Disclaimer : Comme vous le savez tous, rien n'est à moi !
Une petite suite, juste pour le plaisir !
- La vengeance de Severus -
Severus se retint de rire à la vue des mines choquées, intriguées, voir même intéressées pour certains, des élèves qui s'apprêtaient à sortir de la salle après ses dernières paroles. Il ne put le jurer, mais il était certain d'avoir vu Nott et Zabini sortirent des cachots un peu plus rapidement que d'habitude. Il allait lui aussi les suivre quand il vit qu'un des adolescents n'avait pas bougé, toujours planté devant son bureau.
"Mr Londubat... Des cours de potions supplémentaires vous intéresserait-il ?" dit-il de sa voix la plus froide, ravi de voir son élève trembler de peur.
Trop facile...
"N-n-non Monsieur... je... je euh... c'est hum... pour..." commença Neville.
"Accélérez Londubat ! J'aimerai aller déjeuner si ce n'est pas trop vous demander !"
Et en faire voir de toutes les couleurs à ce vieux crouton par la même occasion !
"Est-ce que je... c'est pour... euh... reprendre ma peluche Monsieur..." répondit le jeune homme, si bas que Severus dut tendre l'oreille pour entendre.
"Votre pelu... quoi ?" Severus était abasourdi, lui confirmant l'idée que les Gryffondor n'étaient que des pleurnichards beaucoup trop sentimentaux. Mais il n'avait pas envie de s'énerver. Non, car aujourd'hui, il vivrait surement une de ses plus belles journées, et il avait décidé que rien ne pourrait la gâcher.
"Faites donc..." soupira le professeur avec un geste de la main en direction de l'armoire à ingrédients, exaspéré.
Neville, conscient de sa chance, ne se fit pas prier et se dépêcha d'attraper sa mandragore verte et rose, peluche qui avait demandé toute la patience et les talents en Métamorphose du professeur de Potions. Ceci fait, il se rua presque vers la sortie, marmonnant un tout petit "merci Monsieur" en gardant les yeux rivés sur le sol.
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Si Severus n'avait pas une réputation à garder, il aurait couru dans les couloirs le menant à la Grande Salle, comme un enfant trop excité le matin de Noël pour aller ouvrir ses cadeaux. Mais non il était là, fidèle à lui-même, austère et glacial, marchant d'un pas d'une lenteur calculée vers les étages supérieurs, mais essayant tant bien que mal de cacher sa jubilation. Il tenait dans sa main les six fioles de potion confectionnée par ses élèves un peu plus tôt, les protégeant tel un trésor.
La matinée avait été plutôt calme. Pendant que Severus attendait impatiemment les potions et réfléchissant au meilleur moyen de les administrer à son ennemi du jour, Potter et Malefoy avait bien tenté de reprendre leur dispute là où ils l'avaient arrêté la veille, mais en vain. Un seul coup d'œil vers leur professeur, qui ne disait rien mais dont le regard plus que noir parlait pour lui, les en avait dissuadé dans la seconde. Le reste du cours s'était déroulé normalement. Apparemment, la pression de la note de la potion en moins, les élèves travaillaient sans le moindre bruit et beaucoup plus efficacement.
Il était arrivé, se tenant sur le seuil des grandes portes. Le brouhaha de la Grande Salle lui massacrait les oreilles mais peu lui importait. La salle était remplie, hormis quelques retardataires qui le dépassaient en s'excusant pour rejoindre leur table.
Bien, bien...
Severus regardait la table des professeurs. Dumbledore se trouvait juste en face de lui, à l'autre bout de la pièce, mangeant aussi proprement que d'habitude.
Weasley a de la concurrence !
Mais il se rendit compte qu'une seule chaise était vide à ses côtés, l'autre se trouvait quatre places plus loin, près du professeur Vector. Il balaya la salle du regard et vit Minerva qui se dirigeait vers la table professorale, aussi raide qu'un manche à balai.
Non ! Si elle arrive avant moi, elle va forcément s'assoir à côté de lui ! Mon plan va complètement tomber à l'eau !
