A la demande de Marinaya Evans, ce chapitre lui est dédié.
Non parce que quand j'ai vu la review qu'elle a posté, eh bien... Elle la mérite bien, cette petite dédicace !
(A défaut de pouvoir répondre immédiatement à ton défi, je te fais ce petit plaisir : tu as ton nom dans l'un de mes chapitres !)
Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour faire plaisir à ses lecteurs, ah la la ;)...

Pour le retour quant au prologue, voir à la fin de ce chapitre !


Chapitre 1
Camouflage réussi en partie.

Le premier des quatre garçons poussa d'un geste ferme et décidé la porte du restaurant le plus tranquille de Londres et, sans aucune hésitation, il se dirigea aussitôt vers l'homme qui se tenait droit, attendant qu'ils déclinent leur identité.

- Monsieur Potter. J'ai réservé pour quatre.

L'homme, en costume noir, haussa un sourcil, et le garçon ôta ses lunettes de soleil. Les traits du réceptionniste se détendirent immédiatement.

- Il faudrait tout de même que vous songiez à garder la même apparence, lorsque vous venez ici, monsieur, eut-il l'audace de conseiller tandis qu'il sortait de derrière son comptoir et faisait signe aux quatre garçons de le suivre. S'il n'y avait pas vos yeux, je ne vous aurais pas reconnu.

- Le problème, Jason, c'est qu'au bout d'un certain moment, les fans réalisent que c'est toujours la même personne qui vient, répliqua le jeune homme. Et avec les mêmes amis. Donc, elles se demandent s'il n'y a pas anguille sous roche, et veulent en savoir un peu plus. Et hop, elles découvrent que les amis ne sont pas les célébrités, comme on pourrait le faire croire en les voyant aussi décontracté, mais celui qui a toujours la même apparence, et qui parait mal à l'aise. Mal à l'aise non pas parce qu'il n'est pas à sa place, mais mal à l'aise parce qu'il a peur d'être reconnu.

- Vous savez, aujourd'hui, c'est calme. C'est toujours comme ça, le midi, d'ailleurs. Vous auriez pu venir sous votre apparence habituelle.

- Je pense que je sais mieux que vous ce qu'il convient de faire lorsqu'on porte un nom célèbre, rétorqua James Potter en claquant de la langue. Où est-ce que vous nous avez installés ?

- Comme d'habitude, répondit froidement Jason. À deux tables de cette demoiselle.

Il désigna une blonde, qui tapotait des doigts sur sa table, et regardait régulièrement sa montre.

- Et après, vous voudriez que je vienne sous mon apparence habituelle ? railla James.

- On va aller s'installer, intervint un brun aux yeux gris.

Saisissant le bras de son ami, Sirius Black le fit s'asseoir de force sur une chaise de la table désignée, dos à l'autre table occupée, tout en le fusillant du regard.

- Tu pourrais être plus aimable avec Jason, tout de même.

James haussa les épaules, sans rien dire.

- Patmol a raison, intervint le plus petit de la bande. Il nous offre toujours la meilleure table du restaurant et, en plus, il a toujours un mot gentil.

- Parce que c'est son métier, et parce que je suis connu, c'est tout, répliqua James.

Le dernier de la bande se contenta de soupirer et de se mettre à jouer avec sa fourchette, la faisant tournoyer. Il savait pertinemment que raisonner James Potter lorsqu'il était de mauvaise humeur était peine perdue, et il était de mauvaise humeur depuis son dernier match. Il n'avait pas apprécié avoir à signer plus d'autographes que d'habitude, d'après ses dires. D'après ceux de ses coéquipiers, il était comme ça depuis qu'il était sorti en avance à l'arrière du stade. Il semblerait qu'il y aurait croisé quelqu'un, et qu'il n'ait pas apprécié cette rencontre. Seulement, il n'en avait parlé à personne. Avec James, ce genre de sujet pouvait être abordé à l'improviste, au moment le moins opportun.

- J'ai un truc à vous annoncer, intervint Sirius lorsqu'il estima que le silence était trop lourd.

- Ah ! Dis-nous tout ! s'extasia Peter.

Peter avait mis beaucoup de temps à s'affirmer parmi ses amis. Toujours en retrait, toujours à attendre d'être sûr de ne pas dire une bêtise avant de parler. Cela devenait presque énervant pour ses amis, qui avaient fini par lui faire comprendre qu'il pouvait tout à fait dire ce qu'il pensait, sans être exclu de leur cercle d'amis pour autant. Il avait fallu du temps, mais, finalement, Peter s'était affirmé.

- Faut que je vous raconte ce qu'il m'est arrivé après le match de la semaine dernière, dit alors James, coupant l'herbe sous le pied de Sirius qui allait continuer sur sa lancée.

