Bon, il est évident que certains des personnages ne sont pas à moi.

Cette histoire est une sorte de renaissance de 'tentation du mal'. J'espère que cela vous plaira.
Rq: les phrases en gras sont les paroles d'Harry, je pense que vous allez vous en rendre compte. Cependant les souvenirs qu'il met sur papier n'est pas toujours la vérité, c'est pourquoi ce qu'il dit n'est pas toujours identique aux phrases en italiques qui est la réalité.
Bonne lecture.


La tragédie de la mort est en ceci qu'elle transforme la vie en destin - André MALRAUX


Chapitre 1

Je pense que cette histoire se doit de commencer à mes 5 ans. Après tout, c'est les plus anciens souvenirs que je possède...et je crois que c'est les seuls d'une époque qui est révolu depuis bien longtemps maintenant. Parfois, j'en viens même à me demander si cette époque existait bel et bien. Cependant, j'aime à penser qu'elle était vrai. Juste pour nourrir l'espoir que je n'ai pas toujours était l'être que je suis actuellement. J'aime à penser qu'il y a eu une période où je possédais l'innocence d'un enfant.

Lily a toujours été une jeune femme qui attirait le regard, peu importe ce qu'elle faisait ou portait. Il faut dire que ses cheveux roux étaient tellement brillants qu'à la lumière on aurait pu croire qu'elle l'avait trempé dans le sang. Plusieurs personnes étaient déjà venu lui demandé où elle avait réussi une telle coiffure...Quand on venait le lui demander, elle éclatait de rire, un rire cristallin et enivrant, puis répondait d'une voix douce et nullement vexé que c'était sa véritable couleur.

Mais le plus surprenant n'était pas la couleur de ses cheveux, pourtant, pour le moins inhabituel, mais celle de ses yeux. Après tout, la pureté de cette couleur n'était pas quelque chose d'ordinaire. Bien sûr, il y avait d'autres personnes qui avaient les yeux verts...mais pas d'une telle intensité et d'une telle pureté. Plusieurs hommes, et même des femmes, les comparèrent à des émeraudes et les glorifiaient en lui offrant ces pierres précieuses...qu'elle ne mettait jamais. Elle n'était pas de ces femmes qui aimaient se parer de bijoux tous plus chers les uns que les autres.

Non, loin de là. Elle était l'une de ses femmes simples et sans complexe qui savouraient la vie à pleine dents, sans même faire attention à sa beauté et à l'attraction qu'elle exerçait sur les autres. Elle avait fait des études et était devenu médecin dans un petit hôpital de banlieue. Pourtant, on lui avait offert beaucoup mieux. Mais elle avait préféré reprendre l'hôpital du quartier où elle avait grandi et, elle l'espérait, ses enfants grandiraient à leur tour. Si elle avait su ce qui l'attendait.

J'ai très peu de souvenir de ma mère. Elle est morte très tôt. Peut-être même trop tôt...je ne le saurais jamais. Tout ce dont je me souviens est ce dont mon père a bien voulu me parler et de la seule photo qu'il me reste d'elle. Enfant, j'aimais à penser que mon père aimait tellement ma mère qu'il lui était pénible de m'en parler...il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que mon père n'éprouvait rien de tout cela en réalité. Il n'était pas du genre à éprouver des sentiments, surtout vu la façon dont il m'a élevé à sa mort.

En fait, la seule histoire qu'il m'ait racontée fut l'histoire de leur rencontre...mais maintenant, maintenant que j'ai ouvert les yeux, j'en viens à douter de la véracité de cette histoire. Mon père est le genre d'homme qui aime à se glorifier de ses conquêtes.

Dans son histoire, il l'avait rencontré lors d'une soirée organisé par le clan dans le but de collecter des fonds pour une association...bien sûr, il s'agissait d'une couverture pour que les flics aient du mal à mettre le nez dans nos histoires...enfin dans leur histoire. Pour ce faire, ils avaient demandé à plusieurs éminents médecins de se joindre à eux. L'un d'eux avait amené l'une de ses plus brillantes élèves, ma mère. Celle-ci était tombée sous le charme de mon père dès le premier regard.

Cela faisait maintenant 5 ans qu'elle dirigeait ce petit hôpital de quartier sans aucun problème. Mieux que cela encore, elle adorait littéralement son métier et le contact avec les gens. Même en dehors de cet hôpital, les gens l'accueillaient toujours avec le sourire, allant même jusqu'à lui offrir un peu de nourriture pour la remercier de ses soins. Pourtant, elle ne cherchait pas la reconnaissance, loin de là. Elle ne faisait seulement que son métier de la meilleure façon qu'il soit...en étant à l'écoute des gens, tout simplement.

« Mademoiselle Lily, mademoiselle Lily. » cria une voix aigue derrière elle, alors qu'elle rentrait chez elle. Elle se tourna et sourit à l'enfant qui courait dans sa direction.

« Anatol. Tu sais pourtant que tu ne dois pas courir avant la semaine prochaine. Si tu continues, je vais me fâcher toute rouge. » le gronda-t-elle, en affichant un air sévère totalement feint. L'enfant de 7 ans rougit brusquement avant de pencher la tête, une moue boudeuse sur le visage.

« Allez, c'est bon pour une fois. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Pourquoi tant d'empressement ? » demanda-t-elle en se mettant à la hauteur de l'enfant.