Severus avait d'abord pensé aux elfes de maisons dans les cuisines, prenant exemple sur les Serpentard pour que les potions arrivent directement dans le verre de sa victime, mais cette fois, c'était Dumbledore qui était visé et non quelques stupides élèves. Le directeur était considéré comme un véritable dieu pour les petites créatures. Aucune chance. Il avait donc opté pour la solution, certes pas la plus discrète, mais la plus efficace. Celle de verser lui-même les potions dans la nourriture d'Albus. Et pour cela, il était impératif d'être à proximité. Alors il s'avança à grands pas vers sa table, pas trop pour ne pas éveiller les soupçons mais assez pour distancer sa collègue. La sueur perlait sur son front et ses mains devinrent moites. Le souffle de plus en plus haché, il la vit contourner les tables des étudiants pour arriver à celle réservée aux professeurs.
Non, non, non !
Mais visiblement, la chance était avec lui. A peine s'était-elle engagée vers sa table qu'un élève l'interpella pour lui demander quelques informations sur un exercice de Métamorphose, laissant le champ libre à Severus pour la dépasser. Soupirant de soulagement, un petit sourire victorieux aux lèvres, il se promit intérieurement de rajouter deux ou trois points de plus sur le futur devoir de potions de ce jeune Poufsouffle, complice involontaire de sa vengeance. Il s'assit enfin sur la chaise tant désirée, se délectant du regard ennuyé de sa collègue, deux minutes plus tard, quand celle-ci remarqua où se trouvait la dernière place vacante de la table.
A vous l'Arithmancie et les discours interminables, Minerva !
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"Tiens, bonjour mon garçon !" s'exclama le vieux directeur, sa barbe remplie de miettes de pain. "Est-ce que tu me boudes encore ?"
Severus fronça les sourcils. Il ne l'avait pas vu depuis la veille, avant le repas du midi, alors pourquoi pensait-il que... Ah ! Evidemment. Il avait dû penser que son absence au petit déjeuner était de sa faute. Alors inutile de lui dire qu'il l'avait passé à cuver son reste de whisky, étalé sur son canapé. Il arriverait peut-être à le faire culpabiliser, bien que Severus n'y croyait pas trop.
"Voir votre tête de vieux singe heureux dès le matin m'aurait coupé tout appétit. Et je n'aurais encore moins supporté votre bonne humeur face aux évènements d'hier." grommela le professeur de potions.
"Et pourquoi donc ? Je suis arrivé à l'infirmerie avec l'antidote peu de temps après ton départ, selon Pompom. Elle les a trouvé tout à faits adorables et polis, de vrais petits anges ! Tu devrais prendre le temps d'apprécier tes élèves, Severus. Je suis sûr que tu les trouverais charmants."
Severus se retint de lui dire que les mots "anges", "adorables" et "charmants" ne faisaient pas partis de son vocabulaire, et encore moins quand il fallait les utiliser pour qualifier ses étudiants - ou les êtres humains en général. Il préféra donc se taire, et reporta toute son attention sur le plat de viande devant lui. Tout en se servant, il réfléchissait au moyen de détourner l'attention du directeur pour lui laisser le temps de verser les fioles dans son verre. Mais Albus ne lâchait pas son repas, garnissant son assiette de pommes de terre alors que celle-ci n'était même pas encore vide. C'était à se demander comment il pouvait garder la ligne avec tout ce qu'il engloutissait.
Severus eu un soupir nerveux. Dans sa tête, cela paraissait simple. Mais une fois sur place, il ne voyait vraiment pas comment agir sans se faire repérer. Il balaya la salle du regard, à la recherche d'une idée quelconque, quand il s'arrêta sur la table des Serpentard. Malefoy, Parkinson, Nott et Zabini n'avaient même pas touché à leurs assiettes, se contentant de regarder leur professeur, souriant avec impatience. Un coup d'œil sur la gauche et il vit la même chose chez les Gryffondor. Maintenant, il n'avait plus le choix, hors de question de se défiler !
Il était de plus en plus agité. Il ne voyait aucun moyen d'administrer les potions à Dumbledore, mais il ne voulait vraiment pas perdre la face devant ses élèves. Et plus il y réfléchissait, plus il perdait de temps. Il lança encore une fois un regard fébrile sur la table des Gryffondor et vit le célèbre Trio d'Or en pleine concertation. Il parlait entre eux, visiblement à voix basse, en lui jetant régulièrement quelques coups d'œil. Soudain, ils eurent tous les trois un sourire ravi. Weasley attrapait quelque chose dans la poche intérieure de la robe de son uniforme et Potter leva son pouce dans la direction du professeur de potions. Bien que placé assez loin, Severus vit nettement ce qui se trouvait maintenant dans la main du rouquin. Et c'est seulement grâce aux années passé à côtoyer les jumeaux Weasley qu'il put reconnaitre l'objet.
