Chapitre II :

Quelques mèches violettes dépassèrent de la couette faisant voir la respiration régulière du jeune homme qui était doux et qui semblait refléter la sérénité. Les rayons du soleil qui avaient réussit à transpercer le rideau fin de la grande fenêtre lui fit doucement réveiller.

« Hum... »

Il ouvrit doucement ses yeux et à son habitude tourna sa tête vers le réveil. Ses yeux s'écarquilla subitement face aux chiffres qui s'affichaient sur l'écran du réveil numérique. Il était neuf heures moins le quart.

« Ah mais je suis en retard! »

Il courut dans toute la pièce à la recherche des ses vêtements quand soudain il considéra le décor autour de lui.

« Merde. Je suis en vacances. »

Il s'assit sur son lit alors qu'il soupira bêtement face à son récent comportement.

Il décida finalement de se recoucher, mais le sommeil ne lui venait plus. Il regarda plusieurs fois l'heure et ne put s'empêcher de pester contre son grand frère qui l'avait obligé à prendre ces foutus vacances. Il soupira de lassitude tout en prenant son oreiller afin de le caler sous sa tête. Il examina le plafond blanc où il aurait besoin d'un renouvellement de peinture tandis qu'il se perdit dans les profondeurs de ses pensées. Il était en vacances ; il devait s'y habituer maintenant qu'il n'avait plus ses outils de travaux. Son grand frère avait réussit à le faire séparer de son ordinateur portable et de ses feuilles de calculs ainsi que ses brouillons. Qu'est-ce qu'il va faire dans cet hôtel ? Qu'est-ce qui va faire de ses vacances – forcés – se disait-il. Il ferma les yeux dans un soupir agacé alors qu'il essaya de faire le vide dans sa tête.

Une heure plus tard, il se releva de son lit tout en marmonnant des mots inaudibles face à ce couple qui n'arrêtait pas de se disputer. Il prit quelques affaires et rentra dans sa salle de bain pour prendre une douche sous les cris de nerfs de la chambre voisine. Après s'être préparé, il sortit de sa chambre pour profiter des activités de l'hôtel, puisqu'il n'avait que cela à faire admettait-il piteusement au fond de lui tandis qu'une envie de jurer contre ce mystérieux couple et leurs conflits verbaux l'envahissait.

Au bout du couloir, Paul appuya sur le bouton et attendit patiemment l'ascenseur. Il entendit des pas, mais ne se tourna pas. Lorsqu'il vit la personne à côté de lui , il pensa à quelqu'un qui lui ressemblait étrangement.

« Aurore... »

Il avait sortit son prénom comme une évidence. La jeune femme à côté, se tourna vers lui, interloquée.

« Paul? »

Le concerné soupira tandis qu'il la regarda discrètement. C'était bien elle. Il l'avait reconnu direct malgré les quelques années qui avaient passé depuis la dernière fois qu'il l'avait vu.

« Tu n'as pas changé à ce que je vois. » Résonnalavoixféminine

Il la vit sourire. Son fameux sourire qui l'avait toujours irrité. Un sourire ironique s'afficha sur le visage du chevelu violet. Il ne s'y attendait vraiment pas à la revoir dans cet hôtel. Il pensa honteusement qu'elle n'aurait pas eu les moyens pour se permettre ce genre d'hôtel. C'était un hôtel de quatre étoiles dans un style haute gamme. Il pensa soudainement à son frère. Ce dernier avait choisit cet hôtel pour lui car selon Reggie, il était parfait pour son petit frère. L'établissement était loin de la maison, semblait avoir une bonne réputation et les diverses services étaient comptées dans le prix, qui était exorbitant selon Paul. Même lui, il ne pouvait pas se permettre de payer un tel séjour. Il observa la jeune femme, qui dans ses souvenirs n'avait pratiquement pas changé que maintenant. Son corps de jeune fille s'était simplement métamorphosé en corps de femme.

« Toi non plus. »

L'ascenseur arriva dans un bruit discret et ses portes s'ouvrirent sur quelques clients. Les deux jeunes gens laissèrent les autres clients sortir de l'ascenseur avant d'y rentrer. Un silence plana dans la cage d'ascenseur. Un silence qui avait duré jusqu'à l'ouverture des portes au rez-de-chaussé alors qu'ils sortirent en même temps, sans un seul mot l'un envers l'autre. Leur rencontre semblaient les déstabiliser.

