Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto sauf les OC qui n'appartiennent qu'à moi :)

Je remercie mes deux betas-lecteurs/correcteurs, My fiona and largo et Mugu pour leur remarquable travail et leur implication dans cette fanfiction.

Nous y sommes ! Voici le second chapitre de Kurenai Tennyo. Sachez que j'espacerai beaucoup plus mes publications dorénavant. Vous pouvez toutefois consulter la progression des chapitres et découvrir ma petite galerie de fanarts sur mon site personnel. Merci encore pour vos encouragements et bonne lecture!

xxxxxxx

Réponses aux reviews

Totol : Je te remercie d'avoir lu ce premier chapitre, c'est vraiment très important pour moi d'avoir un avis, qu'il soit négatif ou positif. Concernant ta difficulté à lire les noms japonais, j'imagine que cela concerne le titre de mon histoire. Elle s'intitule Kurenai Tennyo et se prononce ainsi – Kou.Ré.Naille Té.Nio – . Voilà j'espère avoir répondu à ta question. Bonne lecture !

Leward : Merci beaucoup et bonne lecture

PA : Mon tout premier reviewer ^^ je te remercie beaucoup pour avoir pris le temps de lire ce premier chapitre. En espérant que le second chapitre ne te décevra pas. Bonne lecture !


Chapitre 2

Une grande décision


X


Une bonne armée doit être comme un serpent rapide qui frappe avec sa queue quand on l'attaque à la tête, qui frappe avec sa tête quand on l'attaque à la queue, et réplique avec les deux quand il est frappé au milieu. Une armée peut-elle devenir aussi rapide que le serpent ? Oui, elle le peut. Même ceux qui se détestent s'aideront mutuellement s'ils sont embarqués dans le même navire... Grand Sage Serpent Blanc, Discours aux aspirants du Ryûchidô - Extrait de l'Art de la Guerre

Fondé par le Shodai Hokage, Konoha se situait en plein cœur du Pays du Feu, dans une immense forêt dominée par un mont rocheux. Les habitants avaient décidé d'y graver le portrait de ses dirigeants afin d'honorer un héritage et une culture transmise de génération en génération. Non loin des limites du village, à l'orée de la forêt, commençait la zone des terrains d'entraînement.

Kana avait rapidement parcouru les sentiers forestiers et débouché sur une grande prairie bordée par une rivière. Plongée dans ses pensées, ses pieds s'étaient engouffrés dans l'herbe. Celle-ci lui avait paru plus verte et plus drue que jamais. Inspirant profondément, elle chercha des yeux la raison de sa venue : Obito Uchiwa. Suite à sa dispute avec Kakashi, le garçon avait déchaîné sa frustration sur trois piliers plantés dans le sol.

Parmi les élèves de son père, elle avait toujours eu une préférence pour Obito. Elle admirait sa pugnacité et l'effort qu'il mettait dans ses entraînements afin d'égaler Kakashi — bien qu'il fût toujours deux pas derrière. C'était un jeune homme qui avait beaucoup de cœur. Elle ne comptait plus le nombre de fois où il avait volé à son secours en tournant en dérision les moqueries des autres enfants du village.

L'intelligence de Kana lui avait permis très tôt de discerner la bêtise humaine et elle n'ignorait pas que pour certains habitants, elle n'était qu'une étrangère. Son lieu de naissance et son physique y jouaient beaucoup car rares étaient les individus à Konoha possédant une teinte aussi écarlate que la sienne. Cette particularité physique n'était connue que dans le clan Uzumaki du village d'Uzushio. Malheureusement, ce village et le pays qui l'abritait, n'existaient plus. Les seuls rescapés connus étaient les membres de sa famille maternelle. Sa grand-mère lui avait d'ailleurs vaguement raconté que les clans Senju et Uzumaki étaient très proches autrefois.

Au damne ces pensées lugubres, dire qu'elle était venue ici pour encourager Obito et non pas pour se morfondre sur son sort. D'un cri, elle l'appela :

— Obito nii-chan!

Le jeune homme arrêta soudainement la préparation de ses mudras et se retourna vers elle avec stupeur.

Elle lui dévoila un grand sourire.

— Kana-chan, que fais-tu ici ? s'étonna Obito

Le jeune adolescent n'avait pas le moral. Kakashi avait dépassé les bornes en l'humiliant...de nouveau. Il se sentait plus que misérable. Malgré tous ses efforts, le ninja masqué avait encore une longueur d'avance. Obito se sentait impuissant. Il avait travaillé si dur pour passer l'examen chûnin. Lorsqu'il avait été reçu, il avait pensé être l'égal de Kakashi mais son camarade le surpassait encore dans bien des domaines.

