Bonjour tout le monde! Désolé pour le léger retard! Je dois dire que j'ai été un peu déçue du fait qu'il n'y ait pas eu de commentaires au dernier chapitre, même si ce n'est pour dire que vous avez aimé ou que j'ai bien traduit. Je sais que je ne suis pas l'auteur, mais j'ai passé beaucoup de temps à traduire l'histoire. Mais bon, je ne vais pas vous forcer. Voici la suite de Great Minds (Traduction)


Je me tortillai nerveusement dans mon siège, tordant le rebord de ma manche entre mes doigts moites.

Le docteur qui m'avait inspecté pour chercher des blessures ou n'importe quel autre traumatisme avait été gentil. Il n'avait pas posé de questions sur les raisons pour lesquelles j'avais été transportée dans le bâtiment avec une foule de reporters sur les talons ou pourquoi je m'étais évanouie dans les bras de l'ambulancier. À la place, il m'avait posé des questions sur ma vie au collège : mes diplômes, mes classes favorites. . . Il avait tenu une conversation légère sur le beau temps et les parties de sport récentes. C'était très apaisant.

D'une certaine manière, déduit de la façon que les infirmières semblaient se recroqueviller de peur dès qu'il leur demandait d'accomplir même les tâches les plus simples, je ne pensais pas que les autres patients (ou les gens en général) échangeaient de telles plaisanteries avec lui. Je supposai que le nom de famille étalé à l'encre noir sur ma carte d'assurance avait fait du bon travail pour remplacer les nuages amers dans son esprit par des rayons de soleil et des arcs-en-ciel.

Je pouvais entendre des voix assourdies directement à l'extérieur et je jetai un regard vers le côté opposé de la pièce.

Maintenant, le même docteur argumentait ardemment avec un groupe d'hommes qui se tenait à l'arrière de la porte.

« Yamashita-san a subit tellement de stress qu'elle s'est évanouie. Elle n'est pas prête à raconter ce qui s'est passé. »

« Ce stress a été probablement causé par la masse de journalistes qui grouillait autour d'elle. » Une voix suave renvoya, étrangement calme et posée. « Nous avons juste besoin de lui poser quelques questions à propos de l'incident. C'est de la plus grande importance pour notre enquête. »

« C'est absolument hors de question. Elle est ma patiente et jusqu'à ce que je la juge assez stable pour parler avec vous, un interrogatoire est impossible. »

Je me figeai, mes doigts agrippant le tissu de mon chandail. Un interrogatoire? Le paramédic m'avait dit que la police aurait des questions. . . mais un interrogatoire? J'étais quoi? Suspecte dans un plan énorme, élaboré, d'une promenade à moto qui aurait mal tourné? Mes poings se resserrèrent.

Non. C'était stupide. Je devais penser rationnellement. Selon toute vraisemblance, je venais d'assister à la mort de deux personnes. Bien sûr que la police aurait besoin de m'interroger.

« Nous ne la forcerons pas à nous dire quoique ce soit qu'elle ne serait pas prête à dire, mais je dois insister pour que nous lui parlions tandis que ses souvenirs de l'accident sont encore clairs. »

« Non. »

« S'il-vous-plait, monsieur! » Une nouvelle voix s'ajouta, celle-ci plus légère, plus émotionnelle. « La mort de Dame Takada est une grande tragédie, mais c'est aussi très, très important dans notre cas contre Kira! »

Je tressaillis, mon esprit se vida.

Le c-cas contre. . . Kira?

Non, c'était impossible.

La Force de Police japonaise, anciennement très estimée, avait été supposément dissoute. . . Eh bien, ce n'était pas officiel mais. . . mais la police japonaise n'avait absolument pas montré d'intérêt pour attraper Kira depuis plus de quatre ans maintenant. L avait littéralement disparu de la surface de la Terre. Certaines personnes avaient même clamé que Kira avait attrapé l'insaisissable détective. Ça, c'était un propos ridicule. N'y aurait-il pas eu une sorte d'annonce publique? Kira n'aurait-il ou n'aurait-elle pas voulu proclamer sa victoire au monde entier?