Interrompre les gens de cette façon n'était pas du tout inhabituel pour James. C'était, tout au contraire, une sale habitude qu'il avait acquise au fil des années.

Si, d'habitude, ses amis lui faisaient remarquer son manque de politesse, quitte à provoquer une crise chez le garçon, cette fois, ils n'en firent rien, sachant très bien que s'ils faisaient la moindre remarque à James, celui-ci se braquerait et ne dirait plus un mot.

Il allait parler quand la blonde qu'ils avaient vu en entrant les interrompit.

- Je suis désolée de vous déranger, mais vous auriez l'heure ? J'attends quelqu'un, et j'ai peur que ma montre soit en panne, ce n'est pas dans ses habitudes d'arriver aussi tard…

Les regards de Remus, Peter et James se tournèrent vers Sirius, ayant l'habitude qu'il réponde rapidement à une jeune demoiselle « en détresse » mais cette fois, il n'eut aucun sourire trop charmeur, aucune remarque trop déplacée.

- Il est un peu plus de midi vingt, lui apprit le garçon.

De toute évidence, la montre de la jeune fille n'était pas en panne, vu la moue de mécontentement qu'elle fit en entendant l'heure donnée par le garçon. Elle s'éloigna après les avoir remerciés, et retourna s'asseoir, pianotant à nouveau sur la table.

- C'était quoi, ça ? s'étonna Remus.

- Je vous expliquerai après, se contenta de dire Sirius, bien que paraissant légèrement frustré. Alors, Cornedrue, qu'est-ce qu'il s'est passé après le match ?

James prit une grande inspiration, et se lança dans son récit.

- Eh bien, le reste de l'équipe m'avait de nouveau énervé, et…

Il n'avait pas eu le temps de finir sa phrase que, déjà, il était interrompu.

- Vous n'êtes pas censés avoir l'esprit d'équipe, ou un truc du genre ? s'enquit Peter avec intérêt.

James fit un geste agacé de la main.

- Bien sûr que si. Mais ces idiots en font toujours trop. Tiens, déjà, on est invité au mariage du capitaine… Enfin, franchement, Dan est super sympa, mais nous inviter à son mariage, tout de même…

- Euuuh… Je te rappelle qu'il nous invite aussi, et qu'on profite de dix jours, tous frais payés, sur une île paradisiaque proche de la Nouvelle-Zélande au mois de décembre, qui est la période de leur été, releva Sirius.

- Ouais, ce qui veut dire que pendant que toute l'Angleterre se gèlera les fesses…

- Tu es trop poli, Lunard, ricana Peter.

- … nous, on profitera de la mer. Alors, sincèrement, je crois que c'est plus que de la gentillesse, mais de la générosité. Et tu pourrais lui en être reconnaissant. Enfin, moi, je dis ça, je dis rien, soupira Remus alors qu'il était fusillé du regard.

- Je te remercie de te taire à l'avenir, alors, répliqua James.

- C'est dingue comme il est devenu encore plus supportable depuis qu'il est dans l'équipe, murmura Sirius de façon tout juste audible. Donc, la suite de ta charmante aventure ?

James respira profondément, se demandant s'il faisait bien de continuer son histoire, ou si frapper ses amis était plus raisonnable. Comme il était dans un restaurant, et qu'il avait changé d'apparence, sauf ses yeux, pour ne pas être reconnu, il était de toute évidence préférable qu'il fasse profil bas… le temps de manger. Ensuite, il aviserait.

- Et donc, je suis sorti, parce qu'ils m'énervaient à parler d'aller boire un verre pour fêter la victoire…

Il ne prit pas garde aux regards las de ses amis.

- Et là, j'ai assommé quelqu'un.

Il avait dit cela sur un ton tellement banal que ses amis mirent quelques secondes à réagir.

- Tu as fait quoi ? s'étonnèrent-ils tous en même temps.

Sirius, qui était du côté où il voyait la fille de l'autre table, avec Remus, fit signe de parler un peu moins fort, sans réaliser qu'il avait été celui à crier le plus fort.

- Elle était derrière la porte ! se justifia James. J'ai ouvert, et elle s'est pris la porte sur le nez, voilà, c'est tout !

- C'est tout…, murmura Peter en levant les yeux au ciel. Tu t'es excusé au moins ?

- Bien sûr ! s'énerva James.

Ses trois amis lui lancèrent un regard plein de sous-entendu, sachant très bien que cela n'était pas dans la nature de James de s'excuser facilement, et platement.

- Bon, peut-être pas de la façon la plus conventionnelle qu'il soit, mais je lui ai demandé si ça allait, enfin, voilà, je voulais m'assurer qu'elle n'allait pas me coller un procès ! Vous auriez fait quoi, vous, à ma place ?

Ils prirent le temps de réfléchir. Remus s'enfonça dans sa chaise, croisa les bras sur sa poitrine, et sourit légèrement.

