AUTEUR: criminalxxxmindsxxxfreak
TITRE ORIGINAL: A Place to Call Home
DISCLAIMER: Les personnages, le texte original et les idées ne sont pas de moi. Je n'ai fait que traduire le texte, avec la permission de l'auteur.

N/T: C'est officiel, je déteste les verbes « to hurt » et « to snap », le premier parce qu'il offre très peu de synonymes et que j'ai l'impression de me répéter; le deuxième parce qu'il n'y a pas d'équivalent français, ce qui est très embêtant considérant qu'il est utilisé à maintes reprises par l'auteure !
Je trouve que j'ai mieux traduit ce chapitre-ci. (Le fait que je ne suis plus malade a sûrement aidé.) Par contre, Morgan pourrait éviter les petits surnoms qu'il réserve à Garcia, c'est impossible à traduire. ."
J'espère que ce chapitre aussi vous plaira et merci à ceux qui ont laissé des commentaires. Ça me fait plaisir de voir ce que vous pensez de mon travail. x)


Chapitre 2 : Dévastation

Brad guida les plus jeunes en bas, jusqu'à la salle à manger où les attendaient Nat et Grant. Leurs places étaient déjà mises. Toutes, sauf celle de Lizzie. « Où est l'assiette de Lizzie ? » demanda Brad en aidant la fillette à grimper sur sa chaise. Spencer s'assit à côté d'elle, jetant un coup d'œil coupable à la place vide de la petite fille.

« Elle m'a désobéi, » répondit abruptement Nat, une grande femme à l'air perpétuellement colérique et aux cheveux noirs coupés courts. « Et tu ferais mieux de t'asseoir, Bradley, ou tu n'en auras pas non plus. »

Brad jeta un coup à la fillette et s'assit dans sa chaise. « Qu'est-ce qu'elle a fait qui était si mal ? » demanda-t-il.

« Si c'était de tes maudites affaires, je te le dirais, » cracha Nat tout en jetant un regard furieux au garçon.

« Elle ne voulait pas aller dans sa chambre, » répondit Spencer d'une toute petite voix. « Grant était à l'intérieur. »

Grant étendit le bras et gifla l'enfant à la figure; les larmes lui montèrent aux yeux. « Ta gueule, Spencer, » le réprimanda brusquement Grant. « Personne ne te parlait. »

Le garçon baissa les yeux vers sa nourriture tout en tâchant d'empêcher les larmes de déborder. « Oui, monsieur, » murmura-t-il.

« Laisse-le tranquille, » marmonna hargneusement Brad. « Ce n'est qu'un enfant. »

« Tu restes en dehors de ça, mon garçon, » répondit brutalement Grant. « Tu as déjà assez d'ennuis pour être revenu si tard à la maison. »

« Je faisais mes devoirs à la bibliothèque ! » protesta-t-il. Un coup de poing reçu en plein visage le dissuada de proposer d'autres arguments. Il fixa rageusement sa nourriture avant de commencer à manger, la mâchoire serrée.

Spencer, qui mangeait du bout des dents, prit une languette de poulet et, la tenant sous la table, la passa à Lizzie. Quoique reconnaissante, elle la prit à contrecœur. Elle ne voulait pas que Spencer se fasse mal parce qu'il essayait de l'aider.

Elle cacha la nourriture dans la poche de sa robe et offrit un petit sourire à son frère adoptif. Spencer lui sourit aussi et jeta un coup d'œil à Grant et Nat. Tous deux étant absorbés par leur repas, il se risqua à tenter une autre passe; il prit rapidement une deuxième languette et la tendit à Lizzie. Kayla, assise de l'autre côté, lui donna un léger coup de coude en faisant un signe de tête vers Grant, qui avait levé les yeux.

« Qu'est-ce que tu fais, mon garçon ? » demanda-t-il, du venin dans la voix.

« R-rien, » bégaya-t-il. « J'étais j-juste-»

« Tu essayais de lui donner de la nourriture en cachette, pas vrai ? » demanda-t-il. Sa voix était dangereusement calme. Cela faisait encore plus peur à Spencer que lorsqu'il criait.

« N-non. » Il hocha la tête vigoureusement. « Je ne le faisais pas. Je le jure. »

« Ne me mens pas, Spencer, » le rabroua Grant. « Tu sais ce qui arrive quand tu mens. »

Grant soupira, comme si ce qu'il allait faire ne lui plaisait pas. « Lève-toi, » ordonna-t-il, se levant lui-même de la table. Nerveusement, l'enfant s'exécuta, tremblant. « Viens avec moi. » Spencer commençait à suivre l'homme quand le bras de Bras attrapa le sien.

« Non, Spencer, tu restes juste ici, » dit-il. « Il t'a déjà assez fait mal aujourd'hui. »

Grant se retourna et le regarda d'un air furieux. « Laisse-le aller, Bradley. Tu as déjà des ennuis. »

Brad déglutit et secoua la tête. Il ne pouvait pas encore le laisser faire du mal à Spencer. « Non, » dit-il d'une voix tremblante. Il essayait du mieux qu'il pouvait de cacher la peur dans sa voix, mais ça ne servait à rien. Il était terrifié par l'homme qui se tenait devant lui.

« Non ? » demanda Grant; le ton de sa voix commençait à s'élever. « Qu'est-ce que tu veux dire non ? »

« Tu ne peux pas le blesser encore. Il ne mérite pas ça, » dit Brad, restant sur sa position

Il était terrifié, mais il était complètement écœuré de simplement regarder pendant que les enfants se faisaient battre. Ça allait quand c'était lui, mais quand il s'agissait de Lizzie, ou Kayla, ou plus particulièrement de Spencer, c'était une autre histoire.

