Disclaimer : Les personnages évoqués en-dessous ne m'appartiennent pas, c'est dommage. Je ne fais que m'amuser avec eux.
Béta : Arianrhod (vraiment courageuse de s'être attelée à la correction de toutes les fautes parfois (souvent) énormes que ce texte comportait)
NB : j'avais prévenu pour le sadisme, j'espère ne pas trop vous choquer...
Chapitre 2
Et ça continue encore et encore ...
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En quelques minutes, Jack avait expédié la plupart des dossiers qu'Onisuka voulait examiner avec lui. L'homme de l'Unit savait pertinemment que c'était le dénommé Ianto Jones qui s'occupait de la paperasse de l'Institut et il avait fait l'essentiel de la conversation avec lui.
Jack avait l'étrange sensation de servir de plante verte, un élément de décoration dans son propre bureau, coincé entre deux comptables qui parlaient chiffres, budgétisation, reports à nouveau et autres colonnes de chiffres. Tout cela accentuait sa migraine. A choisir, il aurait préféré être auprès de Tosh qui travaillait sur ses ordinateurs de l'autre coté de la vitre. On aurait pu croire que c'était au Japon tant elle lui semblait loin. Gwen et Owen l'avaient abandonné à son sort, répondant à un appel de la police. Il les enviait de cette liberté face à ses responsabilités.
Enfin, l'alarme de l'activation de la faille le tira hors de cet enfer. Il jaillit tel un diable de sa boite pour atterrir aux pieds de Toshiko. Il posa ses mains sur les épaules de la jeune femme, scrutant attentivement les écrans qui s'illuminaient.
- alors ? Une autre activation, une autre pieuvre ? quelque chose ?
Il luttait pour conserver un ton professionnel alors qu'il se trouvait véritablement pris d'excitation à la pensée de sortir, s'enfuir du Hub et respirer à nouveau l'air frais, débarrassé de ses contingences bureaucratiques.
- non, je ne sais pas ce que c'est… il y a une activation, mais rien qui ressemble à une technologie alien ... non, rien.
- Je vais voir quand même par acquis de conscience.
- Jack, ce n'est pas la peine, Owen et Gwen ne sont pas loin…. Ils y vont arriver avant toi.
Ses mots tombèrent dans le vide, Jack s'était déjà évanoui dans l'air.
Il courait à présent à travers les couloirs du Hub pour rejoindre le garage, prendre une des voitures du hub et gagner au plus vite l'endroit où la faille s'était ouverte. Il démarra sur les chapeaux de roues, conduisant à son allure habituelle, l'adrénaline rugissant dans ses veines.
Il était toujours aussi dangereux au volant. Et arriva ce qui devait arriver, il évita un piéton qui allait traverser en dehors des clous. Un touriste sûrement ! Il coupa brutalement la route à un camion, puis s'encastra à la vitesse de 113 km/h exactement dans le mur d'une ancienne brasserie réputée, dont les murs de briques cascadèrent, s'écroulèrent sur lui, le tuant sur le coup.
Il ressuscita avec un son âpre, puis hoqueta alors que la poussière rouge s'engouffrait dans son gosier mis à mal. Avec un craquement sec, son cou se remit en place. Il sortit avec difficulté de son nid de tôles froissées et s'épousseta tant bien que mal, titubant sur ses jambes. Des gens arrivèrent à son secours, ils s'arrêtèrent net en le voyant ressortir sans le moindre mal. Ils reculèrent, effrayés par cet homme qui venait de survivre à un choc frontal contre un mur. Il monta de la foule un murmure interrogatif quand ils comprirent que ce n'était pas normal.
- autant pour la discrétion ! murmura Jack avant de s'écrier en écartant les bras Tadamm ! Ce tour de magie est sponsorisé par les Bières… Mackenzie… Mackensie, go crazy !
Il salua la foule à droite et à gauche comme au bon vieux temps où il jouait les attractions extraordinaires dans les fêtes foraines.