De la Poudre d'Obscurité Instantanée !
Severus écarquilla les yeux. Ses élèves - et pas n'importe qui, des Gryffondor - étaient-ils en train de l'aider ? De l'aider dans sa revanche contre leur directeur ? Mais il ne put pousser ses pensées plus loin que, dans un grand bruit retentissant, un énorme nuage noir envahit tout l'espace de la Grande Salle. Alors que la plupart des jeunes criaient et se bousculaient - personne ne put rater le hurlement hystérique de Lavande Brown -, le professeur déboucha ses six fioles de potions et les versa dans le gobelet de Dumbledore, qu'il avait réussi à attraper quelques secondes avant que la nuée d'obscurité ne les atteigne.
Il entendit les raclements des chaises sur le sol en bois de l'estrade, signe que plusieurs de ses collègues s'étaient levés, alors que de part et d'autre de la salle, on pouvait discerner des "aïe", des "ouille" ou encore des "eh c'était mon pied ça !". A côté de lui, il sentit Dumbledore se lever, prononçant une incantation destinée à dissiper le nuage de fumée noire, toujours sous les cris d'indignation des étudiants.
Petit à petit, la lumière que diffusait les larges fenêtres de la Grande Salle reprenait ses droits, laissant voir quelques adolescents qui étaient tombés par terre, d'autres cachés sous les tables ou encore des plats remplis de nourriture renversés.
"Allons allons mes enfants, du calme ! Rien ne sert de paniquer et remercions plutôt la personne qui nous a offert cette joyeuse surprise venant directement de la boutique de farces et attrapes de ces chers Messieurs Weasley !" dit gaiement Dumbledore qui, avec un coup de baguette, nettoyait la pièce, faisant même léviter quelques élèves jusqu'à leurs places respectives. "Rien de vaut un petit moment de détente, n'est-ce pas ?" lui dit Dumbledore, en se rasseyant sur sa chaise.
Le professeur de potions se contenta de grommeler dans sa barbe inexistante, beaucoup trop focalisé sur les faits et gestes de Dumbledore, son attention particulièrement visée sur le verre de ce dernier. Severus avait fait la plus grosse part du travail, il avait versé toutes les potions sans se faire repérer. Ne restait plus qu'à se délecter du futur spectacle. Il eut beaucoup de mal à se l'avouer, mais il avait réussi ce miracle uniquement grâce aux Gryffondor, et indirectement, aux jumeaux Weasley.
Des Gryffondor qui se la jouent Serpentard... Impensable !
Justement, en parlant de ses Serpents, il jeta un regard en direction de leur table, et Severus n'eut aucun doute sur le fait qu'ils n'avaient rien raté du petit manège de leurs adversaires. Malefoy et Nott fixaient Weasley avec une lueur presque admirative dans les yeux. Un mouvement de tête sur la gauche et il vit, en plus du Trio, tous les Gryffondor présents dans son cours de potions en train de le fixer, trépignant impatiemment sur leurs bancs.
Il allait retourner à son assiette, quand tout à coup, un bruyant barrissement résonna de toute part dans la Grande Salle, le faisant sursauter et lâcher la fourchette qu'il tenait dans sa main. Comme un seul homme, des centaines de têtes abasourdies se tournèrent vers la source du cri, alors que Severus arborait son sourire le plus sadique.
Que le spectacle commence...