« Rien, je voulais seulement vous dire bonjour et maman m'a demandé de vous inviter à venir manger à la maison. Elle a même dit que vous étiez obligé de venir manger sous peine de la voir débarquer chez vous pour vous tirer par la peau des fesses. » dit l'enfant en lui présentant un sourire édenté. La jeune femme éclata de rire et passa une main dans les cheveux courts de l'enfant.

« C'est d'accord, je passerais. Je vais seulement prendre une douche chez moi et puis je viens. » dit-elle. Après tout, la mère d'Anatol était tout à fait capable de venir chez elle et de l'embarquer sur son épaule...de plus, elle était ce qui s'approche le plus d'une amie. Chose que son métier lui laissait peu de temps pour avoir.

« D'acc', je vais la prévenir. » dit l'enfant en repartant en courant, tout content de la réponse.

« Sans courir, sans courir. » soupira le médecin avant de retourner à son appartement.

Elle se dépêcha de prendre une douche et de se changer avant de ressortir. Dieu seul sait si son amie ne l'attendait pas déjà en bas de chez elle. Elle n'avait aucune patience. Et heureusement qu'elle s'était dépêché, car la voiture de son amie l'attendait au pied de l'immeuble. Lily soupira avant de rentrer dans la voiture.

« Tu sais, je pouvais très bien trouver le chemin jusque chez toi. »

« On ne sait jamais. Le quartier n'est pas sûr en ce moment. » dit son amie avant de fermer la voiture par le verrouillage central.

« Allons bon, je n'ai jamais connu un quartier aussi tranquille. »

« C'est que ton appartement est bien insonorisé. Parce que je ne compte plus les fois où un coup de feu m'a réveillé. »

« Si on changeait de sujet. » grogna la jeune femme avant d'enchaîner sur les progrès du petit dernier. L'atmosphère se fit toute de suite beaucoup plus léger et ne fit que s'alléger durant le repas et au fur et à mesure que la bouteille de vin se vidait.

Si bien que Lily fut légèrement ivre à la fin du repas et préféra rentrer à pied...surtout que son amie était même dans un état encore plus avancé que le sien. Mais une fois qu'elle fut dehors, seule dans le noir, elle ne put s'empêcher de se souvenir des propos de son amie...autant dire qu'elle n'était absolument pas rassurée. D'un geste nerveux, elle mit son sac contre sa poitrine et le serra de toutes ses forces. C'était ridicule, une balle n'aurait aucun mal à la traverser de part en part...et si on lui demandait son sac, elle se ferait une joie immense de le donner sans faire d'histoire, avant de prendre ses jambes à son cou et de fuir.

Puis, comme si son imagination donnait vie à ses pires cauchemars, elle entendit des coups de feu dans une ruelle, à quelques mètres à peine de l'endroit où elle se trouvait. Elle étouffa un cri de panique avec sa main et alla se cacher derrière une benne à ordure. Elle ferma les yeux jusqu'à voir des points blancs tout en priant pour qu'on ne la trouve pas. Ses prières augmentèrent en intensité quand elle entendit des pas s'approcher de l'endroit où elle se trouvait. Mais heureusement, qui que ce soit, il ne s'approcha pas de l'endroit où elle se trouvait et au bout de dix minutes dans un silence angoissant, elle décida de sortir de sa cachette, histoire de se réfugier dans son appartement et de s'enfermer à clé et même de mettre le guéridon qu'il y avait dans l'entrée devant la porte. Cependant quand elle passa devant la ruelle, elle entendit un bruit qui la fit sursauter et pousser un petit cri.

« Qui que vous soyez, je vous préviens, je suis armée et je n'hésiterais pas à me servir de mon arme. » cria-t-elle, ne réalisant même pas ce qu'elle venait de dire en réalité. Parce que si on venait à l'agresser, ce n'est pas avec le poids de son sac qu'elle pourra assommer assaillant.

Mais seul un rire étranglé et de faible intensité lui répondit, suivit par une quinte de toux. Intriguée, elle fit fie de sa peur et entra dans la ruelle pour essayer de voir à qui appartenait ce rire.

« Oh, mon dieu. » s'écria-t-elle, quand elle trouva l'objet de sa recherche.

Là, à moitié allongé sur le sol, un homme se tenait le ventre, une grimace de douleur inscrit sur son visage. Cependant, il se mit à sourire en voyant la jeune femme...comme si c'était une situation parfaitement normale.

« Bonsoir, gente dame. Je m'excuse pour la frayeur qu'on a du vous causez. » dit-il en plaisantant...étrangement, elle n'avait aucunement envie de plaisanter, mais plus tôt de lui foutre son poing dans la gueule.

Cependant, elle prit une profonde inspiration avant de s'approcher de l'homme pour s'apercevoir qu'il avait dû recevoir une balle ou deux dans l'estomac. Aussitôt, ses instincts de médecin reprirent le dessus.

« Enlevez vos mains. » ordonna-t-elle d'un ton impérieux. L'homme la regarda avec surprise avant d'obéir et d'enlever ses mains. La chemise blanche était humide et teinté de sombre au niveau de son abdomen. Elle enleva sa veste avec rapidité et la pressa contre la blessure, avec force, si bien qu'elle arracha un cri de douleur quelque peu féminin.

