Pride of Time
Résumé : Hermione se retrouve projeté de vingt ans en arrière. Il n'y a aucun retour possible l'unique option est d'aller de l'avant. Et quand inconsciemment on interfère avec le temps, ce à quoi on s'attend n'est pas toujours ce que l'on trouve. Traduction d'une fiction de Anubis Ankh.
Disclaimer : Je ne possède rien, ne me fais pas d'argent grâce à la fiction ou n'en profite d'aucune manière. Essayez de vous en rappeler s'il vous plaît. Tous les personnages appartiennent à JK Rowling, et toutes les citations viennent directement des livres qui lui appartiennent également évidemment. L'histoire appartient à Anubis Ankh, je vous rappelle que ce n'est qu'une traduction.
Chapitre 2 :
Au plus grand soulagement d'Hermione, presque tous ses cours étaient en commun avec Mary. Le Professeur Dumbledore l'avait placée dans les classes qu'elles suivaient déjà à son époque, ce qui signifiait, puisque Mary était dans la même année qu'elle, qu'elles se retrouvaient ensemble durant les cinq cours du tronc commun. Les seules matières où elle se retrouvait seule était l'Arithmancie et l'Etude des Runes, mais elle était déjà habituée à ne pas y aller avec ses amis ; Harry et Ron n'avaient jamais suivit l'Etude des Runes, et ils n'avaient jamais eu le moindre intérêt pour l'Arithmancie. Dans un sens, c'était réconfortant de se retrouver dans la même situation qu'à son époque.
Il y avait si peu d'élèves dans ces deux classes que, contrairement à ce qu'Hermione avait connu, ils n'étaient pas répartis par année. Les troisièmes et quatrièmes années étaient ensemble, tout comme les cinquièmes et sixièmes années, les septièmes années étant les seuls à avoir un cours particulier de niveau supérieur pour leurs ASPICs. Il n'y avait tout simplement pas suffisamment d'élèves pour faire autrement et Hermione découvrit bien vite que les Professeurs Vector et Babille faisaient tout simplement deux cours séparés dans la même classe. Même avec deux années combinées, il n'y avait pas plus d'une quinzaine d'élèves par cours ce qui était assez déconcertant étant donné qu'Hermione était habituée à un effectif au moins deux fois plus important.
Mary l'aidait à aller de classe en classe, lui indiquant à chaque fois un siège qui ne la relègue pas au fin fond de la salle et l'introduisait auprès des personnes avec lesquelles elle s'asseyait généralement. Comme le découvrit très vite Hermione, Mary n'était pas une sorcière particulièrement puissante ou obstinée mais elle était amicale et avait une telle personnalité qu'elle avait plusieurs amis en classe qui furent ravis de rencontrer Hermione.
A la fin de la journée, elle amena Hermione à la Tour de Gryffondor, où elles trouvèrent Lily Evans assise à l'une des tables, ou pour être exact, à la table où Hermione avait pour habitude de s'installer. Elle aidait un élève de troisième année à faire un devoir de Métamorphoses. Elle leva les yeux lorsque Mary et Hermione arrivèrent près d'eux et leur sourit chaleureusement.
« Mary ! Je ne t'ai pas vue de la journée. » Elle se redressa alors que le troisième année qu'elle avait aidé la remerciait rapidement avant de s'éclipser. Hermione avait le pressentiment que le garçon redescendrait très vite, un balai à l'épaule… « Je peux vous aider ? »
« Hermione, voici Lily. » fit Mary en guise de présentation. « C'est l'une des Préfètes de Gryffondor. Lily, Hermione se demandait si tu pourrais lui faire des copies de tes notes jusqu'en cinquième année. Elle n'en a aucune et comme on doit commencer à réviser nos BUSEs bientôt… »
Hermione écouta l'échange d'une oreille distraite, même lorsque Lily se leva en leur disant d'attendre un instant pour qu'elle aille chercher ses notes. La mère d'Harry avait les cheveux un peu plus clairs que ceux de Ginny mais de la même longueur et ses yeux verts rappelaient énormément à Hermione ceux de son fils. Elle fixait encore ses cheveux quand Lily disparu de la pièce et Hermione ne réalisa pas immédiatement que Mary lui parlait avant que celle-ci ne lui tapote timidement l'épaule.
"Lily est la seule qu'on vienne voir quand les Serpentards s'en prennent à nous," dit-elle, les yeux fixés sur le sol. Hermione pensa immédiatement que Mary était allée bien des fois voir Lily pour cette raison. Elle détestait le penser, mais cette pauvre Mary était une cible faible et facile. "N'hésite pas à lui demander si tu as besoin d'aide." Elle traçait de petits traits d'avant en arrière avec son pied le long du tapis, et ensuite demanda, "Est-ce que tu y connais quelque chose en sorts de défense?"
