... Bon, je crois que je suis à un point de retard où m'excuser serait juste offensant. Donc voilà, je m'écrase et je vous laisse lire.
Notes de traduction :
Le système d'étude de l'Académie est basé sur le système américain, c'est à dire en quatre ans : freshman, sophomore, junior et senior. Nous n'avons que trois ans, et donc aucune traduction pour ces termes. J'ai donc choisi d'appeler ça Première année, Deuxième année, etc.
Sans vous les lister, sachez que j'ai pris un certain nombre de libertés sur les insultes et la vulgarité en général, sans quoi la traduction aurait été dégueulasse.
Pour plus d'informations sur l'hyperespace, je vous propose de lire la page Wikipédia du terme. C'est plutôt bien expliqué.
Scott Christopher Summers, Légionnaire Supérieur de la 322ième Brigade de la Troisième Terre, Officier Technicien (appelez-ça simplement OT, merde) du TEF Cœur d'Acier et Diplômé avec Distinction de l'Académie Impériale, est en colère.
N'importe qui connaissant réellement Scott dirait que c'est loin d'être anormal. En fait, c'est même plutôt habituel.
Ceci dit, il est particulièrement en colère aujourd'hui parce qu'il vient d'apprendre deux choses. Premièrement, son petit frère Alex a été assigné au Cœur d'Acier. Deuxièmement, pour des raisons inconnues à l'espèce humaine et à toutes sortes d'espèces extraterrestres, le Prince de Guerre a placé Logan Howlett en charge des bleus.
Merde.
Toutes choses considérées, Scott est plutôt soulagé d'être arrivé sur le pont en un seul morceau. Il a interrompu le pauvre Prince deux fois – plutôt violemment en plus – et même s'il n'avait pas pu s'en empêcher, Scott pense que s'il avait essayé une troisième fois, le Prince de Guerre lui aurait probablement arraché la tête avant de le licencier.
Il y a une raison pour laquelle les gens n'embêtent pas le Prince Charles Xavier et ce n'est pas à cause du charisme du type (dont il manque cruellement, Scott peut le certifier).
Scott manque de bousculer trois personnes alors qu'il cavale au travers du vaisseau et ils sont forcés de se jeter sur le côté lorsqu'ils s'en rendent compte. Il ne leur prête aucune attention parce qu'il connaît Logan et en conséquence, sait où Logan va emmener les bleus en premier.
Non pas qu'il s'inquiète ou quoi que ce soit. Scott pense que les bleus ne sont bons qu'à être éjectés dans l'espace. Il s'inquiète davantage à l'idée que Logan et Alex soient dans la même pièce ensemble, en même temps qu'une vingtaine de formes de vies diverses. Sans surprises, Scott trouve Logan, Alex et une vingtaine de formes de vies diverses dans la salle des machines.
« ...vient ici sans ma permission, je le trouverai, dit Logan, avec son cigare ridicule, et ça ne sera pas joli, je peux vous le garantir. Et quand j'en aurais fini avec vous, je vous enverrai au CE et il ne restera rien de vous quand il aura fini.
— Logan, dit Scott. Le visage de Logan se change en un sourire maniaque. Il a l'air possédé.
— 'Me demandais quand tu ramènerais tes miches, dit-il. Écoutez les bleus, parce que c'est votre Officier Formateur. »
Tout le monde devient attentif. Sauf Alex, bien sûr. Petit con. Il renifle, croisant les bras sur son torse.
« Vous êtes des tâches.
— Laisse quelqu'un aux commandes, grogne Scott à Logan, je veux te dire un mot. »
Le rictus de Logan se fait dangereux. Il ressemble d'un coup à un serial killer.
« Pas besoin de nous taper une crise, Summers. Toi. Muñoz. » Il désigne le bleu grand et mince qui se tient près d'Alex. « T'es en charge du groupe. Si quelqu'un bouge, je te jette dans le conduit d'évacuation. »
Muñoz hausse les sourcils mais reste calme.
« Oui, monsieur. »
Scott empoigne Alex par le devant de son uniforme.
« On y va.
— C'est quoi le délire, Scott, lâche-moi ! s'écrit Alex alors que Scott le traîne de l'autre côté de la turbine la plus proche, Logan sur les talons.
— Je suis ton frère aîné et ton putain officier supérieur, grogne Scott en retour aussitôt qu'ils sont hors de vue et d'ouïe du reste des bleus. « Alors tu te démerdes pour te comporter comme tel, Alex, ou je ferais en sorte que ton petit cul de délinquant se fasse renvoyer avec les honneurs sur la lune glacée la plus proche que je pourrais trouver.
