NA : Voici le chapitre 2 de Renegades ! J'aimerai remercier ceux qui ont lu mon histoire, et les trois personnes qui m'ont laissée des reviews :) (Je ne sais plus si j'ai répondu ou non ... je perds la tête youhou), et j'espère que ce deuxième chapitre ne va pas vous décevoir aha. J'ai encore un peu de mal avec le site, donc si la mise en page est moche, je m'en excuse d'avance !

En passant, le personnage d'Adam n'est pas une sorte de Adam Milligan mais en mode quarantenaire. J'ai pris ce nom parce que je l'adore, sans penser un seul instant au Adam de Supernatural ... Bon, c'est pas comme si les Winchester pensaient beaucoup à lui, d'ailleurs !

Ensuite, désolée pour le temps entre les deux publications ... Mais je travaille la plupart du temps l'après-midi jusqu'au soir, et quand je rentre chez moi il est facile 21h, alors j'ai pas vraiment le temps d'écrire, surtout que je suis crevée, mais je vais essayer de faire mieux !

Voilà, je vous laisse avec nos comparses, dans l'Etat de l'étoile solitaire !

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Musique : Send Me an Angel - Scorpions

Here I am

Will you send me an angel ?

Here I am

In the land of the morning star

Chapitre II : Here this voice from deep Inside

Castiel se réveilla subitement, alarmé. Sa couchette venait subitement de s'affaisser, et il pouvait sentir un corps contre le sien. Ses yeux n'avaient pu s'habituer à la pénombre de la chambre, et le jeune homme se prépara à hurler quand une main se plaqua contre sa bouche. Il se débattit un instant, tentant de désarçonner l'homme qui appuyait maintenant de tout son poids contre lui.

Castiel était finement musclé, et n'était pas particulièrement grand. Hors, son assaillant semblait bien plus fort que lui, et ses chances de se défaire de son emprise étaient minces. Il décida donc de s'en remettre à une forme de combat plus sauvage : il mordit.

La personne au-dessus de lui étouffa un juron et le jeune homme profita de sa surprise pour le repousser au bout de la couche. Sans plus chercher à réfléchir, il se traîna à quatre pattes jusqu'à l'échelle.

« - Putain mais rattrape-le ! Gronda une voix. »

Castiel se sentit troublé par cette voix. Il la connaissait. Et son instant d'hésitation permit à son attaquant de reprendre l'avantage. L'adolescent se sentit attrapé par la cheville, alors qu'il abordait sa descente. Un petit cri de frayeur s'échappa de sa gorge, et, alors que le haut de son corps basculait dans le vide, la lampe de chevet de son colocataire l'aveugla un instant. Le visage de Dean, complètement livide, lui apparut. Et Castiel aurait pu profiter de la lumière revenue pour se retourner contre son adversaire, mais ce dernier lâcha soudainement l'emprise qu'il avait sur son pied, le laissant chuter lourdement au sol. Le jeune brun sentit la vibration causée par le choc se propager dans ton son corps, et il étouffa un gémissement de douleur.

« - Castiel ! S'écria Dean en se laissant tomber à genoux à côté de lui, une main sur son épaule. »

La seconde suivante, Castiel était plongé dans le noir total.

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Des secousses. Encore et toujours des secousses. Castiel avait l'impression de tanguer sans cesse. Et le froid sur sa peau était réellement désagréable. Ce rêve n'était pas plaisant. Castiel détestait la mer, et voilà qu'il se retrouvait à tanguer sur un bateau, dans le noir le plus complet.

Mais ça n'était pas un rêve.

Son esprit sembla peu à peu s'éveiller, et la douleur de son corps avec. Il n'était pas sur un bateau. Il venait tout juste de se faire agresser dans sa toute nouvelle chambre, et sous les yeux de son nouveau camarade. Et maintenant, il tanguait, certes, mais parce qu'il était visiblement sur un cheval.

Castiel ne savait pas s'il aurait préféré un bateau à un cheval, mais toujours était-il que la sensation était étrange. Déjà parce qu'il ne voyait rien. Ses agresseurs avaient eu la bonne idée de lui enfoncer un sac sur la tête, le rendant complètement aveugle et l'empêchant même de respirer correctement.

