…J'avais dit quoi déjà, à propos de la priorité à DWU ?

Sisi, je vous jure, DWU avance, pataper.

Voici le 2ème chapitre, qui traite cette fois-ci vraiment du vif du sujet ! Bonne lecture !


Chapitre 2 : L'obsession anéantissant le désir


« Now that you know I'm trapped

Maintenant que tu sais que je suis piégé

Sense of elation

Sentiment d'allégresse

You'll never dream of breaking this fixation

Tu ne rêveras jamais de briser cette fixation »

xxx

"Time is Running out", Muse


Thor était presque délirant, d'où son idée d'un Loki irréel face à lui. Ereinté, blessé, battu, sûrement s'était-il abandonné à la folie et ne tentait même plus de réfléchir posément. C'était risible pour Loki, qui avait constamment vécu dans la défaite et ne s'était pas ainsi laissé aller. Peut-être avait-il aspiré à la vengeance, terme dont il avait fait son mot d'ordre, mais pour autant il n'avait pas perdu la superbe qui faisait de lui un Prince.

En un mot : c'était décevant. Il avait haï cet homme, mais combien de fois l'avait-il admiré pour son charisme certain, pour sa force et sa volonté ? Et par-dessus tout, c'était l'homme à côté duquel il s'était senti si petit. Il n'avait donc aucun droit d'être faible et abandonner. Aucun.

Alors comment pouvait-il ne serait-ce qu'oser se montrer si misérable, si démuni, après une simple défaite ? Il allait se relever. Il le devait. Un homme de son rang ne tombe pas ainsi au sol dans la poussière sans répliquer, n'est-ce pas ?

Loki plissa les yeux, irrité, et ne resta pas plus longtemps en compagnie de son frère. Il ne pouvait pas supporter cette vue. C'était pathétique.

-XXXXX-

Pendant deux jours, il ne revint que sous forme d'Odin. Puis, par la suite, tous les jours, comme un rituel, " l'illusion de Loki" comme le nommait Thor, venait au chevet du blond.

Jamais il ne s'était demandé pourquoi. Ce n'était pas important, et peut-être simplement n'avait-il aucune raison. C'était de la curiosité, et un malin plaisir de venir voir le dieu déchu.

Oui, voilà. De la curiosité et un plaisir malsain. C'était pour cela qu'il venait. Pour voir l'entité brisée par l'humiliation. Il n'avait aucune autre raison. En quoi aurait-il pu être poussé à se présenter devant le dieu de la Foudre, de toute façon ?

Et pourtant, il y avait cette horrible sensation de dégoût quand il parlait à Thor. Cette désagréable et amère pensée lorsqu'ils se rappelaient ensemble du passé, abordant des sujets plus ou moins importants, et plus ou moins tristes. Et Loki ne savait décrire ce qu'il ressentait, l'étouffait, nouait sa langue d'argent, cette raideur qui la rendait de plus en plus difficile à bouger pour répondre à son imbécile et minable frère.

Imbécile et minable étaient des termes parfaits. Mais plus les jours passaient, plus ils arrachaient et brûlaient son palais lorsqu'il les prononçait avec une haine qu'il se surprenait à trouver oppressante.

C'était une pure aversion de lui-même. Il se méprisait, et plus seulement pour toutes les raisons qui jusque-là l'avaient habité. Non, il se répugnait d'avoir de tels propos envers Thor. Il s'écœurait de rétorquer avec un si grand ressentiment, un venin qui brisait un peu plus l'être face à lui.

Car Thor se confiait à lui comme il ne l'avait jamais fait. Il lui disait tout, sur lui, sur ce qu'il ressentait pour Loki, sur ses remords.

Était-ce l'avantage de croire parler à un fantôme ? Après tout, dans nos propres pensées, nul besoin de se cacher certaines choses, et face au vide devant soi que l'image factice d'un proche rend moins dur à supporter, avouer les choses comme pour se faire pardonner de l'être à présent mort peut être soulageant. C'était comme parler à un portrait. Aucune utilité certaine, mise à part la recherche d'une paix intérieure.

Et dans la quête de sa propre rédemption, Thor s'était jeté dans les confessions, trop las et trop détruit par la mort de son frère dont il se sentait responsable.

Alors, oui, Loki se dégoûtait d'être le témoin et le coupable de la peine qui le rongeait, de son âme qui s'effritait un peu plus à chaque visite.

Loki lui en voulait encore plus pour cela, pour raviver les faiblesses de son cœur. Il ne dépendait pas de Thor et ne voulait pas son bien. Il aurait juste souhaité lui planter un couteau dans le cœur et en finir, mais croiser les yeux éteints l'en empêchait. A la place de cet enchaînement qu'il aurait jugé logique, il continuait à revenir, sans cesse, comme une terrible torture pour le blond, une dague qui déchirait sa peau, parce qu'elle se sentait obligée de le faire.

Mais elle le faisait sans désir réel.

Et puis, un jour, la question tomba, comme un cheveu sur la soupe :

« Qu'aurais-tu fait après m'avoir tué ? »

En réaction, un rire nerveux avait suivi, le brun prétendant que la réponse d'une illusion à une telle question ne pouvait être vraie, et donc intéressante. Thor n'avait rien dit. Ses pupilles saphir s'étaient contentées d'observer celles émeraude, mettant à jour la plaie suintante derrière ses iris bleus fatigués.

-XXXXX-

Thor…Thor…Ce nom et les propos que son propriétaire avait tenus se répétaient sans cesse dans l'esprit de Loki qui envoya son poing dans sa table de chevet avec un hurlement rageur, étouffé par un sort qui ne laissait transparaître aucun son hors de la pièce.

Tout était de la faute de Thor. Tout était de la faute de cet imbécile qui lui revenait en tête sans cesse, n'en sortait pas, le condamnait à penser à lui, le poussait à retrouver les sentiments qu'il était capable d'étouffer quand il était seul. Mais les étouffait-il vraiment ? Était-il heureux en tant que Roi, son frère alité et mourant qu'il aurait pu faire voler en morceaux, ce frère si haï dont la mort soulagerait le dieu du Chaos en pouvant, enfin, exécuter sa sentence envers ceux qui l'avaient blâmé et incompris ?

Et voilà où était le tort qu'avait commis le dieu du Tonnerre : il lui avait ouvert les yeux, arrachant la peau de ses blessures qu'il pensait naïvement cicatrisées. Il s'était voilé la face toutes ces années, s'appuyant sur le réconfort d'un vieux but enfin atteint.

Mais il s'était battu pour plonger encore plus dans la souffrance. Il était le seul poison de ses problèmes et de ceux des autres. Il ne vivait que pour mieux sentir ses entrailles exploser d'affliction en piétinant son futur, s'érigeant des objectifs qui ne pouvaient le satisfaire, se démenant pour les remplir en anéantissant ceux qu'il aimait, ne s'écroulant que plus misérablement et douloureusement lors de la chute.

Loki frappa de son bras une commode qui se fracassa sur le sol et cria de colère, ses mains crispées contre le mur, le fissurant avec rage tant l'énergie du désespoir en lui était forte, contractant ses muscles en un tremblement d'une animosité bestiale.

-XXXXX-

C.A : Voilà donc le deuxième chapitre, et j'espère qu'il vous aura plu, car j'ai pris beaucoup de plaisir et d'attention à le peaufiner :D