« Quel douillet. Maintenez la veste contre votre ventre et levez-vous. Je vous emmène à l'hôpital. » dit-elle sans départir de son ton impérieux. Le ton qu'elle prenait toujours quand elle était dans une situation de crise...quoiqu'elle avait rarement des blessures par balles.

« Pas l'hôpital. Mon portable, il suffit d'appuyer sur la touche un et d'appeler. »

« Hors de question. Je suis médecin et l'hôpital dont je parle m'appartient et se trouve à proximité. Alors debout. » dit-elle en le prenant par les aisselles pour le forcer à se lever. L'homme dut déclarer forfait parce qu'elle eut beaucoup plus de facilité qu'elle ne l'aurait cru à le soulever. Puis, difficilement, elle l'aida à marcher jusqu'à l'hôpital. Celui-ci était fermé durant la nuit, mais elle avait toujours les clés sur elle, elle n'eut donc aucun mal à entrer et à déposer sa charge sur un brancard.

« Bien. Allons dans mon cabinet. »

« Je vous remercie pour ce que vous faites pour moi. »

« Je ne le fais pas pour vous. Je le fais pour moi. Je suis médecin, j'ai signé un contrat quand je suis devenu médecin, celui de soigner toute personne sans chercher à juger la personne. »

« Je vois...Donc, vous êtes une sorte d'ange gardien...un magnifique ange gardien. » dit l'homme avec un sourire qui se voulait séducteur...Lily n'eut aucun mal à le lui enlever...en arrachant d'un geste brusque sa chemise.

« La douleur vous fait délirer. Maintenant, serrez les dents parce que je dois allez chercher la balle mais je n'ai pas d'anesthésiste sous la main. » dit-elle en préparant une seringue sous les yeux hagard du blessé.

Sans attendre qu'il se reprenne, elle planta l'aiguille dans la blessure et injecta l'anesthésiant. Celui-ci n'avait qu'un effet localisé mais c'était toujours mieux que rien. L'homme cria de douleur mêlé à de la surprise avant de se reprendre et de serrer violemment les dents. Lily soupira avant de prendre le matériel dont elle avait besoin pour extraire la balle et ensuite pour recoudre. Heureusement pour elle, la balle était dans un endroit où elle ne pouvait toucher le moindre organe vital. Cela aurait été plus problématique si la balle avait touché autre chose. Elle n'avait pas les appareils pour faire des radiographies ou même des scanners.

A l'aide d'un scalpel, elle découpa la peau, puis les muscles, afin de pouvoir mieux recoudre par après. Ensuite, avec une pince à bout plat, elle récupéra la balle et tira doucement pour ne pas la perdre et pour ne pas léser d'autres tissus.

« Voilà, j'ai la balle. Encore un dernier effort et ce sera terminé. Je dois recoudre le tout. » dit-elle en regardant l'homme allongé sur le lit. Celui-ci était blême et n'affichait plus son sourire en coin comme quelque instant auparavant. Ses yeux noisette hurlaient toute la douleur qu'il pouvait ressentir à l'instant. Pourtant aucun son n'était sorti de sa bouche pendant toute l'opération. Quel genre d'homme pouvait se retenir ainsi de crier ou même de rester conscient alors que tout son être hurlait sa douleur.

Elle se tourna pour prendre le premier paquet de suture. Le plus rapidement possible, tout en restant professionnelle, elle finit de recoudre, avant de mettre de l'antiseptique et une compresse.

« Voilà, c'est terminé. » soupira-t-elle avec soulagement.

L'espace d'un instant, quand elle avait commencé l'opération, elle avait cru que jamais elle ne pourrait s'en sortir seule...elle qui avait toujours des infirmières autour d'elle pour l'aider. Pour tout dire, elle était même fière d'elle.

« Merci » chuchota l'homme avant de tomber dans les pommes. Ben tiens, il avait bien choisi son moment celui-là. Enfin bon, elle n'y pouvait rien et se contenta de le vêtir d'une blouse d'hôpital avant de le conduire dans une pièce qui servait de chambre. Elle lui enleva aussi son pantalon. Ce faisant, elle remarqua que celui-ci vibrait. Surprise, elle faillit le lâcher, avant de se souvenir que l'homme avait un portable sur lui. Rapidement, elle le retira de son pantalon et décrocha.

« Allo ? »

« Bonjour, je suis bien sur le portable de James ? » demanda une voix rocailleuse et froide.

« Euh...Je... »

« Allo ? Bon, passez-moi le propriétaire de ce téléphone. »

« Je suis désolé mais cela ne va pas être possible. Il est actuellement inconscient. On vient de lui tirer dessus. » dit Lily en regardant le jeune homme qu'elle venait d'opérer.

« Comment cela, il s'est fait tirer dessus ? Vous êtes sûr qu'il s'agit bien de James Potter ? » demanda la voix de manière empressé.

« Je n'en sais rien. J'ai trouvé ce portable dans le pantalon de l'homme que j'ai soigné. Quant à savoir comment il s'appelle...il faudra attendre qu'il se réveille. Je suis désolée. » dit-elle avant de raccrocher. La journée avait été plus que longue et elle rêvait de rentrer chez elle pour prendre une douche et dormir.

Par la suite, il me raconta que ma mère n'avait pas arrêté de lui téléphoner et de lui envoyer des lettres si bien qu'il avait accepté de la revoir par après. Au départ, il avait pensé qu'elle ne serait qu'une bonne maîtresse, histoire de prendre du bon temps. Finalement, vu qu'elle avait été insistante et pas désagréable à regarder, il avait décidé de l'épouser.
Oui, mon père possède un cœur qui déborde d'un trop plein d'amour et cela se ressent dans ses propos.

