Hey !

Tout d'abord, merci pour vos retours sur le chapitre 1 ! Contentes de lire vos reviews à nouveau, et merci aux followers/favoriters silencieux ! :D

Ensuite, IMPORTANT : cette fic est la dernière partie de l'arc It's To You I'll Always Belong, il y a deux histoires avant celle-ci et, vraiment, vous ne comprendrez RIEN si vous n'allez pas les voir ! Elles sont sur mon profil.

- I'll Find You Again en premier

- A Promise To Keep en deuxième

Et maintenant, ce que vous attendez tous, en vrai : la souiiiite ! (j'ai fait la chasse aux fautes, mais je suis pas sûre d'avoir été très efficace... Je m'excuse platement d'avance)

Enjoua !


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I hear the wind calling your name
It calls me back home again
The sparks of the fire
The flame that still burns
It's to you I'll always return...

- 'I will always return' by Bryan Adams

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Chapitre 2

Way back home

Le chemin du retour

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Mycroft Holmes.

Sherlock...

Chez lui...

Le cœur de John avait décroché quand les médecins avaient extrait les balles de son corps. On le lui avait dit par la suite, mais il ne savait ce qu'on pouvait ressentir sur le coup, quand ça arrivait. Maintenant, il savait ce qu'on pouvait ressentir quand le cerveau décrochait, puisque c'était ce que faisait le sien à cet instant précis. Son esprit devint blanc, totalement. Il ne pouvait comparer le ressenti avec rien d'autre, puisqu'il n'avait jamais rien expérimenté de semblable de sa vie. Il cligna des yeux – rien ne se passa. Il essaya de parler – rien ne se passa. Il se sentait juste vide et creux. Soudain, une sensation de brûlure traversa sa poitrine et il réalisa que ses poumons avaient désespérément besoin d'oxygène. Avec un sursaut de lucidité, son cerveau répondit enfin à l'appel de son corps et l'hyperventilation commença.

Le monde arrêta de tourner autour de John. Ou bien la vitesse doubla. Il était désorienté. Il ne pouvait pas respirer, n'arrivait pas à atteindre la surface. Il était en train de se noyer. Ses sens, le contrôle de son corps, tout lui échappait. Il essayait désespérément de faire entrer de l'air dans ses poumons en feu, sans y parvenir. Tous les signes menaient à une conclusion : crise de panique. Pas une de celles, violentes, pendant lesquelles il revivait la scène où il se faisait tirer dessus ; mais une légère, quoique efficace.

John devait paraître sérieusement mal, puisqu'il réalisa que l'homme, non, Mycroft Holmes, l'observait avec une expression qui aurait pu ressembler à de l'inquiétude si l'homme n'arborait pas cette éternelle grimace sur le visage. Ses oreilles palpitèrent, sa tête était légère, il se sentait suffoquer. Mais au milieu de ce chaos psychotique, une seule pensée envahissait l'esprit de John – Sherlock. Et pour ça, il tenta de se rassembler, s'exhorta au calme avec un intense effort de volonté. Il ne craquerait pas, pas maintenant, pas alors qu'il y avait tant de questions à poser. Et, par dessus tout, il refusait d'apparaître comme faible face à cet homme, le frère de Sherlock.

Sherlock.

Promesse.

Arme.

Mort.

Blessure.

Brisé.

Chez lui.

Sherlock.

Son esprit répétait ces mots en boucle, comme un enregistrement. John contracta sa mâchoire et essaya de tranquilliser ses membres tremblants.

''Dr Watson ? Dr Watson ? Vous m'entendez ? Est-ce que vous avez besoin d'un médecin ? John ?''

Quand il entendit son prénom, la tête de John se tourna vivement vers l'homme. Il fixa cette silhouette intimidante face à lui.

Sherlock...

''V-Vous êtes le frère de Sher-Sherlock ?''

Mycroft arqua les sourcils à la question. ''Oui.''

Les yeux de John firent instantanément le tour de la pièce, cherchant. ''Il est... Il est ici ?''

''Non, il n'est pas ici avec nous en ce moment. Mais avez-vous besoin d'une aide médicale, Docteur ? Vous étiez sur le point de faire une crise de panique.''

A ces mots, John se détendit visiblement. Il n'est pas là, pas là. Il ne peut pas me voir, ne va pas me voir. Pas comme ça. Jamais.

