(Août 2010)
Whitney se réveilla brusquement, sentant une douleur dans son cou, entendant comme un grincement dans ses cervicales lorsqu'il releva la tête. Il se redressa dans le fauteuil où il s'était endormi, et descendit ses jambes de la chaise qu'il avait approché pour pouvoir les y allonger. Il se frotta les yeux, le visage, avant de porter son regard vers le lit, soudainement inquiet.
La première chose qu'il nota fut que la perfusion était sur le point de s'achever. Il se leva et avança vers le lit. Quand tous ses mouvements s'interrompirent alors qu'il découvrait le visage du jeune homme qui dormait dans le lit. Un instant paralysé, physiquement et consciemment, il sentit une tristesse immense naître dans son cœur et envahir tout son corps. Des larmes emplirent ses yeux.
Whitney vint tout contre le lit et tendit la main lentement vers le bras du jeune homme reposant dans les draps. Lorsqu'il le toucha, il comprit qu'il s'en été allé. Un sanglot douloureux enfla dans sa poitrine, avant d'éclater bruyamment dans sa gorge, et Whitney s'effondra. Il se laissa tomber sur le lit, en pleurs, s'allongeant à demi sur le jeune homme qui dormait désormais d'un sommeil éternel. Il l'entoura de ses bras, et laissa sa peine s'échapper de lui en torrents de larmes.
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(Avril 2016)
Lois Lane se leva de la chaise qu'elle occupait face au bureau de Clark et posa dessus l'enveloppe que le jeune homme lui avait tendu il y a un quart d'heure, lors du début de leur conversation. D'un ton enjoué, elle lui fit :
« Appelle ta mère Clark, et vas-y
- Pardon ?
- Appelle ta mère et vas-y ! Prends toi une semaine chez toi, loin de Metropolis, loin du Daily Planet, loin de tout ! Ça ne te fera pas de mal de revoir tes anciens camarades, comme il y a cinq ans déjà. Et j'ai dit une semaine, pas un week-end, ok ? Déjà que tu n'y vas presque jamais !
- Mais… et les articles en cours ? »
Lois lui fit son sourire 'tout va bien', que le jeune homme trouvait de plus en plus séduisant au fil des ans, et elle lui répondit :
« J'ai un scoop pour toi, monsieur le futur grand reporter : Le Daily tournait sans toi avant que tu n'y travailles. Incroyable, non ? Alors on pourra bien se passer de toi une semaine, Clark ! »
Les deux amis se regardèrent en riant. Lois s'avança ensuite vers la porte en disant :
« Amuse-toi bien, Clark ! Et passe le bonjour à ma chère cousine Chloé ! »
Mais juste avant de sortir, elle se ravisa. Plongeant son regard dans celui de Clark, elle lui fit d'un ton impératif :
« Et s'il te plait, Clark : pas de casse cette fois-ci, d'accord ? »
Elle sortit du bureau. Resté seul, Clark fit tournoyer entre ses doigts l'enveloppe à entête de son ancien lycée, à Smallville, l'air pensif un moment. Au fond de lui, il souhaitait se rendre à cette soirée en l'honneur de sa promo du lycée, mais il savait aussi que retourner à Smallville c'était affronter le passé, un certain passé, un passé qu'il pensait oublié, alors que la simple évocation mentale de tout cela en cet instant lui prouvait que non. De plus, au-delà de quelques craintes qu'il sentait bien présentes à l'idée de rentrer chez lui, un autre sentiment le poussait à accepter l'invitation : Clark se disait que peut-être, avec le temps écoulé…
Il se saisit de son portable et appela sa mère. Ce fut le répondeur qui décrocha, et comme à chaque fois, Clark eut un pincement au cœur triste et nostalgique en entendant la voix de son père déclamer l'annonce d'accueil. Cette voix, qui lui manquait tant parfois, ouvrait à chaque fois l'écrin de souvenirs de son cœur. Il pensa que finalement, aller à cette soirée était une bonne idée : ces souvenirs lui feraient du bien. Clark entendit les derniers mots de l'annonce du répondeur, se disant que sa mère ne le changerait probablement jamais, puis il attendit le bip, et il laissa un message :
« Salut maman, c'est moi. Je t'appelle parce que je viens de recevoir l'invitation du lycée pour la soirée des quinze ans de la promo 2001. Comme je pense m'y rendre, je voudrais te demander (…) »
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(Juin 2016)
La brise printanière qui soufflait ce jour là, poussant de grands nuages blancs interminables dans le bleu du ciel, donnait à l'atmosphère une note plus fraîche en ce premier jour de l'été. L'impression était même amplifiée par la pluie de la veille qui avait laissé un peu partout une rosée brumeuse. Il faisait bon se promener et flâner en ce beau matin de juin, à Smallville.
