Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent (malheureusement) pas. Ils sont la propriété de Steve Moffat, Mark Gatiss et bien entendu Sir Arthur Conan Doyle (le seul et l'unique)

Note de l'auteur : Bonjour/bonsoir tout le monde, je ne me suis pas présentée au prologue mais c'est normal! Je suis nouvelle ici (et ouais) mais je lis ici depuis (pfiou j'ai arrêté de compter) Bref, c'est la première fiction que je publie ici donc, et non pas des moindres ! Donc niveau publication, je risque de publier sur cette fanfiction une fois par semaine (le dimanche dans la soirée en particulier). Et il y a peut-être des chances pour que toutes les deux semaines que je poste aussi le mercredi (mais des OS). Donc voilà :D En espérant en tout cas que tout cela vous plaise et que ce compte puisse avoir une belle et longue vie. En tout cas, trêve de bavardage, je vous laisse avec le premier chapitre. Bonne lecture !

P.S : Je suis désolée que ce premier chapitre soit un peu court, les prochains seront plus long je pense. Bref j'arrête parler :')


Chapitre I

The tramp and the fat cat (1)

Il n'avait suffit d'un rien pour que tout bascule. Un homme, un appel, une chute et puis, plus rien. Le néant. Le vide. Il l'avait laissé, abandonné à son propre sort tel un égoïste sans cœur. Il lui avait déjà dit qu'il n'en avait pas, de cœur. Et pourtant il s'était obstiné à croire le contraire, à croire qu'il était, lui aussi, humain. Et alors, pour lui prouver que pendant tout ce temps il avait eu tord, il le brisa. Il l'avait détruit, anéanti. Il lui avait mené la vie dure de son vivant. De sa mort, il la lui pourrissait. Ce jour là, il était mort avec lui, à jamais…

Une main sur son épaule…

Il n'avait plus compté les jours, ni les mois. Il avait perdu ses repères. Le temps lui paraissait horriblement long sans lui, sans ses répliques acerbes et piquantes, sans ses mimiques et son expression hautaine sur le visage. Il lui arrivait même de regretter de ne plus être constamment kidnappé par le grand frère. Il n'avait jamais aimé que lui. Il laissait un énorme vide dans sa poitrine. Il le haïssait.

Une main sur son épaule. Un rêve ?

Ses cauchemars étaient revenus, plus nombreux et plus violent. Il n'arrivait plus à fermer l'œil de la nuit, hanté par ses souvenirs, par ses sentiments, par son passé. Il en avait marre de se battre chaque jour contre ce qu'il ressentait, sur le vide, le manque. Il n'arrivait pas à comprendre ce qui avait bien pu se passer. Il n'arrivait pas à comprendre comment tout avait pu déraper à ce point là. C'était grotesque. Et surréaliste.

John...John bon sang... Ce n'est pas possible. S'il savait, il me tuerait.

Une sensation de brûlure intense se répandait d'une lenteur vicieuse sur tout son corps. Ses membres étaient parcourus de spasmes violents, s'en était douloureux. Sa respiration était laborieuse, sifflante et insupportable. Sa gorge était tellement sèche, qu'elle était similaire à du papier de verre. Alors était-ce donc cela mourir ? Une douleur insoutenable, un manque cruel d'oxygène et un cœur en souffrance. Il avait envie de hurler, de pleurer mais tout cela lui était impossible. Il n'en pouvait plus...Qu'on est pitié de lui, qu'on l'achève…


Mycroft était assis dans un de ses luxueux fauteuils dans son grand salon. Il essayait de travailler sur une affaire compliquée concernant un ennemi public en cavale. Et pourtant, il n'arrivait pas à se concentrer sur le dossier, lui d'un naturel très sérieux. Toutes ses pensées étaient tournées vers une seule et unique personne. Il ne comprenait pas comment il avait pu passer à côté d'une chose pareille. Lui qui d'habitude savait tout sur tout le monde. Malgré cela, son visage gardait une expression neutre, ne laissant paraître aucune émotion. Les émotions étaient pour les faibles, pour les êtres doués d'une intelligence inférieure. Mais pas pour lui. Un cri perçant venant de l'étage supérieur résonna dans la large demeure, le faisant sursauter de stupeur. Il laissa tomber ses papiers au sol et se précipita vers l'origine de ce cri. Il entra sans frapper dans l'une des chambres, et le vit se débattre dans ses couvertures, hurlant à s'en arracher les cordes vocales. C'était semblable à ceux d'un animal agonisant. Pour la première fois, il ressentait de la pitié envers cet homme. Mycroft souffla bruyamment tout en se passant les mains dans ses cheveux roux. Il se dirigea d'un pas lourd vers la bassine d'eau sur la table de chevet à côté du lit, et essora doucement le gant de toilette. Il le posa délicatement sur le front fiévreux de l'homme dans le lit. Il passa sa main libre dans les cheveux blonds de l'autre homme tentant de le calmer un minimum. Sa respiration était rapide et chaotique et tout son corps tremblait. Il pouvait presque sentir les muscles crispés d'effrois et de fièvres sous les couvertures. Il était vraisemblablement en train de faire un cauchemar.

"Chut...Détends-toi, c'est fini. Tu es en sécurité maintenant..." La voix de Mycroft était étrangement douce et calme. Elle se voulait rassurante et réconfortante. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas agis comme cela, aussi attentionné. Mais il avait une conscience et celle ci lui interdisait de le laisser dans un état semblable à la mort. Même s'il avait en horreur de se sentir faible et trahis par ses émotions.