''Docteur ?''

''Mh ? Euh... Non. Ca va, maintenant, c'est bon... Dé-désolé.''

''Nul besoin de vous excuser pour quelque chose que vous ne pouvez pas maîtriser.'' Mycroft secoua la main d'un geste dédaigneux.

A présent, alors que la première sensation de panique de John avait reflué, la curiosité et la confusion surgirent. Il y avait tellement de chose que John avait besoin de savoir, maintenant, mais il commença par demander : ''Qu'est-ce que je fais ici ? Et qui êtes-vous ?''

Mycroft s'était assis dans son fauteuil et observait ses ongles. Il ne croisa pas son regard quand il lui répondit. ''Votre implication est requise pour une affaire de première importance, pour moi.''

Cet homme est définitivement le frère de Sherlock, songea John dans un soupir. ''C'est-à-dire ? Comment me connaissez-vous ? Je suis certain qu'on ne s'est jamais rencontrés avant.''

Mais Mycroft répondit à la question par une autre. ''Avez-vous eu des nouvelles de la part de Sherlock, ou à son propos, depuis votre retour ?''

''Non.''

''C'est bien ce que je pensais.''

''Mais ça ne répond pas-''

''Chaque chose en son temps, Dr Watson. Et pour répondre à votre seconde question, j'ai pris la liberté de faire des recherches à votre propos quand mon frère s'est tout à coup mis à recevoir des lettres envoyées depuis notre base militaire britannique basée en Afghanistan.''

Ah, alors c'est pour ça que Sherlock le déteste. Maintenant je comprends. Mais John ne dit rien à voix haute, attendit juste pour de plus amples explications. L'aîné des Holmes se leva de sa chaise et continua.

''Et la réaction de mon frère à vos lettres m'a révélé tout ce qu'il me fallait savoir.''

John glapit à ces mots. ''Vous avez lu mes lettres ?''

La grimace que Mycroft lui envoya pouvait facilement être traduite par Ne soyez pas stupide.

''On peut apprendre bien plus en observant certaines choses.''

Oui, définitivement le frère de Sherlock. Et soudain, une pensée frappa John.

''Euh... C'était... C'est parce que vous en avez donné l'instruction que j'ai été relocalisé dans cette institution médicale à Glasgow ? Parce que je suis à peu près certain que la plupart des soldats blessés sont habituellement transportés à l'établissement de Londres.''

''En effet. J'admets avoir joué un petit rôle dans votre déplacement à Glasgow.''

''Pourquoi ? Est-ce que... Est-ce que Sherlock vous l'a demandé ?''

De nouveau, Mycroft ignora sa question et lui en posa une autre à la place. ''Savez-vous où se trouve Sherlock en ce moment, M. Watson ?''

Quelque chose dans le ton ou dans la façon avec laquelle Mycroft Holmes l'observa le secoua de l'intérieur. Une peur sans nom s'empara instantanément de lui.

''N-Non, pourquoi ?''

Il y eut un silence.

''Dans un centre de désintoxication.''

''En... En... désintox ?'' L'ultime mot se réduisit presque à un simple souffle.

Non, ce n'était pas possible. Ce qui venait à l'esprit de John ne pouvait pas être vrai. Sherlock était sûrement là-bas pour une affaire, hein ? Sherlock ne pouvait pas... Il n'aurait pas...

''Il a fait une rechute ?''

Mycroft haussa un sourcil face au ton incrédule sur lequel était posé la question.

''Vous êtes donc au courant de... l'addiction de Sherlock.''

Ce n'était pas une question et même si John avait voulu dire quelque chose, sa bouche était trop sèche pour qu'il puisse prononcer le moindre mot. Mycroft sembla s'en rendre compte et continua.

''Sherlock lutte contre cette addiction depuis des années, aujourd'hui, mais cette fois n'était pas une simple rechute, auquel cas je n'aurais pas pris la peine de vous importuner, Dr Watson.''

John commença à se demander si toute cette scène n'était pas en train de se dérouler dans sa tête, la peur, la confusion et la douleur qu'il ressentait étant exactement celles qui caractérisaient habituellement ses cauchemars. Premièrement, savoir que Sherlock avait replongé dans la drogue était trop pour que son esprit brisé puisse le supporter. Deuxièmement, il n'avait la moindre idée d'où était sa place dans toute cette histoire. Pourquoi le frère de Sherlock avait-il fait venir John ici et lui apprenait-il sa situation ? Et, surtout, c'était quoi ce bordel autour de Sherlock ?