Cela rappela immédiatement à Hermione ses séances avec l'AD. "A peu près," mentit-elle, elle savait très bien que son niveau en la matière était plus que suffisant. Harry était le meilleur d'entre eux, mais Hermione avait intégré ses leçons, excepté la dernière bien évidemment, avec son habituelle facilité, assiduité et sérieux. "Pourquoi?"
"On a Potions demain," expliqua Mary. "Est-ce que tu penses que tu pourras m'y accompagner?"
Les traits d'Hermione s'adoucirent instantanément. Mary lui demandait de l'aide et, peu importe la reconnaissance qu'elle lui devait pour l'avoir si bien accueillit, elle était ravie d'aider une Gryffondor dans le besoin. "Evidemment."
Le visage de Mary s'éclaira à ces mots. Lily revient quelques secondes plus tard avec l'équivalent de plusieurs années de cours entre ses bras, soigneusement assemblés. Elle les tendit à Hermione qui les prie avec reconnaissance.
Une voix les interpella alors depuis l'autre côté de la pièce. "Hey! Pourquoi tu lui donnes toutes tes notes alors que tu ne voulais même pas me passer celles de Binns de la semaine dernière?!"
Hermione se retourna pour se trouver face à face avec un visage familier, avachi sur l'un des canapés situés près du feu. Lily lui répondit , l'air légèrement hautain : "Parce que tu t'y es endormi! Tu n'as même pas pris la peine de prendre des notes!"
Sirius lui offrit un grand sourire taquin. Ses cheveux étaient noirs et bouclés, descendants sur ses épaules, et son visage était lumineux et plein de vie, quelque chose qu'Hermione n'avait jamais vu durant son séjour au Square Grimmauld. Elle pouvait encore revoir sa silhouette décharnée et pâle mais devant elle, il était désormais jeune, visiblement de bonne santé et approchant de l'âge adulte. En regardant plus attentivement encore, on devinait même le début d'une légère barbe sur son visage.
"Oh, aller Lily" implora-t-il en s'asseyant. "Juste pour cette fois. D'habitude, j'arrive à garder les yeux ouverts assez longtemps pour noter ce qu'il dit."
"Tu dis la même chose à chaque fois," répliqua Lily en détournant son attention de lui dans un soupir. "Si tu veux ce cours à ce point, va donc demander à Rémus. Ses notes sont aussi bonnes que les miennes."
"Mais toi, tu as une jolie écriture."
"Tu n'as que ce que tu mérites si tu n'arrives pas à déchiffrer les pattes de mouches de Rémus." contrecarra Lily en retournant vivement, l'air indigné, vers sa table où elle rassembla ses affaires pour les glisser dans son sac. "Allons-y Mary. Hermione, tu viens?"
Hermione fut brièvement choquée par le ton autoritaire de Lily mais elle acquiesça rapidement. Elle monta en hâte vers les dortoirs pour y déposer ses notes fraîchement acquises puis attrapa son sac pour suivre Lily et Mary hors de la Salle Commune, jetant au passage un dernier coup d'œil à Sirius par-dessus son épaule.
Il paraissait véritablement contrarié mais cette expression quitta bien vite son visage lorsqu'il se baissa pour attraper son livre de Défense Contre les Forces du Mal, ramassant au passage son parchemin qui avait glissé au sol et, le replaçant sur son livre, il reprit son écriture.
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Ce soir-là, Hermione resta dans la Salle Commune tandis que la plupart des autres élèves, y compris Mary, étaient partis se coucher. Elle était installée sur l'un des canapés et terminait un essai à rendre le lendemain. Il faisait nuit noire dehors et la pluie battait contre la fenêtre dans un fracas incessant. La Salle Commune était étrangement calme, du moins jusqu'à ce que Sirius n'y entre en trombe, dégoulinant d'eau boueuse. Hermione s'apprêtait à le réprimander ouvertement mais aperçu à sa suite deux autres visages familiers qui n'avaient pas meilleure allure. La saleté qu'ils étalaient entraînerait sans doute Argus Rusard à faire une crise d'apoplexie.
Néanmoins, se souvenant du soutien et de la vénération que le concierge portait à Ombrage, elle ne pouvait pas dire qu'elle le plaignait d'avoir à nettoyer tout ça. Son travail se limitait cependant aux couloirs, pas aux dortoirs. Ce seraient les elfes qui devraient s'en occuper.