Le lendemain, deux hommes habillés d'un costume de couleur noir...genre garde du corps arrivèrent à l'hôpital pour prendre ledit James qui avait déjà charmé les deux plus jeunes infirmières. Et malheureusement, il s'était aussi cassé les dents sur Lily. Ce genre d'homme ne l'intéressait aucunement. A son réveil, elle avait compris. L'homme était un charmeur. Il aimait voir les femmes se pâmer devant lui. Un homme totalement faux qui ne faisait que s'amuser. Si certaines femmes se laissaient prendre au piège, ce n'était certainement pas son cas...même si elle devait bien se l'avouer, il n'était pas moche à regarder.

Musclé mais tout en finesse. Les cheveux bruns foncés qui partaient dans tous les sens, comme si quelqu'un s'y était accroché de toutes ses forces. Et ses yeux noisette qui pétillaient à chaque fois qu'il croisait le regard d'une femme. Mm, oui, elle ne pouvait pas dire qu'il était moche mais son caractère de m'as-tu-vu gâcher l'ensemble.

« Mademoiselle. Je vous remercie pour l'aide que vous avez apportez à mon chef d'entreprise. » dit un homme la faisant sursauter.

Elle ne s'était même pas aperçue de sa présence. Pourtant, il n'était pas le genre d'homme qu'on pouvait ignorer...surtout dans ce quartier. Il portait un costume italien de couleur gris qui devait être fait sur mesure. Sa chemise de couleur parme ne devait surement pas de la soie. Autant dire qu'il était magnifique. Cependant, il y avait quelque chose chez lui qui lui faisait froid dans le dos...Surement ses yeux bleus clair qui la fixait avec froideur et d'un air calculateur sur le visage. Comme si il cherchait à voir ce dont elle était capable...étrange et flippant.

« Je n'ai fait que mon métier. La prochaine fois, qu'il évite de se faire tirer dessus. » dit-elle avant de se retourner vers une enfant qui venait ici pour une forte fièvre.

« J'aimerais vous offrir quelque chose pour vous remercier. » dit encore l'homme

« Je n'ai besoin de rien. Maintenant, si vous voulez bien me laisser, j'ai du travail. » dit-elle d'un ton sec, avant de se retourner à nouveau vers son patient.

« Je vois. Mademoiselle. » dit-il avant de partir en compagnie du blessé et de ses gardes du corps. C'est à se demander quelle entreprise il pouvait bien diriger, pour avoir des hommes pour le protéger. Enfin bon, toute cette histoire était finie, elle allait pouvoir reprendre sa vie comme elle était avant.

Du moins, c'est ce qu'elle pensait. Parce que le lendemain, elle était à peine rentré dans la salle d'attente que les infirmières lui sautèrent dessus en piaillant comme des moineaux sans cervelle qu'elles pouvaient être de temps en temps...surtout quand un beau mâle se trouvait dans les parages. Cependant, ce n'était pas le cas en ce moment, alors qu'est-ce qui pouvait justifier un tel remue-ménage ?

« On se calme. Est-ce que je pense savoir ce qu'il se passe ici ? » demanda-t-elle.

« Vous avez reçu un cadeau. Un homme habillé en noir est venu le déposer ce matin pour vous. Vous avez un admirateur... » dit la plus jeune d'entre elle, en se retenant à peine de battre des mains comme une collégienne. Lily se retient de soupirer devant tant d'enfantillage.

« Bon, le paquet se trouve où, qu'on en termine avec cette histoire. »

Elle eut à peine le temps de finir sa phrase qu'on la prenait par la main pour l'amener devant son bureau où l'attendait un petit paquet avec un bouquet de rose rouge. Elle déteste les roses rouges. C'est tellement cliché. Elle prit le vase et le tendit à une infirmière.

« Distribue les dans les chambres occupés. Cela les égayera quelque peu. »

« Mais...c'est votre bouquet. »

« Faites ce que j'ai dit et mettez vous au travail. » dit-elle sèchement.

Les infirmières sursautèrent avant de vider les lieux. Une fois qu'elle fut certaine d'être seule, elle ouvrit le paquet qui la narguait. Elle n'était peut-être pas aussi superficielle que les autres, mais cela ne l'empêchait pas d'être aussi curieuse que les autres. Elle fut stupéfaite par la beauté du collier. Un tour du cou en dentelle noir avec une émeraude en son centre. Vraiment magnifique...mais elle ne pouvait pas porter une telle chose. Elle prit la carte qui accompagnait le bijou, et soupira. C'est décidé, elle ne le mettrait certainement pas. Elle allait même le remettre à l'envoyeur...du moins, si elle savait où le renvoyer...Et puis, ce bijou était si beau...Et puis, il ne demandait rien d'autre qu'un repas avec elle, cela n'avait aucune conséquence...

Cependant, elle avait sous-estimé le pouvoir énervant de ce type. Jamais, elle n'avait passé une soirée aussi...il n'y avait même pas de mot pour décrire la soirée qu'elle avait vécu. Si on lui demandait, elle pouvait décrire en long et en large les soi-disant qualités de James Potter. Il n'y avait qu'un seul moment qu'elle avait apprécié. James l'avait amené dans un restaurant Japonais de grande qualité. Un délice pour son palet...mais, c'était la première fois pour tous les deux, autant dire que le maniement des baguettes avait été folklorique. Pour la première fois, James avait perdu sa superbe et s'était montré attendrissant. Par la suite, il avait repris son caractère de m'as-tu-vu et la soirée s'était progressivement dégradée.