- Eh bien, d'abord, je lui aurais demandé si ça allait, si elle voulait de l'aide, si je pouvais lui être d'une quelconque utilité, comme appeler une amie, ou autre. Si elle avait été mignonne, je l'aurais aussi invité à prendre un verre… N'est-ce pas Patmol ? dit le garçon en se tournant vers leur ami, célèbre pour ses nombreuses conquêtes.

Lequel, au lieu de faire une blague salace, se contenta de hausser les épaules. Ce qu'il avait à dire devait être vraiment grave pour qu'il se trouve dans un tel état. Mais pour le moment, la parole était tout à James.

- Elle m'a à moitié insulté aussi ! s'énerva le garçon.

- Si tu avais été plus délicat avec la porte, aussi…, tenta Peter.

- Qu'est-ce qui te fait croire que j'ai été violent ? s'emporta aussitôt James.

- Parce que tu es violent, réagit Sirius. Je ne sais pas ce que ces pauvres portes t'ont fait, mais, à chaque fois, tu les violentes. Tu as dû subir un drôle de traumatisme, petit…

- Tu as vécu avec moi, tu sais très bien que non, rétorqua James.

- On ne sait jamais ce qui s'est passé avant, dit Sirius sur le ton de la confidence. Dis-moi tout, je saurais être une oreille attentive.

James claqua la langue, agacé par le manque évident de sérieux de son meilleur ami, et décida qu'il allait continuer son récit, plutôt que de s'attarder sur cette discussion totalement inutile.

- Bref. Elle était donc à l'arrière du stade. Vous savez ce que ça veut dire ?

- Une fan ? supposa Peter, avec habitude.

- Exactement ! répondit James sur un ton satisfait. Et elle a osé prétendre le contraire.

- Comment ça ? demanda Remus en fronçant les sourcils.

Il ne voyait pas vraiment ce que voulait dire James. Comment une fille pouvait prétendre ne pas être fan ? Celles qui tentaient, tant bien que mal, de paraître raisonnable, finissaient toujours par montrer leur hystérie à leurs chers joueurs de Quidditch.

- Eh bien, elle m'a assuré qu'elle ne voulait pas d'autographe. Elle m'a même juré qu'elle n'avait pas la moindre idée de qui j'étais ! rit James. Comme si cela était possible. Qui ne me connait pas, sincèrement ?

- C'est vrai que c'est bizarre…, commença Sirius.

- Mais, en même temps, elle n'était peut-être pas anglaise ? Je veux dire, tu es connu dans le monde entier, comme ton équipe, là n'est pas le problème, continua précipitamment Peter en voyant la veine du front de James palpiter devant le sous-entendu disant qu'il n'était pas mondialement reconnu. Mais peut-être qu'elle n'a vu que peu souvent une photo de toi, et, du coup, elle ne t'a pas reconnu ?

James prit le temps de réfléchir.

- J'en doute. Elle avait un accent anglais irréprochable. Je vous dis, elle était simplement furieuse d'avoir été découverte, et de s'être blessée…

- Techniquement, c'est toi qui l'as blessée, lui rappela Sirius.

- … et du coup, elle a fait comme si elle ne me connaissait pas. Comme si quelqu'un allait croire ça ! rit James ouvertement.

Ses amis eurent un simple sourire.

Ils appréciaient énormément James, mais depuis qu'il était entré dans l'équipe nationale, il avait encore plus gagné en arrogance, ce qui n'était vraiment pas une bonne chose à leurs yeux. Rien ne semblait vouloir le remettre d'aplomb. Même là, il ne paraissait pas croire que quelqu'un ne connaisse pas son nom ce qui, certes, était un peu étrange, mais restait encore dans la limite du possible.

- Bon, et toi, Patmol, qu'est-ce que tu voulais nous annoncer ? demanda James, semblant estimer que l'incident concernant la fille était clos.

- Et bien, je vais vous dire un truc qui va surement vous surprendre, parce qu'en fait, cela me surprend moi-même, mais…

Il se tut en entendant la porte du restaurant s'ouvrir à la volée, et une femme entrer précipitamment dans la pièce.

- Oh, Emily, je suis vraiment désolée, mais…

- Tu as presque une heure de retard ! la coupa la blonde. Et après, tu oses me faire des reproches, alors que toi, tu… Merde, il t'est arrivé quoi au visage ?

Sirius se pencha légèrement sur le côté, sans réaliser qu'il était le seul à suivre la conversation des deux femmes, et que ses amis commençaient à se demander s'il n'avait pas fait une attaque, ou quelque chose dans ce goût, vu que le garçon avait la bouche légèrement entrouverte.