''Qu'est-ce qui ne va pas pour lui ? Qu'est-ce qui s'est passé ?''

''Il a fait une overdose.''

Oui, c'était un cauchemar. C'était définitivement un cauchemar. Il se réveillerait hurlant et plein de sueur à n'importe quel moment maintenant, et les stupides infirmières se précipiteraient dans sa chambre pour encore intensifier son humiliation. Tout ça se passait dans sa tête. Parce qu'il était absolument terrifié, là, maintenant. John avait vu et quelques fois traité des cas d'overdose, et c'était une atrocité qu'il ne souhaiterait jamais à qui que ce soit, sans même parler de Sherlock. Il ne pouvait juste pas imaginer ce garçon au génie acerbe réduit à un de ces toxicos abrutis par les substances et qui ne pouvaient même plus dire leurs noms. Sa vision commençait à devenir floue. Mais, non, pas maintenant, bordel, il y avait d'autres choses qu'il avait besoin de savoir.

Mais que pouvait-il dire ? Que devrait-il dire ? Il n'avait pas été là quand Sherlock avait eu besoin de lui, il n'avait pu l'empêcher de se planter une seringue dans la veine. John avait abandonné Sherlock. Il le savait. Mais pourquoi ? Pourquoi Sherlock aurait fait une chose pareille ?

''Pourquoi ?''

''Dr Watson, mon frère est un chimiste brillant et compétent. Je ne crois pas une seconde qu'il ait pu se tromper dans son dosage même dans un état d'abrutissement extrême dû à la drogue, non. C'était intentionnel. Sherlock s'est délibérément administré une overdose.''

''QUOI ? P... Pourquoi ? Je ne comprends pas ? Je... P-... Je ne comprends pas.''

John fixa l'homme stupidement. Il ne pouvait littéralement plus penser. Sherlock avait volontairement fait une overdose ?

''Savez-vous quand Sherlock a fait une overdose, la fois précédente ?''

Il y avait eu une autre fois ?

''Non,'' répondit John, hébété.

''Quand notre mère est décédée.''

Et juste comme ça, les pièces isolées d'un puzzle s'assemblèrent. Une vague image commença à se constituer devant les yeux de John. Il leva lentement la tête et, quoi qu'il tentait de communiquer, Mycroft sembla le comprendre une fois encore, puisqu'il répondit à la question silencieuse de John. ''Il fait son deuil vis-à-vis de votre disparition à sa façon, Dr Watson.''

Lentement, très lentement, John hocha la tête pour montrer qu'il avait compris et fixa sans le voir le mur en face de lui. Parfois, la douleur était si intense qu'elle ne permettait plus de ressentir quoi que ce soit. Seulement le vide.

Sherlock, son Sherlock, son génie avait essayé de... se tuer ? Pour surmonter la mort de John ? Quelqu'un qu'il n'avait jamais rencontré ? Sherlock avait pensé à... avait pensé à se suicider ? Pour John ? Mais qu'est-ce que John pouvait faire, maintenant ? Qu'avait-il apporté de bon à Sherlock ? Il ne pouvait rien lui donner quand il était en bonne santé et intact, alors qu''est-ce qu'il pourrait possiblement lui offrir maintenant qu'il était lui-même brisé ? N'était-ce pas mieux de laisser penser à Sherlock que...

La voix de Mycroft trancha à travers le brouillard de dépression et de doute de soi-même.

''A présent, j'ai une question très sérieuse à vous poser, Dr Watson, et j'attends de vous que vous me répondiez avec une totale honnêteté.'' Le regard de Mycroft Holmes se fit trop aiguisé, trop perçant pour le soutenir, mais John ne dévia ses yeux de l'homme à aucun moment. Il était trop exténué pour encore ressentir quoi que ce soit. Il n'aurait même pas pu mentir s'il l'avait voulu. Il soutint donc simplement son regard.

''A quel point vous souciez-vous du bien-être de mon frère ?''

