Chapitre 2 : Disparaître

(Jack) Docteur, comment va t-elle, je veux dire ...

(Docteur) Aucun changement mon général, son état est stable mais nous avons perdu beaucoup de temps et je ne peux vous dire si elle sortira de son coma ou pas.

Jack prit une chaise et s'assit à côté de Sam.

Celle-ci semblait paisible, son visage n'exprimait que douceur et sérénité.

On ne croirait pas qu'elle venait de vivre l'horreur encore une fois.

On ne croirait pas que ce sommeil pourrait être éternel.

(Docteur) Je vous laisse avec elle pendant quelques minutes, il faudra ensuite que je refasse une batterie d'examens pour voir s'il y a du changement.

(Jack) Merci docteur.

Jack vérifia que plus personne ne pourrait le déranger et commença à parler.

(Jack) Carter … Il est maintenant temps de se réveiller, ils ont besoin de vous ici.

Il regarda à nouveau autour de lui. Personne.

(Jack) Carter … réveillez-vous, c'est un ordre ! Comment osez vous désobéir à votre supérieur de la sorte !

Aucune réaction.

(Jack) Carter … Sam … J'ai besoin que vous vous réveillez, pour la base, pour SG1, pour Daniel qui ne me pardonnera jamais d'avoir à ce point chercher Horus et oui, je vous l'accorde, j'ai été un imbécile!

Revenez parmi nous, même si par la suite vous me détestez, et vous auriez raison.

(Lui prenant la main) Sam, j'ai besoin d'entendre à nouveau vos blablas mathématiques auquel je ne comprendrais jamais rien, j'ai besoin de vous regarder dans les yeux, d'entendre votre voix, même juste un peu.

Les jours passent et je me sens disparaître.

Je pense que sans vous (le bruit d'un chariot se fait entendre, il termine donc sa phrase en chuchotant), sans vous, ma carrière ici se termine. Sans vous, tout s'arrête.

(Docteur) Il va falloir nous laisser, mais vous pourrez repasser plus tard.

(Jack) Je ne crois pas. Je m'en vais dans le Minnesota dès ce soir.

(Docteur) Ah … très bien

(Jack) Je sais que Daniel sera là pour elle, vous aussi. Rester ici sans rien pouvoir faire, c'est trop pour moi.

(Docteur) Je comprends.

(Jack) Vous avez mon numéro de toute manière, si il se passe quoi que ce soit, je pourrais être sur la base dans l'heure qui suit, donc n'hésitez pas.

(Docteur) Je n'hésiterai pas mon général.

(Jack) Merci docteur.

Jack sortit de la base, la tête baissée.

Les personnes le saluant sur son passage n'était que des encombres à sa sortie, à son état de fantôme.

En avouant à Sam qu'il se sentait disparaître, il disait la vérité. Sauf qu'à cet instant, c'est bien plus qu'une sensation, c'est la réalité.

Daniel a raison, il se montrait courageux mais prenait la fuite dès que possible. Il n'avouait pas ses faiblesses, ni même ses sentiments (deux choses qui peuvent aller ensemble).

Partir dans le Minnesota est une fuite vers l'avant, avec au bout, un point de non retour.

UN MOIS PLUS TARD, DANS LE MINNESOTA, 2h35 A.M

Un téléphone sonne. La pièce semble vide, la lumière est éteinte.

Une main attrape le combiné, une voix claire, celle d'une femme, se fait entendre.

Deux semaines qu'il n'avait plus entendu de bruit, une éternité.

(Docteur) Mon général, elle s'est réveillée, c'est un miracle ! (…) Mon général?

(Jack) (d'une voix basse) Merci d'avoir appelé.

(Docteur) Vous me l'aviez demandé (hésitante) est-ce que vous allez bien, je …

Il raccrocha et reparti dans l'état d'inconscience qu'il venait tout juste de quitter.

Il ne dormait pas, il était mort. Une mort cérébrale consentie, celle qui vous laisse dépérir, celle qui ne vous rappelle pas qu'il faut s'alimenter.

On ne pense plus, on ne respire plus.

Respirer, c'est s'autoriser à vivre, alors on coupe les moteurs, on éteint les lumières, on ferme tout.

A LA BASE DE CHEYENNE MOUNTAIN, 3h02 A.M

(Docteur) Oui, vous pourrez venir la voir ce matin, oui Daniel, je comprends votre joie mais je dois respecter le règlement, et malgré tout ce temps dans le coma, elle a encore besoin de repos.

Oui merci, à plus tard.

(Parlant à Sam) N'essayez pas encore de parler, votre blessure à la gorge vous a abimer les cordes vocales, et bien qu'il n'y ait eu aucune complication, je vous conseille de les laisser cicatriser encore un peu.

