POV EXTERNE

Douze ans plus tard, en 1775, la famille FORESTI vivait toujours au même endroit. La famille s'était agrandie, avec le mariage de Massimiliano et la naissance de son fils. Cheyenne n'aimait pas sa belle sœur, Marianne. Elle trouvait cette bonne femme inutile. Pour elle, la femme de son frère ne faisait pas partie de la famille Foresti. Celle-ci était faite de personnes modestes et simples, non pas de bourges égoïstes et coincés, comme l'était la famille de Marianne. Certes, cette jeune femme était belle, mais tout autant stupide. Malgré cela, Cheyenne aimait son neveu, Arthur, de trois ans. Quant à elle, à dix-neuf ans, elle n'était encore mariée, n'avait aucun projet. Elle suivit les traces de son père, même si elle détestait cela. Juste par hommage à ce dernier, car la jeune femme le respectait pour avoir sauvé les vies des amérindiens qui avaient été emprisonnés avec elle.

Cheyenne continua sa vie et avait fait en sorte d'oublier ce drame. Elle en avait gardé des cicatrices : une dans le cou à droite et une autre sur la cuisse gauche. La jeune femme avait le tatouage en aigle sur le poignet gauche. Pour le dissimuler, elle enroulait un tissu autour de la zone tatouée.

Tôt un matin de décembre, Cheyenne partie avec son amie, Loise Edelweiss, faire une escale en montagne. Ces deux amies étaient opposée en tous points mais tout autant semblables. Cheyenne avait des cheveux noirs, longs, lisses la peau halée les yeux verts très pâles elle faisait environs 1,70 mètres. Loise, elle, était une blonde aux cheveux bouclés et courts, elle avait les yeux marrons très clairs, sa peau était pâle et elle mesurait environs 1,60 mètres. malgré tout, elle pensait de la même manière. Loise et Cheyenne se connaissaient depuis qu'elles avaient trois ans.

POV CHEYENNE

Vers six heures et quelques du matin, je parti chercher Loise. Il faisait bon dehors, le jour se levait lentement. Je l'attendais devant sa maison, sur le dos de mon cheval. Après cinq minutes d'attentes, mon amie descendit enfin.

- Hé ! C'est quand tu veux que tu arrive à l'heure aux rendez-vous donnés ! Dis-je à l'intention de Loise.

- Je te retourne la réflexion, les deux dernières fois, c'est toi qui étais en retard !

Nous finîmes par partir en rigolant de notre stupidité commune. Nous avions toujours été comme cela, c'est-à-dire qu'à chaque fois que l'une faisait un faux pas ou une réflexion, l'autre venait toujours en rajouter une couche, nous étions comme cela.

Nous arrivâmes dans l'une des plus belles plaines de nos alentours. Là-bas poussait des fleurs d'hiver magnifiques. Pendant que je peignais, Loise en faisait des bouquets, qu'elle apportait en fin de journée aux membres de sa famille, ou à d'autres personnes. Toute la journée nous étions restées sur cette plaine blanche. Aux alentours de dix-huit heures, nous repartîmes chez nous. A dix-neuf heures trente nous étions chez nous.

Je saluai Loise, et me dirigeai vers ma maison à quelques mètres de la sienne. Je laissai ma jument dans le pré, la regardai un peu cavaler dans tous les sens, et entra. Mon père était dans son fauteuil de velours bordeaux, et ma mère brodait, assise sur une chaise en bois et éclairée par la lumière d'une bougie. Sur la table, je vis une lettre posée, avec un sceau de cire rouge. Je la lu. Celle-ci était du docteur Stagston. Ce dernier était médecin de guerre, pour les soldats américains, il demandait à mon père de venir l'aider et d'amener avec lui un autre médecin ou un assistant. Je jouais avec le papier pour que mon père se rende compte que j'étais au courant, et qu'il me propose de venir. Même après ce qu'il s'était passé douze ans auparavant, je voulais participer d'une manière ou d'une autre à cette guerre. J'avais attendu deux minutes jusqu'à ce que mon père me propose enfin de l'accompagner.

Cheyenne, je suppose que tu as envie de venir avec moi, n'est-ce pas ?

Bien sûr que j'ai envie de venir.

Nous partons ce soir, comme la dernière fois, le plus tôt possible. Va préparer des affaires.

D'accord !

Je préparai mes affaires rapidement, pris mon diner, et à dix-neuf heures et quelques quelqu'un toqua. Nous partîmes donc pour l'Amérique, pour la seconde fois de ma vie.

