses pensées.

Il reprit aussitôt pied avec la réalité. Il se trouvait dans la salle du trône, en pleine discussion avec Aro, Félix et Jane. Il se redressa, une main dans le dos comme il avait l'habitude de se tenir en présence de ses chefs, et jeta un regard oblique à Jane, essayant de ne pas alerter leur maître. Elle lui avait visiblement dit quelque chose, mais il ne l'avait absolument pas entendu, trop occupé qu'il était à vérifier l'aura d'une jeune femme qu'il ne pouvait se résoudre à oublier. S'il lui demandait de répéter sa phrase, Aro sentirait tout de suite que quelque chose le tourmentait, et il exigerait de lire dans ses pensées, ce qu'il voulait à tout prix éviter.

"Oui." se contenta t-il de répondre, pensant qu'avec une phrase si courte il ne risquait pas grand-chose.

Si la jeune blonde avait demandé son appuie ou son approbation, la réponse qu'il lui avait fourni était tout indiquée. Si elle le regarda d'une manière suspicieuse, elle ne fit pourtant aucun commentaire, et il lui en fut reconnaissant. Cela faisait plus de trois mois que l'incident avec les nouveau-nés avaient eu lieu, et même s'il n'avait rien fait d'impardonnable, Aro serait surement furieux d'apprendre qu'il s'en était pris à une humaine dans les rues de Volterra. Ce n'était pas une grande ville, aussi les gardes n'avaient pas le droit d'y chasser librement, ils devaient se contenter d'attendre qu'Heidi, leur rabatteuse, leur fournissent de quoi se nourrir.

"Vous avez fait un excellent travail avec les nouveau-nés, et je me dois de vous féliciter. Malheureusement, il semble que vous en ayez oublié." déclara doucement Aro, d'une voix mielleuse qui mit Démétri mal à l'aise.

Le traqueur était fidèle à ses maîtres, et leur était reconnaissant pour ce qu'ils avaient fait pour lui, mais cela ne l'empêchait pas de ne pas toujours les voir comme les rois bienveillants et justes qu'ils prétendaient être. Et particulièrement Aro. Personne ne savait ce qui se cachait derrière ses sourires enjoués et son calme perpétuel. Personne n'était à l'abri de son caractère changeant. Il ne fallait jamais ce fier aux apparences, car c'était là qu'elles vous devenaient fatales. Il en allait de même pour Caïus, au tempérament instable, aussi coléreux qu'un nouveau-né de quelque jour. Mais un nouveau-né avec beaucoup de pouvoir.

"Maître ?" s'enquit Jane, surprise. "Nous avons pourtant fait le tour de la ville et nous n'avons sentit aucune présence vampirique, êtes-vous sûr que…"

Le regard d'Aro fit taire Jane subitement, et elle se tassa sur elle-même, redoutant surement d'avoir provoqué la colère de son maître. Un maître qu'elle considérait comme son propre père. La petite blonde avait toujours était la petite préférée du vampire millénaire aux cheveux de suie, avec son frère Alec, mais cela ne la mettait pas à l'abri, elle savait mieux que personne qu'il ne fallait pas le contrarier sous peine d'en payer le prix cher. Elle leva timidement les yeux vers lui et il lui caressa les cheveux dans un geste évoquant la tendresse paternelle.

"Jane, ma belle, ma charmante, insinuerais-tu que je puisse avoir tord ?" demanda Aro d'une voix qui ne présageait rien de bon.

"Je…" commença t-elle d'une voix qui transpirait la crainte. "Jamais maître, jamais je ne me le permettrais."

La main d'Aro glissa des cheveux jusqu'à la joue de la jeune fille avant de la saisir par le cou. Sous le coup de la surprise, Jane émit quelques gémissements étouffés en posant ses mains sur celle de son maître, sans pour autant tenter de débattre, elle savait très bien que cela ne ferait qu'aggraver son cas et qu'elle le regretterait amèrement. Il valait mieux attendre qu'Aro se calme de lui-même et qu'il décide la relâcher. Ses pieds s'agitaient dans le vide par réflexe et ses yeux s'écarquillèrent de frayeur lorsque le roi vampire raffermit sa prise et qu'elle sentit la peau de son cou se fissurer comme du verre.

"Tant mieux, ma chère Jane, je ne tolèrerais pas qu'on me manque de respect." gronda Aro sans pour autant laisser apparaître sur son visage de craie le moindre signe d'énervement.

