9H35
Maître Panda sortit de son lit avec paresse. Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Ce contrat avec le Patron l'avait complètement déstabilisé et il n'arrivait plus à dormir, de peur que celui-ci débarque en pleine nuit et lui prenne une chose que l'animal préférait garder pour lui pour le moment. C'est donc en traînant des pieds qu'il se rendit dans la salle de bain. La porte n'étant pas fermée, il conclut qu'elle n'était pas occupée et poussa doucement la porte. Il se figea dans l'embrasure. Le criminel était là, passant une main dans ses cheveux et mettant ses lunettes de soleil avant de se tourner vers le semi-homme, totalement paralysé. L'homme en noir s'approcha et, sans lui adresser un seul mot, passa à côté de lui, comme s'il ne l'avait pas vu. Sans demander son reste, le chanteur ferma la porte à clef derrière lui. Il inspira profondément et entreprit de se doucher à l'eau froide pour se réveiller et remettre ses idées en place. Frissonnant au contact du liquide glacé, il n'y fit pourtant pas attention, trop absorbé par le Patron et ce qu'il pourrait lui faire une fois qu'ils seraient seuls. Il éteignit le jet d'eau et sortit, se secouant la tête un peu à la manière d'un chat. Il se sécha rapidement et enfila son inséparable kigurumi. Cependant, ses cheveux n'étant pas totalement secs, il rabaissa sa capuche jusqu'au sommet de sa tête, laissant la partie de devant sécher à l'air libre. Il sortit finalement de la salle d'eau, laissant le Geek, à première vue toujours dans le gaz, y pénétrer à son tour. L'animal descendit les marches du duplex avec appréhension. A cause de ce fichu contrat, le pervers pouvait absolument tout lui demander et ce, même devant ses autres colocataires, pire, devant Mathieu ! Ce que le panda ne voulait surtout pas, c'est que son créateur soit au courant. Il n'oserait plus jamais se présenter devant lui, il aurait trop honte. Malheureusement, la survie de son espèce dépendait de lui et il n'aura guère le choix lorsque le moment fatidique arrivera. Il se fit une raison quand il posa un pied dans la cuisine, dans laquelle étaient déjà réunis Mathieu, le Patron et le Hippie. Saluant rapidement ses amis, il s'avança vers la cafetière, le cœur battant. Il sentait un regard avide sur lui, le déshabillant littéralement du regard. Il fit de son mieux pour l'ignorer et se fit couler un café.
« Hé, boule de poil, tant que tu y es, fait moi un café aussi. »
La voix du criminel s'était élevé dans la pièce comme le bruit d'un gong, retentissante, affolante et persistante. Cependant, le panda n'eu guère d'autre choix que de se plier à la demande –l'ordre plutôt- du Patron. Heureusement pour lui, le Hippie avait déjà l'air stone et Mathieu n'était pas totalement conscient de ce qu'il se passait autour de lui tant qu'il n'avait pas fait le plein de caféine. En déposant la tasse devant son quémandeur, Maître Panda croisa à travers les vers fumés le regard de la sombre personnalité. Il put y lire de la satisfaction mais aussi un arrière goût de « ça ne fait que commencer, gamin… » peu agréable. Fermant fortement les yeux, il prit son mug personnel et but quelques gorgés de breuvage fumant avant de se diriger vers le séjour. Quand il s'assit sur le canapé, un poids s'ôta de ses épaules, lui donnant l'impression d'avoir franchit une étape du long calvaire qu'il allait devoir supporter pour une durée indéterminée…
17H55
Dans sa petite chambre, les écouteurs vissés aux oreilles, le chanteur avait passé sa journée à écouter de la musique. Ça l'avait détendu et il avait même réussit à dormir quelques heures. Le Patron lui avait fait l'honneur de son absence, lui laissant « quartier libre » pour la journée. Mais lorsque sa porte s'ouvrit pour laisser entrevoir la silhouette élancé du pervers, le panda eu soudainement l'impression que ces heures de détente n'avait jamais existé. L'homme en noir s'avança lentement dans la chambre de son sosie, passant devant son lit pour rejoindre la fenêtre où il pu aisément écraser sa cigarette pour la balancer dehors. Ses yeux se baladèrent sur les murs et le plafond tandis qu'il soufflait les dernières vagues de fumé blanche. L'animal grogna intérieurement. L'odeur du tabac le répugnait et elle embaumait déjà la pièce alors que cela ne faisait que quelques minutes que son hôte était entré. D'ailleurs, celui-ci dirigea son regard vers lui avec son très célèbre sourire de psychopathe.
