Chapitre 2
Selena Judith Jones était assise dans un compartiment du train qui allait la mener jusqu'à son école. Elle attendait que ses amies la rejoignent. Son regard vert les observait sur le quai alors qu'elles embrassaient leur famille.
La jeune femme les enviait. Ses parents n'étaient pas là. En effet, son père était toujours parti au front. Et sa mère, qui l'avait emmenée, n'avait pas pu pas rester longtemps avec elle. Son petit frère était malade. Comme ce dernier et elle avaient rendez-vous chez le médecin, ils avaient dû partir rapidement de la gare. Alors Léna s'était retrouvée seule devant le train.
La guerre faisait des dégâts considérables. Il pouvait s'agir de dégâts matériaux, humains, etc. Ceux-ci touchaient directement ou indirectement les populations concernées. Les villes étaient en ruines et ne pouvaient fournir aux habitants des vivres ou encore un toit. Parfois l'on voyait plusieurs familles s'entasser dans une maison qui avait moins subi de dommages que les autres. Des enfants erraient dans les rues à la recherche de leurs parents qu'ils ne retrouveront jamais ou dans les décombres des bâtiments écroulés. Toutes cette misère avaient engendré des maladies et d'autres problèmes comme des déshydratations, la tuberculose et bien d'autres. Ceux qui pouvaient encore se le permettre envahissaient les cabinets médicaux et hôpitaux déjà bien occupés par les blessés revenus du front.
La jeune femme remit une mèche de ses cheveux châtains derrière son oreille. Elle tourna ses yeux vers sa valise dans les filets en face d'elle. Puis ses yeux tombèrent sur l'étiquette sur laquelle figurait son nom. Selena. Personne ne l'appelait ainsi. Tout le monde préférait son surnom, Léna. Même les personnes qu'elle ne connaissait pas beaucoup. L'orphelinat lui avait choisi un joli nom. Son deuxième prénom lui venait de la jeune employée qui l'avait élevée. Celui-là aussi elle l'aimait bien. En revanche, Léna trouvait que son nom de famille restait trop commun. Mais elle pouvait bien s'y accommoder puisque cela faisait maintenant seize années que la jeune femme le portait.
Un groupe de garçons de cinquième année sur le quai la regardait. Surprise, elle leur sourit. Ils détournèrent la tête, rouge de honte. Léna avait toujours eut du succès avec le sexe opposé ce qui lui valait souvent des crises de jalousie de son petit ami.
En voyant passer un première année complètement perdu, Léna repensa au jour où, elle-même, avait fait sa rentrée.
Elle avait dû passer toute seule la barrière magique puisque ses parents avaient cru qu'ils ne pouvaient pas la suivre. La magie les rendaient perplexe et un peu méfiant.
La fillette avait admiré le train pendant quelques minutes, le temps de se faire bousculer par bon nombre de familles qui voulaient rejoindre la foule qui s'amassait devant Léna. Cette dernière était entrée dans le train sans demander son reste. Elle avait put choisir le compartiment qu'elle voulait puisqu'ils étaient pratiquement tous vides. Puis elle s'était installée dans l'un d'eux.
Son bagage dans le filet au-dessus de sa tête, Léna s'était assise et avait observait la foule dehors avec appréhension.
Le flot d'élèves avait fini par quitter leur famille après un dernier câlin et la promesse de s'écrire régulièrement et était monté dans le train. Il avait rapidement rempli les compartiments alentour. Puis alors que la fille de onze ans s'inquiétait de voir que personne ne venait encore dans son compartiment, quelqu'un avait ouvert la porte timidement et avait demandé à s'asseoir avec elle. Celle-ci s'appelait Liz. Ensuite deux autres personnes étaient venues un peu plus tard. Des faux jumeaux se nommant David et Chloé. Puis une autre encore. Carla.
Ils avaient fait connaissance pendant le trajet. Tous entraient en première année. Les faux jumeaux, tout les deux roux, venaient du fin fond de la campagne. Carla était une grande brune qui souhaitait ardemment intégrer la maison des Serpentard. Elle venait d'une famille de sorciers au sang-pur très stricts par rapport aux règles du nouveau monde dans lequel allait découvrir Léna. Liz, une petite blonde toute timide, avait bégayé qu'elle avait une mère moldue et un père sorcier. Toutes deux, vivaient à Londres.
Léna s'était méfiée de Carla et de ses idées alors elle était restée vague sur ses origines. En fait, elle ne savait pas vraiment si ses parents biologiques appartenaient au monde sorcier. Mais elle s'en fichait pas mal à ce moment là. La jeune fille ne savait pas non plus s'ils étaient morts ou vivants.
