Notes de l'auteur : Merci de vos commentaires si gentils, ils m'ont véritablement touchée. Pour vous remercier, j'ai décidé de mettre ce chapitre en ligne avant la date prévue (ce qui aurait été la semaine prochaine). J'espère que ce chapitre vous plaira autant que le premier ! Laissez-moi savoir dans un commentaire. Bonne lecture !
Chapitre Deux
Lupin posa son regard grave et liquide sur elle, la sorcière rousse, et puis lui demanda : - Donc, Lily Evans, es-tu prête à sauver le monde ?
Images des visages de ses bien-aimés apparurent devant ses yeux mentaux un par un et se succédèrent tel un montage vidéo, le film de sa vie déroulant devant ses yeux, comme devant ceux des mourants dans leurs derniers moments : le visage de ses frères, ses parents, parsemés de taches de rousseur avec des rides de sourire sous des yeux grands, bruns et chaleureux, ses amis à Poudlard, de Hermione et de Luna, les yeux pleins de tendresse et de confiance en la regardant… puis des souvenirs bien plus sombres envahirent son esprit, notamment celui de l'image de Sirius, jonché sur le sol, visage baigné de son propre sang, entremêlé avec la poussière, l'expression de Lupin sur son visage pale comme la Lune, accablé de chagrin, des larmes coulant sur ses joues maculés, et finalement, le clin d'œil que Dumbledore lui avait lancé.
Ce geste pourrait sembler insignifiant à premier abord, mais à Ginny il était en fait le plus important, parce qu'il la laissa savoir que le proviseur la considérait capable de remonter la tâche. Et finalement, le visage de Harry, l'expression de chagrin et de tristesse profond dans ses yeux verts malgré tous ses efforts à faire croire aux autres qu'il allait bien, qu'il pouvait tout remonter tout seul… Elle se laissa penser à lui un dernier instant avant de forcer à l'oublier pour toujours. Aussi que sa vie entière, y compris ses amis et sa chère, sa si chère famille…
Ses yeux remplirent de larmes de nouveau rien qu'à l'idée de laisser cette vie si difficile mais si précieuse et pleine de cadeaux de Dieu derrière elle.
- Dis-leur que je les aime, demanda-t-elle à Lupin sur un ton de supplie.
Voyant sa désespération, les trait de Lupin s'adoucirent en compassion et il hocha la tête en signe d'approbation.
- Dis-leur que je le ferai pour eux. Et dis aussi à Harry…
L'espace d'un instant, elle put voir sur le visage choqué de Lupin qu'il pensa qu'elle allait divulguer ses pensées les plus intimes, mais peut-être dû en partie à cette expression au visage de son ancien professeur, elle changea d'avis au dernier moment. Les émotions qu'elle éprouvait pour Harry ne faisait plus sens. A l'heure actuelle, ses propres émotions la dégoutèrent, faisant son estomac tourner sur lui-même, la mettant au bord des larmes de frustration aussi que de vomir.
- …dis-lui bonne chance. Je sais qu'il réussira à vaincre Voldemort.
Je vais me sacrifier pour lui, dit-elle, se rendant compte du fait tout a coup. Je vais échanger ma vie pour la sienne deux fois. Cette fois-ci, il s'agit d'une morte proverbiale, la mort de Ginny Weasley aussi que tout ce qu'elle avait connu jusqu'à maintenant, pour la résurrection de la pauvre Lily Evans, arraché par les dents acerbes de la mort a un âge terriblement jeune, et la deuxième fois, elle se sacrifiera en tant que Lily Evans pour sauver son fils adoré aussi que le futur du monde entier.
Un sourire apparut sur ses lèvres.
- C'est pour ça que je l'ai toujours aimé autant que ça, non ? Parce qu'il est de mon sang en partie. En tant qu'adolescente, je n'ai pas pu bien interpréter la profondeur de cette émotion et je lui ai considéré une manifestation du seul genre d'amour qu'une fille aussi jeune que moi est capable de comprendre. Mais en effet c'est bien plus que ça.
Lupin hocha la tête sans sembler comprendre ce qu'elle voulait dire, mais pour elle, tout devint claire tout à coup : en prononçant ces paroles témoignant d'une sagesse bien plus avancée que son tendre âge, elle se rendit compte de leur vérité, elle la ressentit dans ses os, elle remplissait son corps entier comme un feu divin, revivant son âme au bord de la mort, proverbiale aussi que réelle.
