Disclaimer: JKR, pas moi !

Note: Un deuxième drabble, toujours pour la communauté frenchdrabble, où je ne suis pas gentille gentille avec le chouchou de ma copine istuki (et que je m'excuse, Pitchoune, je ne le ferai plus !).


Thème: "Et si j'étais..."

Pairing: Neville centric

Rating: PG

« Draco, tu crois qu'il en a eu assez ? »

Je ne voulais pas faire un bruit, pas le moindre son, mais mes côtes me faisaient tellement mal et la boule logée au fond de ma gorge me brûlait fort, si fort.

« Mouais, il a l'air K.O. » murmurait la voix d'un garçon blond, d'à peu près mon âge et que je ne connaissais pas vraiment, jusqu'il y a peu.

Jusqu'à ce qu'il ait décidé que je serais son souffre-douleur personnel.

« Alors Londubat ? Tu en veux encore ? »

J'étais recroquevillé par terre, mes mains plaquées sur mon ventre, roulé en boule pour essayer de calmer la douleur et éviter les autres coups de pied, mais je savais qu'il y en aurait encore.

Peut-être pas aujourd'hui, puisque le blond, leur chef, semblait avoir déterminé qu'ils avaient assez joué.

Mais un autre jour.

Il y avait toujours un autre jour.

J'avais compris très vite, au moment même où ils m'avaient coincé dans les toilettes, alors que je cherchais mon Trevor, que ce n'était pas à moi qu'ils voulaient s'en prendre. Que s'ils avaient pu l'avoir Lui, Harry Potter, c'est sur lui qu'ils auraient déchaîné leur haine et leur méchanceté.

Grand-mère m'avait dit que les enfants étaient parfois méchants. Elle m'avait averti plusieurs fois, comme si elle avait craint, ou plutôt deviné, que ce genre de rencontre risquait de m'arriver.

Et moi je n'avais rien dit. Qu'est-ce que j'aurais pu dire ? J'en connaissais si peu, des autres enfants que moi.

Et pourtant, certains ici étaient assez gentils. Hermione par exemple, cette fille brune un peu hautaine qui m'avait aidé à retrouver mon crapaud.

Les autres ensuite, ceux de ma maison, Seamus, Dean, Ron et Harry, Harry Potter, celui-qui-a-survécu. Tous les quatre, ils avaient eu l'air de vouloir être aimables avec moi, même si je savais que Ronald se moquait de mon étourderie derrière mon dos.

C'était vrai, j'étais étourdi, mais s'il y avait une chose que mon rappeltout n'avait pas besoin de me rappeler, c'était à quel point la douleur était souvent injuste et combien c'était dur de comprendre pourquoi on s'en prenait toujours à moi.

« Tu sais, gras-double, moi si j'étais un Gryffondor, je me relèverais fièrement et je montrerais à tout le monde comme je suis un lion valeureux plein de bravoure ! Tu ne veux pas remuer tes grosses fesses pour nous montrer à nous, Serpentards, combien tu es courageux et comme ce vieux chapeau pouilleux a eu raison de t'envoyer dans ta fichue maison ? »

Non, bien sûr que non, je ne voulais pas !

Moi, Neville Londubat, Gryffondor, je trouvais mon courage dans mon absence de larmes. Des gémissements parfois, mais jamais de pleurs.

Un jour, je leur montrerais, un jour je serais celui qui frappe le premier, un jour, je mériterais mes couleurs.

Un jour.

Mais pas aujourd'hui.

Aujourd'hui, je voulais juste attendre qu'ils finissent et qu'ils s'en aillent pour pouvoir me remettre debout et rejoindre ma maison.

Gryffondor.