(Sam) (hochant la tête) Papier …

(Docteur) Oui oui (prenant le bloc note qu'elle avait devant elle et un stylo), tenez.

Sam se mit alors à écrire les questions qu'elle se pose depuis son réveil, bien que frustrée de ne pouvoir les poser directement. Le médecin prit le bloc et répondit autant que possible.

(Docteur) Alors, tout d'abord, vous souvenez vous de ce qui vous est arrivé?

(Sam fit oui de la tête)

(Docteur) Alors, pour répondre à votre première question, nous sommes le 24 Septembre 2005. Vous étiez dans le coma depuis plus d'un mois. Sur le plan médical, j'ai fait des tests il y a peu, tout va bien.

Ensuite, il faudra, quand vous irez mieux, que je fasse un bilan cérébral et psychologique, ce qui permettra au Major Général Landry de vous reprendre au sein de Sg1,

(Sam) (sonnée) Quoi? (tousse) Qui est-ce? Où est le général O'Neil !

(Docteur) Sam, calmez vous, et surtout, économisez vous.

(Sam) Je sens que je peux parler (tousse encore), je n'ai pas trop mal. Je suis dans mon corps, je sais encore quelles sont mes limites. Répondez à ma question, où est le général?

(Docteur) Cela fait un mois qu'il est parti dans le Minnesota, personne ne l'a revu depuis et quand j'ai voulu le joindre pour le prévenir de votre réveil, il m'a remercié et raccrocher au nez.

(Sam) Il a démissionné?

(Docteur) Que faites-vous?

(Sam) Je m'habille …

(Docteur) Il est en congé

(Sam) Et personne n'a de ses nouvelles? Vous ne trouvez pas ça inquiétant?

(Docteur) Veuillez vous rallonger, s'il vous plaît, je ne peux pas vous laisser sortir de la base

. Je comprends votre état et je partage votre inquiétude. Mais si je vous laisse partir, ne sachant pas encore comment vous aller, si il vous arrive quoi que ce soit, j'aurai votre mort sur la conscience et j'irai en prison.

(Sam) (se rasseyant) Vous savez être convaincante. Faites les examens que vous avez à faire. Ensuite, je souhaiterai rester seule dans la chambre. J'ai un appel à passer.

(Docteur) Très bien, je vais chercher le matériel, j'arrive de suite.

Il aura fallu près de 3 heures au docteur pour faire les examens, et tout semblait aller pour le mieux.

(Docteur) Vous avez eu beaucoup de chance, si on peut dire les choses ainsi.

(Sam) Oui.

(Docteur) Je vous conseille de ne pas sortir de la base avant demain. Nous serons quasiment assurée qu'il n'y aura pas de rechute inattendue.

(Sam) Très bien Docteur.

(Docteur) Votre ami Daniel devrait passer d'ici une ou deux heures, n'hésitez pas à me dire si vous voulez attendre encore un peu avant de voir du monde

(Sam) Daniel (souriant) ce n'est pas du monde, c'est un ami, ça ne me dérange pas du tout !

(Docteur) Très bien, bon, je vous laisse vous reposer,

(Sam) Merci pour tout.

(Docteur) C'est mon travail, Sam

Elle sortit de la pièce, souriant et soulagée de voir sa patiente éveillée et surtout en vie.

Sam attendit quelques instants puis sauta sur le téléphone, composant le numéro de Jack, à la fois pressée de l'entendre et inquiète de ne pas savoir comment il va.

Après trois essais d'appels, Sam se rappela de l'heure et s'en voulut. Elle rappela une dernière fois.

(Sam) (pensante) De toute manière, il a du se réveiller.

(Jack) (d'une voix faible) Qui est-ce?

(Sam) Carter, mon général.

(Jack) Il n y a pas de général ici.

(Sam) (se demandant si elle ne s'est pas trompée de numéro) Jack?

(Jack) Oui?

(Sam) Qu'est ce qu'il se passe?

(Jack) Rien (il ne mentait pas)

(Sam) Vous dormiez?

(Jack) Non

(Sam) Je vous dérange?

(Jack) Non

(Sam) Je me réveille d'un long sommeil et vous connaissant, vous n'êtes pas très loquace !

(Jack) Désolé

(Sam) Jack, que se passe t-il?

(Jack) Je dois raccrocher.

Et il joint le geste à la parole.

Sam sentit un mouvement de panique monter en elle. Bon dieu, mais que se passe t-il !

Elle ne pouvait pas bouger de la base et personne n'est là pour lui répondre.

Elle décida de prendre son mal en patience, elle posera toutes les questions qui la taraude à Daniel. Lui doit savoir. Après tout, il est aussi l'ami de Jack. Oui …

Elle s'allongea et s'endormit.