Puis, sans prévenir, il la lâcha. La jeune fille tomba à genou en se plaquant une main sur la gorge, et, compatissant, Félix l'aida à se relever en la saisissant par les épaules. Visiblement vexée et humiliée par ce qui venait de se passer, elle se dégagea rapidement de l'étreinte de l'armoire à glace en grognant doucement, tentant de lui faire comprendre qu'elle préférait se passer son aide. Compréhensif, Félix ne lui en tint pas rigueur et s'écarta d'elle, reprenant la position formelle que tous les gardes se devaient d'adopter lorsqu'il se trouvait face à ses maîtres.

"Qu'attendez-vous de nous maître ?" demanda Démétri en inclinant respectueusement la tête, peu désireux de subir le mettre traitement que sa condisciple.

"Que vous retrouviez et éliminiez ces fauteurs de troubles. Ils ne sont pas beaucoup, deux, peut-être même un seul, mais qui qu'ils soient, ils mettent notre secret en péril." expliqua Aro. "J'aimerais que vous m'en rameniez un vivant. Je veux savoir qui les a créés.

A ces mots, Démétri se tendit mais tenta de rester impassible.

"Quand devrons-nous nous charger de cette mission ?" reprit-il, feignant l'intérêt.

"Dès ce soir, lorsque le conseil se séparera. Mais pour l'heure, restez ici, Heidi ne devrait pas tarder à revenir de la chasse." conclut le roi vampire.


Postée sur le toit d'une maison un peu en retrait, accroupie comme un prédateur prêt à passer à l'attaque à tout moment, Alicia observait silencieusement l'immense bâtiment qui se dressait sur la grande place de Volterra. En pensant que ce lieu était rempli des monstres qui étaient responsables de sa transformation en vampire - car oui, elle avait fini par se dire que c'était la plus plausible des hypothèse : peau glacée et dure comme du marbre, yeux rouges, soif de sang, force surhumaine, rapidité hors du commun, il n'y avait pas trente-six possibilités - elle sentit un sentiment de haine la traverser et un grondement animal monta de sa poitrine.

Le soleil était haut dans le ciel, il ne devait pas être loin de quatorze heures. Pour l'occasion, Alicia avait revêtu un jean très serré, des bottes en cuir noir à talons remontant jusque sous le genou, un chemisier et un trench noir pour couvrir le tout. Elle avait noué un foulard autour de sa tête et portait une imposante paire de lunettes de soleil afin de dissimuler son visage à la fois du soleil, qui l'aurait fait scintiller comme un diamant, mais aussi des humains qui déambulaient dans les rues, inconscients du danger qui les guettait jour après jour. Réajustant ses gants en soie, elle sauta prestement de son toit et atterri dans une ruelle déserte.

Heureusement que sa condition vampirique l'empêchait de ressentir le chaud ou le froid, car dans le cas contraire, habillée de la sorte, elle aurait surement suffoqué sous la chaleur. D'ailleurs, lorsqu'elle déboucha dans une rue plus large et plus animée, tous les regards convergèrent vers elle et elle remarqua que tous le monde était vêtu légèrement. Ils portaient des shorts, des débardeur, des petites robes d'été ou encore des chemises entrouvertes, et elle sentit une petite pincée de jalousie l'envahir à l'idée de ne plus jamais pouvoir sentir le soleil dorer sa peau sur une plage ou dans un parc public. Elle était condamnée à fuir la lumière du jour, à s'en protéger comme s'il avait s'agit d'un poison mortel.

Elle serra les poings et prit une profonde inspiration pour tenter d'apaiser sa colère. Elle regretta immédiatement ce geste qui lui avait pourtant semblé, au premier abord, anodin. Cela faisait à peine trois mois qu'elle s'était réveillée dans cette ruelle sombre, et elle ne se contrôlait pas encore très bien. Elle tressaillit et tenta de ne pas prêter attention aux douces effluves qui flottaient jusqu'à ses narines. Elle bloqua sa respiration et baissa les yeux en direction du sol, pour tenter de se soustraire à la tentation. Toutes ses personnes dénudées avaient l'air délicieuses et particulièrement juteuses. Cette pensa activa la brûlure de sa gorge. Il fallait qu'elle arrête de jouer avec le feu.

Il faisait grand jour, ce qui impliquait que pour continuer à vivre librement, elle devrait attendre la tombée de la nuit pour se nourrir. Durant ses premiers jours, elle avait chassé - bien qu'elle détestait ce terme - sans se soucier de se faire surprendre, mais elle avait fini par comprendre que pour sa propre sécurité, et pour sa propre survie, il valait mieux qu'elle se fasse la plus discrète possible. Elle avait parfois du mal à se retenir, mais elle faisait de son mieux. Elle ignorait si cette soif dévorante la quitterait un jour, si ce n'était qu'une caractéristique intrinsèque à la condition de jeune vampire, ou si elle la poursuivrait pour le restant de ses jours.