La femme qui venait d'entrer, rousse, avait effectivement un sacré cocard sur l'œil. Elle fouilla dans son sac, tout en s'asseyant, et c'est à ce moment-là qu'il réalisa que Jason n'avait pas émis le moindre bruit en la voyant, ce qui faisait penser à Sirius qu'elle avait de très bons contacts. Elle sortit de son petit sac un miroir de poche, et l'ouvrit. Elle jura en découvrant son reflet.

- Et merde ! jura-t-elle.

- Comment tu t'es fait ça ? s'enquit la blonde.

- À cause d'un hérisson, grommela la rousse.

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En entendant ces mots, James sursauta, et se retourna. C'était elle. La fille de l'autre soir, derrière le stade, elle était là !

- Un hérisson ? s'enquit la blonde en retenant un rire.

- Ouais, quand je suis venue te chercher, l'autre soir, au stade, grommela la rousse.

Un silence plana entre les deux femmes.

- Tu comptes me donner plus d'explications, ou bien je vais attendre longtemps ? s'impatienta Emily.

La rousse soupira.

- Tu sais, tu voulais qu'on se retrouve à l'arrière du stade, sauf que, vu le nombre de verres que tu avais bu, tu avais oublié, et j'ai poireauté pour rien dans le froid. Bref, pour me réchauffer, je me suis approchée, et là, un stupide mec coiffé comme un hérisson a ouvert la porte, et je me la suis prise dans le nez ! J'ai réparé le tout – il me l'avait quand même déplacé, l'imbécile – mais je n'ai pas pensé une seule seconde que j'avais un cocard, aussi.

- Mais tu t'es regardée dans la glace, ces derniers jours ?

- De toute évidence, non…

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Lily n'avait pas envie de continuer plus cette discussion sur le fait qu'elle ne passait pas assez de temps devant une glace, selon les dires d'Emily. Seulement, si elle avait le temps de prendre soin d'elle, ça se saurait.

L'unique petit problème, c'est qu'elle n'avait pas du tout pensé que son commentaire ferait autant d'effet à Emily.

- Attends… Tu veux dire que tu as rencontré un joueur ?

- Vu son arrogance, et le fait qu'il pensait que j'étais une fan, j'ai envie de dire oui, soupira Lily. Mais, je t'en supplie, ne commence pas à…

- Tu as rencontré un joueur de l'équipe et tu ne me l'as pas dit ? s'écria Emily.

- À faire ça, compléta Lily. T'étais complètement saoule ! lui rappela-t-elle.

- Tu aurais dû me le dire après !

- Oui, et bien, j'ai oublié. En plus, j'étais en vacances, donc…

- Oui, je ne comprends toujours pas pourquoi tu as pris tes vacances en octobre, d'ailleurs.

Les lèvres de la rousse se pincèrent, mais elle ne dit rien.

- Bref. Un joueur de Quidditch, donc ? demanda Emily, les yeux brillants.

Lily soupira, et hocha la tête, las par avance de la discussion qui allait suivre.

- Lequel ?

La rousse rit doucement.

- Tu sais très bien que je ne connais pas le nom des joueurs ! Mis à part Dan, mais je le connais depuis mes huit ans, c'est différent.

- Oui, alors, d'ailleurs, toi qui connais si bien le capitaine de l'équipe d'Angleterre, tu pourrais quand même faire en sorte que j'obtienne des places mieux placées à chaque match.

- Ouais, j'imagine bien la scène, la prochaine fois qu'il y aura un match. « Dan, tu serais d'accord pour me passer des places gratuites ? Pas pour moi, hein, pour ma meilleure amie hystérique qui s'est brouillée avec ta sœur et ta future femme. »

- Dis comme cela, ce n'est pas très engageant, reconnut Emily. Mais, toutefois, tu pourrais…

Les yeux de Lily se noircirent.

- Non.

- Allez, Lily, pour moi ! la supplia la blonde.

- J'ai dit non. Pourquoi est-ce qu'on est venu manger là, au fait ? C'est super loin du boulot !

- De ton boulot, corrigea Emily. Le mien est en face. Et puis, on vient ici parce que les joueurs viennent ici.

Lily soupira, et se pencha vers son amie.

- Écoute, Emily, je vais t'apprendre un truc. J'ai beau ne pas avoir beaucoup d'estime pour les joueurs de Quiddith de haut niveau, mis à part Dan, figure-toi que je doute fortement qu'ils soient complètement stupides. Ce restaurant, bien qu'il n'accueille pas les journalistes, accueillent les personnes qui en ont les moyens, et ça inclue une grande part de la population londonienne. Et même les riches veulent des autographes. Ce qui veut dire que les joueurs de Quidditch, malgré tout, avec leurs quelques neurones restants, doivent venir ici déguisés et pas au vu et su de tous.

Emily fit une moue boudeuse.