Je fixai la porte du regard, les sourcils froncés. Il y avait maintenant des murmures étouffés, colériques – comme si les autres hommes réprimandaient celui qui avait parlé.

Il y avait encore une enquête sur Kira.

Je m'appuyai dans le coussin moelleux de la chaise avec un soupir. Qui l'aurait cru? Même les États-Unis d'Amérique avaient ordonné la dispersion de leur propre groupe Anti-Kira depuis le temps. Peut-être que tous les inspecteurs d'Amérique étaient venus au Japon et que les deux groupes travaillaient ensemble en secret?

Je baillai.

Peu importe.

Si les détectives voulaient connaitre ma version des faits sur ce qui était arrivé pour aider leur enquête, je la leur donnerais. S'ils ne revenaient jamais, cela ne me dérangerait pas en particulier.

Mon corps se replia en une petite boule satisfaite sous le tissu chaud de mon blouson. Aussi longtemps que je ne commettais pas de crimes ou que je ne m'impliquais pas avec des criminels (ce que je n'avais pas prévu de faire dans un futur proche, pour aucune des deux options), Kira ne me concernait en rien. . .

. . .

Le projet d'art ne comptait pas.

Il y eut un léger coup contre la porte et mon docteur revint à l'intérieur, un visage tranquille soigneusement composé, bien que je puisse clairement voir les rides rigides, colériques, entre ses yeux.

« Yamashita-san, il y a un groupe de policiers ici présent qui aimerait parler avec vous de l'incident auquel vous avez assisté. Vous sentez-vous assez bien pour discuter avec eux? »

L'expression de son visage me disait qu'il priait pour que je dise : Bien sûr que non, docteur. Je crois que je pourrais m'évanouir comme une petite demoiselle en détresse si j'essaie même d'y penser. À la place, je hochai la tête d'un air gêné.

« Je vais bien. Je répondrai à n'importe quelle question qu'ils pourraient avoir. »

« Très bien » répliqua-t-il d'un ton un peu amer. « Je vais les faire entrer dans ce cas. Appelez si vous avez besoin de quoi que ce soit ou au moment où vous voudrez qu'ils partent. »

Je hochai la tête, dépliant mes jambes et m'asseyant un peu plus droite dans mon siège. La porte se ferma un moment pour se rouvrir seulement quelques secondes plus tard. Cinq hommes rentrèrent dans ma chambre d'hôpital temporaire. Mon regard passa sur chacun d'entre eux lentement mais fit une pause sur le plus jeune du groupe. Il avait l'air d'être de mon âge, un peu plus vieux peut-être, mais il se tenait avec plus de confiance et de calme que tous ceux qui l'entouraient combiné.

Celui qui était confiant avança pour s'assoir dans la chaise face à la mienne et les autres le suivirent, se dispersant paresseusement dans la pièce dans les sièges disponibles.

« Yamashita-san, je suis désolé que vous ayez dû traverser une épreuve aussi terrible » commença-t-il, des yeux teintés de miel se concentrant pour rencontrer les miens couleur de boue. Un sourire confortable et sympathique releva ses lèvres. « C'est une expérience horrible de regarder quelqu'un mourir devant soi. »

Des gémissements aigus. Des visages ensanglantés. Du métal tordu.

Je jouai après un fil de ma manche.

« Bien sûr. . . »

« Ah, pardonnez-moi. J'ai oublié de me présenter. » Il rit légèrement, se grattant l'arrière de la tête de façon presque penaude. Mes yeux se contractèrent légèrement. Étrange. Il ne semblait pas être du type timide ou tête en l'air d'après la façon dont il était entré dans la pièce. Il sourit, montrant deux rangées de dents parfaitement droites et parfaitement blanches. « Mon nom est Yagami Light. Je dirige actuellement la Force de Police japonaise et l'enquête sur Kira. » Il désigna les autres à travers la pièce. « Voici mes associés. »

Je clignai des yeux ronds comme des soucoupes.