« Ta chambre est insonorisée, pas vrai gamin ? »
L'intéressé hocha nerveusement la tête. Mathieu avait accepté d'investir dans une insonorisation plus importante pour cette chambre pour laisser le panda travailler sur ses chansons sans déranger les autres habitants de la maison ou encore le voisinage.
« Héhé… Tant mieux… Tu ne risqueras pas de déranger les autres lorsque tu crieras de plaisir sous les asseaux de mes hanches… souffla-t-il sensuellement. »
Maître Panda se mit à rougir violemment. Le ton que son vis-à-vis avait employé était tellement aguicheur qu'il ne pu retenir quelques frissons. Il secoua vivement la tête alors que des images du Patron et lui dans des positions plus que dérangeantes lui vinrent à l'esprit.
« Ne t'en fait pas gamin… Je ne vais pas abîmer cette magnifique fourrure. Du moins, pour l'instant. continua-t-il. »
- Ça ne me rassure pas vraiment à vrai dire…
- Qui te dis que c'était sensé le faire ? fit-il remarquer en levant un sourcil. Viens avec moi. »
Le semi-homme avait un mauvais pressentiment, mais c'était un ordre plus qu'autre chose. Il n'eu pas vraiment d'autre choix que d'obéir. Le criminel l'emmena dans sa chambre puis se dirigea vers sa commode d'où il sortit une petite boite apparemment emballé avec du papier cadeau. Il se retourna et la tendit au panda, un rictus déformant son visage.
« Cadeau. »
Le chanteur d'SLG accepta l'objet, toujours avec ce désagréable pressentiment qui lui faisait comprendre que cet emballage avait bien l'aspect d'un cadeau empoisonné. Sous le regard persistant du donneur, Maître Panda ouvrit la petite boite rectangulaire avec appréhension. Lorsqu'il découvrit le présent, ses yeux s'écarquillèrent de surprise. Il s'attendait à tout, mais vraiment tout de la part du délinquant sexuel, mais certainement pas à un…
« Un… Collier pour chien ?
- Pour chat. T'as le coup trop fin pour un collier de chien. »
Le chanteur ne savait pas trop ce qui le dérangeait le plus. Que le Patron lui offre un collier pour chie… Chat ou qu'il sache que son coup n'était pas assez large pour une parure de canidé.
« Normalement quand on reçoit un cadeau, on dit merci gamin.
- C'est… Je ne suis pas un animal de compagnie ! se défendit-il, vexé.
- On n'a pas un accord tout les deux ?
- Oui mais je ne me souviens pas du passage ou je suis sensé porter un collier pour me faire passer pour un vulgaire caniche !
- Dis merci gamin, sinon je risque de te faire lécher mes pompes. Et là, tu verras ce que ça fait d'être un chien. »
Le panda fronça les sourcils. Il était totalement impuissant face à lui.
« Merci… finit-il par soupirer, résigné.
- Il résiste à l'eau, alors je ne veux pas te voir l'enlever jusqu'à ce que je le dise. J'espère que c'est clair dans ta tête, gamin. Sinon je risque de sévir… Maintenant met le. »
Maître Panda déglutit difficilement. Accepter de mettre cette chose autour de son coup était la preuve visible par tous qu'il était soumis et qu'il appartenait en quelque sorte au Patron. Mais il se résigna. Il ne voulait pas risquer d'énerver le criminel, sachant tous ce qu'il pouvait lui faire subir avec tout son matériel à disposition. Il était en territoire ennemi, mieux valait pour lui qu'il se tienne à carreau pour le moment. Hésitant, il ouvrit la boucle du collier et passa le bijou de cuire noir orné de petites pointes autour de son cou sans ôter la capuche de son kigurumi, savourant ses dernières secondes de liberté avant de sceller le fermoir. Il fixa le pervers avec un regard emplis de haine mal dissimulée avant de tourner les talons et de le laisser seul, retournant s'enfermer dans sa chambre. Le Patron d'SLG laissa apparaître toutes ses dents dans un sourire avant de sortir une cigarette et de murmurer pour lui-même :
« Gentil toutou… »
Ne me demandez pas pourquoi, mais j'ai adorée écrire ce deuxième chapitre x)
Maintenant, à vous de me dire si ça vous a plus avec une petite review ;3
Une petite critique serait cool aussi !
Et en attendant le prochain chapitre...
Hugs !