— T'as pas le droit de faire ça, s'indigne Alex en se dégageant de la poigne de Scott. T'en as pas les couilles. »
Scott sourit de toutes ses dents. Il a entendu dire que c'est encore plus terrifiant que lorsque Logan le fait.
« Tente-moi.
— T'as quelque chose à me dire, Summers ? dit sèchement Logan. Ou est-ce que tu m'as amené ici pour que je puisse vous regarder vous battre comme des filles ? »
Scott lui jette un regard venimeux, mais avant qu'il ne dise quoi que ce soit, Alex le devance.
« Oh mon dieu, je vous déteste tous les deux. Pourquoi est-ce que vous ne pouvez tout simplement pas mourir ? Je voulais m'éloigner de vous, pas me retrouver piégé sur le même putain de vaisseau !
— Au moins c'est mieux que ton appart' de merde, hein ? dit Logan avec un sourire moqueur. Enfin, même si tu devrais regarder où tu t'assois— »
Le visage d'Alex est blanc.
« Beurk, bon dieu, vous êtes tous les deux dégoûtant !
— Logan, rage Scott, si tu ne fermes pas ta gueule, tu ne pourras pas—
— Te baiser le cul plus tard ? Souris Logan avant de cracher par terre. Et comment que je pourrais le faire, Summers. »
Scott n'arrive pas à décider s'il veut davantage l'embrasser ou le frapper. C'est un choix quotidien et normal pour lui.
Alex les regarde avec une horreur sans retenue.
« Je crois que je vais être malade. »
X
Erik Magnus Lehnsherr, Prince de Guerre de la 322ème Brigade de la Troisième Terre, Commandant du TEF Cœur d'Acier et Diplômé avec Distinction de l'Académie Impériale, est en avance.
Le salon 47E est vide et silencieux lorsqu'il arrive, ce qui lui va très bien. C'est normalement une tâche qu'il confierait à Charles, mais étant donné la quantité d'expressions à avoir traversé le visage de son Second Commandant à la vue du dossier de son demi-frère, Erik l'avait assigné à la préparation du vaisseau pour la mission et se charge lui-même de récupérer Marko.
Erik avance jusqu'à la fenêtre, croisant soigneusement les bras derrière son dos. Charles ne lui avait parlé de Marko qu'une seule fois, des années auparavant alors qu'ils étaient encore tous les élèves à l'académie, mais cela avait suffit pour cimenter l'opinion d'Erik sur l'homme.
La porte du salon glisse et quand Erik se tourne, il est encore plus satisfait d'être venu à la place de Charles.
« Prince de Guerre, quelle surprise. »
Les sourcils de Stryker doivent être levé en permanence, avec son habitude des airs condescendants de fausse surprise.
« N'avez-vous pas un Second Commandant à envoyer à votre place ? Notre très cher Prince Xavier est le demi-frère de Mr. Marko, figurez-vous.
— 'ai pas vu Charlie depuis qu'il s'est enfui à l'Académie, vous savez ? Ça va être une réunion de famille, rit Marko, rayonnant. »
Le regard d'Erik passe de Stryker à Marko sans trahir d'expressions. La photo de Marko dans son dossier ne lui rend pas justice. Il a le teint encore plus cireux en vrai. Ils n'ont pas dû avoir la main morte sur les retouches photographiques.
Son silence doit les rendre nerveux car lorsque Stryker rit, Erik l'entend parfaitement dans sa voix. Tant mieux.
« Mr. Cain Marko, Prince de Guerre Erik Lehnsherr. Il sera le Commandant de votre vaisseau de transport.
— J'ai hâte, Commandant, sourit Marko. Erik reste complètement impassible.
— Si vous voulez bien me suivre, nous pourrons rejoindre le vaisseau et nous mettre en route. »
Il ignore Stryker et quitte le salon pour descendre à la B-O et la traverser jusqu'au quai de chargement où attend le Cœur d'Acier.
Laissons les serpents siffler et serrer des mains et bien se comporter. Il a des choses plus importantes à considérer.
X
Erik ne sait pas vraiment comment ou quand il a gagné un ami, mais Charles semble convaincu qu'ils le sont aussitôt après avoir vomi sur les chaussures d'Erik.
Erik est en troisième année à l'Académie, et sur la bonne voie pour une position d'officier dans la flotte. Ses notes sont immaculées et s'il le voulait, il pourrait probablement passer son diplôme cette année. Il n'a pas de temps à accorder à des amis, ou aux gens en général, d'ailleurs.
