Une suite après un an, en quelques sortes. MCT, tu sais qu'il n'y a que pour toi que j'écris du HP. With love.


Les animaux

(En moi le sheitan)


Dans l'air noir, les fumées crachées des bouches font des toiles de suie pâle. On aspire le mal en tirant sur des mégots aux bouts rosis, et les lèvres bleu noyé qui les tètent ne sourient pas. On se pèle sévère. On ne dit rien, on se contente de fumer.

Les jambes bonhomme-bâtons croisées, le cowboy jongle méga. Il n'a pas d'explication à donner. Rem est venu sans poser de question, s'est planté près de lui clope au bec sitôt salué le nouveau-né pendu aux mamelles de sa mère. Sirius le sent vibrer d'excitation c'est le premier mouflet de la team à naître, après tout. Il a la délicatesse de ne pas vanter sa joie. Black, lui-même, ne saurait se plaindre : l'enfant est magnifique. Encouronné de cheveux bruns, yeux en marais, on croirait déjà avoir à faire à un King en berceau.

« Il régnera, » il a juste su dire en croisant le regard de son loup frais arrivé. « Toujours ils l'aimeront. »

Puis l'idée muette de James perdu à jamais, dans chaque goutte de sang d'Harry : James perdu, James disparu. Jamais autre chose que des BFFs, jamais, ah ! jamais les intérieurs léchés, zéro boyau partagé

A l'amour jamais fait, Sirius sanglote. Doucement, il chiale.

Remus lève des yeux trop scolaires, ému encore de la piéta vivante saisie à l'intérieur de la baraque, de la folie de James enlarmé devant son fils premier. Il ouvre la bouche, la referme.

« Il va te demander d'être le parrain, tu sais. »

Ils ne rentrent pas avant une bonne demi-heure. Au retour, Sirius choppe son frère de sang dans ses bras. Ses félicitations sont sincères. Ses amours, toujours mortes.