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- Lunard, on échange de place, dit précipitamment James une fois sorti de sa torpeur.

- Vous avez vu comme elle a soigné son cocard rapidement ? Je suis sûr qu'elle a utilisé autre chose qu'un simple sort comme Episkey, dit Sirius d'un ton songeur.

- Bouge, Lunard ! insista James avec colère.

- Mais non ! s'énerva Remus. Pourquoi est-ce que je devrais bouger ?

- Parce que je veux pouvoir la voir ! insista James. C'est la fille de l'autre soir, expliqua-t-il. Celle qui disait qu'elle ne me connaissait pas.

Aussitôt, tous tournèrent la tête vers la rousse, qui discutait allégrement avec la blonde.

- Qu'est-ce qu'elles font là ? murmura James entre ses dents.

- À mon avis, elles viennent manger, railla Peter. Et la rousse ne connait vraiment pas ton nom. Elle vient de le dire à son amie. Elle n'a aucune idée des noms des joueurs, mis à part celui de Dan. Elle semble le connaître.

- Tu les écoutes ? s'étonna James.

Peter haussa les épaules.

- T'es le meilleur, Queudver ! dit James avec un grand sourire. Lunard, bouge maintenant.

Le susnommé soupira, mais, sachant très bien que rien ne ferait plier James, il obtempéra, et les deux garçons échangèrent leur place, sans que les filles, attablées et plongées dans leur conversation, ne se rendent compte de rien.

- Bon, et ce que tu voulais nous annoncer, Patmol, c'était quoi ? demanda Peter, estimant que l'incident était clos.

James ne les écoutait pas. Il tendait l'oreille vers les deux filles. Il entendit simplement Sirius dire qu'il avait rencontré une fille et que, pour une fois, il ne voulait pas simplement coucher avec elle. Un miracle. Sirius Black éprouvait un sentiment proche de l'amour. La fin du monde est proche.

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- D'accord, je n'en reconnaitrais aucun. Mais reconnais que c'est exaltant que de manger dans le même restaurant qu'eux, non ?

- En fait, je m'en contrefiche, dit Lily en haussant les épaules.

Jason venait de déposer un bol d'apéritif devant elles, et elle piochait sans état d'âme. Elle mourait de faim.

- Lily, comment peux-tu être aussi insensible ? Des joueurs professionnels, par Merlin !

- Tu sais très bien pourquoi je m'en fiche. Bon, tu voulais parler de quelque chose en particulier ? demanda Lily en espérant détourner la conversation.

Mais c'était peine perdue.

- Tu vas me dire lequel c'était, insista Emily en fouillant dans son sac, avant de tendre un bout de papier rectangulaire à Lily.

Celle-ci fixa l'objet avec de grands yeux ronds.

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- Tu te trimballes avec un trombinoscope de l'équipe d'Angleterre dans ton sac ?!

- Pour vérifier que ce sont bien eux.

James devina plus qu'il n'entendit la seconde phrase, s'étant à moitié étouffé avec son verre en comprenant le sens de la phrase de la rousse, prénommée Lily.

- Ouais, je sais, mon bonheur te fait plaisir à un point inimaginable, railla Sirius. Tu pourrais être sérieux, et m'écouter parler de la femme de ma vie ?

James haussa le sourcil.

- T'es vraiment amoureux d'elle ?

Il ne pensait pas être encore en vie lorsque ce jour arriverait.

- Je crois bien, oui, reprit Sirius. Donc, voilà comment on s'est rencontré…

James ne l'écoutait plus, une fois de plus.

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- Coiffure de hérisson, où tu te caches…, murmura Lily pour elle-même.

Elle aurait très bien pu ranger le trombinoscope, et laisser passer, mais elle savait très bien qu'Emily, elle, ne laisserait pas passer. Il fallait qu'elle trouve ce fichu joueur, et qu'elle essaie ensuite, tant bien que mal, de convaincre son amie que cela n'avait aucune importance, pour qu'elles reviennent à des conversations normales.

- Ah, tiens, c'était lui, dit Lily.

Elle désignait le joueur assis au milieu, les cheveux en bataille, le Vif d'Or en main, des lunettes sur le nez et un air profondément ennuyé.

- James Potter ! s'écria Emily toute surexcitée. Tu as rencontré James Potter !

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Sirius en était à expliquer comment elle l'avait abordé, quand Lily eut une réaction très étrange, les faisant tous se retourner. Elle s'était levée, sautillait sur place, et battait des mains.

- Oh Merlin, j'ai rencontré James Potter, quelle chaaaaaaance !

Son amie la fixait, abasourdie, comme les quatre garçons. Puis, tout à coup, elle reprit son air sérieux, adressa un signe d'excuse à Jason, qui ne paraissait pas sûr du tout de la marche à suivre, puis se rassit, tranquillement.