Lorsque nous étions arrivé là-bas, une fin de matinée, nous avions directement déposé nos affaire dans une maison d'accueille. Pour le déjeuné, le docteur Stagston nous invita à manger chez lui. Nous fîmes connaissance avec sa femme, Elisabeth, et leur fils de vingt-deux ans, un charmant blond aux yeux chocolat. Mais je n'aimais pas les blonds. Ils étaient plutôt pour Loise. Bref, passons. Le soir, après le diner, nous rentrâmes à la maison pour dormir.

Dans la nuit vers vingt trois heures, je me levai et sorti discrètement de la maison. Je voulais retourner voir le village qui avait été détruit douze ans auparavant. J'empruntai une carte à mon père, ainsi qu'un pistolet car on ne sait jamais ce qu'il aurait pût m'arriver me connaissant, pour y aller, et parti aussitôt à cheval. J'avais eu la bonne idée de rester en robe de nuit, à manches longue s'il vous plait et pieds nus pour arranger le tout, car me changer aurait fait trop de bruit. Finalement, je le regrettais. Mais bon. Au bout d'une heure et demie, je n'étais pas encore arrivé à ce qu'était anciennement le village. J'avais pris le mauvais chemin… pour la troisième édition.

Trente minutes plus tard, j'arrivai enfin à destination. Il n'y avait plus grand-chose, pour ne pas dire rien. Je pouvais encore simplement voir des morceaux d'objets du quotidien, et quelques ruines de tipis. D'ailleurs, je n'avais jamais demandé à mon père ni à personne ce qui était arrivé au village. Ou peut-être qu'on me l'a dit, mais avec une mémoire comme la mienne, on pouvait s'attendre à ce que j'avais oublié la raison, comme toujours.

Je descendis de mon cheval et le tins par la bride de cuir bordeaux. Je fis un tour sur le terrain désert. Au bout d'une dizaine de minutes, il commençât à neiger, et je me décidai donc à partir. Mais j'entendis des bruits derrière moi, je pris le pistolet emprunté à mon père, je me retournai rapidement et vis une silhouette disparaitre soudainement. Il fallait vraiment que je parte. Je montai donc sur ma jument et repartis au galop. Bien évidemment, je pris le mauvais chemin, et dû donc faire demi-tour.

Environs une heure plus tard, j'étais à nouveau à la maison. Je parti me coucher de suite après avoir remis Giuletta dans son box.

Tôt le matin, c'est-à-dire à six heures, mon père vint me lever. Nous devions aider le docteur Stagston à soigner les soldats blessés. Lorsque nous étions arrivés sur place, il y avait trois soldats de la veille. L'un avait reçu une balle dans la cuisse droite, le second avait été amputé du bras gauche suite à une infection due à un coup de baillonette, et l'autre avait son oreille droite tranchée et l'œil droit crevé. J'en avait vu des blessés, mais pas de ce genre. J'avais rencontré des paysans s'étant coupé un doigt au travail, des clous sous les pieds, des coupures plus ou moins graves. Des yeux crevés, des jambes amputées, jamais. Quelques heures plus tard, lorsque la bataille avait commencée, plusieurs autres soldats en mauvais états arrivèrent. Je dû soigner un homme qui avait été blessé par balle au niveau du mollet gauche. Il saignait beaucoup. Après avoir dégagé et nettoyé la plaie, de fis une entaille pour mieux pouvoir enlever la balle. Je la sorti à l'aide d'une pince spéciale, ensuite, je nettoyai à nouveau la blessure et la banda. Je soignai plusieurs autres combattants. Dans la fin de la mâtiné, la bataille était fini, et tous les blessés avaient été pris en charge, si notre aide pouvait évidemment les aidés. Car si les blessures étaient trop graves, nous ne pouvions rien faire.

Je pris un repas avec les deux docteurs et un soldat encore entier. Il me raconta que lorsqu'il était sur le champ de bataille, il n'était plus un humain, mais un animal enragé : il ne pensait qu'à tuer pour gagner, et que si les sentiments le submergeaient, il ne pouvait que se faire blesser ou tuer. Dans ma tête, j'essayai de m'imaginer, moi, à la place de cet homme. Après une certaine réflexion, je me dis que je m'y verrais vraiment très mal… mon père repartis avec l'autre docteur en ville. Après le repas, je me changeai et mis une robe et une veste chaude, puis parti faire un tour à cheval. Je m'arrêtai dans un petit endroit tranquille, une petite plaine enneigée. Je laissai Giuletta faire sa vie de cheval, et mon couchai dans la neige. Alors que je regardais le ciel et la neige tomber, j'entendis un coup de feu, puis un enfant pleurer. Plus loin sur la plaine j'aperçus un enfant vaciller et tomber. Je montai en vitesse sur Giuletta et galopa jusque lui. Cet enfant était comme ceux que j'avais rencontrés douze ans plus tôt. Je le pris et partis de suite vers le camp des américains. Le pauvre avait reçus une balle dans l'épaule droite. Arrivé là-bas, je le soigna. Le petit perdit connaissance. Vers seize heures, il se réveilla.