Au bout d'un moment, le seul garçon du compartiment s'était retourné vers Léna et l'avait fait rire en lui affichant un air blasé à cause du monologue sans fin de la brune sur les valeurs des VRAIS sorciers, d'après elle. La jumelle, Chloé, les avait rejoints joyeusement lorsqu'elle avait compris leur manège.
A midi, Léna fut impressionnée d'abord par l'abondance des sucreries qu'une femme vendait puis par l'étrangeté de ceux-ci. Elle en avait acheté avec l'argent qu'elle avait fait changer de Livre Sterling en Gaillons avec ses parents, pour rassasier sa faim.
À l'arrivée, Léna avait ressentit une boule dans son ventre, signe qu'elle angoissait. La brune avait tellement parlé que la fillette avait appris beaucoup de chose sur Poudlard. Notamment les noms des maisons et les « types » de personnes qui correspondaient à chacune des maisons. Les Serpentard étaient malins et d'après elle, de 'vrais requins'. Les Poufsouffle rassemblaient les loyaux, les travailleurs et les élèves patients. Léna avait pensé se trouver dans cette maison puisque cela lui correspondait (enfin un peu). Mais Carla avait beaucoup dénigré les élèves qui appartenaient à celle-ci. Allez savoir pourquoi… Les Gryffondor, maison haït par Carla (pire que les Poufsouffle), comptaient les élèves les plus forts et les plus courageux. Ces derniers points avaient été ajoutés par David qui avait vu l'air perplexe de la petite fille. Puis il y avait les Serdaigle. Ceux-ci étaient appréciés par toutes les maisons confondues. Ils n'étaient pas du genre à faire des histoires pour rien et leur passion pour la connaissance les réunissait. C'était les plus érudits. Léna s'était vue dans deux maisons : Poufsouffle et Serdaigle.
Lors de leur arrivée, l'homme qui lui avait rendu visite, les avait fait traverser un lac d'où l'on pouvait voir un magnifique château illuminé par mille et une lumières. Il s'appelait Albus Dumbledore. Ils les avaient menés ensuite dans une salle dans laquelle se trouvait cinq tables. Les quatre verticales appartenaient aux différentes maisons et la seule horizontale, qui faisaient face aux autres tables, étaient celles des professeurs. Les étudiants les avaient tous regardés, curieux.
L'homme à la barbe grisonnante avait fait l'appel et chacun avait dû s'asseoir sur un tabouret pour être repartit à l'aide du Choixpeau magique. Lorsque ce fut son tour, Léna avait sentit tout les regards sur elle. C'était en tremblant de tous ses membres, qu'elle s'était assise sur le bois. Une voix avait murmuré près de son oreille. Elle avait sursauté.
- « Tiens, donc ? Disait-elle. Tu sembles indécise. Poufsouffle ou Serdaigle ? Mais pourquoi pas Serpentard ou Gryffondor.
- Elles ne me correspondent pas, souffla la petite fille, intimidée.
- Ah bon ? Pourtant, les quatre maisons pourraient t'accueillir. Tu possèdes les qualités et les défauts de chacune d'elles »
Le chapeau avait marqué une pause. Les élèves échangeaient des regards étonnés par la longueur de la prise de décision. Léna avait baissé les yeux sur ses chaussures en attendant la sentence tomber.
- « Et que dirais-tu de Serdaigle ? Demanda-t-il après un long moment. Je pense qu'elle t'apporterai beaucoup »
La fillette n'avait pas eu le temps de répondre.
- « SERDAIGLE ! » avait hurlé la voix.
Le professeur avait enlevé le Choixpeau de sa tête alors qu'elle avait rejoins les siens sous une salve d'applaudissements de leur part.
Soudain, les portes du compartiment s'ouvrirent en laissant entrer ses amies, ce qui mit fin à ses rêveries.
Chloé s'assit à la droite de la jeune fille tout en la saluant. Quand à son frère jumeau, il se laissa tomber sur la banquette face à Léna. Il lui fit un grand sourire, visiblement heureux de la revoir. Carla, la Serpentard jusqu'au bout des ongles était à gauche de David. Elle racontait à Liz toute intimidée en face d'elle, ses vacances dans sa maison (ou plutôt dans son palace). En fait, elle étalait sa riche vie à qui voulait l'entendre. Ses amis en avaient assez et lui demandaient souvent de se taire, sauf Liz qui n'osait pas.
Carla était odieuse et capricieuse. Mais malgré cela, elle avait réussi à se faire apprécier par le groupe. Elle avait de bonnes qualités au fond. Son éducation l'avait en quelque sorte pervertie. Elle l'avait détournée du bon en elle. Ses parents voulaient qu'elle se mari avec un bon parti tout comme sa petite sœur. Déçu d'avoir donné naissance à deux filles alors qu'ils souhaitaient un garçon pour reprendre l'affaire familial, ils se mirent en tête de les marier dès leur sortie de Poudlard.