L'autre homme se calma finalement au bout de plusieurs longues minutes sous les agitations, les cris et les larmes. Mycroft décida de le laisser se reposer et garda la porte de la chambre ouverte avant de repartir dans le salon. Il se laissa tomber dans son fauteuil en cuir tout en expirant bruyamment l'air de ses poumons. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être altruiste, mais depuis qu'il l'avait trouvé dans cet état, il ne pouvait décemment pas faire autrement. Il lui faisait de la peine. Il prit son téléphone et envoya un message au détective inspecteur Lestrade.

Je crois qu'il va falloir appeler une nouvelle fois le médecin. Ses cauchemars ont repris. MH

Vous lui donnez bien ce qu'il lui a prescrit ?

Pour qui me prenez vous ? Bien sûr que je le lui donne. Et d'ailleurs, il va bien falloir que nous trouvions une solution, je ne peux pas me permettre de rester une semaine de plus hors de mon bureau. MH

Avez-vous pensé à Mrs Hudson ?

Comment ça ? MH

Peut-être que se serait une bonne idée de demander à Mrs Hudson de s'occuper de lui pendant que vous êtes au gouvernement. Ou sinon demandez à un de vos domestiques !

Mes domestiques ne sont pas là pour cela. Mais je prends votre proposition en considération. MH

Hallelujah ! Y-a-t-il des chances pour qu'un jour vous soyez enfin un humain doué de sensibilité, monsieur Holmes ?

Ne rêvez pas Lestrade. Cette conversation est terminée. MH

Après avoir soufflé pour la énième fois de la soirée, il finit par laisser tomber son dossier. De toute façon, il n'arriverait à rien de plus ce soir. Il se reprendrait le lendemain, après une bonne nuit de sommeil.


Il se réveilla brusquement en milieu de journée le lendemain. Les yeux rivés au plafond, il avait l'impression que la pièce était en mouvement autour de lui. Une vive douleur lui vrilla le cerveau, faisant danser devant ses yeux des tâches blanches. Il ne savait pas où il se trouvait. Il se souvenait de s'être endormis dans une ruelle sombre et froide et puis c'était le trou noir, le néant total dans son esprit. Il voulu se redresser, pour voir la pièce où il se situait mais toutes les forces avaient quitter son corps. Autour de lui, tout n'était que silence. Sauf peut-être ces lointains cliquetis qui parvenaient faiblement à ses oreilles bourdonnantes. Qu'est-ce que je fous là ? Une odeur douce et épicée titilla subitement ses narines. Son estomac désespérément vide se contracta douloureusement, gargouillant bruyamment. Le blond grogna de frustration. Il avait indéniablement faim. Cela faisait combien de temps qu'il n'avait pas avalé quelque chose ? Et quelqu'un faisait à manger là, à quelques pas de lui. Il n'était donc pas seul ici. Mais où ? ? C'était la question qui tournait et retournait sans cesse dans son esprit depuis qu'il avait ouvert les yeux. Ah ! Ses yeux étaient lourds, et sa vision était trouble. Il n'avait plus de contrôle sur son corps, sur ses pensées. Il était perdu dans cet océan d'inconnu. Et toujours dans son esprit un trou noir.

Il sentit un regard insistant qui brûlait son corps. Il sentait la présence d'une personne autre que lui, et cette sensation d'être observé le mettait mal à l'aise. Il tourna alors difficilement la tête, ses articulations étant raides. Il avait l'impression d'avoir la soixantaine et d'être devenu un petit vieux plein d'arthrite. Ses yeux fatigués se posèrent sur un vieil homme, habillé d'un costume trois pièces bien taillé et les cheveux grisonnants. Il était grand et mince, et se tenait droit comme un piquet. Il avait le visage sérieux, il avait un petit air comique. Le vieil homme, voyant deux yeux bleus fixés sur lui, se raidit et s'en alla d'un pas rapide hors du champ de vision du blond. De loin, ses tympans captèrent une phrase, qui pour lui n'avait aucun sens.

"Monsieur ! Votre invité s'est réveillé !"

Il n'eut à peine le temps de comprendre les paroles qu'il se sentit de nouveau happé par le sommeil.


Londres s'activait. Les flocons de neige étincelaient grâce aux rayons du soleil d'hiver. Un feu se consumait lentement dans l'âtre de la grande salle, crépitant agréablement et répandant sa délicieuse chaleur sur les corps presque immobiles. Les deux hommes étaient assis face à face, mangeant dans une atmosphère des plus oppressantes. Seul le cliquetis de leurs couverts sur l'assiette résonnait dans la grande salle de réception. Finalement, n'y tenant plus, l'inspecteur prit la parole.

"Pourquoi ?

- Je vous demande pardon ?

- Pourquoi m'avez-vous fait venir, si ce n'est pour parler. Or, vous ne semblez pas décider à commencer la conversion. Donc je vous le redemande, pourquoi ? Gregory était tendu, il n'était pas habitué à se retrouver seul avec cet homme puissant et ses deux prunelles de glace le transperçant de part en part. Il avait l'impression d'être mis à nu.

- Oh. Et bien, il me semblait juste de vous parler, yeux dans yeux, de l'état plus qu'inquiétante du docteur Watson. Il posa ses couverts de part et d'autre de son assiette, puis posa ses coudes sur le bois massif tout en liant ses mains sous son menton. Il fixa intensément l'homme qui lui faisait face. Lestrade hocha presque imperceptiblement la tête, faisant signe qu'il pouvait continuer. Son expression était grave et sérieuse. J'ai passé quelques coups de téléphone pour chercher comment il avait pu finir dans une ruelle insalubre, se mourant de froid. Et j'ai découvert des choses qui est en mon devoir de vous faire part...Et je tiens à vous prévenir : ce n'est pas très agréable à entendre."

(...)


(1) the tramp and the fat cat : Le clochard et le gros richard (J'ai choisis volontairement des noms assez familier *et il faudra vous y habitué parce que mes titres vont souvent être de la même trempe :')*)