« Pourrais-je vous revoir ? » demanda-t-il à la fin du repas

« Je...je ne sais pas si... »

« S'il vous plait. J'ai vraiment passé une excellente soirée. »

« Je...je ne pense pas que ce sera possible. Après tout j'ai mon travail à l'hôpital. Cela me prend beaucoup de temps... » dit-elle en espérant qu'il laisserait enfin tomber.

« Je vous rappellerais alors pour prendre rendez-vous, alors. » dit-il avec un sourire amusé sur le visage. Lily soupira.

« Écoutez. Je ne veux pas d'une nouvelle soirée avec vous. Le début vous très plaisant, jusqu'à ce que vous vous mettiez à ne parler que de vous. Je ne sais pas ce que vous cherchez à faire, mais si c'est pour me remercier, ce n'est pas la peine. Je n'ai fait que mon travail. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser. » dit-elle d'un ton froid avant de prendre le taxi. Elle était certaine qu'avec cette phrase-là, elle s'en était débarrassée.

Pourtant le lendemain, James l'appelé pour lui demander un nouveau rendez-vous le samedi soir.

« Je ne peux pas. »

« Ne me mentez pas. Vous savez, je n'ai pas oublié la remarque que vous m'avez sorti hier soir. D'ailleurs je m'excuse pour cela. Je ne m'étais pas rendu compte que vous n'étiez pas ce type de femme. »

« Je ne sais pas comment je dois le prendre. » dit-elle sans être réellement vexé par cette remarque. De toute évidence, James avait beaucoup de mal à exprimer ses sentiments. Cela en était presque charmant.

« Je...non, écoutez, je ne voulais pas vous vexer. Je voulais seulement dire que...Écoutez, je n'ai jamais côtoyé une femme de votre classe et de votre intelligence. Je suis quelque peu perdu en votre présence...mais vous me plaisez beaucoup. S'il vous plait, acceptez de me revoir. Je vous promets de m'améliorer. »

« Bon, mais c'est la dernière fois. Si je refuse de vous revoir après cela, vous me laisserez tranquille. J'ai votre parole ? »

« Je vous le promet. Je passerai samedi chez vous ? » demanda le jeune homme.

« Venez plutôt à l'hôpital. Je dois faire de la paperasse le samedi. » dit-elle, bien que ce soit surtout une excuse. Elle n'avait pas envie qu'il sache où elle résidait. Elle n'avait aucune confiance en la parole de cet homme. Elle ne le connaissait pas assez pour lui faire confiance.

Et contrairement à toutes ses attentes, la soirée se passa merveilleusement bien. Et celles qui suivirent aussi. James avait fini par comprendre qu'elle ne souciait pas du tout de sa carapace et avait décidé de lui montrer sa véritable personne. Et cette personne était tout à fait adorable et charmante et attentionné. Elle avait fini par succomber à son charme et à apprécier sa présence, voire même à regretter son absence.

C'est tout ce que je sais de leur histoire. Je ne sais même pas comment c'est passé leur mariage ou l'entrée de ma mère dans le clan. Mais c'est aussi ma faute si je n'en sais pas plus. J'aurais dû insister. Il m'aurait peut-être dit la vérité. Mais, c'est trop tard maintenant. Je me vois mal aller chez mon père pour lui demander cela. En fait, maintenant que je suis en train de vous en parler, je réalise que cela a peu d'importance. La rencontre et le mariage entre mes parents n'a pas fait de moi ce que je suis actuellement.

Ce qui a fait de moi, la personne que je suis, parfois froide et amère est surtout due à la mort de ma mère. C'est à partir de là que tout a changé...que tout s'est dégradé.

Cela faisait maintenant trois ans qu'elle connaissait James et qu'elle le fréquentait. Ce n'était pas toujours facile. Elle avait l'hôpital et lui son entreprise...enfin ce qu'il appelait son entreprise. Elle avait fini par apprendre la vérité. Une vérité qui ne fut pas facile à comprendre et à accepter. Mais, quand elle apprit cette vérité, elle aimait beaucoup trop James pour partir...aussi affreux et laid que soit la vérité, elle avait James et cela lui suffisait.

Elle avait vendu la clinique à un médecin qu'elle connaissait, puisqu'elle avait été son maître de stage, puis elle était partit vivre avec James, au sein même du clan. Elle avait appris à connaître les membres du clan, petit à petit et a en apprécier quelques-uns.

Elle vécut un an dans un brouillard rosé qui lui fit oublié la réalité des choses. Mais une petite créature se chargea de déchirer ce brouillard. Une adorable petite créature qui avait ses yeux et son sourire.

SON fils. Son adorable enfant.

Il était né en juillet, le 31 à trois heures du matin. Et elle l'avait accouché seule. James ne s'était même pas déplacé pour assister à la naissance de son héritier. Il s'était contenté d'envoyer son second avec une peluche pour le nouveau-né et une carte disant qu'il était fier de son épouse. Celle-ci s'était surtout sentit humilié par cette carte. Comme si elle n'était qu'une quantité négligeable. Sentiment détestable.