- C'était plus ou moins la réaction que tu voulais que j'aie, non ? s'enquit Lily sérieusement. Maintenant que tu as vu ça, regarde bien mon visage. Qu'est-ce que tu y vois ?

Emily la scruta.

- Rien ? hasarda-t-elle.

- Exactement ! s'extasia Lily. Je te l'ai déjà dit. Qu'il s'appelle Potter ou Winchester, ça me fait autant d'effet que de m'annoncer qu'il y a des citrouilles dans le frigo. Non, en fait, c'est faux, reprit-elle avec un air songeur. J'adore les citrouilles.

La blonde semblait désespérée. Sirius retint un rire, et repartit dans son récit.

- Bref, donc, elle m'avait renversé son verre dessus, et elle était en train de s'excuser…

Il insista lourdement sur le dernier mot en lançant un regard à James qui fit celui qui ne voyait pas du tout de quoi on parlait.

- Et puis, elle m'a proposé de me faire visiter un petit village qu'elle connaissait bien, pour vraiment se faire pardonner. Évidemment, j'ai accepté, et voilà, depuis qu'on y est allé, on sort ensemble… et je sais pas, mais elle est vraiment sympa, et c'est différent cette fois.

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Lily savait que s'agiter comme elle l'avait fait quelques minutes auparavant avait attiré l'attention sur elle. Elle pensait que les quatre garçons étaient repartis dans leur discussion, mais en tournant légèrement la tête sur le côté, elle vit que l'un d'entre eux continuait de lui envoyer des regards en coin, de temps à autre. OK, la prochaine fois, elle éviterait d'avoir un moment de folie passagère.

- Sérieusement, comment est-ce que tu ne peux pas connaître James Potter ? s'enquit Emily. Le meilleur attrapeur de tous les temps ! Il a commencé à jouer dans des clubs importants dès sa sortie de l'école, et s'il n'avait pas été aussi jeune, il aurait pu être dans l'équipe nationale il y a plus de deux ans !

- Génial. Je suis ravie de l'apprendre, soupira Lily. On peut passer à un autre sujet de conversation, ou bien…

- Il est apprécié par toutes les filles, il change de copines comme de chemises, commença à énumérer Emily.

- Le rêve de tout beau-père, railla Lily.

- Il est beau comme un Dieu…, continua Emily sans tenir compte de l'interruption.

Rêvait-elle ou bien le garçon de l'autre table avait eu un sourire satisfait en entendant le dernier compliment ?

- Pour un peu, ça aurait pu être l'homme de ta vie ! s'extasia Emily.

Lentement, très lentement, Lily tourna la tête vers son amie, et lui lança un regard dur, qui fit déglutir Emily.

- Emily, écoute-moi très attentivement, parce que je refuse de me répéter. C'était un type arrogant, et j'attends toujours ses excuses pour m'avoir déplacé le nez. Son premier réflexe a été de me prendre pour une fan, et il était tellement sûr de lui qu'il n'a pas voulu me croire lorsque je lui ai dit que je n'avais aucune idée de qui il était. Je déteste tellement le Quidditch que je refuse d'entendre encore une fois ce mot prononcé à ce repas, d'accord ? C'est bon, y a un moment où j'en ai assez de t'entendre parler des supers beaux joueurs, et tout ce que tu veux. Moi, je veux simplement qu'on me fiche la paix, si ce n'est pas trop te demander. Ensuite, le jour où je finirais avec un joueur de Quidditch, il faudra vraiment s'inquiéter de ma santé, parce que ce sera tout sauf normal.

Elle fit une pause alors que Jason déposait leurs plats devant elles. Elle eut un léger sourire en songeant au goût succulent de son pavé de bœuf.

- Je ne sais pas comment tu fais pour manger quelque chose comme… ça, grimaça Emily.

- Je ne suis pas végétarienne, moi. Je n'arrive pas à comprendre comment tu fais pour ne jamais manger de viandes, mais je ne m'en plains pas à chaque fois qu'on mange ensemble, répliqua Lily.

- Au fait, tu vas être augmentée bientôt, non ? demanda Emily sur le ton de la conversation.

Lily éclata de rire.

- Ce serait bien, oui, mais j'ai appris à ne pas rêver !

Elle fronça les sourcils.

- Ne me dis pas que tu comptes sur moi pour payer le repas ?!

La moue contrite d'Emily lui fit comprendre que, si, elle comptait sur elle pour payer leur repas.

- Génial, soupira Lily.

- Mais je te promets d'arrêter de parler de Quidditch ! jura Emily. Tiens, on va changer de conversation.

- Enfin une bonne nouvelle, murmura la rousse pour elle-même.

- On va parler garçon.

