Noir Corbeau
Chapitre 2 :
La Chasse est ouverte – partie 1
Savannah
Chris vérifia le chargeur de son 9mm ce qui me fit lever les yeux au ciel : c'était la troisième fois qu'il faisait ça. Je me penchai légèrement en avant, sans pour autant être à découvert, au moment où le directeur actuel du lycée sortit.
-Bonsoir, fit mon oncle.
-Besoin d'un renseignement ?
-Oui, absolument, Monsieur le Proviseur. Je me fais du souci en tant que parent et je me demandais à quand remontait votre dernière inspection académique.
-Pardon ? fit le proviseur.
Il avait vraiment l'air perplexe et je dû me mordre la lèvre pour ne pas ricaner. Hunter et deux des hommes de Chris s'avancèrent et le directeur devînt livide.
-Eux aussi se le demandaient.
Ils forcèrent le proviseur à entrer dans la voiture. Victoria parcourut des dossiers.
-Avez-vous conscience de la baisse tout-à-fait préoccupante des résultats aux examens depuis maintenant plusieurs semestres ?
-Je vous demande pardon ?
-Nous autres, parents d'élèves de Beacon Hills sommes arrivés à la conclusion que vous n'aviez plus les compétences requises pour exercer à votre poste.
Il la jugea un instant.
-Comme si vous pouviez me renvoyer.
Je ne pus retenir un éclat de rire. Je lui décochais mon meilleur sourire sadique et déployais un de mes bâtons électriques.
-Nan, c'est sûr. Mais on peut vous torturer par contre.
Que la partie commence, songeai-je.
Gabriel
-Je suis super sérieux ! s'exclama Scott. Ca n'a rien à voir avec la dernière pleine lune. Je ressens pas la même chose !
-Et donc tu ressens pas le besoin de mutiler de pauvres gens comme ton frère et moi ? lança Stiles.
Je haussai les sourcils dans sa direction, moqueur.
-De pauvres gens comme toi, corrigeai-je. Moi, il n'a jamais essayé de me tuer, je suis trop beau pour ça.
Ils levèrent tous deux les yeux au ciel ce qui me fit sourire.
-Je vous jure que je n'ai envie ni de mutiler Stiles, ni de le tuer.
Stiles me foudroya du regard en comprenant que c'était à cause de moi que Scott n'avait parlé que de lui. En même temps, je n'en pouvais rien si mon loup-garou de petit frère avait toujours attaqué son meilleur ami.
-Tu dis ça maintenant, mais attend un peu que la nuit tombe. Que tu sois crocs et griffes dehors. Que tout à coup ça hurle à la mort et que ça court dans tout les sens. Désolé, c'est super stressant pour moi. Alors, oui, je préfère t'enfermer.
-Comme tu veux ! N'empêche que j'ai l'impression de contrôler le truc. Surtout depuis que c'est cool avec Allison.
A mon tour de rouler des yeux. Il trouvait peut-être que c'était « cool » avec sa petite-amie, mais pour moi ce n'étais qu'une question de temps avant qu'il ne se fasse exploser la cervelle par le père Argent.
-Maintenant que tout le monde est d'accord sur le fait qu'on enferme Scott ce soir, dis-je. Je vais tenter de faire quelque chose de normal, c'est-à-dire joué à la crosse.
Sur ce, je partis vers mon casier. A peine l'eûs-je ouvert qu'un bruit de métal attira mon attention. Je n'eus pas à réfléchir très longtemps pour deviner qu'il venait du casier de Stiles. Je regardai dans cette direction et vis une chaîne qui devait bien faire plusieurs mètres s'écouler du casier. Même si je me doutais que l'hyperactif avait ça uniquement pour attacher Scott, imaginer ce que les autres allaient en penser était assez amusant. Le coach s'approcha d'eux et je secouai la tête, me doutant de ce qui allait suivre.