Mais connaissant son métier, elle lui pardonna une nouvelle fois d'avoir raté le moment le plus important de toute la vie d'un parent. Après tout, elle l'aimait et c'était réciproque, elle en était certain. James n'était pas un homme à faire autant d'effort pour rien. Il ne lui restait plus qu'à s'en convaincre maintenant. Et c'était ce qu'il y a de plus difficile à faire.

« Bonjour, Lily. Comment te sens-tu ? » demanda Albus en entrant dans sa chambre. Elle venait à peine de rentrer de l'hôpital avec son petit Harry et la première personne qu'elle rencontrait à son retour, n'était même pas son mari...mais l'amant du dirigeant du clan. James allait s'en prendre une quand il allait rentrer. C'est à croire qu'il croyait qu'elle était une de ses épouses soumises qui n'osaient plus se rebeller contre son époux. Il allait faire une drôle de tête quand il allait se prendre une gifle dans la tête.

« Je vais bien, merci. Encore un peu fatigué par l'accouchement mais j'ai une véritable petite perle pour me soutenir. » dit-elle en couvant du regard le poupon qui dormait paisiblement dans le couffin à côté d'elle.

Le vieux homme s'en approcha et eut un sourire attendrit. Il caressa le visage de l'enfant qui ouvrit doucement les yeux. Ceux-ci avaient déjà pris la couleur si surprenant de sa mère. Un petit tapis brun parcourait son crâne. En un mot, il était adorable.

« Il est magnifique. Vous savez, le fait de ne pas avoir eu d'enfant a toujours été mon plus grand regret. » dit le vieil homme tout en souriant à l'enfant qui se mit à gazouiller en essayant d'attraper son doigt. Il eut un petit rire.

« Vous n'avez jamais pensé à adopter ? » demanda la jeune femme, tout en s'amusant des pitreries du vieil homme. Elle pouvait déjà dire qu'il deviendrait un papy gâteau adorable.

« Gellert n'ai pas un grand fan des enfants. Je respecte cela même si cela me fait un petit pincement au cœur quand je vois un enfant. » répondit le vieil homme avec un petit sourire triste.

« Vous savez, je n'ai plus de parents et ceux de James ont coupé tous liens avec lui. Je serais très honorée si vous voulez bien prendre le rôle de grand-père au près d'Harry. » dit-elle en prenant l'enfant dans ses bras et en le présentant à Albus qui, après un moment de surprise, le prit dans ses bras avec une maladresse propre à tous les hommes.

« Je...j'essayerai de ne pas trop le gâter. » dit-il en plaisantant.

A partir de ce jour, sa relation avec Albus, déjà très bonne au départ, prit une tournure plus profonde encore. Et heureusement qu'elle avait ce vieil homme pour la soutenir parce que sa relation était au plus bas avec James...sans qu'elle comprenne réellement pourquoi. D'après Albus, il était simplement stressé parce qu'il avait une très grosse affaire en cours, mais elle n'y croyait plus vraiment. Pour elle, il était devenu clair qu'elle avait rempli son rôle en mettant au monde Harry. Elle avait donc plus d'utilité...si ce n'est en tant que médecin. Dès que quelqu'un était blessé lors d'une mission quelconque, on l'amenait au dernier étage pour qu'elle puisse le soigner. Bien qu'elle en soit heureuse, elle se rendait compte de l'horreur de sa situation et cela lui laissait un goût amer dans la bouche.

« Docteur Potter, on a besoin de vous à l'infirmerie. » dit une voix à l'entrée du salon... chose qui l'agaça particulièrement. Elle avait pourtant ordonné à ce qu'on ne le fasse plus...mais est-ce qu'on l'écoutait ?

« Demande à ce qu'Albus vienne garder Harry. » dit elle en se relevant. Elle était en train d'apprendre à marcher à son enfant. Cela faisait un 1 an et quelques mois maintenant qu'il était né et il était son joyau. Son petit ange. Son seul réconfort puisque James jouait de plus en plus les fantômes.

« Je suis désolé mais cela ne va pas être possible. Monsieur Dumbledore est absent pour le moment. »

« Je vois. Est-ce que James est libre pour prendre soin de son enfant ? » demanda-t-elle avec une pointe de rancœur dans la voix.

« Euh...désolé mais...c'est...l'une des personne qui se trouve à l'infirmerie. »

Lily eut un coup au cœur en entendant cela. Elle empoigna son enfant et se dirigea d'un pas pressant vers le dernier étage, suivi de près par l'homme qui était venu la prévenir.

« Expliquez-moi ce qui s'est passé. » dit-elle d'une voix impérieuse.

« Je ne pense pas... »

« Je vous demande pas de penser mais d'expliquer ce qu'il s'est passé. »

« On était en train de faire une ventre d'arme de grande ampleur avec un partenaire...jusqu'à ce que la concurrence n'arrive et que la vente ne tourne en un règlement de compte. On s'est fait canarder comme des chiens...James et plusieurs de nos hommes se sont fait touché »

« Je vois. » dit-elle en resserrant son emprise sur son enfant.