Les élèves, bien qu'habitués aux délires les plus loufoques de leur directeur, se demandaient surement s'il n'avait pas atteint ses propres limites, le point de non-retour, et qu'une retraite forcée lui ferait certainement le plus grand bien. A peine eurent-ils le temps de se remettre du premier choc que Dumbledore - qui ne mesurait pas plus d'un mètre vingt grâce à la Potion de Ratatinage - se leva de sa chaise, toujours en imitant l'éléphant et se servant de sa longue barbe grise pour faire la trompe de l'animal. Un éclat de rire général envahit la pièce et Severus dut faire preuve de toute sa concentration pour ne pas faire de même. Les professeurs, eux, étaient visiblement inquiets quant à la santé mentale de leur supérieur. Mais avant même de faire un mouvement dans sa direction, le directeur, à la vue d'une banane posée dans la corbeille à fruits un peu plus loin, sauta sur la table pour l'attraper, sautillant les jambes fléchies et se grattant les aisselles de ses mains. La Grande Salle entière était hilare et certains élèves étaient tombés sur le sol, se tenant les côtes, emportés par leurs fous rires.
Le vieil homme, lui, après avoir dégusté sa banane, était descendu de la table et avait entreprit de courir autour, battant des bras comme pour s'envoler, faisant des petits bruits aigus d'oiseau. Quand il passa près du professeur de potions, celui-ci put remarquer que d'innombrables plaques rouges faisaient surface sur son visage, son cou et ses mains. La Poudre à Verrues faisait son effet. Severus avait de plus en plus de mal à se contenir, se retenant d'exploser de rire à tout moment.
"Albus ! Par Merlin, que vous arrive-t-il ?" s'exclama Pompom, la première à se reprendre. "Je vous emmène à l'infirmerie sur le champ !"
Hein ? Merde, je l'avais oublié celle-là !
Mais alors que Pomfresh s'avançait vers le directeur, qui picorait dans l'assiette du professeur Sinistra en gloussant comme une poule, un gargouillement écœurant se fit entendre et quelques instants plus tard, un élève de première année de Serpentard se mit à cracher de volumineuses limaces gluantes, alors que ses camarades se reculaient de dégoût.
"Oh mon pauvre enfant !" s'écria Pompom qui se ruait sur le jeune garçon, oubliant complètement Dumbledore.
Elle le prit par la taille en lui donnant une bassine qu'elle avait conjurée avec sa baguette, et sortit de la Grande Salle en direction de l'infirmerie. Severus fronça les sourcils, sceptique. Il doutait fortement que cet évènement ne soit qu'une simple coïncidence. Il eut rapidement la réponse quand il jeta un coup d'œil vers ses élèves, et il vit sans surprise Malefoy ranger discrètement sa baguette dans sa robe d'uniforme, un air fier sur son visage. Croisant le regard de Drago, Severus hocha brièvement la tête en signe de remerciement.
Revenant sur ce qui se passait dans la pièce, Severus vit Dumbledore revenir vers la table des professeurs, les effets de la potion d'imitation Animale et de Ratatinage ayant cessés, et se rassoir sur sa chaise un peu perdu et hagard, mais pour le plus grand bonheur du professeur, couvert de verrues.
"Eh bien Albus, voilà ce que j'appelle un réel moment de détente, voyez-vous." lui dit Severus, ne cachant même pas son sourire.
"Je suis certain que tu prends énormément de plaisir à me voir agir de la sorte mon garçon ! Après tout, ce n'est que justice."
"Pourquoi avoir mis autant de temps à préparer l'antidote pour la potion rajeunissement, hier ?" lui demanda Severus, profitant maintenant des effets du Veritaserum.
"Ta colère était vraiment distrayante tu sais ! Tu ressemblais à Minerva après avoir croiser Peeves, le chignon en moins bien sûr ! Oh d'ailleurs, savais-tu que Minerva avait une collection tout à fait remarquable de cartes de chocogrenouille ? Pas aussi belle que ma collection de caleçons d'hiver cependant... Je me rappelle, il y a quelques années, lorsque ma robe s'était accrochée à ma chaise, dévoilant mon caleçon des Canons de Chudley à Sybille, qui d'ailleurs est loin d'être prude puisque je me souviens que..."
Severus jubilait littéralement, la salle entière explosait de rire et quelques professeurs préféraient baisser la tête, rouge de honte, au fur et à mesure des anecdotes que racontaient Dumbledore. La combinaison du Veritaserum - Potion de Désinhibition faisait des merveilles ! Alors si en plus, quelques-uns de ses collègues subissaient involontairement le fruit de sa vengeance...
"... la fois où Severus s'était pris les pieds dans le tapis et que..."
Non !