-Evidemment, j'aimerais bien savoir, sauf qu'en même temps, quelque chose me dit que c'est peut-être pire que la pire horreur que je puisse imaginer. Alors…alors, je préfère m'en aller.
Il s'exécuta et Stiles commenta :
-C'est une excellente décision, coach…
Ils se baissèrent pour ramasser la chaîne et je commençai à me changer. Du coin de l'œil, je vis Scott se figer et ses yeux virer au doré une seconde. Je regardai vite aux alentours et constatai que personne n'avait rien vu. J'interrogeai mon frère du regard. Stiles me fit un signe de tête pour m'inviter à les rejoindre. Je retins un grognement, mit mon maillot de crosse et me dirigeai vers eux.
-Il y en a un autre, dit Scott. Ici, en ce moment.
-Un autre quoi ?
-Un ours en peluche, lançai-je ce qui me valut un regard noir de l'hyperactif. A ton avis, crétin ?
-Ah, ouais, un loup-garou…
Je vis Stiles passer en courant devant nous et je me demandais ce qu'il pouvait encore trafiquer.
-Eh, Gabe tu m'écoutes ?
Je secouai la tête avant de regarder Blake.
-Hum, désolé…tu disais ?
-Tu te souviens des jumeaux dont je te parlais hier ?
-Ouais.
-C'est pas des jumelles, mais il y a bien une fille.
Je lui lançai un regard interrogateur.
-Comment tu le sais ?
-Je suis passé devant le bureau du dirlo tantôt et ils étaient là. Au fait, tu savais qu'on avait changé de directeur ?
Je fronçai les sourcils. J'allais l'interroger là-dessus quand le coach siffla.
-Messieurs ! Les uns derrière les autres ! Et que ça saute !
Nous nous levâmes. A ma grande surprise, je vis Scott se mettre devant le but. Qu'est-ce que… ? Je me plaçai devant lui, jouant en défense, tout en lui lançant un regard interrogateur auquel il ne répondit pas.
-Montrez ce que vous savez faire à papa ! continua le coach.
Il siffla et lança la balle dans la crosse du numéro 18 qui n'était autre que Blake. Il s'élança. Je m'apprêtais à lui barrer le chemin, quand Scott passa devant moi à toute allure pour aller percuter Blake. Je grimaçai. Il l'aida à se relever en… le reniflant ? Je compris soudain ce qu'il faisait. Il sentait les membres de l'équipe pour trouver le loup-garou.
-McCall Nul ! fit le coach
Alors, pour information, quand Scott a commencé à jouer à la crosse –un an après moi-, le coach avait commencé à m'appeler « McCall Bon » et Scott « McCall Nul ». Et même depuis que mon frère était devenu doué à la crosse, il avait continué à nous appelé comme ça, ce qui –je l'admets- flattait mon égo. Blake m'interrogea du regard. J'haussai les épaules et il se remit à la fin de la file.
-Un gardien de but en général, ça reste dans la zone des cages qu'il est censé défendre !
-Ouais coach, répondit-il.
Même numéro avec Matt -le suivant- que Scott fit carrément passé par-dessus son épaule.
-McCall Nul ! gronda le coach. On appelle ce poste « gardien de but », pas « déserteur de but » !
-Désolé coach.
Il siffla et le même manège recommença. Cette fois, je m'écartais même pour laisser passer le loup-garou. Le coach se rapprocha de moi et m'attrapa par le casque.
-McCall Bon, c'est quoi le problème de ton frère, exactement ?
-Je me le demande depuis 16 longues années, coach, soupirai-je.
L'intéressé passa à coté de nous en me lançant un regard noir.
Ai-je vraiment besoin de dire ce qu'il a fait une fois que le coach à siffler ? Nan, je pense que vous avez compris.
-McCall Nul ! hurla-t-il au comble de l'énervement. Amuse-toi à quitter tes buts encore une seule fois et tu me feras des tours de terrain à en crever. Je te prouverai qu'au-delà d'une simple expression, on peut réellement mourir de fatigue.