0o0o0o0

Quand il vit le visage de la rousse se décomposer, comme si son heure était venue, à la simple mention du mot « garçon » il se dit qu'il pouvait tout à fait abandonner la discussion sur le futur mariage de son capitaine, discussion qui enthousiasmait ses amis mais ne le passionnait absolument pas, et se concentrer sur ce que se disaient les deux filles. En espérant qu'elles ne le remarquent pas. La rousse avait, plus d'une fois déjà, tourné la tête vers lui, comme le soupçonnant d'écouter la conversation, et il ne voulait pas se faire attraper. Ce serait dommage de rater leur conversation uniquement parce qu'il n'avait pas su se montrer assez discret.

En plus, franchement, écouter les conversations des filles en toute discrétion, sans qu'elles ne sachent qui il était vraiment, était beaucoup plus amusant que d'écouter les garçons déblatérer sur la couleur de leur costume. Il n'y pouvait rien s'il n'aimait pas les mariages. Trop de monde, pas assez de Quidditch.

0o0o0o0

- Et sinon, avoir la paix, c'est trop demander ? maugréa Lily.

- Je sais que Garry n'était pas le type idéal.

- Ça, c'est sûr, grommela Lily.

- Mais il faut que tu songes à te poser ! s'écria Emily. Tu penses aux enfants ? À ce genre de choses ?

Lily soupira, se demandant s'il était possible de se sortir de cette conversation sans dommage mais, vu le regard convaincu d'Emily, il y avait peu de chances, non.

- Oui, j'y pense tous les jours, railla Lily. À une petite vie bien rangée, avec un mari que j'attendrais tous les soirs. Non mais, Emily, redescend sur terre ! J'ai vingt-sept ans, j'ai tout mon temps ! Je ne vais pas me marier maintenant, ni même fonder une famille ! Et puis, tu veux voir l'emploi du temps qu'on m'a donné pour mon retour ? s'écria Lily. J'ai à peine le temps de faire des rencontres, où veux-tu que je trouve le temps de faire des enfants ?

Emily ouvrit la bouche, mais Lily la stoppa en levant la main.

- Non. Je ne vais pas changer de boulot pour ça. Pas juste pour des enfants. Mon mari me prend avec mon travail, ou sans. C'est tout.

- C'est ce que tu dis maintenant. Avant, tu avais un tout autre discours, fanfaronna Emily. Quand tu étais avec Craig.

Lily la fusilla du regard.

- J'ai toujours dit que ce type n'était pas pour toi, et j'avais raison ! claironna Emily.

- Tu m'énerves, Emily, j'espère que tu en as conscience. J'aimerais manger tranquillement, c'est trop te demander ?!

Mais Emily ne l'entendait pas de cette oreille.

- Très bien, on ne parle pas de Craig, je sais à quel point tu détestes ressasser tes erreurs.

Nouveau regard meurtrier de la rousse, qui ne releva pas.

- Mais si toi, tu es jeune, tes ovaires ne le resteront pas éternellement !

Lily arrêta la fourchette qui était à mi-chemin entre sa bouche et l'assiette, et sans trop croire ce qu'elle venait d'entendre, elle regarda son amie.

- Tu te fiches de moi, pas vrai ? Tu viens vraiment de me parler de mes ovaires ? À table ?!

- Il faut que tu y songes, à tes ovaires, ma chérie ! s'exclama Emily et, à la seconde évocation de ses organes génitaux, Lily reposa sa fourchette et repoussa délicatement son assiette, une moue dégoutée sur le visage.

- Et moi qui avais faim, grommela-t-elle pour elle-même.

De toute évidence, parler de ses ovaires lui avait coupé l'appétit. Emily, elle, ne semblait pas du tout gênée.

- Non mais c'est vrai, quoi. Tu veux des enfants, pas vrai ? Allez, Lily, ne fais pas celle qui s'en moque, je sais très bien que c'est important pour toi ! Tu ne rêves pas d'avoir des tas de petits enfants qui se promènent autour de toi, qui crient dans la maison, qui… Tu vas où ?

Lily, poussant un énième soupir, s'était levée.

- Je pars. J'en ai marre de t'entendre parler de choses totalement inutiles, et de refuser de m'écouter.

Elle prit sa veste, et commença à l'enfiler.

- Mais… je t'écoute ! assura Emily.

- Non, rétorqua Lily. Ça fait des années que tu ne m'écoutes pas, et là, j'en ai marre.

- Bah… Je t'écoute, là, dit Emily, le visage défait.

