Nous sommes fin Septembre, l'année scolaire vient tout juste de commencer. Lors de mon arrivée en première année, j'ai été réparti à Gryffindor. Pas que je ne trouve pas ce système de division des élèves absurdes, mais je suppose que ça les arrange au niveau administratif… Si j'en crois ce qui est dit sur ma maison, l'une de mes principales qualités serait le courage. Je n'y crois pas trop, et je pense que, vu mon enfance, on devrait plutôt parler « d'abnégation ». Enfin, peu importe.

Je suis déjà fatigué des cours. J'ai beau savoir que c'est ma chance, je n'aime pas étudier. Et puis, j'ai déjà fait mes devoirs pour ce soir. Sans être excellent, je ne suis pas mauvais en classe. En tant que né-moldu, je dois me battre pour garder la tête hors de l'eau, mais jusqu'ici, je me débrouille… Je n'ai pas non plus beaucoup d'amis pour m'aider. Je suppose que j'ai trop l'habitude de régler mes problèmes tout seul…

Actuellement, je suis allongé sur mon lit. Je ne suis pas encore couché, parce que je ne suis pas fatigué, mais j'écoute les conversations qu'il y a dans le dortoir. Il y a un sujet qui les alimente toutes, depuis le début de repas…

La tronche de six pieds de long de Dumbledore…

Il a reçu un hibou très élégant, -un vautour urubu à tête rouge plutôt-, qui s'est délicatement posé sur une de ses patates dans son assiette, et qui lui a tendu sa patte d'un air très digne. Dumbledore a froncé les sourcils d'un air soucieux, -ce que personne n'a manqué-, et a décroché le parchemin. L'oiseau lui a volé sa tranche de rosbif avant de s'envoler.

Les sourcils toujours froncés, Dumbledore a déroulé le parchemin, l'a lu, avant d'apparemment s'étouffer avec sa salive et de quitter la table en coup de vent, l'air furieux.

Depuis, chacun spécule.

Des harpies qui demandent à habiter la forêt interdite ? Le peuple de l'eau en visite à leurs cousins du lac ? Gilderoy Lockhart qui demande le poste de professeur de soin aux créatures magiques ? Mystère…

Personnellement, je m'en fous. Si c'est important, Papy Dumby nous le dira, sinon, ça le regarde… Il n'a aucune raison de nous en parler, à moins que cela risque de nous affecter…

Lassé des élucubrations abracadabrantes de mes compagnons de dortoir, (Fenrir Greyback qui a échappé aux dementors et qui veut s'amender en devenant professeur ?) je finis par me changer et par me coucher en lançant un sors de silence sur mon lit.

On verra bien demain…


Le lendemain matin, je me lève en baillant. Nous sommes vendredi, alors vivement le week-end. Je n'ai pas envie de bosser… Enfin, il le faut bien. En quelques minutes, je suis prêt à descendre, ce qui fait qu'au final, je suis le plus vite levé. Enfance à l'orphelinat oblige. Quand les lumières s'allument, mieux vaut être réactif, si vous ne voulez pas être réveillé à coups de trique…

Je prends mon temps pour descendre les escaliers et pour manger. J'ai vite fini, car la malnutrition de mon enfance m'a habituée à peu, mais j'aime bien regarder la tête des autres au réveil. D'habitude, je n'aime pas perdre mon temps, mais je n'ai rien à faire avant le début des cours… Tiens, d'ailleurs, Dumby a l'air de ne pas avoir fermé l'œil de la nuit. Et il semble aussi furieux qu'hier… Je pense qu'on va savoir pourquoi, parce qu'il se lève en tapant de sa fourchette sur son verre…

-Mes chers élèves… Commence-t-il, et bientôt, le silence se fait dans la salle.

-Comme vous avez tous pu le voir hier, j'ai reçu un hibou qui m'a énormément contrarié…

Non, sans blague ? Bon, tu nous dis ce que c'est du coup ou pas ?

-Il se trouve que j'ai autrefois reçu l'aide de certaines personnes, et que je leurs dois une faveur…

Bon, accouche…

-Ces personnes étant en déplacement officiel dans notre pays, elles m'ont demandé asile…

Bon, tu nous dis qui c'est et pourquoi tu flippe, papy ?

-En effet, ces personnes sont loin d'être bien considérées par notre communauté…

Mais tu vas le dire, oui ?

-Et elles savent qu'ici, elles seront protégées…

Mais dis-le !

-Bien qu'elles soient parfaitement capables de se défendre seules…

Bon, j'en ai marre…

-Et ne courent aucun risque, au vu de leur puissance…

Ah, enfin quelque chose...

-Ils préfèrent que leur délégation soit hébergée dans un endroit sur…

Bon, donc on a plusieurs personnes, apparemment dangereuses et puissantes, qui vont squatter chez nous, quoi…

-C'est pourquoi nous allons recevoir chez nous, pour quelques jours, et à partir de ce soir, les trois Rois des Vampires, Aro, Caius et Marcus Volturi…

Pardon ?

-Ainsi que leurs meilleurs gardes, Jane, Alec et Démétri…

Merde alors ! Les Volturi, même moi j'ai entendu parler d'eux… Les plus vieux vampires encore en vie, qui se sont constitué une armée de vampires aux pouvoir spéciaux! Cette Jane et cet Alec, ce ne sont pas ceux qu'on surnomme « les Jumeaux Maléfiques » ? Avec Jane, qui peut faire souffrir quelqu'un par la pensée, et Alec, qui peut priver n'importe qui de ses sens ? C'est une culture qui me vient des radotages de la libraire de Fleury & Bott et d'un de ses clients, mais quand même…

-Bien sûr, ils ne se nourriront pas à Hogwarts, ni à Pré-au-Lard, et encore moins parmi vous…

Ben voyons, t'y crois toi, hein ?

Dès la fin de l'annonce, la salle s'est remplie de chuchotements…

On pourrait penser qu'une telle nouvelle pourrait provoquer une ribambelle de piaillements excités, les vampires étant toujours connus pour leur grande beauté (et leur cruauté,) mais non, au contraire, les gens ont plutôt l'air… Apeurés…

J'ai du mal à me représenter, je n'ai jamais croisé de vampires… Les autres non plus sans doute, mais ils baignent dans la magie depuis qu'ils sont bébés. Sans doute ont-ils entendu des histoires terrifiantes…

Pour moi, ma culture vampirique se limite au mythe de Dracula, et à deux-trois mots par ci, par la, comme Cantante, par exemple, la Chanteuse…Un jour ou j'ai d'ailleurs abordé, pour rigoler, le sujet de Dracula avec mes camarades de maison, ceux-ci m'ont répondu très sérieusement que Mina était pour Dracula sa Cantante, son âme sœur, et qu'ils ne pouvaient vivre l'un sans l'autre…

Bon, donc en gros, on va se retrouver avec six vampires assoiffés de sang, et qui considèrent les humains comme du bétail à Hogwarts, quoi, il ne pouvait pas le dire comme ça ? Ça aurait été plus rapide…

Je pousse un soupir et me lève pour aller en cours, sous les yeux ébahis des autres, qui se demandent pourquoi je n'ai pas l'air inquiet. Si ils vivaient ma vie, ils sauraient que quoi qu'il se passe, ça ne pourra jamais être pire que ma vie d'avant…