Une seconde. . . ce n'était pas censé être L qui menait la recherche sur Kira? Ou. . . quelque chose. . . ? C'était absolument et positivement certain que ce gars n'était pas L. Il ne pouvait pas avoir plus de vingt-cinq ans.

Je hochai lentement la tête pour montrer ma compréhension.

« Mon nom est Yamashita Masami. . . Bien que je sois sûr que le docteur doit vous l'avoir déjà dit. »

« En effet. »

« Ah. . . » dis-je maladroitement, m'agitant dans mon siège.

Yagami se redressa, croisant les jambes et entrelaçant ses doigts sur celles-ci. Il ne ressemblait pas du tout au jeune détective bourreau des cœurs d'une des séries criminelles que ma sœur adorait. Mine de rien, il sortit un calepin et un stylo de sa poche. Le faible « click » de l'instrument sembla résonner dans le silence de la pièce.

« Alors, Yamashita-san, pensez-vous pouvoir répondre à quelques-unes de nos questions? »

Je hochai la tête, m'appuyant plus contre ma chaise et croisant légèrement les bras sur ma poitrine.

« Alors. . . qu'avez-vous besoin de savoir? »

« Je me demandais si vous pouviez nous dire ce qu'il s'est passé? » Le bout de son crayon tapa légèrement le papier.

« Bien sûr. . . »

Ses yeux couleur miel rencontrèrent mes yeux sombres et je sentis mes joues chauffer. Je le fixais du regard. Et il m'avait vu en train de le fixer. Ce n'était jamais plaisant. Un léger rictus suffisant étira ses lèvres et je serrai mes mains ensemble.

« Je-J'étais dans l'allée quand une moto avec deux passagers a tourné en vitesse dans la ruelle. La personne qui conduisait a fait une embardé pour m'éviter et s'est écrasée dans le mur. Je ne pouvais pas voir le visage de la personne qui conduisait parce qu'il portait un casque, mais il y avait une femme avec des cheveux noirs courts derrière lui. Elle ne portait pas de casque et elle semblait un peu trop bien habillée pour monter sur une moto. . . »

Je fis une pause tandis que les hommes échangeaient un regard entendu.

« Avant, je vous ai entendu parler à l'extérieur d'une personne nommée Dame Takada. . . et les repoters de tout à l'heure ont mentionné ce nom aussi. . . » Je me mordis la lèvre. « La femme sur la moto. . . Était-ce Kiyomi Takada de NHN? »

Yagami hocha la tête.

« Oui. »

« Oh. . . » Je suis foutue. Tous les adorateurs enragés de Kira allait me pourchasser comme des chiens de chasse et me pendre à un arbre-

« Vous n'avez pas à vous inquiéter. » Il sourit. « La police est plus que prête à vous placer sous surveillance policière ou, du moins, à ce que quelqu'un vous suive pour assurer votre sécurité. »

Ce gars était télépathe ou quoi?

« Ah. . . C'est gentil de leur part. . . » marmonnai-je.

Yagami rit à ce commentaire. C'était un joli son, très clair et doux. . . Bien sûr, je préférerais me tirer une balle dans la tête que de dire cette opinion à voix haute, mais quand même. . . C'était un pays libre. J'avais le droit de penser ce que je voulais.

« Yamashita-san. . . Humm. . . Je peux vous demander quelque chose? »

Je redressai la tête et regardai le détective qui venait de parler, celui qui avait des cheveux noirs soignés et semblait être plus jeune que ceux autour de lui, même s'il ne l'était pas autant que monsieur Sourions-de façon-charmante-à-chacun-des-mots-qui-sortent-de-la-bouche-de-la-pauvre-fille qui était assis devant moi.