L'Uchiwa soupira :

— Si tu cherches le grand et fort Kakashi...il n'est pas ici !

Le sourire de Kana s'effaça légèrement. Certaines fois, elle se demandait si le garçon ne faisait pas semblant d'être stupide. Elle lui prit soudainement la main et le poussa au centre du terrain. A quelques pas, se trouvait une stèle commémorative en marbre noir sur laquelle était inscrit le nom des ninjas morts au combat pour le village. Kana s'agenouilla doucement et s'adressa en murmurant au monument, consciente qu'Obito pouvait l'entendre.

— Reito-san! Nao-san! J'espère que vous allez bien. Le village est toujours en guerre et Obito s'entraîne très dur pour aider tous ses amis…

— Kana! Ça suffit! s'écria le garçon embarrassé

La fillette n'en prit pas compte et continua sa prière avec une mine butée.

— Nii-chan répète tout le temps qu'il veut devenir Hokage. Je suis sûre que vous le soutenez… et moi aussi d'ailleurs ! Alors... vous pouvez lui donner du courage ? Pas beaucoup hein parce qu'il en a à revendre...mais juste assez pour qu'il redevienne le grand frère effronté que j'apprécie tant…

— Ils sont morts Kana, je ne vois pas en quoi ils peuvent aider, interrompit gravement Obito. Ne me regarde pas comme ça ! Je ne les ai pas connus après tout.

— Tu sais, tu n'es pas le seul à avoir perdu des proches.

Il y a quelques semaines, Kana avait rencontré la grand-mère d'Obito alors qu'elle se promenait dans le village avec son père. La vieille femme avait remercié le sensei de prendre soin de son petit-fils. C'est ainsi qu'elle avait su l'identité des parents d'Obito.

— Hey! Tu veux voir un petit tour? annonça rapidement l'Uchiwa

Le jeune garçon se concentra et effectua des signes. Quelques secondes plus tard apparut dans un "pop" une souche d'arbre à son endroit. Kana esquissa un petit sourire et applaudit. Elle n'était pas dupe sur le fait qu'il essayait de lui changer les idées. Elle avait reconnu la technique de permutation. C'était une technique de base que l'on apprenait à l'académie. Jamais elle n'avait pratiqué cette technique mais elle admettait qu'elle pouvait s'avérer utile tout aussi bien en mission que dans la vie quotidienne.

— Bravo! Tu as beaucoup progressé.

— À ton tour! ordonna le jeune garçon en rougissant légèrement.

Obito lui expliqua les mudras et la démarche à suivre. Le secret de la permutation résidait dans la concentration et la vitesse. Elle ne nécessitait donc pas le contrôle du chakra. Au bout de la cinquième tentative, Kana réussit une permutation parfaite en surprenant l'Uchiwa. Elle avait effectué une feinte sur le côté gauche et permuté le livre qu'elle lisait lors du déjeuner. Son geste avait été si rapide que l'Uchiwa n'avait pas eu le temps de voir la parade. Elle poussa un soupir de satisfaction en tombant dans l'herbe.

— Tu te débrouilles très bien, complimenta Obito. Comment as-tu appris à te déplacer de cette manière?

— Et bien… je…

— Elle a simplement observé ta première démonstration en analysant les défauts de tes mouvements.

Kana sursauta et jeta un regard surpris aux deux silhouettes qui avançaient vers eux : Kakashi et Rin. La fillette poussa un cri de joie et se jeta dans les bras de cette dernière en riant.

— Nous sommes venus te chercher, Minato-sensei nous a convoqué, annonça Kakashi à Obito

— Oh déjà? confessa Kana dépitée

— Oui, c'est pour le briefing de l'entraînement, répondit Kakashi

— Je ne savais pas que tu travaillais avec Obito, s'étonna doucement Rin. Ce n'est pas trop dur?

Obito qui écoutait la conversation la rassura.

— Je ne suis pas un tyran!

— Ah ça… les tyrans n'arrivent pas en retard, marmonna Kakashi à travers son masque.

Obito ouvrit la bouche pour répliquer mais Rin posa sa main sur son épaule.

— Ne recommencez pas tous les deux, leur conseilla-t-elle en leur lançant un regard furibond.

Obito observa la jeune fille, Kakashi puis Kana qui lui confia un gentil sourire.

— Parfait, capitula-t-il, allons-y Minato-sensei nous attend. Kana tu viens?

La fillette hocha négativement la tête. Il restait quelques heures avant le dîner.

— Tout ira bien, lui chuchota soudainement Rin. Je prendrai soin d'eux, je te le promets.

Rin avait un don certain pour comprendre les choses. Lorsqu'elle quitta les élèves de son père, Kana était rassérénée.