Bonne chance avec un loup-garou, songeai-je.
-T'as compris ?
-Oui, coach.
-Tant mieux.
-Coach, mon épaule me fait mal, je préfère passer mon tour, dit Jackson qui passait juste après.
Il partit s'asseoir dans les gradins le regard rivé sur Scott. Dommage, j'aurais bien aimé que mon petit frère lui mette une raclée. Jackson ne m'avait rien fait, mais sans vraiment savoir pourquoi, je haïssais ce mec.
Scott se rua à nouveau sur le suivant –surprenant !- et ils voltigèrent un instant avant de s'écraser à terre, face à face. Ils se considérèrent une longue seconde et je compris que le numéro 15 –dont j'ignorai l'identité- était notre loup-garou.
Je me figeai en entendant des grésillements. Je tournai la tête et vis…Oh, manquait plus que ça… Le shérif ainsi que deux acolytes se dirigeaient vers nous.
-Son père a été retrouvé mort, dit Scott. Assassiné, d'après eux.
Je vis le père de Stiles faire signe à Isaac –je venais d'apprendre son prénom- de les suivre.
-Est-ce qu'ils le considèrent comme suspect ? demanda Stiles.
-Je sais pas trop. Pourquoi ?
-Parce qu'ils ont le droit de le mettre en cellule pendant 24h.
-Quoi ? Pendant la nuit ? s'enquit Scott, alarmé.
-Ouais, pendant la pleine lune.
Ah…Ca, c'était pas bon.
-Elles sont solides les cellules de leur poste ? fit Scott.
-Assez pour des gens. Pour des loups-garous, bizarrement, là j'ai des doutes…
-Je vous ai dit que moi je ressentais plus le besoin de massacrer des gens ?
-Ouais, répondîmes-nous de concert.
-Lui, si.
Savannah
-Commencer les cours un jour de pleine lune, tu crois que c'est un signe ? fis-je tandis que nous sortions du bureau de Gérard.
Hunter haussa un sourcil.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Je veux dire qu'on chasse nettement mieux les nuits de pleine lune. Donc, serait-ce un signe pour nous dire que ce semestre sera productif ?
Il comprit et un sourire étira ses lèvres.
-Ouais, je suis certain qu'il le sera.
-Il y a intérêt qu'il le soit, ajouta Gérard en sortant de son bureau me faisant sursauter.
Mon jumeau roula des yeux face à ma réaction. Notre grand-père nous donna nos horaires et nous confia à la secrétaire pour qu'elle nous montre nos classes. Comme la classe d'Hunter était plus proche que la mienne, il fût le premier à découvrir sa classe. La secrétaire me fit signe de la suivre. Je m'exécutai et jetai enfin un coup d'œil à mon horaire : 1h de physique, 1h littérature, 1h d'algèbre, déjeuner, 1h d'économie, 2h de biologie. Génial. J'avais connu mieux coté horaire… Au moins, comme nous étions presque en deuxième heure, j'échappai au cours de physique. La secrétaire s'arrêta devant une classe et me dit d'attendre la sonnerie annonçant la fin de l'heure.
Je m'adossai au mur en croisant les bras et les chevilles. La sonnerie ne tarda pas à arriver et des élèves –visiblement des premières- sortirent du local en question. Ils me dévisagèrent tous un instant, mais je les ignorai. Quand ils furent sortis, je rentrai dans la classe. La prof qui avait l'air assez sympa leva la tête vers moi. Elle me dévisagea un instant. Je crus voir une lueur d'inquiétude traverser ses yeux si bien que je dus me retenir de pouffer. Encore un prof qui ma prenait pour une fauteuse de trouble. Bon d'accord, le look gothique-punk n'aidait peut-être pas, mais j'avais tendance à ne pas foutre le bordel en cours (sauf si je détestai vraiment le prof…), même plutôt à me faire oublier, en fait. Contrairement à Hunter pour qui la popularité était essentielle, être l'asociale bizarre de service ne me posait aucun problème.