Charles est une catastrophe.
Il n'est qu'en première année, le pire des plus mauvais et n'a aucune foutre idée de ce qu'il fait ou d'où il va. Erik n'est même pas certain de la façon dont il s'est retrouvé à l'Académie, parce qu'il n'a certainement pas l'air d'y avoir sa place. Du tout.
Ce qui est sûr, c'est que Charles se faufile dans la vie d'Erik si facilement qu'il ne s'en rend pas compte avant qu'il ne soit trop tard, et soudain, ils sont Amis.
Et Erik réalise que c'est plutôt agréable d'en avoir un.
X
Après s'être assurer de promettre à Alex de le jeter par le sas d'aération pendant le lancement et appuyer sur le bouton d'éjection (« Va te faire foutre, y'a pas de bouton d'éjection » dit Alex d'une voix incertaine) s'il ose causer ne serait-ce qu'un iota de problèmes, Scott laisse Logan avec les bleus et se rend lentement sur le pont, se sentant beaucoup mieux.
Scott s'est toujours comporté en connard avec son frère et Alex le lui rend bien. C'est comme ça qu'ils communiquent. Et Logan, bon. Logan est le plus gros connard de ce côté dz la Nébuleuse Machaon, alors il ne fait pas dépareillé.
Naturellement, Alex le déteste.
Scott préfère plus ou moins que ce soit le cas. Il déteste plus ou moins Logan aussi, mais il se trouve qu'il baise Logan, alors qui sait ce que ça veut dire. Ça pourrait être gagnant-gagnant ou perdant-perdant, le jury délibère encore sur ce point-là.
« McCoy » hurle-t-il aussitôt arrivé sur la dixième plate-forme.
Le Légionnaire Supérieur Hank McCoy sort la tête de la porte déjà ouvert, l'air agacé.
« Quoi ?
— Logan a les bleus, dit Scott en se rapprochant. J'pensé que je devrais prévenir l'Officier Médecin de préparer les atèles parce que je te garantie que tu vas immobiliser au moins un bras cassé d'ici à ce qu'on décolle.
— J'ai fais les stocks, soupire Hank.
— Regarde-toi, tout bien préparé que tu es.
— Casse-toi, Scott. Hank rentre sa tête.
— Va te faire, McCoy ! s'exclame Scott et continue sur cette lancée jusqu'à ce qu'il atteigne l'ascenseur le plus proche. »
X
« Et il m'a cassé les deux jambes, une fois, » bafouille Charles en penchant un peu d'un côté alors qu'il sèche les dernières gouttes de sa bouteille.
Erik grogne pour montrer qu'il l'écoute. Il a été diplômé deux jours plus tôt et embarque le lendemain matin, alors cette nuit est la dernière où il pourra voir Charles avant un long moment. Comme d'habitude avec Charles, la nuit s'est vite changée en flou aviné, mais cette fois au moins ils se sont allongés dans l'herbe à l'extérieur du campus où dort Charles.
Lui et Charles sont définitivement Amis maintenant, il n'y a pas moyen d'y échapper ou de le dénier. Erik s'est même retrouvé à rester pour sa quatrième année à cause de lui. Charles a un but maintenant, bien loin de l'apocalypse en mouvement qu'il était lorsqu'Eril l'a rencontré, mais il a toujours ses démons.
Erik essaye d'écouter avec attention, parce que ça a l'air important, mais c'est un peu compliqué quand on a l'impression de flotter à dix centimètres de son propre corps.
« Yep, acquiesce Charles comme si Erik avait parlé. M'a poussé en bas des putain d'escaliers. J'ai pas pu marcher pendant des mois.
— J'l'aurais tué, » dit simplement Erik. Ça lui semble important que Charles le sache. « Si je t'avais connu à l'époque. »
Charles sourit comme si Erik venait de lui faire le plus beau compliment du monde.
« Et comment. Il en vaut pas la peine, par contre, c'est juste un stupide mec méprisable. »
Il tombe en arrière dans le gazon, étalé de ton son long. Il devient bizarrement sérieux, même s'il est probablement toujours pété comme un coin.
« T'as intérêt à être Commandant que je serais diplômé, Erik.
— Je serais Commandant bien avant que tu sois diplômé, Charles, s'amuse Erik. »
Il a des plans, Charles le sait.
« Tant mieux. Et tu donneras des nouvelles, hein ? »
Erik lève les yeux au ciel. Comme si Charles lui laisserait un autre choix.