Ah ! N'était-ce pas là la plus simple des questions auxquelles John pouvait s'attendre à devoir répondre ? Il y avait réfléchi déjà longtemps auparavant, après tout. Mais il prit tout de même son temps pour énoncer sa réponse. Il évita les yeux du frère de Sherlock et les posa sur un point de la table. Un sourire triste et brisé apparut doucement sur son visage fatigué.

''Assez pour le laisser partir.''

Mycroft scruta John un long moment avant de revenir de son côté de la table. Il s'était tenu devant John, penché en avant du côté de John jusque-là. Il ouvrit un tiroir mais John ne le regardait plus. Ses yeux avaient ce regard blanc et creux, comme s'il n'était plus présent.

Mycroft fit quelques pas pour se tenir face à John de nouveau et lui tendit une enveloppe fatiguée. John y amena lentement son regard et cligna des yeux, puis regarda de nouveau l'homme sans la prendre.

''Ceci est la dernière lettre que Sherlock vous a envoyée. Elle n'a pu vous être remise en raison de l'assaut soudaine contre votre base principale. Elle lui est revenue. J'espère que vous m'excuserez cette intrusion en apprenant que je l'ai lue, pour des raisons évidentes. Mais c'est la vôtre et il est exigé de vous que vous la lisiez.''

Mycroft fit un mouvement afin que John prenne la lettre, cette fois. Ce dernier regarda l'enveloppe. La dernière lettre de Sherlock. Cette lettre contenait toutes les réponses qu'il avait envisagées pendant ces deux derniers mois. Mais John ressentit soudain la volonté de ne pas la lire, jamais. Comme si le faire lui volerait son dernier refuge – son futur fantasmé, celui qu'il n'aurait jamais – avec Sherlock. Cependant, Mycroft Holmes avait apparemment d'autres plans pour lui, puisqu'il continua : ''Mon assistante va vous mener à votre nouvel établissement médical où vous demeurerai pour compléter votre processus de guérison. Il vous sera fourni un téléphone mobile pour communiquer avec mon assistante. Et, après avoir lu la lettre, vous m'informerai sur le moment où vous souhaiterez rencontrer Sherlock.''

John était en train d'écouter ces instructions avec amertume et abattement, mais sa tête se tourna vivement vers cet homme dont l'autoritarisme l'irritait, lorsqu'il entendit la fin de son monologue.

''Rencontrer Sherlock ? Qu'est-ce que vous voulez dire ?''

''Cela signifie, Dr Watson, que vous serez mené au centre de désintox où Sherlock se trouve.''

John était trop choqué pour réagir instantanément, et il lui fallut plusieurs secondes pour que son esprit s'empare de cette information.

''Je ne veux pas... Je ne veux pas rencontrer Sherlock. Non, c'est impossible !''

''Bien sûr que c'est possible. Pourquoi pensez-vous que je vous ai fait amener ici ? Sherlock a besoin de vous.''

''Non, non non, non vous ne comprenez pas. Il n'a pas besoin de moi. Vraiment pas. Je ne peux pas... Je ne peux pas me présenter devant lui comme ça. Ce n'est pas ce dont il a besoin, je ne suis pas la personne dont il a besoin. Non, ça ne peux pas se passer. Non, M. Holmes, je ne peux pas voir Sherlock.''

Mycroft Holmes resta silencieux et observa John pendant un long moment. Puis il tourna son visage vers la fenêtre.

''Avez-vous déjà tenu dans vos bras la personne à qui vous tenez le plus alors qu'elle convulsait en s'approchant de la mort ? Savez-vous ce que ça fait lorsque la personne qui vous est la plus chère essaie de se tuer encore et encore et que tout ce que vous pouvez faire est de regarder ? Tout en sachant que vous n'avez absolument aucune possibilité de lui faire entendre raison ? De la sauver émotionnellement ? Cela vous est-il déjà arrivé, John ? Croyez-moi quand je vous dis que si j'avais d'autres options en main, je ne vous importunerais pas. Mais apparemment, il n'en existe aucune autre que vous. C'est vous dont Sherlock a besoin, c'est vous qu'il veut. Ca m'ennuie profondément de vous dire que le futur de mon frère dépend de vous. Vous pouvez l'aider ou le briser à jamais. Et j'espère sérieusement que Sherlock n'a pas placé sa foi, son... affection en un homme qui ne le mériterait pas.