Le vent avait tourné et charriait de lourds nuages gris provenant du Nord. Ceux-ci filtraient la lumière laissant apparaître des petites éclaircies. L'humeur changeante du temps n'empêchait pas les villageois de s'activer dans la préparation de leur soirée. Quiconque aurait trouvé cela normal mais seul un fin observateur pouvait déceler la tension évidente qui régnait à Konoha. Des plis d'inquiétude ceignaient sur les visages, des rires nerveux ou hystériques éclataient ci et là et des larmes de tristesse se mêlaient quelques fois à des phrases réconfortantes. Jamais affrontements n'avaient fait autant de victimes que ceux de la Troisième Grande Guerre Shinobi. Chaque jour apportait son lot de mauvaises nouvelles, de pertes et de déceptions. Il était évident que le village se préparait malgré lui à une dure réalité : perdre la guerre.

Kana rejoignit le quartier central du village qui s'étendait du mont des Hokage à la zone résidentielle où elle logeait avec ses parents. En son centre se dressait une sculpture représentant une flamme. Elle pénétra dans le sanctuaire et se rendit dans le mémorial.

L'établissement était plus qu'un hommage aux ninjas disparus. Les habitants y honoraient aussi les pertes civils en accrochant les photos des défunts sur les murs.

Il y faisait sombre et une atmosphère funèbre y régnait. La plupart des bénévoles et visiteurs s'occupaient de l'éclairage des photos, d'autres déposaient des fleurs afin d'égayer l'endroit.

Elle s'éloigna silencieusement de l'entrée et se rendit dans l'une des arrières salles du monument. Bien plus étroite que la précédente, la pièce était saturée par des photos vétustes. Elle parcourut rapidement certaines et s'arrêta devant le cadre qu'elle cherchait.

Cela faisait quatre semaines qu'elle se rendait dans ce lieu et qu'elle contemplait en silence les prunelles sombres et le profil aquilin de cet anonyme. Quatre semaines qu'elle attendait et cherchait à déchiffrer son épitaphe.

« Ci-gît xxx xxx père bien aimé, ninja dévoué, héritier xxxx »

Kana soupira et ferma les yeux en essayant d'imaginer la vie de cet homme.

Elle ne pouvait l'expliquer mais elle se sentait proche de cet inconnu. Comment était-il mort? Avait-il encore de la famille? Son portrait semblait avoir résisté à l'érosion du temps. Il avait dû connaître bien des guerres avant d'être inscrit sur cette pierre.

Héritier… de quoi?

Pourquoi mourir ainsi?

Kana ouvrit brutalement les yeux lorsqu'elle perçut le son de la cloche qui annonçait la fermeture du sanctuaire. Elle s'apprêtait à quitter les lieux lorsque deux voix féminines retentirent de la pièce voisine.

— Si ça continue, c'est au berceau qu'ils vont les recruter...

— Natsuki, ce sont des ninjas… des shinobis de Konoha. Ils doivent suivre les ordres du Hokage. Ils reçoivent cette éducation pour protéger le village.

Protéger son clan.

Protéger sa famille.

Papa… maman…

— Et alors? Ça ne peut pas continuer comme ça, il nous enlève tous nos jeunes. Que se passera-t-il si…. Oh je ne veux même pas y penser. J'ai déjà perdu mon frère... le Sandaime devra assumer toutes ces pertes….

— Chut! Tais-toi...

La serrure de la porte cliqueta annonçant le départ des deux femmes. Kana se tenait toujours immobile dans la pièce redevenue silencieuse. Elle lança un dernier regard au portrait du ninja inconnu. En poussant une grande inspiration, elle prit sa décision.

Elle sortit.


Minato et Kushina étaient assis dans le canapé en tissu qui bordait leur salon. Le kit de couture dispersé sur la table basse indiquait que la jeune femme avait terminé le raccommodage de certains vêtements. Elle jetait de temps en temps des petites œillades affectueuses à son mari qui regardait l'album photo, souvenir de son unité. Des dizaines de photos de ses élèves en situation y figuraient.

Puis soudain, la poignée de la porte d'entrée s'abaissa, signant le retour de Kana. Minato se leva et lança un coup d'œil dans le vestibule.

— Comment s'est déroulée ta journée? Kakashi m'a dit que tu avais passé ton après-midi avec Obito.

Surprise, Kana ne réagit d'abord pas. Elle avait toujours en tête la discussion entendue dans le sanctuaire, puis un pâle sourire naquit sur ses lèvres.

— Oui, la journée a été particulièrement instructive.