OOOOO

« Alors frérot, ça baigne?»

Paul guetta la fille aux cheveux bleus au loin. Allongé sur un transat, il sirota son verre de jus de fruits dan un petit bruit feutré.

« Vraiment super. » Déclara-t-il sur un ton ironique.

« Ne me dit pas que tu n'es pas content d'être en vacances ! »

« Je n'ai absolument rien dit. »

« Alors c'est quoi ce ton sarcastique? »

« Rien. » Soupira-t-il

Au bout du fil Reggie ne comprenait pas le comportement de son frère. Il était en vacances dans un super hôtel avec piscine et sous un super soleil, que demander de plus ?

« Tu es de mauvais poil dit donc... »

Pour seule réponse, Paul échappa un nouveau soupir gras. S'il était parti à son travail, il n'aurait pas eu ce comportement blasé songea-t-il alors qu'il sirota de nouveau sa boisson.

« Ce matin j'avais cru que j'étais en retard pour le travail. »

Le cadet entendit Reggie lâcher un petit rire dans le mobile avant de reprendre son sérieux.

« Tu vois ! Tu travailles trop ! Ces vacances te seront bénéfiques, crois-moi. »

« Si tu le dis. » Lâcha-t-il, non convaincu.

Quelques instants plus tard, il rangea son portable dans sa sacoche. Il guetta toujours la jeune femme. Cette dernière était assis, seule, à une terrasse, l'air pensive. Soudain, Paul vit sa tête pivoter vers lui et rencontra ces yeux bleus. Quelques secondes plus tard, ne pouvant plus soutenir son regard, il baissa pudiquement ses yeux tandis qu'il se dirigea au bord de la grande piscine, décidé à se rafraîchir. Cette fille l'exaspérait. Il décréta alors d'oublier sa présence, du moins essayer, en savourant l'eau tiède de la piscine. Après quelques longueurs, il sortit de l'eau et vit que la jeune femme n'était plus sur sa chaise tandis qu'il passa laconiquement sa main dans ses cheveux humides bien content de ne plus la voir. Il prit sa serviette de bain et se sécha rapidement puis après avoir prit sa sacoche, le jeune homme rentra dans le hall d'entrée de l'hôtel pour se diriger vers l'ascenseur.

En sortant de l'ascenseur, il vit la silhouette d'Aurore dans le couloir, qui rentrait dans sa propre chambre. Lorsque Paul arriva devant la porte de sa chambre, il pesta contre le monde entier. Lui qui voulait à tout prix l'éviter, il découvrit que cette fille occupait la chambre d'à côté. Il inséra la clé dans la serrure puis la tourna, se qui fit retentir un déclic, signe que la porte était ouverte. Finalement, il ne sortit plus de la chambre de toute l'après-midi.

Le jeune homme était rester dans sa chambre pendant tout ce temps, alors qu'il sentit son estomac tiraillé par la faim. Il était tellement bien dans son lit, qu'il avait décidé d'être paresseux et de rester encore un peu. Depuis quelques minutes, une dispute avait éclatée du fameux couple de la chambre d'à côté sous les soupirs du jeune homme. Il repensa soudainement à Aurore. Il ne l'entendit pas beaucoup crier ; faut dire aussi, qu'elle n'avait pas une voix très portante contrairement à cet homme qui ne faisait que gueuler.

« Je n'en ai rien à faire ! »

Paul fronça ses sourcils. Piqué par sa curiosité, il essaya de comprendre ce qu'il se passait derrière le mur qui séparait les deux chambres. Son oreille presque collé sur le mur, tandis que ses genoux glissaient sur l'oreiller, il se sentait soudainement ridicule ; voilà où cela le menait lorsqu'il était forcé à prendre des vacances. Ce n'était pas qu'il s'ennuyait mais... c'est vrai, il ne savait pas trop quoi faire. Habituellement il partait en congés avec Reggie et il se rendait compte que sans sa compagnie, les journées étaient beaucoup plus fades. Pourtant ce n'était que sa première journée dans cet hôtel, peut-être qu'il trouvera des occupations plus intéressantes que d'écouter ce couple se disputer. On prend ce qu'il passe sous la main souffla-t-il las.