Le visage toujours baissé en direction du sol, elle reprit sa marche en tentant de se changer les idées, il fallait à tout prix qu'elle arrête de penser à tous ces humains appétissants qui l'entouraient, sinon elle ne donnerait pas cher de sa volonté. Elle avait beau ne pas vouloir s'en prendre à des innocents, ou encore faire preuve de sauvagerie, elle ne pouvait pas non plus aller à l'encontre de ses instincts. Le loup s'embarrassait-il des sentiments de l'agneau qu'il dévorait ? Probablement pas. Mais ça ne changeait rien, elle avait beau être devenu une créature de l'enfer à l'encontre de sa volonté, rien ne l'obligeait à se comporter comme un monstre.

Il y avait bien sûr eu quelques ratés, comme l'homme qu'elle avait littéralement déchiré vivant parce qu'il se débattait et qu'elle avait secoué pour qu'il se calme, ou celui à qui elle avait brisé tous les os en tentant de l'empêcher de fuir en le serrant contre elle. A cette pensée, elle sentit un profond sentiment de malaise l'envahir, elle savait que si elle avait été encore humaine, elle aurait surement eu la nausée. Elle n'avait jamais voulu les faire souffrir outre mesure, ou leur faire peur. A chaque fois, elle s'assurait de surgir de l'ombre et de briser la nuque de sa victime avant même qu'elle n'ait eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait.

Remarquant un groupe de touriste qui s'entassait devant les portes du palais de Volterra, elle se mêla à eux et tenta de se fondre dans la masse en prenant bien soin de ne pas respirer. Elle était si proche des humains qu'elle pouvait presque les toucher, et à cette distance, elle ne pouvait en aucun cas se retenir. Entendre leur cœur battre paisiblement dans leur poitrine et leur sang pulser dans leurs veines était déjà une torture qu'elle s'étonnait de pouvoir endurer. Arriver sous l'ombre du porche et peu désireuse de se faire remarquer, elle retira le foulard sur sa tête, laissant sa crinière blond miel retrouver sa liberté. Elle retira son trench mais préféra garder ses lunettes, elle ne savait que trop bien quel effet ses yeux rouges provoquaient sur les humains.

"Les portes vont s'ouvrir dans quelques minutes et la visite commencera !" s'exclama une jeune femme à la beauté sidérante.

Son corps de mannequin était engoncé dans une robe rouge courte qui la moulait comme une seconde peau et ne laissait que très peu de place à l'imagination. Elle était plutôt grande, sans compter les talons qu'elle portait, qui la grandissait à vue de nez d'une dizaine de centimètres, et sa peau était blanche comme du marbre. Cela contrastait avec ses magnifiques cheveux longs et cuivrés. Il était légèrement ondulés et lui descendait jusqu'aux hanches, suivant docilement chacun de ses mouvements. Ses iris étaient violettes, ce qui étonna Alicia au plus haut point. Peut-être portait-elle des lentilles…

Cela faisait plusieurs jours qu'elle étudiait le manège des vampires retranchés dans leur forteresse imprenable, et, voyant comment il faisait entrer la nourriture, elle avait jugé que c'était le moyen le plus simple d'entrer sans se faire remarquer. Elle savait que l'homme qu'elle recherchait vivait là, car elle l'avait vu y entrer et en sortir plusieurs fois, devant se faire violence pour ne pas se jeter sur lui et le réduire en pièce. Il s'appelait Démétri. Elle avait entendu le grand colosse brun l'appeler comme ça, et il semblait ne jamais se déplacer sans lui. Il y avait également une petite blonde, qui avait du être transformée à l'aube de ses quinze ans. Physiquement, elle avait l'air inoffensive, mais une sorte de perversité malsaine brillait dans ses yeux rouges.

Elle aurait préféré ne jamais avoir à mettre les pieds dans un lieu pareil, mais le blond ne lui laissait pas le choix. Elle ne pouvait se résoudre à l'attaquer lorsqu'il sortait puisqu'il n'était jamais seul, si elle pensait pouvoir prendre l'avantage sur un vampire isolé, elle ne pourrait certainement pas faire le poids contre trois vampires soudés les uns aux autres. Le grand baraqué risquait de ne pas lui faire de cadeau, et si la blonde avait l'air chétive et inoffensive, elle ne s'en méfiait que doublement, elle risquait de sortir un talent caché qui la mettrait en mauvaise posture. Le blond lui, semblait n'avoir rien d'extraordinaire. Il n'était pas particulièrement costaud, ses yeux ne brillaient pas d'une intelligence malveillante : un véritable petit agneau.