- Oh de la pub, super original, je t'avais bien dit que ce n'était pas normal ! Un gars qui fout sa voiture dans le mur, c'est pas normal.
- Ouais, mais il roulait drôlement vite ...
- Super bien fait, firent les uns en applaudissant.
- Ouais, pas brillant, continuèrent les autres, on a vu les ficelles, c'était trop énorme.
Une fois la surprise passée, chacun retourna à ses affaires et Jack en profita pour filer, avant que la police n'arrive sur les lieux de l'accident. Il avait l'intention de ne pas expliquer et l'absence de corps dans la voiture et l'absence d'équipe de tournage pour cette publicité factice.
Jack s'élança en courant une fois hors de vue et arriva rapidement sur la placette où les écrans de Toshiko avaient situé l'activation de la faille. Il resta bouche bée devant le spectacle impressionnant qui s'offrait à ses yeux.
Owen et Gwen se battaient avec une araignée de 2 mètres de haut !
- c'est vraiment pas mon jour, murmura-t-il avant de se jeter dans la bataille.
De plus il endurait un mal de crâne carabiné. La gueule de bois sans le plaisir, comme dirait Owen. La résurrection n'était plus ce qu'elle était. Lazare était un fameux menteur en disant qu'il était revenu d'entre les morts sans dommage. Jack sentait que ses cellules protester violemment contre le traitement qu'il leur faisait subir.
Comme s'il en était responsable ! Il repoussa ses pensées de la même manière qu'il repoussa l'attaque de l'arthropode. Une mygale géante avec des poils plus épais que sa main, plus durs que le bois et surtout plus urticants que la barbe de Ianto au réveil.
Stop, se concentrer sur le présent, ou il risquerait de se faire décapiter par les crocs de la bestiole. Non, de l'énormité. Mais qu'avaient donc les animaux à être aussi gros par ici ?
Jack vit l'araignée se précipiter vers Owen. Son cœur se serra alors que l'adrénaline se ruait à nouveau dans ses veines, geyser de feu qui le poussa à l'action. Il sortit son arme et tira.
- pas touche !
Le bruit, plus que la balle de métal qui rebondit sur la carapace de l'arachnide, attira l'attention de la bête qui se jeta sur lui. Elle oublia le médecin qui l'avait échappé belle.
Jack esquiva, minuscule picador face à la bête et glissa sous son ventre, utilisant ses poils comme autant de prises pour se déplacer. L'araignée s'arrêta et tourna dans tous les sens en le cherchant.
- alors ma bébête on veut manger du Jack au petit déj ? Je suis trop coriace pour toi et toi trop grande pour mon appétit.
Il s'était relevé et la bête s'arrêta, elle pointa vers lui un dard énorme d'où suintait un poison qu'il estima violent. Il se garda de s'approcher, esquivant les attaques de l'araignée. Dans ses mouvements désordonnés, il s'était rapproché d'Owen qui tira avec son glock. La bestiole, attirée par la détonation, piqua de l'abdomen vers le médecin, si rapidement, si violemment qu'Owen ne put l'esquiver.
Sans Jack qui se jeta sur la trajectoire, d'un mouvement vif, l'exobiologiste/médecin aurait vu sa vie abrégée de façon abrupte. Jack grimaça alors que le pieu s'enfonçait dans sa chair et exsudait son venin corrosif qui se répandit dans ses veines, vitriolant son organisme. Il se raidit et tomba aux pieds d'Owen qui n'en revenait pas.
- Merde, Jack, ce n'est pas le moment !
- Owen, pousse-toi ! cria Gwen.
Elle portait une arme d'étrange facture avec laquelle elle tira. La créature explosa, répandant ses entrailles à tout va.
oOoOo
- Bravo ma belle, c'est ce que j'appelle de la décoration, railla Owen en ramassant un peu plus tard les morceaux épars, tu tentes l'art primitif ? Ce n'est pas gagné. Mais tu pourrais gagner la palme d'or pour les décors.