Ensuite parce que l'air froid contrastait avec la chaleur qui émanait de l'animal, et qu'il ne savait plus trop bien s'il était frigorifié ou réchauffé. Et puis, il y avait le fait

qu'il était bloqué entre des bras inconnus, ce qui aurait pu être romantique ou excitant s'il ne ressemblait pas à une amazone capturée et amenée en offrande au chef. Au moins avaient-ils eu la décence de la mettre à califourchon sur l'équidé, et non pas couché en travers de l'encolure.

« - C'est bon les gars, on s'arrête là. »

La voix venait de sa gauche. La prise autours de lui se raffermit un instant. Castiel priait pour que ses ravisseurs n'aient pas remarqué qu'il était réveillé. Une fois à terre, il profiterait de la moindre occasion pour s'enfuir. Même s'il n'avait réellement aucune idée de l'endroit où il se trouvait. Et que ses mains étaient maintenues entre elles par ce qu'il pensait être comme du scotch.

Il était perdu dans ses pensées concernant sa futur évasion, quand son monde bascula subitement. Effrayé, l'adolescent laissa échapper un petit cri, et vint se maudire immédiatement. Faire le mort pour passer inaperçu était maintenant impossible.

« - Ah, la belle aux bois dormants s'est réveillée ! »

Cette fois-ci, c'était sûr, il connaissait cette voix. Et il était certain qu'il s'agissait de celle de Lucifer. En même temps, quelle personne normalement constituée déciderait de se renommer Lucifer ? Lui s'appelait Castiel, mais ce nom idiot n'était définitivement pas son choix.

On lui enleva le sac sur sa tête. Castiel observa autour de lui, complètement paniqué. Mais sa situation n'avait finalement rien de dramatique … Il était à genou dans le sable, toujours vêtu de ses vêtements de ville qu'il n'avait pas eu le temps d'enlever avant de s'endormir. Il faisait nuit, mais la lune et le ciel complètement dégagé lui permettait de voir son environnement et le visage de ses ravisseurs. Il croisa le regard espiègle de Gabriel, celui moqueur de Lucifer, amusé de Michaël, railleur de Raphaël et narquois de Kevin. Puis il tomba dans les orbes émeraudes de Dean, qui brillaient d'une excitation non contenue. Il ressemblait fortement à un gosse le soir de Noël.

« - Bienvenu chez toi, Castiel, déclara solennellement Michaël en ouvrant les bras. »

Kevin lui tendit une main amicale, l'aidant à se remettre sur pied, et les jeunes hommes l'observèrent tourner sur lui-même, ébahi. Ils étaient dans les fin fonds d'une plaine. Une barrière se tenait à une vingtaine de mètres. Visiblement, ils étaient hors du périmètre de la ferme, qui n'était même plus visible. Derrière lui se trouvait une vieille cabane en bois, et enfin, quelques mètres plus loin, la forêt.

« - C'est notre chez nous, lui apprit Kevin. Bobby et les autres savent pas qu'on a retapé cette vieille baraque, du coup on vient souvent s'y réfugier. Tu viens ? »

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Castiel trouvait cet endroit génial, et bien loin de tout ce qu'il avait connu. Les autres garçons étaient sympathiques, et ne collait pas du tout à l'image qu'il s'était faite de jeunes à problème. La maison n'avait pas d'électricité, mais ils avaient installé des lampes à pétrole un peu partout.

« Alors Castiel, parle-nous de toi, tu viens d'où ? Demanda Raphaël en lui tendant une bière.

- Eh bien de … De Manhattan.

- Manhattan ? Je vois … s'amusa Gabriel avec un regard entendu.

- Et vu la voiture, tes parents n'étaient pas plombiers, je présume ? »

Castiel se sentit soudainement mal à l'aise, et s'enfonça dans le canapé. Il n'aimait pas sortir du lot. Se fondre dans la masse avait selon lui quelque chose de rassurant. Après tout, ne pas se faire remarquer permettait d'éviter les critiques et jugements. Ici, son argent détonnait clairement.