John garda un silence total pendant le discours de Mycroft. Il ne prononça pas un mot, ne dit pas qu'il était le frère de quelqu'un, lui aussi, le frère d'une femme alcoolique. Il ne dit pas qu'il avait lui aussi eu ses propres horreurs à gérer en temps que frère. Il savait qu'il n'aurait pas dû faire cette comparaison, mais il ne put s'empêcher de se dire que Sherlock était bien plus précieux que Harry. Il ne pouvait décrire sa première impression de Mycroft Holmes comme vraiment positive, mais il ne pouvait nier le dévouement de cet homme pour son frère, son amour pour lui. Il ne pouvait ignorer les difficultés que ce grand frère avait traversées pour simplement maintenir son frère sauf.

''C'est pour ça que vous m'avez ramené ici, à Londres ?''

''Oui, c'est précisément la raison pour laquelle je vous ai cherché à travers l'Afghanistan puis ramené à Glasgow, et enfin ici.''

Les yeux de John s'arrondirent. ''Vous m'avez ramené d'Afgha... Qu'est-ce que ça veut dire ?''

''J'avais besoin de vous trouver afin d'empêcher Sherlock de commettre quelque chose que nous regretterions tous les deux plus tard. Il cherchait désespérément à savoir si vous étiez en sécurité.''

''Mais dans ce cas, pourquoi est-ce qu'il a fait... cette chose ? Ca n'a aucun sens !''

''Sherlock pensait que vous étiez mort.''

''Mais vous saviez pour moi, vous saviez que j'étais vivant, il savait sûrem- attendez ! Vous ne le lui avez pas dit ? Vous n'avez rien dit sur moi à Sherlock ?''

John ne parvenait pas à comprendre ce qui se bordel de merde de passait. Son frère était au courant pour sa situation et n'avait rien dit à Sherlock !? Dans ce cas, qu'est-ce qu'il avait pu lui raconter ? Parce que John était convaincu qu'il fallait bien plus qu'un trou-du-cul comme ce type pour dissimuler des informations à son frère. Mais il écarta cette question pour le moment, puisqu'il savait déjà pour quelle raison Mycroft le Puissant avait fait ça.

''Quand je vous ai trouvé, votre état de santé était dramatique. Les médecins étaient tout sauf certains que vous survivriez à vos blessures. Je ne voulais pas donner de faux espoirs à mon frère, cela aurait aggravé la situation.''

''Plus grave qu'elle ne l'est actuellement ? Y aurait-il quelque chose de pire que Sherlock essayant de se suicider ?'' John pouvait entendre sa voix enfler.

''J'ai... euh... légèrement mal estimé son attachement envers vous.''

''Mal estimé ? Mal – Bordel ! Enfoiré ! Vous saviez, vous auriez pu éviter cet accident à Sherlock mais vous ne l'avez pas fait ! Comment avez-vous pu ?''

''Je peux vous assurer, Docteur, que nul ne regrette plus que moi ce qu-''

''Rien à foutre de vos regrets. Ca n'arrangera pas l'état de Sherlock, vous savez.''

''Raison pour laquelle vous êtes ici. Pour l'aider à aller mieux.''

Et avec ces mots, toute la rage bouillonnante, toute la colère macérant en lui s'évanouit soudainement. Son regard se fit incertain et douloureux, ses épaules basses.

John secoua la tête. ''Non, je ne peux pas. Je ne peux pas.''

''Je ne veux pas exercer la moindre pression sur vous, Docteur Watson, mais je m'y verrai contraint si cela-''

''Vous ne comprenez pas ? Vous ne voyez pas ?''

Mycroft Holmes abhorrait être interrompu au milieu d'une phrase et John l'avait fait un nombre considérable de fois déjà, mais, cette fois, il regarda pour réellement le soldat, essayant de voir ce qu'il était censé voir.

''Quelle est votre objection, Dr Watson ?''

La main droite de John bougea inconsciemment pour toucher la gauche, en écharpe, qu'il ramena vers son torse où sa seconde blessure par balle se trouvait. Il baissa les yeux, le front plissé, comme s'il lui était proposé de relever un défi qui aurait pu changer toute sa vie à venir.

''Je suis brisé.'' Un simple souffle. Creux, larmoyant, fragile – juste le reflet de l'homme lui-même.