« Et quand je serais diplômé, bâille Charles, tu feras une requête spéciale pour moi. Parce que tu auras ta propre saloperie de vaisseau, et rien ne nous arrêtera. »
Erik ne lui répond rien, parce qu'il considère que c'est évident. Il n'y a pas moyen qu'il travaille avec qui que ce soit d'autre.
X
« Tout est prêt, monsieur, » dit Charles quand Erik revient sur le pont. « Nous sommes sur le départ, il ne manque que le retour de Logan. »
Erik hoche la tête, marchant jusqu'à son fauteuil de capitaine. Tout le monde est déjà dans sa station, tous les systèmes allumés et en marche.
« Il est dans les quartiers des invités, dit-il à voix basse en s'asseyant, mais j'imagine qu'il remontera plus tard. »
Charles acquiesce à peine.
Erik prend ça pour un signe qu'il faut passer à autre chose, alors il embraye.
« Raven, montre-moi notre route.
—C'est une ligne droite, monsieur, » dit calmement Raven en affichant la carte stellaire en trois dimensions. Un trait rouge traverse les systèmes stellaires. « Nous ne ferons que trois sauts dans l'hyperespace. »
Des sections de la ligne rouge deviennent bleues, indiquant les coordonnées.
« Le troisième et dernier saut nous amènera juste à la limite du système Corellien. » L'étoile en question clignote une ou deux fois à la fin du trait, puis la carte disparaît.
« Quelle est la position d'Azazel ? demande Erik, plus par formalité qu'autre chose. Son Chef Ingénieur n'est jamais rien moins que prompt.
— Il a pointé il y a une minute, monsieur, dit Scott, les doigts bougeant sur son écran plat. Tout est en place.
— Bien.
— Alors qui c'est ce gars qu'on escorte, Commandant ? dit Scott en pivotant sur sa chaise pour faire face à Erik. Le Second me dit que c'est une grosse tête du business. »
Erik jette instinctivement un coup d'oeil à Charles, mais le Second est à l'autre bout du pont, dans sa station, et soit il ne peut pas les entendre, soit il les ignore tout bonnement.
« Je suppose que tu peux lire un ordre de mission, Summers, ils sont disponible pour tout le monde à bord. »
Scott sourit. Le sourire de Scott est quelque chose qu'Erik a appris à craindre, même dans les circonstances les plus banales.
« J'ai déjà lu le dossier, monsieur, et c'est exactement ce que le Second m'a dit de faire. Je me demande pourquoi.
—J'ai cru comprendre que ton jeune frère est récemment diplômé avec les mêmes références que toi, dit Erik en haussant un sourcil. Je peux le faire te remplacer, si besoin.
—Bien joué, monsieur. »
Scott pivote à nouveau, laissant Erik avec l'impression de s'être fait battre à son propre jeu.
X
La première permission d'Erik arrive à peu près un an après son premier embarquement, et puisqu'il n'a ni famille, ni amis, il l'utilise pour rendre visite à Charles. La chance à fait que le vaisseau auquel il est actuellement assigné soit arrimé sur la B-O Strontium juste avant que sa permission ne commence, aussi n'a-t-il qu'à attraper une navette qui descend sur la planète.
C'est là qu'il rencontre Scott et Logan pour la première fois.
Charles est en troisième année maintenant, et même si Erik a maintenu une correspondance fidèle avec son seul ami, c'est tout de même une surprise de le voir plus grandi que jamais, confiant et en paix avec lui-même. Tout comme Erik, il est sur la voie rapide pour une carrière d'officier, mais il songe à rester une année de plus également.
« Pourquoi. » demande platement Erik. Il n'arrive pas à imaginer une quelconque raison.
« Eh bien pour commencer, tu n'es pas encore Commandant et tu avais promis, lui dit Charles en souriant. Ensuite, il y a quelques personnes que j'aimerai que tu rencontres. Des gens qui nous seraient utiles, Erik, mais j'ai besoin d'un peu plus de temps pour les convaincre. »
Il emmène Erik rencontrer Scott et Logan le jour suivant, et ces personnes que Charles pensent être utiles se trouvent être les premières années les plus tarés qu'Erik ait vu de sa vie.
Pourtant, pense Erik, il arrive définitivement à voir leur potentiel.
Sa permission touche à sa fin et Second Commandant Lehnsherr retourne en service. Dans l'année qui suit, il est promu Prince de Guerre et Commandant, alors aussitôt que Charles est diplômé, Erik le kidnappe calmement des listes et le promeut son Second.
Et même si Scott et Logan ont encore deux ans à faire, Erik met une priorité sur leurs deux noms. Charles a un don pour trouver les étincelles de génie au milieu de la folie furieuse.
