Disclaimer : Bleach et ses personnages ne m'appartiennent pas.
Personnages: Renji
Rating : G
Notes: Le titre de cette fics fait référence au nom de l'écharpe de Byakuya. SPOILERS sur le chapitre 144 (épisode 52).
Ginpaku Kazahana no Uzuginu
Renji referma la porte de sa chambre derrière lui. Le silence y était dense. Trop. Ces derniers jours, il lui en devenait insupportable.
Pourtant il préférait être seul. Il avait envie d'être seul. Ses désirs étaient contradictoires, mais après les récents évènements, il pouvait se permettre d'être un peu perdu.
C'est ce qu'il se dit lorsqu'il posa les yeux sur un morceau de tissu blanc proprement plié au pied de son futon sur lequel il venait de s'asseoir. Ce même rituel se répétait chaque soir. Les genoux pliés, la tête posée au creux de ses bras croisés, il restait ainsi pendant de longs moments à observer l'écharpe encore teintée de sang par endroit.
L'écharpe de Byakuya, avec laquelle ce dernier l'avait recouvert après leur rude combat. Comme on l'aurait fait avec un linceul. Mais ce n'était pas tellement ce geste qui dérangeait Renji et qui le faisait tant réfléchir depuis quelques temps. C'était plutôt sa raison. Il ne parvenait pas à comprendre pourquoi son capitaine avait fait ça.
Il l'avait laissé pour mort après le combat qui les avait opposé. Il l'avait attaqué dans le but de le tuer. - Si ça n'avait pas été le cas, pourquoi s'était-il étonné de le voir en vie après son BanKai ? –
Alors pourquoi au dernier moment, avait-il eu ce geste étrange ? Parce qu'il regrettait ? Ou peut-être une légère tentative de respect pour celui qu'il avait cru mort à ce moment-là ?
Renji ne parvenait pas à comprendre quelle pouvait être la raison qui avait poussé Byakuya à faire une chose qui lui ressemblait si peu. Et plus il y réfléchissait, plus la vérité semblait vouloir lui échapper. A moins de le lui demander directement, il ne saurait sûrement jamais.
Et c'était la dernière chose que le vice-capitaine voulait pour l'instant. Lui parler. Le revoir. Pas parce qu'il lui en voulait, non, il avait bien compris pourquoi il avait fait tout ça. Au moins ces raisons-là. Mais la force lui manquait. Et il avait besoin de force, de tant de force, pour pouvoir à nouveau l'affronter. Tout ce qui s'était passé l'avait épuisé, tant moralement que physiquement.
D'un geste mécanique, Renji se saisit de l'écharpe qu'il ramena contre lui. Le front posé contre ses genoux, il ferma les yeux un instant.
Il devait la lui rendre, il le savait. Chaque jour, il remettait ça à plus tard. Chaque fois que son regard s'accrochait au tissu, son cœur ratait un battement. Il ne savait pas comment il allait faire ; faire face à son capitaine, comme si de rien n'était, et lui remettre son écharpe qui raviverait le souvenir du choc métallique de leurs lames ? C'était stupide. Mais il ne pouvait pas non plus s'abaisser à confier la tâche à quelqu'un d'autre.
Il devrait donc se débrouiller seul, à défaut de pouvoir demander de conseils à qui que soit. Tous ceux à qui il avait songé étaient bien trop occupées par leurs nouvelles obligations pour se soucier de son... problème. Et il n'était pas encore désespéré au point de demander son avis au babouin acariâtre qui lui servait de zanpakutou, lequel n'aurait sûrement rien de mieux à lui conseiller que de prendre au plus tôt sa revanche. Comme si c'était dans ses intentions.
Les mains de Renji se resserrèrent douloureusement contre sa poitrine, sur le tissuclair un peu rougi. Et ses yeux se plissèrent au même instant alors qu'il se remémorait les dernières paroles de Byakuya à son égard. Il ne voulait pas le revoir, même s'il le devait. Et pourtant, il cherchait toujours, inconsciemment, la force qui lui manquait pour cet effort. La nouvelle contradiction de ses sentiments l'énervait d'autant plus qu'il ne comprenait plus rien à ce qu'il pensait.
Et comme chaque soir, il tomba de fatigue plus qu'il ne s'endormit, l'écharpe blanche encore étroitement serrée dans ses mains.
Et comme chaque matin, il la replia soigneusement à son réveil dans le but, sans doute, de la porter à son propriétaire dans la journée. En espérant et en craignant tout à la fois d'y parvenir enfin.
Il avait ses propres raisons pour, à chaque fois, réagir de la sorte. Mais celles-là aussi, il les ignorait.