Clark et sa mère remontaient une allée gravillonnée, marchant cote à cote et bras dessus dessous, tous d'eux probablement perdus dans les pensées que devait leur inspirer à chacun la beauté de cette journée et le calme des lieux. Mais ils devaient par dessus tout penser à celui qu'il venaient voir ici, et ce faisant, à tous ces souvenirs propres à eux seuls. Quittant le chemin, ils s'avancèrent ensuite sur une pelouse d'un vert éclatant et brillant d'étincelles lumineuses nées de la réflection du soleil sur la rosée et, après quelques pas, s'arrêtèrent tous deux sous un grand arbre qui déployait son ombre tout autour d'eux, mais dont les branches laissaient passer une multitude de rayons lumineux dorés à travers la brume légère. Des oiseaux chantaient sur les hauteurs des branchages, troublant à peine la quiétude et la paix de ces lieux. Le monde ressemblait presque à un tableau de Norman Rockwell qui serait subitement devenu vivant, et tout aujourd'hui semblait inspirer la beauté et la paix.
Martha lâcha le bras de son fils pour s'accroupir près de la pierre tombale, et y déposer contre, en l'arrangeant, le bouquet de fleurs blanches qu'elle tenait d'une main. Caressant le marbre de la stèle funéraire, elle murmura dans un sourire triste :
« Bonjour, Jonathan »
Clark, debout, les mains dans les poches de ses jeans, fixait d'un regard indéfinissable la tombe de son père. Après un instant, et avant qu'il ne se noie dans ses souvenirs, il fit d'une voix douce, pleine de chaleur :
« Salut, papa. Tu… »
Il s'interrompit une seconde, le temps que sa mère relève la tête vers lui, et il termina sa phrase dans un souffle :
« Tu me manques, papa »
Martha se releva complètement, passa à nouveau son bras sous celui de Clark, et appuya sa tête contre l'épaule de son fils en disant, avec toujours ce même sourire triste :
« Tu lui manques aussi, Clark. Tous les jours, crois-moi »
Clark prit sa mère dans ses bras, tous deux très émus et les yeux larmoyants, et ils s'étreignirent un moment, submergés par un mélange de tristesse et d'amour mêlés. Et la présence de Jonathan Kent autour d'eux, ils l'auraient juré… Quelques instants plus tard, après avoir déposé chacun un baiser du bout de leurs doigts sur la stèle de marbre, ils s'éloignaient de la tombe, serrés l'un contre l'autre, Clark passant un bras autour des épaules de sa mère.
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Entrant dans Le Talon, Clark embrassa la salle du regard. Il fut assailli par une pensée devenue habituelle depuis son retour à Smallville : tout avait changé. Ici aussi, comme partout dans cette ville où il avait vécu pourtant si longtemps, et qu'il reconnaissait difficilement.
Depuis combien de temps n'avait-il pas mis les pieds ici ? Cela lui sembla faire une éternité sur l'instant. Clark réalisa peut-être pleinement pour la première fois de sa vie le passage du Temps. Sans pouvoir en comprendre vraiment le sens, parce que c'était un sens que seuls les humains savaient saisir. Pas lui. Il serait probablement le dernier des derniers dans ce monde et cela le mettait à l'abri de la fatalité d'expression comme « la fin des temps », vide de sens à ses yeux. Son destin lui parut une fois de plus n'être qu'une terrible malédiction.
Le Temps passait, inexorablement. Et il entraînait à sa suite tout ce que la vie était, et tout ce qu'elle serait, ne le laissant qu'avec ses souvenirs, seul. Tout changeait, et rien ne changeait pourtant. Les yeux dans le vague, il vit des images de ce que le Temps fut pour lui ici, dans ce lieu : il revit tous ses amis d'alors, leurs gestes, leurs mots, leurs places exactes à tel ou tel moment… Un sourire nostalgique se dessina sur se lèvres. Seul peut-être, mais avec tellement de souvenirs déjà.