- Le sang, la famille, c'est une magie bien au-delà de notre compréhension, dit Lupin sans beaucoup de conviction.
Mais comment aurait-il pu savoir ? il n'avait pas d'enfants. Peut-être n'en aurait-il jamais. Mais elle, qui existait, comme lui, dans plusieurs endroits, plusieurs époques différents à la fois sous de formes diverses, elle, elle comprenait : l'amour qui l'avait toujours rongé par sa profondeur incompréhensible pour un inconnu faisait sens tout à coup et la troublait plus : elle n'était pas une pauvre folle qui se racontait des histoires, l'amour qu'elle avait en elle était un amour parental. Tout était si clair maintenant.
- Ginny, dit subitement Lupin. Il faut qu'on se dépêche. Si Molly arrive que tu départes, tout échouera.
Ginny hocha la tête et s'approcha de lui. Soudainement, une vague de culpabilité la submergea en repensant à sa réaction violente en apprenant la vérité sur son identité. Elle aurait voulu passer ses derniers moments avec Lupin autrement. En exprimant cette émotion, les yeux de Lupin semblèrent briller avec des larmes de nouveau.
- Ne t'inquiète pas. On se reverra bientôt, chère amie, dit-il avant de lui donner un baiser doux et amical sur le front.
Soudainement, Ginny comprit la situation dans sa globalité : elle allait mourir. Elle allait continuer d'exister, dans un autre temps et sous une autre forme, dans une époque étrangère sans sa famille et ses amis : elle allait mourir dans le passé pendant que la vie de ses biens aimés continuerait dans le futur, sans elle, ou elle ne serait qu'un souvenir douloureux auquel les gens préféraient ne pas penser pour éviter d'être assailli par le chagrin. Elle ne serait qu'une source de tristesse pour ses chers… Tout à coup, elle voulut mourir : elle aurait voulu faire n'importe quoi d'autre pour aider, sauf se sacrifier de cette façon terrible. Sa vie ne serait qu'une tombe vivante. Donc, avant qu'elle puisse trop ruminer et tout mettre en danger à cause de ses sentiments, elle dit :
- Donc, comment on fait ?
- Mets ça, dit Lupin en lui donnant le Retourneur.
Elle le mit et le regarda en arquant un sourcil.
- Il faut que te retourna la roue exactement 90 fois pour retourner dans le temps.
- 90 fois ? Hermione m'avait parlé du sien, et elle m'avait dit…
- Mais voyons, c'est clair que le Ministère ne va pas révéler ses secrets les meilleurs gardés à une écolière de 13 ans ! Oui, la plupart des Retourneurs ne sont pas suffisamment puissants pour retourner à une autre époque, mais il y a des artéfacts du même genre dotés des pouvoirs magiques bien plus impressionnants. Celui-ci est un prototype que Dumbledore avait déjà testé, ne t'inquiète pas : il ne risquerait pas ta vie. 90 tournures seront suffisantes.
Ils entendirent le son des pas, des pleurs et de cris. Les autres venaient de rentrer au Terrier.
- Vite, vite !
- Mais comment je fais pour savoir comment me comporter là-bas ? Vers qui devrais-je tourner pour un peu d'aide ? Ou serais-je toute seule ? (Ginny commença à tourner la roue du Retourneur frénétiquement, essayant désespérément de compter le nombre des tournures et faire attention aux propos de Lupin en même temps.)
Le son des pas devint de plus en plus bruyant : sa famille s'approchait d'eux.
- Tourne-toi vers Dumbledore. Il est au courant pour ton arrivée. Et maintenant, dépêche-toi !
- Oké, oké ! dit-elle sur un ton d'excuse avant d'atteindre le nombre des tournures requis : 90.
Avant de partir dans une lumière nacrée aveuglante, elle put voir les visages de ses parents et de ses frères. La dernière chose qu'elle entendit était la voix perçante de sa mère : - Mais qu'est-ce qui se passe ici, Remus ?
Et puis Ginny Weasley ne fut plus.
Elle était désormais Lily Evans.