Bonjour, dis-je calmement, avec un anglais correct.

Il me regardait avec un regard suspicieux. Dans ces moment-là, il fallait faire la gentille jeune femme à la voix rassurante, quelque chose que je n'aimais trop faire, je me demande pourquoi d'ailleurs…

Ne t'inquiète pas, je ne vais pas te faire du mal. Ça va ?

Oui, ça va mieux qu'avant.

Qui est-ce qui t'a blessé ?

Ce sont les hommes en rouges, les britanniques. Ils m'ont attaqué alors que j'étais parti chasser.

D'accord. Je vais te ramener chez toi.

Ok.

Nous repartîmes finalement dans son village, jusqu'où il me guida. La nuit était tombée.

Je pris le chemin pour rentrer. En arrivant sur le sentier forestier, je vis au tournant mon père, entouré de deux hommes, en rouge. Je descendis rapidement de Giuletta et courus vers mon père. Mais trop tard, l'un des britannique tira. Je vis au ralenti le corps inerte de mon père tomber au sol. Je continuai à courir, poussa l'homme qui se postait devant moi. Je m'agenouillai à côté du corps. Les larmes coulèrent toutes seules. Les deux soldats partirent en marchant, et en rigolant. Je fermai les yeux de mon père, pris son pistolet, et tira. Deux fois. Seul un tir toucha un soldat en pleine tête et le tua de suite. Le second fut touché à la main droite. Je tirai une encore, et visa cette fois son mollet gauche. Il tomba à terre. Je m'approchai de lui, pris un de ces couteaux. Et commençai à le poignarder, pour expirer la frustration que je retenais en moi. La frustration d'avoir vu mon père mourir sans n'avoir rien pu faire. D'ailleurs, qu'aurais-je pu faire ? Moi, une simple femme, faible. Si j'étais venu plus tôt, j'aurais aussi été tuée, facilement. Le sang giclât sur ma robe blanche, sur mon visage. Je hurlai de colère ! Je n'en pouvais plus, je ne voulais pas accepter de voir mon père mort. Lorsque je fus sûre que l'homme ne vivait plus, je retournai voir mon père. J'entendis des hommes parler, et courir. Je levai la tête et aperçus des soldats britanniques arriver. Dans ma tête c'était clair : j'allais mourir bêtement. Mais lorsque l'un leva sa baillonette dans ma direction, un homme surgit des bois, et les tua un à un. Cet homme était habillé en blanc et en bleu, il avait le visage recouvert d'un capuchon, et je ne pouvais distinguer ces traits. Il avait un arc accroché dans son dos, deux pistolets accroché sur une ceinture dans son dos, et tua les hommes avec une hache en forme de "A" bizarre. Lorsqu'il eu fini, il se tourna vers moi, et vint. Je me demandais si il allait me tuer, moi aussi, ou non. Mais si ce n'était pas son intention, pourquoi venait-il vers moi ? Je ne le savais pas. Lorsqu'il arriva devant moi, il s'agenouilla, et me pris mon poignet gauche, et enleva le tissu. Ensuite, il dégagea la partie de mon coup où j'avais ma cicatrice. Et dit :

Cheyenne ?

Je le fixai, sans comprendre. Il enleva sa capuche, et je vis son visage, ses traits. Ils me rappelaient un personne… je réfléchis, et trouvai. Ce garçon était celui que j'avais croisé, quand j'avais sept ans, avant de me faire enlevé par des britanniques.

Je vous ai déjà vu, il y a douze ans ! est-ce vous ? lui demandais-je.

Oui, et …

Mais il y avait du mouvement plus loin : d'autres hommes arrivaient. Il me prit par la main et commença à courir. Je me retournai vite fait pour regarder mon père mort au sol…

Nous nous arrêtâmes après une dizaine de minute de course. Je m'assis par terre, adossée contre un arbre. Je pris de la neige, et je m'en passai sur le visage pour m'enlever le sang sec. L'homme se reposa devant moi.

Cela fait longtemps que l'on s'est vu. Que faites-vous ici ? me demanda-t-il.

Je soigne les blessés américains. D'ailleurs, comment connaissez-vous mon nom ?

Je l'ai entendu, après la destruction de mon village, il y avait votre père.

Et vous vous appelez ?

Connor Kenway.