Severus, se moquant de sa réputation à garder à ce moment précis, se jeta sur Dumbledore, bien décidé à le faire taire rapidement. Mais à l'instant où il allait poser brutalement sa main sur la bouche du directeur, il vit le regard de ce dernier changer, devenir brillants et avec une étincelle de... désir ?
"... Oh Severus ! Tes cheveux si doux, ta voix si grave, comme j'aimerais que tu me prennes dans tes bras !"
Qu'est-ce que... nom d'une citrouille !
Si Severus avait été plus attentif aux potions qu'il avait versées dans son verre, il se serait certainement souvenu qu'une dernière manquait à l'appel. Le philtre d'amour.
Un de mes cheveux a dû tomber dans son verre au moment où j'y versais les potions... Merde ! Pour une fois que cet abruti congénital de Londubat réussissait quelque chose !
Le vieux directeur avançait vers lui, les bras tendu et un sourire niais sur son visage. Severus reculait, tentant de mettre de la distance entre eux et manquant de tomber de l'estrade.
" Tu hantes mes rêves Severus ! Et mes rêves sans toi ne sont que des cauchemars... Je comprends maintenant ! Severus, je t'ai..." continua Albus, sous les rires de plus en plus sonores des élèves.
"Stop ! Non Albus, ne prononcez jamais ce mot, je vous interdis de finir cette phrase ! Et arrêtez d'avancer ou je vous jette un sort, supérieur ou pas !" lui cria le professeur de potions alors que le mur se rapprochait dangereusement derrière lui, ne lui laissant aucune échappatoire.
C'est à ce moment-là que Pompom revint, en compagnie du jeune Serpentard - qui avait retrouvé quelques couleurs - et se dirigea directement sur le directeur. Elle lui prit gentiment le bras afin de l'éloigner de son "amoureux". Severus soupira de soulagement. Il n'aurait jamais cru que sa revanche prendrait ce tournant inattendu et remercia en silence l'intervention presque divine de Pomfresh.
La sonnerie signalant la reprise des cours de l'après-midi sonna, et Severus regarda Dumbledore s'éloigner de la Grande Salle avec l'infirmière tandis qu'il pouvait encore entendre "Mais je l'aime Pompom !"
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Cinq minutes plus tard, Severus marchait vivement en direction des cachots. Il était satisfait dans l'ensemble, bien qu'il se serait passé de la dernière partie de sa vengeance. Voir un Albus Dumbledore amoureux transi resterait gravé dans sa mémoire, pour son plus grand déplaisir. Mais ce n'était qu'un détail comparé au reste du divertissement qu'il avait gracieusement offert à l'ensemble de l'école.
Il arriva dans le couloir de sa salle de classe quand il entendit des rires et des exclamations de joies. Quelques mètres de plus et il vit ses étudiants de septième année qui riaient ensemble.
Ensemble ?
Zabini et Potter copiaient le directeur dans sa version du vieux singe, poussant des cris incongrus sous les rires de Granger, Parkinson, Patil et Brown. Un peu plus loin, Malefoy expliquait joyeusement à Thomas, Finnigan et Londubat comment il avait jeté discrètement le sort du crache-limace à son camarade de maison alors que Nott et Weasley parlaient gaiement des nouvelles inventions des frères jumeaux de ce dernier.
Si Dumbledore savait que son rêve quasiment utopique se déroulait en ce moment même sous les yeux de son professeur de potions, au lieu d'ingurgiter différents remèdes aux potions au goût plus dégoutant les uns que les autres !
Severus ne le dira jamais, mais il était presque fier de ses élèves. Sans l'intervention de Weasley et de Malefoy, il aurait pu difficilement arriver à ses fins. Qui aurait pu penser que ces deux maisons rivales se rapprocheraient, le temps d'une journée ? Avec un petit sourire en coin, toujours dans ses pensées, il continua sa route, dépassa ses étudiants et ouvrit la porte de la classe. Les adolescents, eux, vraiment pas habitués à voit leur sombre et colérique professeur sourire, ne bougèrent pas du couloir, abasourdis. Severus, voyant la réaction qu'il avait engendré et se flagellant mentalement de s'être laissé aller devant des élèves, se reprit rapidement.
" Vous attendez quoi, une invitation ? Je ne vais pas tenir la porte indéfiniment bande de cornichons !"
- FIN (la vraie !) -