Celui des garçons qui aurait pu passer pour un Harry légèrement plus âgé, cicatrice et yeux verts en moins, semblait amusé par l'air horrifié qu'elle abordait. Celui aux cheveux plus clairs derrière lui avait au moins l'air penaud et tira sa baguette pour essayer d'atténuer un peu les dégâts.
« Vous êtes en train de mettre de la boue partout dans la salle commune ! » Hermione cria presque. « Par Merlin, vous ne pourriez pas tout simplement lancer un simple Récurvite ? »
Sirius haussa les épaules mais s'empara tout de même de sa baguette pour nettoyer sa robe. « Plus à faire pour Rusard. » Il jeta un regard méfiant vers Hermione, dont l'agitation était évidente. « S'il-te-plaît, ne nous fais pas une crise cardiaque. McGonagall nous enverrait en retenue pour le reste de nos vies si tu ne survivais pas à ton premier jour. »
James Potter fixait Hermione curieusement et ce fut Remus qui dû nettoyer sa tenue de Quidditch dégoulinante de boue puisqu'il ne semblait pas avoir l'intention de le faire lui-même. « Tu es la nouvelle, c'est ça ? »
Hermione pâlit. L'espace d'un instant elle eût un vertige et elle dû fermer les yeux pour le chasser avant de se sentir suffisamment bien pour parler à James. James Potter n'était pas Harry. Elle ne pouvait pas se réfugier dans ses bras et pleurer de soulagement à la vue d'un visage si familier. Au lieu de ça, elle inspira profondément pour se calmer et répondit aussi naturellement que possible. « Oui, c'est moi. Et si à l'avenir vous pouviez éviter d'étaler de la boue dans la salle commune, je m'en voudrais de risquer de vous envoyer en retenue pour le restant de vos jours. »
« On revient d'un entrainement de Quidditch » répondit James en guise d'explication en passant la main derrière sa tête. « On a pas encore eu l'occasion de se changer. »
« Tu es un sorcier, non ? » répliqua sèchement Hermione. Cela semblait être la seule façon pour elle de faire face à la situation à l'instant. C'était soit ça, soit elle craquait et plongeait dans une crise de larmes incontrôlées. Elle se sentait perdue. Elle aurait voulu se précipiter dans sa chambre afin de se préparer à affronter la journée du lendemain. « Au dîner, Lily m'a pourtant dit que tu étais l'un des meilleurs de ton année en Sortilèges. » Elle en avait fait l'éloge de façon éloquente pour être exact. « Tu dois sans doute maîtriser quelque chose d'aussi basique ? »
L'attention de James se fit plus vive. « Lily a dit ça ? » demanda-t-il, visiblement fier de lui.
Oh bon sang. « Oui. » répondit Hermione, hésitante. « Et je pense que tout le monde apprécierait une salle commune propre, y compris elle. »
James soupira et mis ses mains dans ses poches, Hermione pensait savoir ce qu'il y gardait. « C'est noté, on peut y aller maintenant ? » Si son ton avait l'air ennuyé, le sourire éclatant qu'il abordait témoignait de ce qu'il ressentait en réalité.
« Oui. » fit sèchement Hermione, en indiquant vaguement les dortoirs d'un geste de la main avant de se rasseoir et de reprendre son devoir de Métamorphoses. « Bonne nuit. »
Ils passèrent lourdement à côté d'elle avant de disparaître dans les escaliers. A l'instant où ils eurent disparu, Hermione repoussa son parchemin et se laissa glisser sur le sol, attirant ses jambes contre sa poitrine. Elle referma ses bras autour de ses genoux et y enfouit son visage. Tout ce qu'elle voulait, c'est rentrer chez elle. Elle donnerait tout pour être chez elle à l'instant. Au bon endroit et à la bonne époque. Elle n'avait rien à faire ici.
Elle fut surprise quand une main lui tapota doucement l'épaule et elle releva brusquement la tête. Remus était à genoux auprès d'elle, hésitant mais l'air sincèrement inquiet.
Hermione ne voulait pas avoir à s'expliquer. « Va-t'en s'il-te-plaît. » fit-elle d'une voix enrouée en détournant la tête. Des larmes menaçaient à nouveau de lui échapper, mais pour l'instant, elle savait qu'elle devait les retenir. Pleurer n'aiderait pas. Malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir impuissante.
« Est-ce que ça va ? » demanda gentiment Remus.