Revenant en quelque sorte à la réalité, il avança dans la salle, découvrant le nouveau décor du Talon, et il alla s'asseoir à une table. Avec un dernier regard pour le comptoir, il se plongea dans l'étude du menu posé sur la table, se souvenant alors que cela faisait cinq ans qu'il n'était pas revenu ici.
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(Juin 2011)
« Ça alors ! Clark Kent ! »
Clark se tourna vers la personne qui venait de s'exprimer ainsi, et il découvrit Whitney Fordman debout devant lui, près du comptoir du Talon. Un instant surpris, les deux hommes se dévisagèrent longuement, réalisant qu'ils ne s'étaient pas vu depuis de nombreuses années, avant de comprendre également qu'ils se trouvaient face à un des hasards de l'existence. Un de ceux qui vous fait retrouver une vieille photo au fond d'un carton alors que vous êtes en train de chercher totalement autre chose, et où vous prenez soudain le temps de regarder cet instantané du passé, en vous asseyant une minute, parce que la-dite photo vient de réveiller en vous tout un tas de souvenirs qui vous ramènent à une époque où tout semblait si… bien. Et si simple.
« Salut Whitney »
Ils se regardaient toujours, chacun cherchant peut-être quoi dire. Le Temps qui passe ne vous enseigne pas des formules toutes faites à ressortir dans des moments comme cela. Ou peut-être que si, mais elles ne vous reviennent jamais sur le moment. Ce fut Whitney qui reprit.
« Si je m'attendais ! Qu'est-ce que tu fais là, Clark ? Non, attends, laisse moi deviner… Les dix ans de la promo, hein ?
- C'est exactement cela »
Une fois de plus, ils se regardèrent sans plus rien dire. En fait, ils s'observaient, chacun découvrant ce que les années écoulées avaient fait à l'autre.
« Sympa tes lunettes, Clark »
Le jeune homme se mit à sourire, puis constata un fait évident.
« Mais j'y pense : c'est vrai que tu ne m'as jamais vu avec, Whitney
- Non. Tu n'étais plus à Smallville quand je suis revenu »
La façon dont il venait de dire cela laissait quelque place à l'interprétation. Whitney n'avait pas appliqué de ton particulier à sa fin de phrase, mais Clark sentait que se replonger dans le passé, sur ce simple mot revenu, laissait le jeune homme blond avec un sentiment teinté d'amertume.
« Question look, le costume cravate te va pas mal non plus, Whitney »
Ils eurent un sourire commun.
« Hé oui, Clark. Je dois assumer mon état de professeur jusque dans ma façon de m'habiller
- T'es pas mal »
Whitney fixa Clark bizarrement, une fraction de seconde, puis son regard redevint normal. Désignant le tabouret près de lui, il demanda :
« Je peux ? »
Clark se tourna et recula le tabouret du comptoir.
« Bien sur, Whit ! Tiens ! Si on en profitait pour se prendre un verre ensemble ? Depuis le temps ! »
Il s'arrêta sur le regard rieur de Whitney, haussant les sourcils.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien, rien. Ça fait juste une éternité que personne ne m'a appelé Whit »
A l'évocation de ce surnom, Whitney eut une image qui se forma dans son l'esprit, et celle-ci lui provoqua une petite émotion qui lui pinça légèrement le cœur. Clark, ignorant cet état de fait, regarda Whitney s'asseoir, puis lui fit :
« Tu prends quoi ?
- Vu l'heure, je vais attaquer directement au café. Un grand ! J'ai une longue soirée de correction de devoirs devant moi !
- Va pour un grand café ! »
Quelques instants plus tard, leurs boissons en main, ils parlaient comme deux amis se retrouvant après des années, évoquant le bon vieux temps. Ce qui était exactement le cas.
« Tu sais qu'il y a une photo de toi au lycée sur le panneau des anciens élèves, Clark ?
- Ah bon ?