« Bien sûr. Qu'est-ce que vous voudriez savoir, monsieur. . . ? » Je laissai la phrase en suspens, comme une question silencieuse.

« Matsuda Touta. »

« Très bien, dans ce cas, Matsuda-san. Demandez. »

« Pourquoi étiez-vous dans cette allée en premier lieu? »questionna-t-il de façon curieuse.

« Je prenais. . . des photos. »

« D'une ruelle? » dit-il en fronçant les sourcils, semblant étonné. Je serrai mes mains ensemble encore plus fort et rougis d'embarras. Génial. Maintenant ils pensent que j'ai un problème mental.

« En fait, elles sont d'un mur en particulier, si vous devez savoir. »

« Mais, pourquoi? »

« Pour un projet d'art, » j'élaborai un peu plus. « sur Kira. »

Les hommes dans la pièce semblèrent se redresser à ce sujet.

« Kira? » répéta Yagami.

Je hochai la tête de façon hésitante, tordant le tissu de mon chandail entre mes doigts.

« Mon sensei voulait que la classe crée une peinture sur un sujet controversé, qui était grandement discuté et qui portait sur un fait contemporain. Elle nous a assigné Kira comme sujet. »

« C'est ridicule! » Un des inspecteurs cracha à un autre. « Est-ce que les gens acceptent tellement Kira au point de faire de lui un sujet de devoir au collège? »

Je retins ma langue, sachant que la réponse leur plairait autant que j'aimais les critiques de mon professeur.

« À quel collège allez-vous? »

Je clignai lentement des yeux tandis qu'ils se reconcentraient sur Yagami. La question semblait un peu inutile dans la discussion. . . dans mon interrogatoire. Peut-être essayait-il juste de faire la conversation?

« À Geidai. »

Il sourit de façon plaisante, ouvertement. C'était un joli sourire.

« Je suis surpris que vos parents aient supporté votre décision d'aller dans une école d'art. »

Mes yeux se durcirent.

Peut-être pas si gentil après tout.

« Oh, vraiment. Je ne peux pas dire que vous soyez le premier à être si choqué. »

Peut-être qu'il y avait un peu trop de venin dans ma voix. Trop de sarcasme cinglant. Je suppose que j'aurais pu être un peu plus. . . polie, mais j'avais entendu la même phrase plus de fois que je ne pouvais le compter. Bien que cela soit toujours demandé de façon décontractée, presque pour consoler. . . Cela était toujours aussi déplaisant. C'était comme s'ils disaient « Vous êtes une idiote. Quelle personne saine d'esprit abandonnerait une carrière garantie dans une compagnie multimilliardaire pour devenir une simple artiste? Et vos parents étaient d'accord avec ça? »

Yagami semblait très surpris, comme s'il n'était pas habitué à ce que des femmes lui parlent sur ce ton.

Je laissai sortir un gros soupir, baissant la tête. C'était une question stupide. . . Rien de plus. Relaxe. Pas besoin d'être autant sur la défensive.

« Ma grande sœur est celle qui va suivre la vie d'une « bureaucrate ». Elle va reprendre la compagnie quand mon père sera à la retraite. » Je fermai les yeux, me reposant contre ma chaise et croisant mes bras paresseusement contre ma poitrine. « Contrairement à elle, je ne me suis jamais occupé du monde des affaires. Mes parents le savaient. » Mes yeux se rouvrirent et je fixai mon regard sur celui de Monsieur Sourire-de-pub-de-dentifrice-et-posture-de-mannequin. « Et ils ont respecté ma décision et mes passions. »

Un moment de silence tendu.

Un autre sourire apparut sur ses lèvres. Celui-ci semblait maladroit et forcé.