X
« Pas trop tôt putain, » s'exclame Scott quand Logan revient enfin sur le pont et s'étale dans le siège à côté de lui. Ça ne fait que cinq minutes que le Prince de Guerre est revenu, mais Scott ne va sûrement pas rater une occasion d'emmerder Logan.
« Ferme ta putain de gueule, Summers, grogne Logan d'entre son cigare. J'ai fais du babysitting avec ta saloperie de frère et ses petits copains pour—
— Tous les deux, fermez-la. »
La voix du Prince de Guerre émane directement de derrière eux. Il a l'air calme, mais à la limite du dangereux.
« Howlett, sors-moi ça de ta bouche et éloigne-nous de la B-O. Maintenant.
—Tout de suite, monsieur, » dit calmement Logan en enfonçant son cigare dans sa poche d'une main tandis que la seconde tape des séquences de contrôles pour désarrimer le Cœur d'Acier. « Ça farte, poupée.
— Salutations, Légionnaire Howlett, » répond gracieusement Raven.
Elle n'appelle que le Prince par son prénom. Scott se demande parfois d'où ça sort, mais encore une fois, Charles a un certain effet sur tout le monde. Même sur les IA et les Princes de Guerre.
« J't'ai manqué ?
— Si peu.
— T'es cruelle, poupée.
— Détachage du dock, » rapporte Scott, suivant les relevés que Raven lui envoie. « et on est bon. »
Le Cœur d'Acier vibre alors que les moteurs se mettent en marche. Ou peut-être est-ce simplement l'agacement qui irradie du Prince de Guerre en vagues. Difficile à dire.
« On sera à distance minimale de la B-O dans trente secondes, ajoute Logan en tapant une nouvelle séquence.
— Envoie-lui la première suite de coordonnées, Raven. Le Prince de Guerre a presque l'air de s'ennuyer. Met-nous en VM dès que possible, Howlett.
— Coordonnées envoyées, monsieur.
— Application. » Logan s'adosse, une main sur les propulseurs. « Vélocité Maximale dans trois. Deux. Un. » Il sourit narquoisement à Scott. « Envoie la sauce.
— T'es un abruti, » lui dit Scott alors que la vue de l'espace à travers du pont devient blanche.
Les moteurs envoient une poussée d'énergie et ils accélèrent jusqu'à rejoindre l'hyperespace, laissant l'espace normal loin derrière. L'hyperespace est utile pour les longues distances (mais sérieusement, tout dans l'espace est à longue distance) mais Scott le déteste parce que ce n'est que du blanc, du vide, de l'absence. Il préfère largement la noirceur de l'espace, parce qu'au moins ça a l'air réel quand tu peux voir les étoiles.
« Nous sommes en route, monsieur, » annonce Charles depuis son côté du pont, se tournant pour faire face au Prince de Guerre. Il attend son hochement de tête pour se tourner vers Scott et Logan et leur offrir un sourire. « Bien joué Logan, Scott. »
Scott échange un regard avec Logan. Il sait qu'il ressent la même chose que lui – ils espèrent tous les deux que Charles arrête de se comporter de façon aussi protocolaire avec le Prince de Guerre, parce que Dieu sait que ses sentiments ne sont même pas près d'être protocolaire. Putain de pitié, voilà ce que c'est, parce que le Prince de Guerre est une saloperie de mur de brique.
« À quoi vous vous attendiez ? On est des professionnels, renifle Logan. »
Scott ne peut pas s'en empêcher. Il pouffe.
Charles a l'air amusé.
« Voilà une conduite bien peu professionnelles, messieurs.
— Veuillez vous adresser au Second comme l'exige son rang, dit le Prince de Guerre d'une voix agréable, ou veuillez vous escorter jusqu'à la trappe d'aération la plus proche. »
Scott veut rire à nouveau, sauf que son instinct de survie débarque à chaque fois que le Prince de Guerre fait l'effort de paraître agréable. Paraître étant le mot-clé, ici.
Puis tout l'humour se retrouve aspiré hors du pont quand l'ascenseur souffre avec un chuintement et Cain Mark entre avec un bruyant : « Charlie ! Ça fait un bail, cher frère ! »
Putain de merde.
Merci d'avoir lu ce chapitre, surtout étant donné que le premier date un peu (ahem). Je vous propose de laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé et si tout était clair dans la traduction (c'est très important que vous me le disiez si ce n'est pas le cas, histoire que j'améliore ça plus tard).
Je vous embrasse,
Amako.