« C'est insensé, tu ne m'écoutes donc jamais! »

Le fameux gars était vraiment énervé. Paul soupira. Toute façon il était toujours contrarié considéra-t-il tout en s'allongeant de nouveau sur son lit.

« Je crois qu'il n'y a pas plus conne que toi! Non mais je rêve! »

Paul fit des grosses yeux. Il l'avait bien entendu ce qu'il avait entendu? Cet homme avait insulté Aurore de conne. Pousser par ses nerfs, Paul se leva furieusement de son lit. Il ne pouvait plus sacquer cet homme qui ne faisait que brailler depuis son arrivé. Par cette chaleur, il s'était mis torse nu. Il décida de remettre sa chemise et plaça ses cheveux en ordre. Il sortit de sa chambre, se redressa devant la porte numéro 54, la fameuse chambre voisine ce qui lui fit entendre encore mieux cette marquante voix grave.

« Arrête Ludovic. Les voisins vont t'entendre... »

« Je m'en contre fout de ces voisins! »

Ce fameux Ludovic était dans une grosse colère. Qu'est-ce qu'il allait faire bon sang ?! S'il s'en foutait des voisins, il avait qu'à louer une location près de la mer, abruti ! Paul soupira grassement en essayant de se calmer. Ce Ludovic avait réussi à l'énerver.

« S'il te plaît Ludovic arrête... »

La petite voix d'Aurore traduisait la frayeur. Paul frappa à la porte, ce qui arrêta la crise de nerf tandis que la porte s'ouvrit sur un homme robuste.

« Oui? »

La voix du fameux jeune homme était assez froide. Paul le détailla du regard. Il avait une posture assez imposante. Son visage était carré où on pouvait apercevoir une lueur sauvage dans ses yeux de couleur noisette. Ses cheveux étaient châtains et assez courts. Il était grand d'une demi-tête de plus que Paul.

« Est-ce possible d'être plus discret? On n'entends que vous dans le couloir. Et je vous entends hurler lorsque je suis dans ma chambre. »

Paul lui parlait avec une froideur presque choquante. Ce Ludovic ne lui inspirait pas confiance, bien au contraire. Il n'arrivait pas à le sentir depuis qu'il savait avec qui Aurore avait affaire. Au fond de la chambre,la jeune femme avait reconnu la voix de Paul. Elle n'osa faire aucun pas et de rester debout dans le coin sombre de la pièce tout en écoutant la conversation des deux hommes.

« Je pense que vous savez que des fois on ne peut refouler nos émotions. »

« Certes. Je ne sais pas si vous avez eu d'autres plaintes, mais cela vaudrait mieux de vous calmer vos pulsions querelleuses sinon le personnel pourrait très bien vous virez de l'hôtel.»

Ludovic le jaugea d'un regard noir. S'il croyait qu'il aurait peur de lui, il peut mettre le doigt dans l'œil. Ce n'est pas qu'il était plus imposant que lui, qu'il savait faire des regards qui en disaient long que Paul fuirait comme une petite proie, comme un lâche.

« Est-ce une menace? »

Il avait à peine haussé le ton que Paul savait qu'il avait agrandit sa fureur. Il s'énervait vite remarqua-t-il. Et qu'est-ce que cela pouvait faire si c'était une menace ? Il allait lui casser la figure ? Il allait le menacer aussi ? Le jeune homme reposa son regard sur lui.

« Non. Ce n'est qu'un conseil. »

« Et bien j'essayerai de suivre votre conseil. » Répondit-il froidement.

Paul comprit en l'observant qu'il l'avait encore plus irrité qu'auparavant tandis que le brun claqua la porte à son nez. Ce dernier partit descendre au restaurant, les nerfs à vifs. Les vacances commençaient bien pensa-t-il ironiquement. Vraiment très très bien !

« Quel abruti celui-là! »

Paul mit les mains dans ses poches en direction d'une des tables du restaurant sous les regards intrigués des clients.

« Quoi ? Vous voulez ma photo? »

Les quelques inconnus beaucoup trop curieux, attablés çà et là, baissèrent rapidement et maladroitement leur têtes vers leurs plats, n'osant pas affronter son regard meurtrier.