« Je m'excuse. Je n'avais pas l'intention de vous offenser, Yamashita-san. »

Il n'avait pas l'air désolé. En fait, l'ambre brûlant qui était ses yeux irradiait de rage. C'était comme s'il pensait « Comment ose-t-elle me tenir tête, à moi. »

« Ça va. Je suis sûr que vous pouvez comprendre combien cette question est devenue répétitive pour moi au cours des années, humm? »

Son rictus était un peu plus naturel maintenant.

« Certainement. »

Encore quelques secondes de tranquillité.

« Alors, pourrais-je vous demander pourquoi vous avez décidé d'aller dans une école d'art? »

La question était assez innocente. . . mais le petit, minuscule, sourire moqueur qui tordait ses lèvres ne l'était pas. Il me tentait, essayait de me ridiculiser en me mettant en colère contre lui. Ce petit con.

Je le regardai en retour avec des yeux glacials.

« J'aime l'art. »

« C'est tout? Pas de rébellion envers vos parents - »

« N'est-ce pas un peu personnel, Yagami-san? »

« J'essaie simplement de mieux comprendre votre personnalité. » Il rit légèrement. Par contre, l'action amicale n'atteignit pas ses yeux, pas du tout. « Cela serait plus facile de faire des connexions entre certaines informations. »

« Quelles informations? » répliquai-je. « Je vous ai tout dit. »

J'allais lui arracher ce maudit sourire de son parfait petit visage.

« Je suis désolé si je vous ai offensé. »

« Encore? »

« Excusez-moi? »

Je secouai la tête.

« Je crois avoir répondu à toutes les questions que vous deviez me poser, » Mes yeux papillonnèrent exprès vers la porte et j'élevai légèrement la voix. « et je me sens un peu fatiguée. Je crois que je devrais me reposer. »

Même pas trois seconde après que ces mots eurent franchis mes lèvres, le docteur était de retour dans la pièce et dirigeait les cinq inspecteurs vers le corridor.

« C'était un plaisir de vous rencontrer, mademoiselle Yamashita. C'est dommage que cela ne soit pas exactement dans des circonstances idéales. » Yagami sourit poliment, penchant la tête.

« Oui. . . dommage. » je répétai, l'esprit encore bouillonnant de rage.

La porte se ferma doucement derrière eux. Ils se tinrent à l'extérieur pour un moment et je pouvais entendre le bruit de papier être froissé et passé d'une main à l'autre. Il y eu le click de quelques crayons et puis le silence. Ils devaient remplir de la paperasse pour l'hôpital.

« Seigneur. . . elle ne t'aimait pas du tout, Light. »

Je me redressai, l'oreille tendue tandis que j'écoutais aux portes. Il y eu un bref moment de tranquillité. Un autre click de stylo.

« Je suppose que non. Je l'ai peut-être poussée un peu trop loin sur un sujet sensible. Ça, et il y a le fait qu'elle vient de traverser une épreuve qui pourrait devenir traumatisante émotionnellement. Yamashita-san pourrait m'avoir utilisé pour se défouler. . . » Une pause. « Peux-tu me passer ce papier, Aizawa? »

« Bien sûr. »

Plus de silence.

Un autre click. Plus de froissement. Une autre transition de papier.

« Mais aussi, » sa voix semblait plus forte maintenant, plus dirigée. « je suppose qu'elle pourrait tout simplement avoir mauvais caractère. »

Ce petit bâtard. J'allais le mettre dans ma peinture, comme une masse de membres ensanglantés et vicieusement arrachés par Kira lui-même.

« Je crois que ce sera tout, docteur. »

« Merci, Yagami-san. Je vous souhaite la meilleure des chances, à vous et votre équipe. »

Je baillai bruyamment et m'étirai. Paresseusement, je jetai un coup d'œil par la fenêtre. Il faisait sombre. Les lumières de la ville brillaient intensément à l'extérieur. Il était tard. Assez tard pour que je me sente inconfortable à l'idée de rentrer à la maison toute seule dans le noir. Je tâtonnai dans ma poche à la recherche de mon portefeuille. Peut-être que je pourrais appeler un taxi. . .