Et elle voyait parfaitement, il n'y avait plus de brouillard devant elle...il n'y avait plus que la réalité brute et sale devant. Une réalité qui l'angoissait et l'enrageait parce qu'il n'y avait aucun moyen d'y échapper. Surtout, elle voyait le futur de son enfant et aucune mère sensée ne voulait une telle chose pour sa progéniture. Quelle mère pourrait supporter le fait qu'elle pourrait un jour retrouver son fils dans un des lits de l'infirmerie ? Un monstre très certainement. Elle devait faire quelque chose pour que cela n'arrive pas. Elle se le jura quand elle vu le carnage...

Sur l'un des lits, un jeune homme, encore un adolescent, était en train de vivre ses derniers instants. Il ne lui avait suffi que d'un regard pour comprendre et savoir qu'elle ne pouvait rien pour lui...tout au mieux, demander à un des hommes de lui tirer une balle dans la tête pour abréger ses souffrances. Il avait une large tâche rouge au niveau de son thorax et des bulles de sang se formaient déjà au niveau de sa bouche. On lui avait percé un voire deux poumons, et cela elle n'avait pas les compétences pour le soigner...si, encore on l'avait conduit à l'hôpital, il aurait eu une chance...mais cette option était hors de question au sein du clan.

« Docteur, s'il vous plait, vous pouvez faire quelque chose pour lui ? » demanda une jeune femme qui s'agrippait avec la rage du désespoir à la main du jeune homme.

« Je suis désolé mais son cas n'est pas dans mes compétences. » dit-elle tout en tendant son enfant à l'homme qui l'avait accompagné.

Celui-ci le prit avec difficulté et s'éloigna pour aller le déposer sur un lit libre, avec un air de profond soulagement sur le regard. L'enfant regardait avec curiosité la jeune femme qui éclata en sanglot sur le corps de son amant. Lily soupira avant de passer à un homme différent. Elle ne dut que remonter le drap sur son visage. Voilà un aspect de son métier qu'elle détestait de plus en plus.

« Bonjour, ma douce. » dit une voix étranglée par la douleur. Elle sourit avec beaucoup de difficulté.

« James. » se contenta-t-elle de dire avant de s'occuper de la blessure qu'il avait au niveau du bras. Cet homme avec une chance de cocu. Il s'agissait d'une simple éraflure. Quelques points de suture et tout serait terminé.

« J'adore réellement me faire soigner par toi, mon ange... » plaisanta James, tout en grimaçant sous la douleur de l'aiguille.

« Si tu le dis. » se contenta de dire la jeune femme avant de passer à un autre patient. Elle ne s'aperçut pas du regard méfiant que James lui adressa, à cause de sa froideur.

J'avais 5 ans quand ma mère est morte. 5 ans, c'est jeune...j'aurais dû oublier la vision de son corps étendue sur le sol. J'aurais dû oublier la douleur de cette perte. Ne dis pas-t-on que le temps efface les douleurs. Jamais dicton n'a été aussi faux ! Il est vrai que je ne me souviens pas de ce que je faisais avant de la trouver. Par contre, je me souviens exactement de sa position sur le sol du salon, de son corps mutilé et de ses cheveux roux étalés dans le sang.

Je me souviens aussi du cri de mon père et celui d'Albus et de son odeur quand il me prit dans ses bras pour m'épargner la vision de ma mère...trop tard. Quand j'y repense, je peux encore entendre les pleurs de mon père et les murmures d'Albus contre mon oreille.

Plus tard, mon père m'expliqua la raison de ce massacre. Mais, je sais maintenant que ce n'était un mensonge, un effroyable mensonge pour que je rentre dans son jeu morbide. Selon lui, le clan avait abrité un espion de la police qui avait décidé de mettre le clan en péril en éliminant leur seul médecin. Et pendant un long moment, très long moment, cette simple explication nourrit un noyau de haine au sein de mon âme. Une haine qui demandait de la violence et du sang. Une haine principalement tourné vers la police. Une haine que mon père renforça et utilisa sans aucun remord.

Peu de temps après le massacre de l'entrepôt, Lily se fit contacter par un policier. L'espace d'un instant, elle pensa avertir James de cette histoire, mais une phrase retient son attention et sa langue. Il se passa une semaine avant qu'elle ne se décide à entreprendre une action qui allait changer sa vie et celle de son enfant. Mais le danger qu'elle encourait par ce fait était important et lui tordait les entrailles de peur.

« Mademoiselle Evans, je suis heureux que vous aillez décidé de nous aider. » dit l'inspecteur qui l'avait abordé alors qu'elle promenait Harry dans le parc.

« Inspecteur Weasley. » se contenta de dire la jeune femme tout en regardant autour d'elle, certaine qu'on allait découvrir qu'elle était en train de trahir le clan.

« Ne vous inquiétez pas. Mes hommes sont autour du café. Si jamais l'une des personnes du clan s'approche trop près de cet endroit, nous serons toute de suite avertit et on vous mettra dans un lieu sûr, vous est votre enfant. » dit l'inspecteur en comprenant l'inquiétude de la jeune femme.

L'homme lui sourit avec gentillesse. Arthur Weasley était un homme débonnaire d'une grande gentillesse. Son physique enrobé et ses cheveux roux ne l'aidait pas à se rendre crédible auprès des criminels, mais il n'avait pas son pareil avec les témoins.

« Je vous remercie. » dit la jeune femme en savourant pour la première fois son café.

« C'est tout naturel. Votre aide nous sera d'un grand secours, il est donc tout naturel qu'on vous aide en retour. » se contenta de dire l'inspecteur.

« Qu'est-ce que j'aurais à faire ? » demanda Lily.

