Nom : Aux origines
Auteur : Rain
Univers : Pré-manga.
Disclaimer : Bien sûr que Shaman King est à moi, vous avez pas vu Hao courir après Jeanne dans l'épisode 102 ? Comment ça ça s'arrête à 64 ? Bon, okay, peut-être que c'est à lui, là *pointe Hiroyuki Takei* %)
Note : J'aime pas ce truc… Les moments jointure sont pas bossés… T.T
C'était une prisonnière, maintenant elle est libre. Elle était différente, désormais elle est comme tous les autres… Une enfant parmi d'autres… Phrase attribuée au général de Gaulle, envers sa fille atteinte de déficiences mentales.
… Ca colle aux deux pitchounes…
Je m'étire, mes muscles protestant après les deux heures passées sous notre modèle spécial. Secouant la tête, je promène un regard fier sur la carrosserie du petit bijou. Une sonnerie m'interrompt. Mon téléphone… Oh. Livia a tenté cinq fois de m'appeler, sans laisser de message. Ca, ça veut dire que j'ai un problème…
Mon sourire fond alors que je rejoins la pièce où se tient mon associé.« Hé, Rackist, je reviens, je vais voir Liv'. »
Il lève les yeux de sa feuille de comptes, et me regarde d'un air calme avant de répondre, se relevant : « Attends, je vais t'accompagner. » Sans me laisser le temps de protester, il éteint la lumière et prend son manteau, qu'il fait glisser sur ses épaules. « C'est l'heure de fermer de toute façon. »
Je souris placidement. J'espérais un peu qu'il dise cela. Il regarde sa montre, s'étrangle presque : « Tu as vu l'heure ? Pas étonnant qu'elle se fâche. C'est largement temps pour Mari de se coucher – et je te signale que tu étais censé m'aider à préparer la messe aujourd'hui.
- Ah… »
Une pointe de honte surgit dans mon ventre alors que je me vexe. « Parce que tu as vu l'heure toi peut-être ? »
Il m'envoie une bourrade légère. « Tentative de distraction ratée, mon pauvre ami. Je te signale que je t'aide en faisant tes comptes, et que si tu devais te débrouiller sans moi –
- Il y a longtemps que je serais ruiné, je sais… »
Nous échangeons un rire complice. D'un coup de pouce, j'indique le modèle sur lequel je travaillais alors que nous fermons les portes du garage à clef.
« Tu as vu ? Ce bébé est plus beau chaque matin !
- Tu penses avoir fini quand ?
- Demain, ou dans deux jours, au plus tard. Il y a plus qu'à repeindre un coup et faire les derniers tests, dis-je, » sentant la fierté faire son retour dans mon estomac. « Elle ira loin, celle-là, et plus vite qu'aucune autre.
- Ne commence pas à te vanter, Marco. La vanité n'attire que des ennuis… »
Nous sortons dans la rue. Le garage est à environ deux cent mètres de ma demeure, et l'église est encore un peu plus loin, sur la colline. C'est en partie pour cela que nous avons construit le garage ici – en quelques minutes je peux rentrer consoler Mari d'un cauchemar.
Je fais la moue, puis reprends :
« Je vais t'accompagner jusqu'à l'église, au moins. C'est juste à côté, de toute façon.
- Ne t'inquiètes donc pas pour moi, je ne suis pas en sucre. Reste avec Livia et Marion, elles n'en seront que plus heureuses. »
Je hausse les épaules, mais il est vrai qu'il me tarde de retrouver mes deux princesses.
« Si tu le dis… Tu veux rester un peu ? Je vais cuisiner.
- Tu sais parler aux prêtres, toi... »
Un sourire doux apparaît sur mes lèvres alors que je déchausse mes lunettes et me mets à les nettoyer consciencieusement.
« Marco. »
Je lève les yeux vers mon mentor, sans distinguer plus qu'une vague tache sombre à mes côtés. C'est un miracle que je n'ai pas encore trébuché sur quelque chose…
« Hm ?