Elle n'avait pas voulu montrer son inquiétude, mais celle-ci se perçait à travers sa voix chevrotante. Elle s'assit en silence dans l'un des fauteuils du salon sans remarquer l'échange silencieux qu'il y avait entre ses parents.

— Ma puce, si tu veux parler de quelque chose qui te tracasse, nous pourrons peut-être t'aider, commença Kushina après cinq minutes de silence.

Minato se tourna et plongea son regard dans celui de Kana. Les lèvres pincées, les sourcils froncés, sa fille semblait en pleine réflexion. Cette expression lui était familière et il se dit qu'il devait avoir exactement la même tête lorsqu'il pensait à une stratégie. Kana était si concentrée qu'elle sursauta légèrement quand Kushina l'enlaça.

— Raconte nous.

La fillette se dégagea doucement et inspira profondément en regardant ses parents.

— Papa, Maman... je souhaiterais suivre une formation accélérée avant mon entrée à l'académie.

Un long silence succéda à la révélation. Silence, que Minato fût le premier à rompre.

— Je n'y vois pas d'objection si ta mère est d'accord. Toutefois, j'aimerais savoir ce qui te motive. Tu devrais profiter de tes moments de liberté…

— Je sais tout cela. J'ai été égoïste envers vous, interrompit Kana. Je me suis plongée dans mon monde en lisant encore et encore et j'ai oublié le plus important… désolée. Je n'étais pas très motivée pour devenir un ninja mais j'ai essayé pour la première fois une technique aujourd'hui et… je dois avouer que j'y ai pris énormément de plaisir. Je veux moi aussi combattre avec Obito ….

— Obito? questionna Kushina étonnée. Qu'a-t-il à voir avec ta requête?

Kana sentit ses joues rosir sous le regard inquisiteur de sa mère. Kushina écarquilla les yeux de stupeur et poussa un grand cri:

— Haaaaa ! Ma petite chérie connaît son premier béguin.

— Hein?!... Quoi?!

Minato s'étrangla et se retourna vers sa femme. Kushina regardait sa fille avec un grand sourire béat, des étoiles dans les yeux. La fillette haussa les épaules en s'efforçant de ne pas rire.

— Quoi ? Mais non... je ne suis pas amoureuse d'Obito. Mais il m'a juste appris une technique aujourd'hui. Si tu ne m'avais pas coupé la parole Maman, tu m'aurais entendu citer le prénom de Kakashi et de Rin après.

Le soupir de soulagement émis par Minato lors de cette déclaration ne fut perçu que par Kana. Bien trop fine pour taquiner son père, elle décida de l'ignorer.

— Haha, j'ai dû encore imaginer des trucs étranges, regretta Kushina. Excuse ton idiote de mère.

Elle passa sa main dans ses longues mèches rouges et reprit doucement.

— Je suis d'accord pour ta formation. Je te dois aussi des excuses. J'étais si inquiète à cause de la guerre. Ton père ne s'est pas fait que des amis….

— J'ai compris, coupa Kana, mais c'est à moi de m'excuser…

— Non non c'est moi qui m'excuse. J'aurai du…

— Non c'est moi…

— Hum hum… les filles toussa Minato et tous les trois se mirent à rire.

Après avoir dîner, Kana s'assit près de la table basse du salon et se força à réprimer le sentiment de culpabilité qui naissait en elle. Son regard se posa sur l'album photo souvenir laissé ouvert et s'arrêta sur une photo. Celle-ci avait été prise quelques semaines plus tôt par Kushina sur le terrain d'entraînement. Sur le cliché, Rin et elle étaient entourées des deux garçons. Elle gloussa légèrement en remarquant le regard de merlan frit que posait Obito sur Rin. Kakashi restait impassible derrière son masque comme toujours.

Une idée lui traversa soudainement l'esprit.

— Papa, dans combien de temps repars-tu en mission?

Le jônin termina de faire la vaisselle du dîner et entra dans le salon.

— Je l'ignore mais je suppose que la prochaine sera la dernière, conclut-il en s'asseyant sur le canapé.

— C'est possible, commença Kana en se levant.

Elle se dirigea vers une pile de livre et en sortit une carte.

— Regarde. C'est un point stratégique pour les shinobis d'Iwa, fit-elle en lui indiquant le lieu. C'est le pont Kannabi. Ils ne peuvent entrer dans le Pays du Feu que par cette route. Les derniers combats y auront lieu c'est certain.

— C'est aussi mon avis. Je devrais commencer ta formation dès demain, conclut Minato dans un sourire. Je ne m'étais pas rendu compte que tu grandissais aussi vite.

Lorsque Kushina revint dans le salon, elle vit une scène qu'elle s'empressa de photographier avec discrétion. Elle intitula le cliché: l'amour d'un père.

À suivre...