Par ces trois mots, le moindre doute que Mycroft Holmes pouvait conserver à propos de cet homme s'évanouit. Il observa John un peu plus et dit sur un ton d'une douceur inhabituelle : ''Sherlock aussi.''

Les yeux de John sautèrent sur l'aîné des Holmes et pendant une moment, il crut voir Sherlock. Son Sherlock. Il ferma immédiatement les paupières.

Mycroft se tint là pendant quelques instants, puis se déplaça vers son fauteuil dans lequel il s'installa. Le moment était fini et John essaya de se recomposer.

''Vous avez besoin de repos, Docteur. Partez et prenez-en. Et une fois que vous serez prêt, appelez-moi ou envoyez-moi un message et j'organiserai votre rencontre avec Sherlock.''

''Mais je n'ai encore rien accepté !'' L'exaspération était claire et perceptible dans la voix de John. Pourquoi cet homme est-il si énervant ? C'est une caractéristique typique des Holmes, ou quoi ?

''Ah, eh bien, je suis sûr que vous le ferez une fois que vous pourrez réfléchir à tout cela dans une atmosphère plus... euh... familière.'' De nouveau ce sourire pincé et agaçant et un hochement de tête qui indiquaient à John que l'entretien était terminé.

En réalité, John ne savait plus vraiment ce qu'il pensait ni ressentait ni ce qu'il devait faire à présent. Il réalisa qu'il s'en fichait, même. Tout ce qu'il voulait, c'était se trouver de puissants antalgiques et un lit. Il était au delà de l'épuisement. Il se sentait totalement vidé.

Il se leva, lança un dernier regard à Mycroft Holmes et pivota pour marcher vers la porte mais, de nouveau, la voix snob et agaçante l'arrêta.

''La lettre, Dr Watson. Vous avez oublié de prendre la lettre avec vous.''

John se tourna et regarda l'enveloppe sur laquelle son nom était inscrit, de l'écriture de Sherlock. Il contracta sa mâchoire, arracha presque la lettre de la table et sans un mot, quitta la pièce.


O-O-O


Une fois la porte fermée derrière lui, John exhala dans un souffle tremblant.

Sherlock était presque mort à cause de lui.

Sherlock avait besoin de lui.

Comment pourrait-il sauver Sherlock alors qu'il était la cause de sa presque-mort ?

Pourquoi Sherlock avait-il fait ça ?

Est-ce qu'il... ? Pouvait-il... ?

Oh, Sherlock...

John serra sa main droite dans un poing qu'il amena devant sa bouche pour s'empêcher de gémir. Un sanglot remonta de sa poitrine. Il ne pouvait pas pleurer maintenant, cette activité était censée être réservée à la nuit. Soudain, il sentit la présence de personnes autour de lui et réalisa qu'il y avait deux personnels de la sécurité postés de chaque côté de la porte, dont un qui lui demandait silencieusement de le suivre.

John savait qu'il aurait dû se sentir honteux de montrer sa faiblesse ainsi, mais il n'en avait absolument rien à faire. De quoi pouvait-il encore se montrer honteux quand la personne qu'il aim- qu'il appréciait le plus avait essayé de se donner la mort par sa faute ? Il avait presque tué Sherlock. Son Sherlock. Il avait élevé la voix contre Mycroft qui avait dissimulé à Sherlock le fait qu'il était en vie mais lui-même n'avait rien fait non plus, n'est-ce pas ? Il aurait pu appeler Sherlock, quand il s'était un peu remis, il aurait pu demander des nouvelles à Sherlock, mais il ne l'avait pas fait. Tout ce à quoi il avait été capable de penser était sa propre faiblesse, sa vie brisée et inutile et combien il se sentait misérable. Il n'avait songé à aucun moment que donner quelques nouvelles pourrait éviter que Sherlock n'attente à sa vie. Mycroft Holmes ne voulait pas donner de faux espoirs à son frère et John ne voulait pas lui en donner du tout, mais tous les deux clamaient que c'était pour le bien de Sherlock. Quelle ironie.

John boita jusqu'à la voiture qui l'attendait devant la porte du Diogenes Club.