« - Mon père est chef de direction et ma mère avocate … répondit-il, gêné. »

Un sifflement faussement admiratif se fit entendre.

« - Les gars, foutez-lui la paix … grogna Dean en secouant la tête. C'est quand même pas sa faute si ses parents ont réussi ... »

Castiel ne put réprimer une grimace. La vie professionnelle de ses parents étaient bien leur seule réussite. Et à en juger par sa présence dans le centre, leur dernier fils devait être leur pire échec.

Le jeune homme se sentit soudainement très las. Il avait feint l'excitation d'un nouveau départ loin de chez lui pour agacer ses parents, et leur prouver que l'envoyer ici n'était pas plus une punition qu'une délivrance. Mais maintenant, il commençait à prendre conscience de la signification de toute cette histoire. Qu'allait il se passer ensuite ? Il avait beau haïr ses parents, ils lui permettaient d'avoir de l'argent, un toit sous lequel dormir, lui assuraient des études … Et surtout ils étaient sa famille.

Quelques mois plus tôt, Castiel était un membre de la famille Novak dont l'avenir tout tracé se révélait déjà brillant. Aujourd'hui, il était simplement seul.

XXX

Quand ils étaient rentrés, la nuit était encore bien installée. Les jeunes cow-boys avaient éteint leurs lampes, se fiant à la lune et à l'instinct de leur monture. Castiel enviait leur allure et leur confiance. Le froid mordait ses joues. La chaleur qui émanait de l'animal était maintenant réconfortante. Le chemin pour rentrer au ranch était simple, il suffisait de longer les prés, et cette longue route, toute droite et plane, entourée par ses grands espaces, était d'une simplicité que Castiel se surprit à apprécier. Tout était tellement différent. L'argent, les repas de famille interminables, la ville bruyante et surpeuplée, tout cela avait laissé place à la simplicité, la terre, les bêtes, et une bande d'illustres inconnus que Castiel allait peu à peu découvrir.

Trop souvent, il oubliait ce qu'était cette sensation. Celle de rencontrer des personnes, de passer quelques heures avec eux, et d'avoir la certitude que le temps pourrait en faire de parfaits compagnons de route. Malheureusement, ce temps précieux n'était pas toujours permis. Mais aujourd'hui, il savait que son séjour ici n'allait pas prendre fin immédiatement, et qu'il pourrait découvrir ses nouveaux amis.

Cette pensée réconfortante arrivait presque à chasser la solitude et le sentiment d'abandon qui s'étaient nichés dans un coin de son cerveau.

Et puis, il y avait aussi certainement le fait qu'il était en croupe sur le cheval de Dean, confortablement serré contre son dos, les bras enserrant sa taille. Ce dernier point arrivait véritablement à chasser toutes mauvaises pensées.

XXX

Castiel poussa un long gémissement d'agonie. Il était tout juste sept heures, et tous les points étaient réunis pour ruiner son sommeil : le coq qui s'égosillait un peu plus loin, le soleil qui inondait littéralement la chambre et un doigt taquin qui ne cessait de tapoter sa joue. Le jeune homme avait beau le chasser d'un revers de la main, ce dernier revenait toujours à l'attaque.

« - Fous moi la paix, Dean … Ronchonna-t-il en tournant le dos à son assaillant.

- Dean ? Ah non, désolé mec, c'est pas Dean … Enfin, si tu veux mon avis, c'est encore mieux ! »

Castiel grogna longuement en reconnaissant la voix de Michaël, et ne bougea plus, espérant que l'autre se lasse et ne décide de partir. Et il pensait avoir réussi son coup, quand un liquide froid lui atterri en plein visage.

« - Putain !