Un autre bâillement m'échappa et je frottai mes yeux fatigués.

Aujourd'hui avait été une journée royalement et totalement merdique.

T-T-T-T-T-T-T-T-T-T-T-T-T-T-T

La réaction de Shinju quand je revins à l'appartement était presque suffisante pour me faire souhaiter avoir joué de mes blessures physiques inexistantes pour rester à l'hôpital pour la nuit.

Le « presque » devenait lentement un cinglant « À quoi je pensais de revenir à la maison? »

Shinju est la femme qui, quand elle pose son pied sur le plancher le matin, fait penser au Diable « Oh merde, elle est réveillée. » Jamais auparavant dans ma vie je n'avais rencontré quelqu'un de si énergique, dynamique, doux et aussi sadiquement diabolique en même temps. Ma flamboyante colocataire étudie pour être architecte. J'admettrai, cette fille a plus de talent que la plupart des professionnels dans le domaine combinés et, originellement, j'avais été réjouie de devenir colocataire avec quelqu'un de sa réputation; par contre, la personnalité odieuse de Shinju, ses crises alimentées à l'estrogène et son instabilité émotionnelle étaient facilement caché par son habilité brillante dans le design.

J'avais tenté de me sortir de cet arrangement en premier lieu, mais mes parents m'avaient demandé de rester cordiale. Le père de Shinju était le propriétaire d'une compagnie d'avocats couronnée de succès qui avait pour réputation de défendre les grandes entreprises et si « nos deux jeunes pouvaient s'entendre » (citation de ma mère), les relations entre la compagnie de ma famille et du groupe d'avocats suceurs de sang de sa famille pourraient s'améliorer.

Shinju aurait fait une bonne avocate, avec sa personnalité retorse et son manque de considération pour la vie humaine.

Par contre, en plus de ses nombreux défauts et de couche par-dessus couche de méchanceté, Shinju était aussi une avide supportrice de Kira.

Voilà pourquoi je ne n'aurais vraiment pas dû être trop choquée quand les premiers mots qui sortirent de sa bouche au moment où je mis le pied dans notre appartement étaient « COMMENT AS-TU PU TUER DAME TAKADA? »

Je soupirai et passai une main dans mes cheveux ébouriffés et plutôt sales, remarquant de manière absente que j'aurai vraiment besoin d'une douche chaude en ce moment. J'ajustai ma mauvaise position sur le sofa et fronçai les sourcils dans sa direction.

« Je t'ai déjà dit au téléphone exactement ce qui s'était passé. »

« Et bien maintenant je peux te crier au visage plutôt que de t'avoir me raccrochant au nez ou que tu jettes ton téléphone dans ton sac. »

Une autre respiration irritée passa mes lèvres et je rejetai ma tête en arrière, regardant le plafond.

« Je ne peux pas juste prendre une douche et aller au lit? »

« Arrête d'essayer d'éviter le sujet! » me reprocha-t-elle, frappant de façon colérique son pied sur le sol.

« Je n'essaie pas de l'éviter, »répliquai-je, « je t'ai expliqué exactement ce qui s'était passé. »

« POURQUOI ÉTAIS-TU JUSTEMENT DANS UNE RUELLE MERDE? »

« Je prenais des photos pour mon prochain devoir. Relaxe, veux-tu? »

« Comment je pourrais relaxer? » fuma-t-elle, agitant ses bras dans les airs alors qu'elle faisait les cents pas dans notre appartement. « Pour ce que l'on sache, tu pourrais être sur la liste noire de Kira! »

Je reniflai dédaigneusement.