Mais quelques années plus tard, ils eurent un fils. Son éducation fut différente bien sûr. Elle était moins stricte. Cet enfant avait ce qu'il voulait et cela l'avait conduit à se montrer arrogant et extrêmement égoïste. Pendant ce temps, Carla et sa sœur avait continué à recevoir un enseignement drastique. Elles avaient un an d'écart mais on aurait dit des jumelles en raison de leur comportement de fille parfaite.
- « Léna ! » appela David.
C'était son petit ami depuis maintenant deux ans. La jeune fille était amoureuse de lui depuis pratiquement cinq ans, c'est-à-dire, depuis sa deuxième année. Lors de celle-ci, ils s'étaient beaucoup rapprochés. En fait, Léna était très inquiète pour sa famille restée à Londres où la guerre faisait rage. Elle n'était pas protégée par un quelconque sort contrairement aux familles sorcières. Lorsque son père avait été envoyé au front, elle était complètement effondrée. Et David avait été le premier à voir sa détresse.
Léna avait eu peur que Chloé soit jalouse mais elle se montra heureuse pour eux et les laissa tranquille. Et Liz et Carla les avaient félicités comme toutes bonnes amies qu'elles étaient.
La jeune fille finit par lui sourit en guise de réponse. Les yeux du garçon se mirent à pétiller ce qui fit battre son cœur encore plus vite. Le jeune homme tendit la main et incita Léna à s'asseoir à côté de lui. Carla prit sa place en échange, non sans rouspéter.
La jeune fille se lova contre son petit ami et ferma les yeux. Leurs mains s'entrelacèrent et ils restèrent comme ça tout le long du voyage.
Arrivés au château, ils durent se séparer à contrecœur, pour s'asseoir chacun à leur table. Carla et David allèrent à la table des Serpentard et Chloé, Liz et Léna rejoignirent celle des Serdaigle.
Après la répartition des premières années et le discours du directeur, tout le monde put enfin manger. Les conversations allaient bon train puisque les élèves racontaient leurs vacances. Chloé, Liz et Léna faisaient de même. Les deux premières étaient parties avec leur sorcière de famille dans un pays étranger. Liz était allée en Chine pour Liz et Chloé au Mexique. Léna, elle, était restée chez elle pour aider sa mère. Comme son père n'était pas là, ils ne sortaient pratiquement plus. Depuis son départ, sa mère avait perdu toute sa gaieté d'antan. C'était vraiment difficile pour Léna et son frère de vivre avec sa tristesse continuelle. La jeune fille devait parfois prendre 'sa place' et gérer la maison. Cependant, elle n'en parlait jamais à ses amies. Non pas par honte, c'était seulement trop douloureux.
Le repas terminé, les préfets menèrent les premières années aux dortoirs. Ainsi, Liz et David chacun en tête d'un petit groupe sortirent de la salle. Avant de partir, le jeune homme lança un regard amoureux à Léna.
Une fille à côté de Léna lui sourit.
- « Tu as de la chance que ton petit ami t'aime autant »
Pour seule réponse, la jeune fille rougie jusqu'aux oreilles ce qui la fit rire.
- « Alors tu as passé de bonnes vacances ? Reprit la Serdaigle en face d'elle.
- Pas trop mal et toi ?
- Pareil. À part que ma mère nous a fait toute une montagne pour qu'on déménage le temps que la guerre s'arrête. Elle n'est vraiment pas possible ! Mais au bout du compte, elle a gagné et on a du partir dans le nord du pays chez de la famille. Comme si ça changeait quelque chose ! »
Rose Johnson était né dans une famille moldue. Léna et elle s'était rapidement entendu et se comprenaient toujours. Leur situation les rapprochait. La guerre. Fléau terrible.
Elle vivait avec sa mère et ses deux frères. Son père étant au front, ils devaient se débrouiller à survivre sans lui. Triste sort que de nombreuses personnes subissaient dans le monde moldu et un peu dans celui des sorciers.
Rose et Léna n'était pas dans le même dortoir et durent donc se séparer pour aller dormir. La seconde rejoignit ses deux amies qui s'étaient déjà installées.
Liz rangeait ses affaires de toilettes dans la salle-de-bain tandis que Chloé s'acharnait à loger tout ses livres dans sa table de chevet, ce qui ne fut pas chose facile.
Léna s'affala sur son lit pendant que les deux autres filles qui partageaient leur dortoir arrivaient.
Au bout de quelques minutes, la jeune fille décida de défaire un peu sa valise et lorsque cela fut fait, elle se déshabilla et se coucha directement.