« Ce que vous pouvez. Des noms importants, des rendez-vous ou lieu de rendez-vous...ce genre de petite chose. »

« Je vois. » dit-elle en caressant les cheveux de son fils, endormi sur ses genoux. Celui venait de fêter ses trois ans et était un véritable ange.

« Vous voyez, ce n'est pas bien compliqué. Acceptez-vous le marché ? » demanda Arthur, tout sachant qu'il avait déjà gagné la partie.

« Puis-je avoir une feuille de papier ? »

Ce marché dura deux ans. Deux ans à vivre dans la peur d'être découverte et, évidemment, se faire tuer pour cela. On ne trahit pas le clan sans en payer de sa vie. Et c'est une chose qu'elle ne pouvait pas accepter. Car, qui allait prendre soin d'Harry si jamais elle n'était plus là. Elle avait déjà dû se battre contre James qui voulait lui donner des cours de combat rapproché. Si elle n'était plus là, son mari aurait tous les droits sur son enfant, son petit ange...et cela l'effrayait encore plus que sa propre mort.

« Lily, est-ce que je pourrais te parler, un instant ? » demanda James en entrant dans le salon où elle enseignait les lettres à son enfant.

« Euh, oui. Attends deux secondes, que je mette Harry dans son parc. » dit-elle en soulevant l'enfant.

« Ce ne sera pas la peine. Cet homme va le conduire à Albus. J'aimerais qu'il ne soit pas présent pour cette conversation. »

Dès qu'il eut terminé sa phrase, Lily comprit que c'était la fin. Elle allait mourir aujourd'hui. Elle pouvait le lire dans le regard de son époux...et elle allait avoir le privilège douteux de se faire tuer de sa main. Elle serra Harry contre son corps, lui faisait silencieusement ses adieux avant de le tendre à l'homme de main de James qui partit aussitôt, laissant les deux adultes seuls.

« Est-ce que tu sais de quoi je veux te parler ? » demanda James en s'asseyant sans la quitter du regard.

« Je m'en doute. » se contenta de dire Lily, fière que son ton était resté uniforme. Elle allait mourir certes, mais il ne serait pas dit qu'elle partirait la tête basse et la queue entre les jambes.

« Je vois. Est-ce que tu répondras à mes questions sans que je doive utiliser la violence ? » demanda-t-il en sortant une lame qui n'était pas uniquement là pour faire joli.

« Cela va dépendre des questions, je pense. »

« Je vois. Si seulement tu avais tenu ta place... »

« J'aurais pu tenir ma place, je pense...si il n'y avait pas eu Harry. Ce n'est pas une vie que je veux pour mon enfant, même si pour cela, je dois me battre et en mourir. »

« Pauvre Lily, autant de labeur pour finalement n'obtenir que la mort. C'est pitoyable. » grogna James en se levant et en s'approchant de la jeune femme qui se tient droit sans un geste de recul, même quand la lame effleura son visage.

« Peut-être mais au moins je mourrais la conscience tranquille. »

« Ma si belle Lily...quel dommage de gâcher autant de beauté. » Dit James en entaillant la peau de son visage.

Lily eut un cri de douleur et recula en se tenant le visage. Cependant, James ne la laissa pas aller plus loin avant de ré attaquer, encore et encore...si bien que son visage ne ressemblait plus à rien. L'un des coups de poignard avait perçait l'une de ses yeux, le rendant vitreux. La douleur l'avait fait tituber un instant avant de la faire tomber au sol, évanoui. Son cerveau n'avait pas supporté l'importance de la douleur.

James se chargea rapidement de la réveiller avec un violent coup de pied dans les côtes. La jeune femme toussa et ouvrit péniblement son œil valide. Son époux se pencha jusqu'à ce que son visage se retrouve dans l'angle de vue de son épouse. Elle avait perdu toute cette beauté ensorcelante qui l'avait tant plu.

« Tu sais. Au final, ta mort ne sera pas vain. Elle va même me servir grandement. »

« Je...je ne comprends pas. » dit-elle avec une voix haché et tremblante. Ce n'est pas qu'elle ne comprenait pas mais qu'elle avait peur de comprendre.

« Quand tu seras morte, je vais crier aussi fort que possible et bien sûr Albus ne tardera pas à venir avec Harry...que penses-tu que je dirais à notre fils ? » demanda-t-il en appuyant sur l'une de ses plaies. La jeune femme étouffa un cri de douleur en se mordant violemment la lèvre.

« Je vais me servir de ta mort pour créer un meurtrier parfait. Aucun remord, aucun regret, juste une soif de violence et de vengeance... » dit-il avec un sourire radieux.

« Non... » murmura Lily.

« Je vois que tu as deviné l'identité de cet assassin. Notre fils sera parfait dans ce rôle. » dit James avant d'embrasser Lily sur le front.

« Je t'aimais, tu sais. » murmura-t-il avant de l'égorger sans plus de cérémonie. Cependant, il prit garde à ce que la blessure ne soit pas trop profonde, pour que sa mort soit longue et pénible. Il voulait qu'elle se noie dans son propre sang. C'était sa marque de fabrique. La jeune femme hoqueta et porta une main tremblante à sa gorge et regarda avec effrois le visage de son époux, constellé de tâche de sang...son sang.

« Adieu ma Lily. » dit James une dernière fois avant d'aller prendre une douche