Ils avaient installé Jack contre le SUV, attendant qu'il revienne à la vie et jetaient de fréquents coups d'œil vers leur chef. Si la découverte de son pouvoir de résurrection les avait étonnés, elle leur faisait toujours un peu peur. Ce n'était pas normal de revenir à la vie, même si cela avait un côté pratique non dénué d'intérêt, inutile en effet de se trouver un nouveau leader pour assumer la corvée des responsabilités à leur place.
Jack reprit conscience, une fois le poison purgé de son organisme, juste à temps pour admirer le travail réalisé par les membres de son équipe. Il se releva péniblement, vacillant sur ses jambes, au beau milieu d'un champ de bataille. Il sentait une nausée persistante, un reste sans doute du venin de l'araignée gigantesque. Celle-ci avait perdu l'essentiel de son abdomen et sa tête restait en suspension instable sur l'enchevêtrement de ses pattes.
- Ce n'est vraiment pas mon jour, gémit-il en se tenant la tête de douleur, s'approchant du cadavre, quatre résurrections dans la même journée, on va se demander à quoi je vais être bon ce soir. Y' a de quoi perturber l'effet Lazare, croyez-moi. Je ne suis pas aussi maladroit ou malchanceux d'habitude. Il y a vraiment quelque chose d'étrange à cette affaire. Bon, les enfants, on rentre, et surtout roulez doucement, je ne suis pas superstitieux mais en ce moment, je n'ai pas envie d'avoir un énième accident.
- Bah, tu résistes toujours, fit Gwen, en jouant avec une des pattes de la grosse araignée. Ça doit être bizarre quand même de se sentir mourir et se réveiller après. Tu sens quelque chose ? Je veux dire, quand tu meurs.
- Je ressens toujours quelque chose, dit Jack en roulant des yeux, parfois c'est plus douloureux que d'autres, parfois cela dure plus longtemps. Mais fais un peu attention à ce que tu fais, tu vas faire tomber la tête de l'araignée si tu t'y prends comme ça.
Il repoussa Gwen qui le menaçait avec une des pattes de la créature, provoquant l'effondrement de la structure insectoïde.
- attention, Jack, cria Owen derrière lui, mais trop tard. La tête de l'araignée tomba sur la nuque de Jack, un crochet se planta dans son cou et le tua net. Ses jambes s'amollirent sous lui et il tomba la tête la première.
Ses deux camarades se précipitèrent et tentèrent de le relever. Owen éloigna le crochet qui s'avérait être empoisonné, le choc seul n'aurait pas pu abattre leur bouillant capitaine.
Ils s'entreregardèrent, effarés. Jack avait raison, c'était la 2ème fois qu'ils le voyaient mourir en l'espace d'un quart d'heure.
- ce n'est pas normal.
- non, c'est sûr, fit Owen en installant Jack pour qu'il puisse se reprendre plus ou moins confortablement.
- tu crois qu'il s'agit de maladresse, de malchance ou bien d'un acte manqué ? demanda Gwen d'une petite voix.
- pourquoi un acte manqué ? fit Owen en fronçant des sourcils.
- ben, pour démontrer que le travail sur le terrain est extrêmement dangereux.
- comme si on l'ignorait, dit Owen en évacuant cette hypothèse par-dessus son épaule.
- pas pour nous, mais pour Ianto, insista Gwen.
- quoi, le coffee boy, que vient-il faire ici ?
- il a demandé à Jack de l'accompagner sur le terrain et il lui a dit non.
- il l'a bien pris ? demanda Owen en connaissant déjà la réponse,
- je ne crois pas, fit Gwen en riant, Jack est au déca depuis hier matin. Cela explique peut-être cette série de malchance.
- moi, je parlerais plutôt de malédiction, dit sérieusement Owen, pourtant le plus rationnel de l'équipe.