- Très bien, soupira Lily. Je m'en fous du Quidditch, rentre-toi ça dans le crâne une bonne fois pour toutes. Je connais très bien Dan, mais je ne lui demanderai aucune faveur concernant le Quidditch, parce que je ne suis certainement pas amie avec lui pour ça. Je veux des enfants, mais certainement pas maintenant. Et puis, tu peux parler, tu n'es pas capable de garder un mec pendant plus d'un mois. Oh, tu veux qu'on parle de Craig ? La dernière fois que j'ai couché avec lui, c'était il y a trois ans. Le lendemain, je lui ai dit que je n'en pouvais plus de cette situation, que soit on sortait vraiment ensemble, soit on arrêtait tout. Il a ri, et il a dit qu'on arrêtait tout, parce qu'il voulait s'amuser. Je suis allée chez toi pour t'en parler, ton unique réaction a été « Je te l'avais bien dit », mais sans savoir ce qu'on s'était dit. Tu pensais simplement que je m'étais faite avoir, une fois de plus, et que c'était pour cela que je pleurais. C'est pour cela que tu t'es disputée avec Ambre, ensuite. Elle voulait que tu comprennes qu'il y avait plus qu'une simple histoire de coucheries, mais tu avais décidé que te moquer de ma naïveté était plus amusant que connaître la vérité. Surtout que tu ne nous as pas connus, Craig et moi, à l'école. C'était différent d'ensuite, et si tu avais su, tu aurais compris pourquoi je m'accrochais. Mais tu n'as pas voulu savoir. Donc, à partir de maintenant, mes histoires de mecs, tu t'en fous. Ensuite, je ne changerai pas de boulot, j'ai trop trimé pour arriver là où j'en suis. Ah, au fait, si j'ai pris des vacances cette semaine précisément, c'est parce que c'était l'anniversaire de la mort de mon père. Mais, apparemment, c'était trop te demander que d'avoir la décence de te rappeler de cela. Je veux dire, ce n'est pas comme si ça faisait six ans que je prenais toujours une semaine de vacances à cette période, spécialement pour cela.

Tandis qu'Emily restait bouche bée en entendant tout cela, Lily sortit quelques pièces de sa veste.

- Tu pourras payer avec ça. Et même prendre un dessert. Maintenant, tu m'excuseras, mais je vais prendre mon service plus tôt. Bonne journée, Emily.

La rousse commençait à s'éloigner quand, du coin de l'œil, elle vit que les quatre garçons n'avaient rien perdu de l'échange. Elle s'approcha de la table.

- Au cas où vos mères ne vous l'auriez pas appris, écouter les conversations des autres est malpoli.

- Ne pas entendre était impossible, railla celui qu'elle avait surpris en train de la regarder plus d'une fois durant le repas.

Elle lui lança un regard dur, qu'il soutint. Elle mit seulement deux secondes à associer la voix et les yeux. Elle eut un sourire entendu, et, d'un ton bas, pour qu'Emily n'entende pas :

- Maintenant, je sais qui vous êtes. Et je m'en fous toujours autant.


Et voilà pour ce premier chapitre ! Que je poste durant ma pause déjeuner, comme je suis gentille ! Parce que oui, j'ai des vacances plus longues, mais j'ai cours les mercredis aprems, et ça, c'est pas cool. Vous vous en moquez, je sais. (C'est surtout que j'aurais peut-être pas le temps ce soir.)

Avant d'en parler, je voulais dire quelques mots sur le prologue, et remercier ceux qui l'ont commenté (et follow, ou mis en favoris). Je ne pensais pas qu'autant de personnes le suivraient, en fait, vu que c'est un UA. Comme quoi, ce genre attire aussi !
(Je viens de voir que sur les propriétés de l'histoire, les premiers noms à apparaître sont Sirius et Remus... Euh, comment vous dire... Ce n'est pas ma tasse de thé, hein ! Ils auront aussi leurs histoires mais séparément !)
Bref, tout ceci pour remercier ceux qui ont pris le temps de mettre une review la dernière fois.

Ensuite, pour ce chapitre... Que vous dire ? Je crois que le premier a été le plus simple à écrire. Ensuite, j'ai eu un gros moment de doute sur la suite, mais tout va bien, pour le moment, niveau motivation pour écrire ! Pour le moment, tout va tout doux. En fait, ça va être "doux" un moment. Je prends mon temps, je n'ai pas envie de terminer cette ff, maintenant que je vous en parle. J'aime pas finir les ff !

Allez, trêve de bavardages inutiles.

Pour terminer, je remercie jess, l'unique anonyme du prologue. Merci pour ta review, pour le compliment, et pour tes impressions concernant mes autres fics. J'espère que ce chapitre te paraître aussi "prometteur que le prologue, bien qu'il soit plus calme par bien des aspects. Promis, un peu d'actions et plus d'interactions entre les personnages que nous aimons tous dès les prochains chapitres !

Je vous dis à mercredi prochain et, à tous ceux qui ont le courage (et le cœur !) de laisser une review pour donner vos impressions, je vous dis à très vite en PM :) !

(J'ai décidé de mettre des titres de chapitres. Je pense que ça va être drôle.)