- Oui, une belle image de toi en tant que reporter du Daily Planet. Le costume cravate, ça te va pas mal aussi, Clark »
Ce dernier reposa sa mug et se tourna vers Whitney en riant.
« Tu parles du tableau à côté de celui d'honneur ? Celui qu'on appelait 'A nos chers disparus' ?
- Tout à fait !
- Seigneur ! Je suis sur ce tableau là ! C'est c'est pathétique !
- Entièrement d'accord ! »
Ils ne purent se retenir de rire que deux secondes, avant d'être pris par un petit fou rire assez bruyant, qui fit se retourner quelques personnes présentes dans la salle du Talon vers eux. Lorsqu'ils retrouvèrent leur sérieux, après un silence qui semblait mettre fin subitement à la bonne ambiance, Whitney fit doucement :
« J'ai su pour ton père, Clark. Je suis désolé »
Clark fixa Whitney avec un regard ému, assorti d'un sourire identique.
« Merci Whitney
- De rien, Clark. C'est normal »
Le silence retomba, pesant. Clark se sentit mal à l'aise tout d'un coup : Whitney venait d'avoir de la sympathie pour lui, pour son drame personnel vieux de deux ans, alors qu'ils ne s'étaient pas vu depuis si longtemps, et lui n'avait pas fait la moindre allusion à ce que Whitney avait vécu de terrible avant d'être le jeune homme qu'il voyait là, assis à côté de lui. Clark se sentit l'obligation de lui témoigner un minimum de respect pour ce qu'il avait traversé lui aussi.
« Whitney, je n'ai jamais eut l'occasion de te le dire, mais je suis… »
Il fut interrompu par la main de Whitney se posant sur son épaule.
« Inutile Clark, ça va
- Mais je….
- Le simple fait que tu y es pensé me suffit. Ne te confonds pas en excuses, ni en éloges s'il te plait. J'ai du mal à supporter cela avec le temps »
Clark eut inconsciemment la confirmation de ce qu'il pensait : Whitney voulait enterrer cette partie de son passé. Et vivre normalement.
« Alors dis moi, Clark. Tu es venu retrouver tous tes anciens camarades ? »
Cette fois, Clark comprit que question esquive, Whitney n'avait rien à lui envier. Il ne s'en formalisa pas.
« En fait, Whitney, je n'ai prévenu personne que je venais à cette soirée de retrouvailles. Pour tout te dire, je ne sais même pas si je vais vraiment y aller »
Whitney le dévisagea, surpris.
« Comment cela ?
- Je ne savais pas si je viendrais, aussi je n'ai pas souhaité donner de faux espoirs aux gens. Se replonger dans tout cela me paraît tellement étrange. J'ai l'impression que tous ces gens étaient dans ma vie il y a des siècles ! »
Ils se fixèrent, dans le même état d'esprit.
« Tu… ? »
Clark l'incita à continuer lorsqu'il s'interrompit.
« Je quoi ?
- Tu n'as pas l'impression de, excuse-moi, mais de fuir ton passé en faisant cela ? »
Un silence bref se fit, avant que Clark, touché au fond de lui plus qu'il ne l'aurait cru, ne lui rétorque d'un ton défensif presque neutre :
« Et toi, Whitney ? »
Surpris, le jeune homme le contempla avec un air étonné.
« Moi ? Que veux-tu dire ?
- A part dix pages dans Newsweek il y a quelques années, qui raconte ton histoire Whitney ? »
Le visage de Whitney se couvrit d'un voile de colère, immédiatement remplacé par de la souffrance, avant qu'il n'ait le dessus sur toutes les émotions qui venaient d'envahir son corps. Clark regretta dans la seconde ce qu'il venait de dire.
« Pardon, Whitney, je ne voulais pas te blesser »
Ils se regardèrent droit dans les yeux.
« Ce n'est rien, Clark
- Je suis désolé
- Ne le sois pas. Je dois accepter d'entendre la vérité de temps en temps, même si ça ne me fait pas plaisir »
Whitney se tourna vers Clark.
« Tu vois, j'ai tellement essayé d'oublier tout ce qu'il m'est arrivé, j'ai mis tant d'énergie à me reconstruire, à faire en sorte que toute ma vie ne soit pas que ça, qu'au bout du compte j'ai bien peur de n'avoir réussi qu'à n'être plus que ce pauvre type en couverture du Newsweek dont tu parles
- Whit, non »
Le cœur de Whitney irradia d'une douce chaleur lorsque Clark l'appela encore ainsi.