« Je ne peux pas ? » Grant haussa un sourcil. « Mon garçon, ce n'est pas toi qui va me dire ce que je peux ou ne peux pas faire. Je peux faire tout ce que je veux dans ma maison. Maintenant, lâche-le ou ce sera encore pire pour vous deux. »

Brad se mordit la lèvre et jeta un coup d'œil au garçon. S'il allait faire encore plus mal à Spencer, Brad ne voulait pas particulièrement exciter sa colère. Il délaissa la prise qu'il avait sur le bras de Spencer à contrecœur. Grand acquiesça. « Monte et attends-moi, » ordonna-t-il, poussant le jeune garçon en direction de la porte.

Spencer sortit précipitamment de la pièce et courut au deuxième étage, horrifié.


Aussitôt qu'il fut parti, Grant se tourna vers Brad et le tira brutalement à lui, le forçant ainsi à se lever. « Tu montes aussi, » dit-il. « Ma chambre. Ne me désobéis plus ou le petit Spencer sera le moindre de tes soucis. »

Brad dévisagea avec hargne l'homme et suivit Spencer dans les escaliers. Il espérait de tout cœur que Grant serait assez fâché après lui pour y aller un peu moins fort sur le petit. Ce n'était pas juste qu'il soit puni seulement parce qu'il avait essayé d'aider Lizzie.

Grant lança un regard furieux aux fillettes assises à la table. « Est-ce qu'il y en a une de vous deux qui veux m'essayer ? » gronda-t-il.

Les filles hochèrent la tête, la panique évidente dans leurs yeux. « Bien, » souffla-t-il. « Kayla, finis de manger et amène Lizzie en haut. Si elles te donnent de la misère, tu me le dis Natty, » dit-il à sa femme qu'il embrassa doucement sur les lèvres avant de se tourner et de se diriger vers le haut des escaliers.

Lizzie resta assise, des larmes brûlant ses yeux. Mais elle ne pouvait pas pleurer. Nat n'aimerait pas ça. Elle devait rester calme. Elle sentait les deux languettes de poulet que Spencer lui avait passées, glissées dans sa poche. Elle espérait de tout cœur que Grant les oublierait et qu'elle aurait quelque chose à manger cette nuit.


Dans l'avion du BAU, JJ étendait des dossiers devant les profileurs. « Il y a trois mois, George et Nina McBride ont été assassinés dans leur maison. Il y avait trois enfants adoptifs qui restaient avec eux, Kellie Michael, Jonathan Tyler et Brianna Morison. »

« Les enfants n'ont pas été blessés ? » demanda Morgan qui, les sourcils froncés, regardait l'horrible scène.

« Non, ils étaient tous enfermés dans leur chambre. La plus vieille, Kellie, dit qu'elle a seulement vu un homme portant un masque de ski, puis qu'elle a entendu des cris. L'unsub a laissé les enfants dans leur chambre après qu'il ait tué les parents d'accueil. Les policiers ont dû les faire sortir. Les quatre autres meurtres sont pareils, » expliqua-t-elle.

« Donc, il ne veut pas blesser les enfants, juste les parents, » nota Hotch.

« Lui-même vient probablement d'une famille d'accueil, » ajouta Rossi. « Il ne se contente plus d'un rêve de vengeance sur les parents qui ont abusé de lui, il passe à l'action. »

« Est-ce qu'il y avait des traces d'abus sur les enfants ? » demanda Prentiss qui se pencha légèrement en avant.

« Non, aucun. Les enfants ont tous été questionnés; les travailleurs sociaux ont tous dit qu'ils avaient trouvé des maisons agréables, avec une famille décente. Et maintenant, tout ça leur a été enlevé, » dit tristement JJ.

« C'est tellement difficile de trouver une bonne maison d'accueil… » Prentiss hocha la tête. « Cet unsub ne veut pas blesser les enfants, mais il détruit le mince espoir qu'il leur restait. C'est presque pire. »

« Si l'on cherche quelqu'un qui a été dans le système, ça va être difficile, » dit Hotch, « Il y a des milliers d'enfants qui en font partie, seulement à Vegas. »

« Eh bien, il est de toute évidence en colère contre eux, » dit Rossi. « Garcia pourrait vérifier s'il y a eu des parents d'accueil de la région qui ont reçu des plaintes d'abus dans le passé. C'est une entreprise hasardeuse, mais peut-être qu'on trouvera quelque chose. »

Morgan acquiesça et sortit son téléphone pour appeler Garcia. « Impératrice de la Super Autoroute de l'Information, » répondit-elle d'un ton guilleret. « Comment puis-je t'aider en cette magnifique soirée, oh mon beau chevalier ? »

Morgan sourit. « Salut, splendide. J'ai une faveur à te demander. Pourrais-tu nous avoir le nom de toutes les familles d'accueil contre qui il y eu des plaintes d'abus; remonte jusqu'à quoi ? dix, quinze ans ? » demanda-t-il, demandant d'un coup d'œil une confirmation à Hotch.

« Tu veux tous ces noms ? » demanda Garcia. « As-tu seulement idée de la longueur qu'aura cette liste ? »

« Je sais, baby girl, mais notre unsub vient probablement d'une maison d'accueil abusive alors n'importe quelle information peut nous aider.

« D'accord, dans ce cas j'enverrai la liste aussitôt que je l'ai. »

« Merci, baby girl. » Morgan sourit en raccrochant. Il baissa les yeux sur les corps ensanglantés des photos. Ces enfants étaient passés à travers d'assez, pas vrai ? Pourquoi devaient-ils perdre le peu de bonheur qu'ils avaient trouvé ?