- Salut Cassie ! Lança sournoisement Gabriel, une bouteille vide à la main. C'est l'heure du petit déjeuner, et on essaye de te réveiller depuis dix minutes. »

Les deux amis s'apprêtaient à faire demi-tour, Castiel sur les talons, quand Bobby se plaça devant l'entrée de la chambre, l'air bourru :

« - C'est quoi ce raffut ?! Castiel, quand c'est l'heure de descendre prendre son déjeuner, c'est l'heure ! Tu as déjà loupé le repas de hier soir, mais ne crois pas que je suis la cuisinière dans cette maison et que je vais te préparer tes plats à la carte ! On n'est pas un foutu restaurant ! Gabriel, Michaël, sortez d'ici, c'est pas votre chambre nom de dieu ! »

L'homme s'éloigna, une spatule à la main, bougonnant dans sa barbe. Castiel n'était pas sûr d'avoir tout entendu, mais il lui sembla qu'il lança un « idjits » avant de descendre les escaliers.

« -Ne t'inquiètes pas, fit Michaël sur le ton de la confidence. Il râle, mais il le pense pas. On sait tous qu'il adore nous cuisiner des bons petits plats …

- Michaël ! Tonna Bobby au rez de chaussé. »

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Castiel avait pris une petite heure pour son petit-déjeuner, et pour une douche bien méritée. Son corps était encore fatigué de leur escapade nocturne de la veille, et c'était aujourd'hui son premier jour à proprement parler.

Il sortit dans la cour, et observa autours de lui. Malgré l'heure matinale, il y régnait une joyeuse cacophonie. Les deux chiens de la maison vinrent se presser dans ses jambes en secouant la queue, et se mirent à léchouiller ses mains dès que l'adolescent les leur présenta.

« - Lucky ! Riot ! »

Le berger allemand et le berger australien abandonnèrent Castiel pour rejoindre Dean, qui les fustigea d'un geste de la main.

« - Tu n'aimes pas les chiens ? S'enquit le jeune brun en voyant son ami secouer la tête.

- J'aime pas quand ils me sautent dessus. Ces chiens sont des catastrophes ambulantes, s'amusa Dean en plissant les yeux. Tu viens ? On va donner le foin dans les prés.

- Ils se contentent pas de l'herbe ?

- En ce moment, l'herbe est un peu cramée … On doit compléter. »

Dean se mit en route, sans plus se soucier si son nouvel ami le suivait.

« - Hier soir … Le faux kidnapping et la maison … C'est une sorte de bizutage ?

- Yep, répondit Dean en ouvrant la porte de la grange. On fait ça depuis des années. T'aurai dû voir Gab' … Il a hurlé comme une fillette tout le long du trajet !

- T'es ici depuis longtemps ?

- Depuis mes onze ans. »

Castiel se figea, et pencha la tête sur le côté, profondément étonné. Cela faisait donc cinq ans qu'il était ici. C'était étrange. Ce genre d'instituts n'étaient pas pour autant une maison de correction, ni de redressement. On aidait des jeunes, envoyés par leurs parents qui étaient eux-même le plus souvent guidés par les tribunaux, à se racheter une conduite après un délit mineur. Les délais étaient rarement dépassés. D'autres adolescents pouvaient rentrer à tout moment, et on ne pouvait se permettre de garder les pensionnaires durant six ans sans un motif valable.

Dean était jeune quand il était entré, très jeune même. Se pouvait-il que son comportement soit assez déplorable pour qu'il se retrouve coincé ici ? De ce qu'il avait compris, le jeune homme sortait assez souvent, même sans autorisation. Ça n'était pas assez alarmant pour l'empêcher de revenir chez lui. Mais avait-il seulement un chez lui ? Quelqu'un pour le réclamer ?

« - Qu'est-ce que tu fous ? »

Castiel se rendit compte qu'il n'avait pas bougé, profondément perdu dans ses pensées. Dean l'observait, juché sur le tracteur.

« - Et en six ans, tu n'as jamais cherché à partir ? Questionna Castiel, dubitatif.

- Pour aller où ? Répondit Dean, amer. »

Son visage s'était durci, et son sourire avait disparu. Il se pencha pour allumer le moteur, et tendit la main à Castiel pour l'aider à monter à ses côtés. Une fois installé, de manière précaire, il dû tendre l'oreille pour entendre ce que le jeune blond marmonna, couvrant à peine le ronron de la mécanique :

« - Et surtout, pour retrouver qui ... »

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"Le temps est le seul remède aux maux qui nous agitent. Avec lui, tout finira par trouver son sens." - Kiera Cass