- Hein ? Mais ça n'existe pas les malédictions, rejeta Gwen, je ne peux pas croire que ici, alors qu'on lutte contre des aliens, qu'on retrouve de la technologique extraterrestre à tout les coins de rue, tu parles de malédiction.
- ben tu as d'autres explications ? Rien d'autre ne peut expliquer le nombre de ses morts.
- le surnaturel donc, dit-elle en écarquillant les yeux.
- ouaip.
- et qui est l'expert dans ce cas ?
- ben ça, je ne sais pas. Jack ?
- aussi sûrement qu'il est expert en macramé, dit Gwen en riant.
- je pourrais t'étonner, jeune fille, fit Jack en se réveillant. Comment en êtes-vous arrivé à parler de macramé ?
- non, on parlait de malédiction.
- oui, c'est sans doute ce qui m'arrive.
- et ce serait toi le plus expert dans ce sens.
- non, mais je connais quelqu'un qui l'est et qui doit sûrement m'attendre. Dites à Ianto que je ne rentre pas ce soir, pas la peine de préparer du café noir pour lui ce soir.
- où vas-tu, cria Gwen alors que Jack disparaissait dans le dédale de rues entourant la placette. Seul le vent lui apporta une réponse, celle du vide.
Il rejoignit rapidement le périphérique qui ceignait la ville. Il tenta le passage en force. A peine eut-il le temps de penser qu'il aurait mieux fait de prendre le SUV, et de conduire sagement qu'il se fit renverser par un véhicule qui arrivait derrière son dos.
Sa dernière pensée fut : " ça, ça va pas être facile à expliquer ! Et les limbes noires de la faucheuse l'envahirent alors qu'il effectuait un soleil parfait au-dessus d'une rangée de voitures freinant à mort.
Il reprit connaissance tout doucement alors que les ambulanciers l'entraînaient dans leur véhicule d'intervention, un drap cachant son visage. Il maîtrisa son soupir de soulagement en les entendant parler de Sainte Mary Hospital. Ça le rapprochait de sa destination finale. Il veilla à ne faire aucun mouvement, mais l'inaction lui pesait. Une lente flexion du genou droit, destinée à relaxer un muscle tétanisé attira le regard et les cris d'un des hommes auprès de lui.
Hurlement... masque respiratoire... injection d'adrénaline alors qu'il allait très bien... il sombra dans un coma aussi bref que facile pour les infirmiers. Il ne reprit conscience que lors qu'il se trouva dans les salles d'autopsie de l'hôpital.
En entendant le son très particulier d'une scie stryker, il s'évita la douleur de connaître une autopsie de son vivant en se relevant violemment. Le cri de terreur primale du légiste lui fut un régal. Celui-ci allait découper ses chers organes, s'il l'avait laissé faire !
- Bouh fit-il alors que l'autre s'enfuyait à toute jambe.
Il ricana. L'impression d'étrangeté qui l'entourait était vraiment accentuée par le nombre actuel de ses morts. S'il ne faisait pas plus attention, il pourrait vite ne plus jamais revenir.
Et cela serait dommage, il avait prévu de garder Ianto tard ce soir, faire des heures supplémentaires sur un dossier urgent, voilà qui allait plaire à son homme de main. Et quelles mains, habiles douces, expertes…
Il secoua la tête chassant les idées salaces qui lui venaient à l'esprit et se concentra sur la situation présente, suffisamment angoissante et étrange. Il attrapa ses vêtements et se glissa hors de l'hôpital aussi rapidement qu'il y était entré. Et vive le service public qui laisse ses hôpitaux sans garde. D'un autre côté, personne ne sort seul d'une morgue normalement !
Il savait où il devait se rendre maintenant. Une seule personne parmi toutes ses connaissances à Cardiff, pouvait savoir ce qu'il se passait et serait sûrement déjà en train de l'attendre.
La prophétesse.
La sale chipie de devineresse qui devait sûrement jubiler en le voyant s'acharner contre une malédiction de ce type.
A suivre ...
(pff, pas taper trop fort, stp... en vrai je suis gentille...)