O-O-O


Cela faisait deux jours que Mycroft avait eu cet entretien à la fois intéressant et révélateur avec le médecin militaire. Il n'avait toujours pas reçu le moindre message ni appel de sa part. Mycroft était presque sûr que l'attachement entre son frère et le médecin était mutuel, mais il savait également qu'ils étaient tous les deux des idiots. Honnêtement, il ne souciait pas le moins du monde de John, il n'y avait aucune raison pour que ce soit le cas, mais le stoïcisme et le détachement grandissants de Sherlock l'angoissaient. Mycroft savait que s'il ne parvenait pas à persuader John d'aider son frère, il risquait de le perdre une nouvelle fois et probablement pour de vrai, cette fois, étant donné son état de santé. Mais il ne voulait pas non plus devoir terroriser le médecin pour le contraindre à faire son travail, toute la situation étant hautement délicate et sentimentale. En bref, Mycroft était coincé, même s'il ne l'admettrait jamais tant qu'il était en vie.

Juste au moment où il commençait à penser à comploter un nouveau plan qui ne laisserait le médecin avec aucune autre option, son téléphone l'informa d'un message entrant.

Je veux le voir. - JW

Mycroft aurait pu exécuter une danse à la Mary Poppins avec son parapluie, s'il avait vu le film. Il répondit immédiatement.

Très bien. Une voiture vous attendra devant votre établissement de soin à seize heures demain – MH

Il ne pensait pas qu'il recevrait de message de confirmation, et il avait raison.


O-O-O


Sherlock était dans sa chambre, assis face à la fenêtre, regardant la nature devenir grise, dehors. Ses yeux étaient posés là, mais tout ce qu'il voyait était du sable, le soleil et un jeune soldat souriant avec un logo de la RAMC sur son uniforme.

John...

Peu importe combien il essayait, John était toujours là. Dans sa conscience, dans son inconscient, dans son subconscient... John y était toujours. John avait fusionné avec son psyché.

John. John. John

Sherlock était assis sur la seule chaise de la pièce, son menton reposant sur ses genoux repliés contre lui, se balançant doucement d'avant en arrière.

Un toc-toc doux, une voix féminine, ''Sherlock, vous avez un visiteur.''

On est mercredi ? Déjà ? Peut-être pas. Peut-être que le dernier mercredi était il y a deux mois. En quoi est-ce que ça a de l'importance, de toute façon ?

Comme il ne répondait pas, l'infirmière répéta les mots ce qui eut pour résultat un lapidaire : ''Je suis un toxicomane, Natalie, pas un malentendant. Je suis en parfaite capacité de vous comprendre.''

Natalie était apparemment immunisée aux piques de Sherlock car elle ne cligna même pas des yeux et demanda à la place : ''Est-ce que vous désirez voir votre visiteur ?''

''Est-ce que j'ai vraiment le choix ?''

''Eh bieeeen, si v-''

''Epargnez-moi ça, Natalie. Accentuer vos voyelles n'améliorera en rien vos conseils ineptes. Je vais y aller et rencontrer le rejeton des Holmes qui détient toute la gloire dans cette famille de fous.''

''Euh... Il... est... Il-''

Il exprima son agacement dans un soupir et bouscula presque l'infirmière en sortant de la pièce.

Une nouvelle soirée pour tester ma patience. Sherlock composa minutieusement son masque nonchalant. Il ne parviendrait jamais à tromper son frère, mais n'arrêterait pas non plus d'essayer.

Il atteignit la pièce des visiteurs, tourna la poignée, poussa la porte, entra d'un pas puis s'arrêta net.

Blond comme le sable. Des yeux chaleureux d'un bleu cobalt. Une peau doré. 1 mètre 70. Mince mais bien charpenté. Trapu. La main gauche tenue par une écharpe. L'épaule gauche raide et probablement bandée. Pas probablement, définitivement. Une chemise à carreau. Un pantalon brun. Des chaussures et une veste militaires fatiguées. Se tenant droit, mais la main droite serrée sur le pommeau d'une canne en métal.

John...

John...

''Sherlock ?''

L'homme avait parlé.

John...

''Sherlock ? Je- Je suis... John.''

John.

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Ooooooh, vous allez aimer les cliffhangers de cette histoire, je vous le garantis ;D

Rengaine de toujours : je traduis vos reviews pour Abbey, alors n'hésitez pas si vous voulez lui faire savoir ce que vous en avez pensé !

Bises à tous, et à la semaine prochaine ! (ou peut-être avant pour une tout autre histoire ! \o/ Si vous êtes sages)

Nauss