« Clark, si je suis devenu professeur d'anglais ici, à Smallville, Nulle Part-USA, ce n'est que pour une seule et unique raison : ici, j'existe
- Whitney, tous nous existons. Et pas à cause d'un endroit du monde, d'une profession qu'on exerce, ni d'un lourd passé douloureux
- Tu viens pourtant de résumer toute ma vie en une phrase, Clark !
- Ce que je veux dire, c'est que ce que nous sommes, en totalité, fait que nous vivons »
Whitney eut un petit sourire, avant de dire à Clark :
« Théorie intéressante… Tu serais prêt à la défendre devant mes élèves, Clark ? »
Clark eut également un sourire, avant d'ajouter :
« Et ce que nous sommes n'est que ce que les autres font de nous »
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Whitney consulta sa montre, puis reporta son regard sur Clark.
« Bon, c'est pas que je m'ennuie avec toi, mais il va falloir que je pense à rentrer. J'ai du travail qui m'attends à la maison
- Tu habites où, Whitney ? Smallville même ? »
Le jeune homme ramassa son cartable sur le sol.
« Oui, Pleasant Meadows, au 2034 Ezra Small Lane »
Clark se leva, sortit son portefeuille de la poche arrière de son pantalon, et tout en posant un billet de dix dollars sur le comptoir, il tendit une carte de visite à Whitney, que ce dernier regarda distraitement, sortant de la monnaie de sa poche.
« Laisse, Whit : c'est pour moi »
Whitney lui sourit.
« Merci, Clark
- De rien. Et attends… »
Il reprit sa carte de visite des mains de Whitney, et prenant un crayon à disposition sur un présentoir du comptoir, y écrivit quelque chose, avant de la retendre au jeune homme. Whitney jeta un œil à ce Clark venait d'inscrire, alors que ce dernier lui expliquait :
« Je t'ai rajouté mon e-mail perso ainsi que mon numéro de cellulaire
- Euh, merci Clark
- De rien. J'aimerais qu'on reste en contact si tu le veux bien »
Whitney dévisagea Clark un peu étonné, ce qui amena une question sur les lèvres de celui-ci :
« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien, rien. C'est juste qu'on s'est pas vu pendant tant d'années que cela me fait drôle de savoir que nous allons renouer »
Il eut un petit ricanement amusé avant de poursuivre :
« Surtout que nous n'avons jamais été très proches ! »
Clark posa un regard profond sur Whitney, et d'une voix chaude lui fit :
« Nous n'avons plus quinze ans, Whitney. Alors essayons d'être des adultes, et de rattraper le temps perdu
- De rattraper le temps perdu ? »
Clark appuya son regard, et murmura presque d'un ton très sérieux :
« Je crois que nous avons beaucoup en commun, Whitney, que nous ne nous en soyons jamais vraiment soucié, alors que quelque chose me dit que cela nous ferait du bien de partager tout ça. J'ai la sensation que tous les deux, nous sommes à un moment de notre vie où les choses doivent changer, où ce qu'il y a derrière doit rester derrière »
Un moment de vide vint ponctuer ce que Clark venait de dire, moment pendant lequel les deux jeunes hommes se regardèrent intensément. Au fond d'eux, les mêmes idées, les mêmes sentiments s'entrechoquaient. Clark venait de proposer quelque chose qui les touchait tous les deux, à sa propre surprise, mais quelque chose qui leur paraissait important. Vraiment important. Whitney fit un sourire à Clark, avant de lui dire :
« Si tu cherches un ami, Clark, je suis là »
Clark lui rendit son sourire, et lui tendit la main :
« Merci, Whitney. Alors, à bientôt j'espère ! »
Whitney hésita une seconde avant de serrer la main de Clark. A sa grande surprise, ce dernier l'attira vers lui, et lui donna une brève étreinte, avant de s'écarter, légèrement mal à l'aise, comme lui.
« Salut, Whit ! »
Clark s'éloigna sous le regard un peu intrigué de Whitney, qui le vit sortir du Talon et disparaître dans la rue.
