-Quoi ! Vous rigolez j'espère !
-Pas le moins du monde, lieutenant
Laguerta fit les cent pas.
-Non mais c'est une blague! On peut très bien se débrouiller sans ce... ce détective ! S'écria-t-elle
Elle s'assit en se prenant la tête.
-Et depuis quand la police engage-t-elle des détectives ?
-Depuis que l'enquête n'avance pas, répondit froidement Matthews. Je vous laisse aller prévenir le reste de l'équipe.
-Ils ne voudront jamais travailler avec un détective !
-Ils le feront quand même ! Vous n'avez pas à contester mes ordres, Laguerta. N'oubliez pas que je suis votre supérieur !
Sur ces mots, Matthews sortit du bureau de Laguerta la laissant en plan. Elle se passa la main dans les cheveux. Elle cherchait la meilleure façon pour annoncer au restant de la Criminel l'arrivée du détective. D'ailleurs, en pensant à lui, Matthews ne lui avait pas dit quand est-ce qu'il arriverait. Il fallait dire qu'en même temps, elle ne lui avait pas laisser en placer une après qu'il ait annoncé qu'un détective les aiderait sur l'affaire Trinité.
Elle releva la tête et regarda par la baie vitrée qui donnait sur les bureaux d'Angel, Quinn et Morgan. Plus loin, se trouvait ceux de Dexter et Mazuca.
Elle se leva et sortit à son tour de son bureau, non sans une certaine appréhension.
-J'ai quelque chose à vous annoncer.
L'anxiété se lisait sur son visage.
-Rien de grave au moins ? Demanda Quinn.
-Non, mais disons que ça ne va pas vous plaire.
Debbra fit signe à Dexter et à Mazuca de venir.
-Sachez que je m'y suis opposée. Mais quand Matthews à une idée, impossible de la faire changer d'avis.
-Arrête de tourner autour du pot et dis nous ce qui se passe, dit Angel en croisant les bras.
-Matthews trouve que l'enquête sur Trinité n'avance pas assez vite. Et il a décidé d'engager un détective.
-Quoi ! C'est quoi ce plan foireux ! On a pas besoin de l'aide d'un putain d'enfoiré de détective ! Cria Debbra.
-Ouais c'est vrai ça ! On peut très bien se débrouiller seul ! Approuva Quinn.
-On passe encore pour des cons, marmonna Mazuca pour lui même.
Dexter ne dit rien. L'arrivée du détective allait perturber ses plans. Il allait devoir faire plus attention.
Il se dirigea vers son bureau. Il avait besoin d'être au calme pour réfléchir.
-Il faudra que tu sois vigilant. Surtout pas d'imprudence. La moindre erreur pourrait-être fatale, dit Harry d'un ton calme et posé.
-Je sais.
Dexter soupira. Il n'avait pas prévu ça, et il détestait les surprises.
-o-o-o-
Allez, courage ! Plus que deux heures à tenir, pensa John.
John n'en pouvait plus. Lui qui n'aimait pas l'avion, mais alors dix heures... c'était l'enfer !
Et puis il s'ennuyait comme jamais il ne s'était ennuyé. Du coup, n'ayant rien trouvé de mieux à faire, il avait passé une bonne partie du temps à compter les minuscules carrés qui ornaient le siège juste devant lui. Mais ce n'était apparemment pas le cas de tout le monde, comme Sherlock par exemple. Huit heures qu'ils étaient dans l'avion, huit heures que Sherlock n'avait pas bougé d'un pouce si ce n'est pour cligner des yeux et encore ! Il n'était même pas allé une seule fois aux toilettes. John commençait sérieusement à se demander si il était vraiment humain.
-Mesdames et messieurs, veuillez attacher votre ceinture, nous allons traverser une zone de turbulences.
Il manquait plus que ça !
-Moi vivant, plus jamais je ne prendrais l'avion, murmura John entre ses dents.
-Et tu comptes rentrer comment ? A la nage ?
-T'es encore en vie ? Tu sais, ça fait juste huit heures que tu ne donnes presque aucun signe de vie !
-Oh, je t'ai manqué à ce point ?
Première secousse. John se crispa sur son siège.
-Oh mon Dieu...
-Tu n'as vraiment pas l'âme d'un aventurier John.
Il osait dire ça ! Lui qui l'avait suivi dans toutes ses enquêtes et qui avait même tuer un homme pour lui sauver la vie !
Deuxième secousse. John se ratatina encore plus sur son siège, enfonçant ses ongles dans les accoudoirs.
Sherlock, lui, ne semblait pas du tout effrayé ou perturbé, au contraire, il avait l'air amusé.
-Comment peux-tu être aussi joyeux dans un moment pareil ? Questionna John, de plus en plus tendu.
-Si tu pouvais voir la tête que tu fais en ce moment, répondit Sherlock, un grand sourire aux lèvres.
-En gros, t'es en train de te foutre de moi.
-Je ne te croyais pas aussi perspicace.
-Je te déteste.
Troisième secousse. John pâlit. Il avait l'estomac sans dessus dessous.
-John, si tu pouvais tourner la tête de l'autre côté ça m'arrangerait, lança Sherlock. Je n'ai pas envie de savoir ce que tu as mangé ce midi.
-Merci de te préoccuper de moi, renchérit John.
Il fut pris d'une forte envie de dégobiller. Heureusement, il vit juste à temps un sac en plastique, dont il s'empara pour recracher le contenu de son estomac.
-Prendre l'avion avec toi est un vrai plaisir, ironisa Sherlock.
-Imagine donc pour moi, se défendit John.
-Ce n'est pas de ma faute si tu as peur des secousses !
-Tu y contribues fortement.
-Petite nature.
-Si on arrive vivant, Sherlock, je te tue !