- Regarde. C'est de la fumée. »
Sans mes lunettes je ne vois rien, je les replace donc. En effet, un énorme panache de fumée s'élève des dernières maisons de la rue. Un pressentiment me saisit, mais j'essaie de l'étouffer :
« Bon sang, » ma voix tremble, je fais de mon mieux pour me calmer. « Si ça se trouve c'est la maison juste à côté de chez nous. Pas étonnant que Liv' soit dans tous ses états ! »
Il y a un silence. Je ne vois pas bien, même avec les verres épais, mais plus mes pas m'approchent, plus le pressentiment se précise…
« Non… »
Rackist tente de m'attraper par le bras, mais c'est trop tard. Je suis déjà parti, mes pieds m'entraînent jusque devant ma maison en flammes. Les fenêtres de l'étage laissent échapper de larges gerbes de flammes, alors que le rez-de-chaussée reste à peu près intact. Mais les chambres de Marion et Livia sont au premier.
Je m'engouffre en trombe dans le bâtiment, appelle. Mes mots résonnent à mes oreilles comme autant d'alarmes. Qu'est-ce qui a pu arriver ? Je monte les escaliers quatre à quatre, affrontant la fumée. Mes lunettes s'embuent et mes yeux piquent. Une latte de l'escalier en bois craque sous moi. Je m'enfonce dans un trou et une longue plaie sanguinolente s'ouvre dans ma jambe. Je me dégage douloureusement et boîte jusqu'à la première chambre, celle de Marion. Livia, je hurle, encore et encore au fur et à mesure que j'avance – mais je ne m'entends pas, alors peut-être n'est-ce qu'un murmure. J'ai beau chercher les filles des yeux – la pièce est vide. Quelques pas de plus et je suis devant notre chambre.
Soudain Liv' est là, étendue sur le lit. Un point rouge sur son front me fait hurler. Mes verres tombent, je ne vois plus rien mais j'avance quand même – Livia…
Je la prends dans mes bras, la berce, hurle.
Blanc.
Quand je retrouve mes esprits, Rackist m'entraîne loin de Liv'. Je ne veux pas. Je me débats, je recule… Une poutre charbonneuse me tombe sur l'épaule. Eclair de douleur. Livia disparait, tout disparait. Heureusement, le feu ne prend pas sur mes vêtements.
« Liv ! LIVIA ! »
Je tousse, hurle, je ne sais plus ce qui se passe. Rackist me fait descendre les escaliers, m'entraîne à travers les portes. Le feu l'oblige sans cesse à changer de direction – je ne l'aide pas, poids mort au bout de son bras.
Enfin, nous sortons à l'air libre. Après m'avoir emmené à l'abri des flammes, qui prennent dans les maisons avoisinantes à cause de l'air sec et du vent, mon ami s'effondre, évanoui dans le sable. Sacré Rackist. Il m'a sans doute sauvé la vie…
J'ai envie de repartir me perdre dans les flammes, rejoindre Livia. Et Marion ? Je ne l'ai pas retrouvée… Elle est peut-être encore là, quelque part… ? Je dois y retourner.
Après à peine quelques pas, j'aperçois une silhouette au cœur du feu. Il ne doit pas avoir plus de huit ans… Je m'approche. Il faut le tirer de là. Personne d'autre ne perdra d'enfant ce soir. J'appelle le gosse. Rien. Je titube jusqu'à lui… Et me rends compte qu'il a un petit enfant dans les bras, plaqué contre son torse.
Cet enfant, c'est Marion. Il – c'est un il, je le vois maintenant – il a sauvé ma fille ! Je me précipite. « MARION ! »
Le garçon me jette un regard et je me fige. Ses yeux semblent briller d'un éclat presque malfaisant. Il resserre sa prise sur la petite. « Tu es minuscule, » il murmure, et tout d'un coup je distingue quelque chose derrière lui, comme un monstre rouge crachant des flammes. « Pitoyable humain, » j'entends encore, et il disparait dans le feu, ma petite Mari dans ses bras. Je hurle.
Deux mois. Deux mois de blancs, de noirs, de moments d'entre-deux où je ne pouvais ni respirer, ni réfléchir. Deux mois que Rackist m'empêche de trouver de quoi arrêter cette bêtise qu'est ma vie.
Deux mois, aussi, que nous sommes tous deux devenus des Shamans. Je comprends maintenant l'histoire de l'enfant-démon que j'étais – ma mère pouvait réellement voir et utiliser les esprits. Comme celui qui a tué… Je n'arrive pas à le dire. J'avale ma salive.