-Bonjour. Vous êtes la nouvelle, c'est ça ?
J'hochai la tête. Elle m'apprit qu'elle s'appelait Madame Fell et qu'elle était professeur de littérature (sans blague…). Elle me dit qu'actuellement ils travaillaient sur Les Hauts de Hurle-Vent. Je souris. Un livre sur la vengeance, parfait pour moi. Je m'assis à la quatrième place près de la fenêtre. Pas trop devant pour ne pas faire intello, mais pas trop derrière non plus, histoire de voir et d'entendre quelque chose quand même. Je sortis mon bloc de feuilles et mon stylo. En fermant mon sac, ma main effleura mon pendentif. Je fermais les yeux un instant. Finalement je n'allais peut-être avoir aucun mal à être asociale. Et Hunter allaient avoir toutes les peines du monde à devenir populaire. Pourquoi pensais-je ça ? C'est simple : Allison était déjà dans une mauvaise position car sa tante « tuait des gens », alors quand c'est votre mère…
Les élèves commencèrent à affluer et un garçon vint se poster à coté de moi. Je le détaillai du regard : assez grand (1 mètre 85 environ), des yeux noisette, des cheveux blond cendré et un sourire éblouissant.
Mais j'en avais déjà vu d'autre.
Gabriel
Je rentrai en classe de littérature à la suite de Donovan. Je soupirai. Ce n'est pas que je n'aimais pas ce cours…juste que je n'aimais pas la littérature. Au moins la prof était sympa, ça aidait. Donovan se dirigea vers sa place, avant de se figer. Il fit un signe de tête vers ma place habituelle. Je regardai par-dessus son épaule et me figeai à mon tour.
La fille que j'avais aperçue hier à l'enterrement était assise là.
Je fis signe à Donovan d'aller s'asseoir que je réglais ça, mais au fond je flippais carrément. Par chance elle serait comme Allison et ça irait, mais si elle était comme Kate ou même comme Victoria…
Je pris mon courage à deux mains et me dirigeai vers elle, tout en prenant le temps de la détailler : cheveux ailes-de-corbeau agrémenté d'une ribambelle de mèches bleu électrique, le teint aussi clair qu'Allison, des pommettes hautes… Je m'arrêtai devant elle. Elle leva la tête et tourna vers moi des yeux bleus et froids comme la glace cerclés d'un épais trait noir. Yeux qui me gelèrent sur place (c'est le cas de le dire…). Ces yeux… non, ce n'est pas possible, ce n'est quand même pas… Je secouais la tête pour m'éclaircir les idées.
-Salut, t'es nouvelle c'est ça ?
Elle ne répondit pas.
-Je voudrais pas t'offusquer, mais là, t'es assise à ma place. Tu peux te décaler ?
Elle me considéra un instant, sourcils haussés, l'air moqueur. Je commençai à me dire qu'elle n'allait pas répondre, quand elle finit par le faire de la voix la plus doucereuse et moqueuse que j'eus jamais entendu.
-Demandé avec tant de politesse, je suis dans l'obligation d'envoyer se faire foutre le mec qui a perdu ses couilles et qui préfère demander à la nouvelle de bouger plutôt que d'aller s'asseoir à l'avant de la classe.
Je la dévisageai un instant, interdit. Un sourire arrogant des plus glacials étira les lèvres de la fille qui détourna le regard vers la fenêtre.
Coucou les gens,
Je tiens à préciser que je pense que beaucoup de chapitres (comprennez par là : épisodes) seront divisés en deux parties, car même si j'adore écrire en points de vue alternatifs, c'est assez long... Vous êtes prévenus.
Sinon vous en avez pensé quoi ? A votre avis qu'elle est l'histoire avec les yeux de Savannah ? Qui préférez-vous pour l'instant ? Savannah ou Gabriel ?
Bizz,
A la prochaine