Soudainement, les portes s'ouvrirent et la somptueuse brune invita le petit groupe de touristes à la suivre sans attendre. Sa voix était douce, chaleureuse, elle mettait en confiance, et pendant une seconde, Alicia faillit en oublier la raison de sa présence ici. Elle secoua la tête et se reprit. Elle ne devait pas se laisser abuser par ces sales suceurs de sang. Ils passèrent dans le hall, richement décoré, et une jeune femme, une humaine, les salua joyeusement en italien. Alicia fronça les sourcils, étonnée. Que faisait cette humaine dans ce lieu infesté de vampires ? Ne remarquait-elle pas tout ce qui se passait autour d'elle ? Et si c'était le cas, pourquoi persistait-elle à rester ? Voulait-elle se faire transformer ? Qui aurait pu vouloir une telle chose…

Le groupe de touristes s'extasiaient et prenaient des photos tout en buvant les mots de la brune comme des paroles d'évangile. Malgré elle, Alicia pouvait sentir l'excitation, l'impatience et la soif de la guide, et cela ne fit qu'attiser la sienne. Elle se racla la gorge pour faire passer inaperçu le fait qu'elle se plaquait durement la main contre la gorge pour tenter d'apaiser la brûlure qu'elle ressentait. Quelques humains la regardèrent à la dérobée mais ils se désintéressèrent rapidement d'elle pour en revenir à l'architecture du bâtiment. Elle se gifla mentalement : elle devait se ressaisir, ce n'était pas le moment de se laisser aller, elle ne pouvait pas prendre le risque de se faire repérer et de tout gâcher.

Ils débouchèrent finalement dans un long couloir et elle se mit à frémir, sentant bien que le voyage touchait à sa fin. Elle se sentait exaltée. Elle anticipait avec un plaisir à peine dissimulé ce qui allait se passer. Elle savait très bien que les humains présents allaient servir de nourriture, et elle ne pu s'empêcher de se lécher les lèvres avec avidité. Elle n'était pas la pour ça, mais le temps qu'on remarque sa présence, elle pourrait toujours en profiter un peu et en mordiller un. Elle jaugea un homme qui devait avoir une trentaine d'année : Grand et costaud, ses muscles roulaient sous son t-shirt à chaque fois qu'il bougeait les bras, et Alicia frémit des désirs. C'était celui-là qu'elle voulait, et personne ne le lui retirerait.

Il pénétrèrent dans une salle mais elle ne daigna même pas lever les yeux pour voir ce qui se passait autour, presque hypnotisée par l'humain qu'elle avait repéré parmi tous les autres. Elle commençait à perdre le contrôle d'elle-même. Elle sentit un léger grondement lui échapper et avança d'un pas en direction de sa victime. Puis ce fut la débandade. Elle fut devancée par les autres vampires qui se jetèrent sur le groupe d'humain, tous crocs dehors. L'un d'eux venait justement de saisir l'humain qu'elle convoitait et elle retroussa les lèvres, grondant instinctivement pour récupérait ce qui lui était du.

Trop surpris de voir une vampire dans le groupe de touriste, il n'eut pas le temps d'éviter la jeune femme lorsqu'elle se jeta sur lui et l'envoya, de toutes ses forces, valdinguer contre le mur le plus proche, détachant en passage de gros morceau de marbre. Elle releva l'humain, huma son odeur en ronronnant et en se léchant ses lèvres avant de mordre férocement dans la chair tendre et brûlante de son cou, poussant un gémissement lourd de sens en sentant le sang couler dans sa gorge. Elle fit abstraction de la scène qui l'entourait jusqu'à ce qu'il ne reste plus une goutte de sang dans le corps du pauvre malheureux. En le relâchant, Alicia fut assailli par la culpabilité, mais se reprit bien vite en sentant une main se poser sur épaule.

Elle poussa un rugissement furieux et, attrapant le vampire qui l'importunait par le bras, et sauta, posa son pied sur son épaule et le lui arracha sans autre forme de procès. Elle sentait la rage affluer dans ses veines à une vitesse affolante, sa bête avait repris le dessus, elle ne pouvait pas lutter, et de toute façon, cela aurait été inutile. Le hurlement déchirant que poussa le vampire statufia tout le monde, y compris la blonde, qui n'imaginait pas que cela puisse être si douloureux, n'ayant jamais vécu une expérience similaire. Elle regarda pour la première autour d'elle et constata qu'elle était entourée de plus d'une vingtaine de vampires. Instinctivement, elle gronda, même si cela ne la sauverait pas s'ils décidaient de l'éliminer.