Toutes les femmes sont Livia, et toutes les filles sont Marion – et pourtant elles ne sont nulle part. J'ai l'impression d'étouffer. Cet endroit a beau être un lieu saint, il est empli de touristes, de familles… Et toutes ces boutiques qui envahissent la baie, jusqu'au pied du Mont… Comme si toute notion de foi, de justice même, avait disparu. Rien que cela justifie la création des X-Laws, que Rackist m'a proposée avant-hier…
Apparemment, il a retrouvé la trace du brun… Il se ferait appeler Hao… Et lui aussi serait un Shaman… Qui aurait… Tué… Livia et Marion parce qu'elles étaient humaines… J'ai encore envie d'hurler. Dire que les flammes ont pris dans toute la ville, détruisant l'église, le quartier où j'ai grandi, notre entreprise… Comment a-t-il osé… ?
Nous déambulons dans les rues du Mont. Rackist me précède. Il a dit vouloir rencontrer un prêtre ici, qui pourrait nous aider… Tant mieux…
Tout d'un coup, j'aperçois une petite fille. Elle a de grands yeux vides qui fixent la porte ouverte, derrière moi. C'est comme si j'étais invisible, pour elle. Sa tête ballote un peu, et elle respire par sa bouche entrouverte. On dirait qu'elle est perdue. On dirait qu'elle est…
Rackist remarque mon froncement de sourcils, puis suit mon regard. Je sais qu'il sait. Il sait que je vois Marion au travers de ce petit fantôme d'enfant. Il sait aussi que j'ai remarqué le fouryoku qui semble saturer l'air autour d'elle. Il secoue la tête et s'approche du prêtre qui vient de la prendre dans ses bras. Mon ami garde un visage calme, une voix douce, alors qu'il convainc l'homme de nous laisser la petite. Nous qui tentons d'atteindre un but précis ne pouvons pas nous embarrasser de sentiments, me dirait-il sans doute. Cette enfant qui n'attend personne semble avoir été créée uniquement pour remplir le rôle de l'Iron Maiden. Seule. Vide. Sans volonté. Puissante, bien plus puissante que moi et Rackist réunis, d'après ce que je ressens.
Un sursaut, et je m'ébranle. Je sais que nous allons faire quelque chose d'inhumain. Que cette fille sera sûrement brisée et mourra peut-être dans très peu de temps. Tout ça pour détruire Hao. Avant de la trouver, c'était mon unique souhait… Maintenant que j'ai le résultat devant les yeux, je ne peux m'empêcher de trembler en mon for-intérieur. Elle ne doit même pas m'arriver à la taille, cette petite. Ce n'est pratiquement qu'un nourrisson. Allons-nous réellement la jeter en pâture à cette chambre noire et sanglante qu'est la vierge de fer ?
Je ne peux m'empêcher de m'approcher, de m'accroupir sous le regard désapprobateur de Rackist. La petite cligne des yeux. Daigne me regarder. Lève une main pâle et d'une froideur mortelle avant de la passer sur mon front. « Michael… ? »
Une voix frêle, absente.
J'en reste pétrifié.
Plus tard, alors que nous suivons Rackist sur le chemin de retour vers la villa, j'entends l'enfant qui chantonne, sûrement une chanson entendue d'un touriste. Sa voix, comme le miroir de son être, est atone alors qu'elle souffle, incertaine :
« Come back home, won't you come back home… »
Ne t'attendris pas, m'articule silencieusement Rackist à chaque fois qu'il regarde dans le rétroviseur. J'acquiesce à chaque fois, mais je suis incapable de lui obéir. Quand l'enfant albinos, épuisée, s'endort contre moi, je ne la repousse pas. Je me contente d'écarter des courtes mèches de son visage et de l'installer plus confortablement.
Le regard blasé de Rackist dans le rétroviseur ne provoque qu'un haussement d'épaules.
Marco : … Je suis intensément choqué par cette imbécilité profonde…
Hao : *examine des photos* Mais dis-moi t'étais mignon en danseur, petit blondinet?
Marco : C-comment ces photos…
Rackist : *sifflote*
Hao : C'est sympa cette fonction de l'Oracle Bell pour envoyer des photos à tous les concurrents… *deux minutes plus tard : chaos indescriptible, massacre violent*