« Oh, arrête. Comment Kira pourrait possiblement savoir que j'étais celle dans l'allée. Et de plus, ce n'était pas comme si c'était ma faute. »

« Kira sait tout. » répondit-elle sombrement. « Et de plus, c'est partout aux nouvelles. »

« Tu dois vraiment arrêter les documentaires et les sites de fans. Sérieusement. Ils affectent ta santé mentale et – Attend, quoi? Les nouvelles? »

Shinju hocha la tête, marchant vers la table à café et prenant la manette de la télévision de sur sa surface lisse. En appuyant sur le bouton, la télévision s'anima et l'écran se remplit d'une image de la cité en panique. Lentement, pour prouver son point, elle commença à passer à travers les différentes chaines. Chacune d'entre elles avait un titre similaire.

PORTE-PAROLE DE KIRA ET BIEN-AIMÉE PRÉSENTATRICE DES NOUVELLES KIYOMI TAKADA TUÉ DANS UN ÉTRANGE ACCIDENT DE MOTO!

LES FANS DE KIRA ENRAGÉS!

Je regardai avec une mine renfrognée une mauvaise vidéo de l'ambulancier de plus tôt, en train de porter mon popotin disgracieux dans l'ambulance, qui apparaissait à l'écran.

« Oh. Ça c'est flatteur. »

« Chut. » Elle monta un doigt à ses lèvres, utilisant son autre main pour pointer l'écran. Une femme habillée chic avec de longs cheveux bruns lisses et de larges yeux parlait à la caméra, le micro près de ses lèvres habillées de rouge tandis qu'elle désignait la scène qui se passait autour d'elle.

« Pour le moment, nous ne connaissons pas grands détails sur l'incident. Le seul témoin du crash, vu dans la vidéo précédente, a été mené à l'hôpital directement après l'incident. Elle fut plus tard identifiée comme étant Yamashita Masami et a été rapportée ayant été vue en train de parler à la police pendant son séjour à l'hôpital - »

Shinju baissa le volume, laissant un sifflement admiratif sortir.

« Wow. Ils ont déjà ton identité. Les médias travaillent vite, pas vrai? »

Je grognai, massant mes tempes.

« Génial. Magnifique. Spectaculaire. »

Shinju prit son téléphone, ouvrant son application internet tandis qu'elle tapait sur les minuscules touches.

« Le savais-tu? C'est partout sur le web aussi. » Elle me colla le petit écran électronique au visage. « Tu vois? Il y a déjà, genre, cinq blog d'ouverts - »

« Tuez-moi maintenant. »

La poche de mon manteau vibra pour un moment avant que la 5e Symphonie beaucoup trop familière retentisse dans la pièce par les petits speakers de mon cellulaire. C'était autant un avertissement qu'une sonnerie.

« Je n'aurais peut-être pas à le faire. »

« Maudit soit son addiction à internet. » soupirai-je, me levant du sofa. Je fourrai ma main dans ma poche tandis que je marchais dans le couloir, récupérant mon téléphone de son intérieur confortable. Prudemment, je regardai l'identité de l'appelant qui éclairait l'écran. Je pesai mon doigt sur le bouton « ignorer ». Elle rappellerait bien assez tôt. « Comment elle l'a su si vite? »

« Je lui ai peut-être envoyé un minuscule petit texto - »

« Tu es renié. »

La Symphonie résonna à nouveau et je grognai, passant ma main dans mes cheveux.

« Si tu as besoin de moi, je serai dans ma chambre en train de me faire crier dans les oreilles. »

« Je ne blâme pas ta sœur pour être une harceleuse insupportable. » Shinju me lança, se jetant sur l'endroit que j'occupais avant. Je m'arrêtai, la main posée sur la poignée de la porte et le téléphone porté à mon oreille. Mon doigt restait au-dessus du bouton « accepter l'appel ».

Shinju me fit un sourire suffisant avant de se retourner vers la télévision.

« Quelqu'un doit bien être l'ange gardien de ton petit derrière d'irresponsable. »

La porte claqua avec un « BANG » retentissant.