"Ça alors !" s'exclama joyeusement un vampire aux longs cheveux noirs. "Voilà que les nouveau-nés arrivent à se frayer un chemin jusqu'à nous !"

Le regard qu'il lança à la guide la glaça jusqu'aux os. Cette dernière trembla ostensiblement et baissa la tête.

"Tu as réussis à te mêler aux touristes sans faire de carnage ? Je dois t'avouer que je suis impressionné, ma chère… Quel est ton nom ?" poursuivit l'étrange personnage.

Alicia le regarda et se sentit mal à l'aise. Elle recula prudemment d'un pas, souhaitant mettre le plus de distance entre eux.

"Tu n'as à être effrayée mon enfant. Me donnerais-tu ta main ?" demanda le vampire en s'approchant d'elle.

Ne pouvant contrôler ses instincts, elle fit un bond en arrière, bousculant au passage plusieurs autres vampires qui tombèrent au sol comme des dominos sous la violence de l'impact. Elle se baissa jusqu'à ce que ses mains touchent le sol, en position d'attaque complètement animale, et se mit à feuler furieusement. Les vampires autour d'elle s'écartèrent. Tous sauf quatre. Il y avait le vampire aux cheveux longs, le gros baraqué, la petite blonde et… Celui qui était responsable de son malheur. Lorsqu'elle croisa son regard, elle sentit sa rage exploser et elle bondit dans sa direction, bien décidée à lui faire regretter amèrement ses actes.

"Félix !" ordonna le vampire aux cheveux longs avant de se reculer de l'endroit où le combat aurait visiblement lieu.

Avant que la jeune femme n'ait pu réaliser ce qui se passait, elle sentit un poids lourd la couper dans son élan et l'entrainer au sol avec une violence inouïe. Elle serra les dents en sentant son corps se fissurer et écarquilla les yeux de surprise en sentant une main puissante venir lui serrer la gorge. Sentant sa fin arriver, elle plaqua ses deux mains sur celle de assaillant et à ce moment, quelque chose de très étrange se produisit. Le géant, luttant pour rester debout, se mit à convulser doucement et la lâcha. Elle se releva et appliqua sa paume chargée de puissance sur le cou du golem qui tomba à genoux devant elle, ne comprenant visiblement pas ce qui lui arrivait.

Il y eu alors des chuchotements étonnés et de franches exclamations de surprise tout autour d'elle, ce qui la déconcentra légèrement. Elle lâcha l'armoire à glace et le frappa au torse d'un coup de pied afin de l'éloigner d'elle le plus possible. Il décolla, décrivant un arc de cercle des plus parfaits, et atterri lourdement un peu plus loin, sonné. Elle le fixa quelques secondes, incapable de faire le tri dans ses pensées. Sa rage retomba peu à peu et elle regarda tous les vampires qui l'entouraient avant de tomber à son tour à genoux, incapable de rester debout une seule seconde de plus. Elle regardait ses mains, sans comprendre.

"Magnifique !" s'exclama le brun aux cheveux longs en revenant prendre place entre ceux qui devaient être ses gardes. "Cette jeune est donc pourvue d'un don, c'est absolument fascinant. Peux-tu m'en dire un peu plus ?"

Elle le regarda s'approcher mais cette fois, elle ne broncha pas. La fureur l'avait quittée en même temps que sa bête, et à présent, elle se sentait sans défense.

"Je… Je ne sais pas de quoi vous parlez…" murmura t-elle, effrayée mais honnête.

"J'ai eu l'impression qu'on me vidait de toute mon énergie vitale. C'était particulièrement désagréable." grogna l'armoire à glace qui s'était relevé et qui époussetait ses vêtements.

"Tu ignorais tout de ton don jeune demoiselle ?" poursuivit tranquillement le vampire avec les yeux pétillants.

"Un… Don ?" bredouilla Alicia.

"Bien entendu, tu viens d'en faire usage sur ce pauvre Félix qui n'avait plus pris une telle raclée depuis plusieurs décennies !" ricana t-il. "Tu es visiblement capable d'aspirer l'énergie vitale d'une personne en la touchant."


Voilà voilà, je vous poste la suite plus vite que prévu mais c'est plus fort que moi, je n'ai pas envie d'attendre jusqu'à dimanche ! J'espère que ce chapitre aura été à la hauteur de vos espérances, n'hésitez pas à me laisser une review, même si c'est pour une remarque négative, tous les avis m'intéresse du moment qu'ils sont constructifs. Et puis, il faut bien le dire, c'est motivant de savoir qu'on est lu.

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A la prochaine !