« Je vais bien » murmura Hermione qui refusait toujours de le regarder. Elle avait fini par craquer et les larmes commençaient à couler librement le long de ses joues. « Va-t'en. »
« Non. » Hermione se tourna vers lui, surprise. « Je suis Préfet. Mon boulot est de veiller sur toi et visiblement, tu ne vas pas bien. Il s'approcha jusqu'à être assis tout près d'elle et croisa ses bras contre son torse. « Je suis là si tu veux parler. Si tu en as besoin. »
Hermione déglutit, se sentant incompréhensiblement à la fois reconnaissante et gênée. Elle ne pouvait pas lui avouer la vérité, mais elle décida néanmoins de lui en dire un minimum. « J'aimerai être chez moi. » gémit-elle faiblement.
Elle sentit Remus bouger. Il décroisa les bras et plaça une main sur son épaule, la serrant fermement. Hermione enchaîna. « Mes amis me manquent, ma famille me manque… Même mes Professeurs me manquent et maintenant je suis là et c'est juste trop… » Elle frissonna, son corps secoué par ses sanglots difficilement retenus. « Je suis seule, complètement seule. »
« Non, c'est faux. » répondit doucement Remus d'une voix ferme. « Tu nous as nous. Tout le monde à Gryffondor sera ton ami si tu les laisses faire. Et puis tu peux toujours écrire à tes anciens amis. »
« Non. » dit Hermione dans un sanglot. Elle enfouit son visage entre ses mains. « Non, je ne peux pas. »
Remus parut comprendre, une expression d'horreur et de pitié mêlées passant sur son visage avant de laisser place à la compassion. « Tu-Sais-Qui ? » demanda-t-il, n'osant pas être plus précis.
Hermione hocha la tête. D'une certaine façon, quoi qu'indirectement, Voldemort lui avait tout pris. Son influence au Ministère s'était étendue jusqu'à Poudlard et ça avait fini par la conduire ici…
Remus referma ses bras autours de ses épaules, la serrant dans une étreinte amicale. « Nous serons ta famille Hermione. Certains d'entre nous avons aussi perdu des amis et de la famille par sa faute… Tu n'es pas seule. »
Hermione le fixa un instant troublée, se souvenant que c'était à cause de Voldemort qu'il était devenu un loup-garou. Evidemment, il comprenait ce que c'était de tout perdre… Il avait perdu toute chance d'être normal, de vivre une vie paisible. Elle enfouit son visage couvert de larmes contre son torse et se laissa finalement aller, pleurant et tremblant irrépressiblement. Elle ne pouvait pas y retourner. Elle ne pouvait pas rentrer chez elle. Elle était coincée ici, certainement pour le restant de ses jours. A chaque fois qu'elle essayait de s'arrêter, une nouvelle vague de douleur la submergeait, la laissant un peu plus brisée que la précédente.
Remus, le gentil et compréhensif Remus, la supporta du mieux qu'il put. Il tint cette fille étrange dont il ne savait presque rien entre ses bras et la réconforta tandis qu'elle pleurait la perte de tout ce qu'elle avait autrefois connu et quand elle s'éloigna finalement en reniflant et essayant de chasser ses larmes avec sa manche, il fit apparaître un mouchoir qu'il glissa dans sa main.
« Tiens, mouche-toi. » Hermione obéit puis essuya son visage avec un coin encore immaculé du tissu. Ses joues restaient humides, mais elle avait enfin cessé de pleurer. Remus appliqua un rapide Récurvite sur le mouchoir avant de le remettre dans sa poche. « Je sais que les choses ne seront jamais plus les mêmes pour toi, mais tu es entourée par des gens géniaux, Hermione. On est tous heureux de t'avoir avec nous. » Il lui sourit faiblement. « Tu es l'une des nôtres. »
Elle hocha vaguement la tête en hoquetant, incapable de parler.
« Tout ira bien » dit Remus en accentuant ses mots. « Tu veux finir ton devoir ou monter te coucher ? Je suis sûr que McGonagall te pardonnera si tu rends le devoir un peu en retard… c'est pour demain et si je me souviens bien, elle l'a donné aux cinquièmes années il y a une semaine. Tu n'es là que depuis une journée. »
Hermione secoua la tête. No… Je, je dois finir ça. » elle se pencha pour attraper son devoir.
« Tu veux que je reste avec toi ? »
Hermione hésita un instant avant de hocher la tête. « Je… J'aimerais bien, oui. Je ne suis pas contre un peu de compagnie. »
Remus tapota une fois encore son bras et remis un peu d'encre sur sa plume avant de la lui rendre. Hermione inspira profondément, tachant de se calmer suffisamment pour écrire quelque chose de compréhensible avant de reprendre son écriture.
Remus resta assis près d'elle tout le temps qu'il lui fallut pour terminer. La regardant en silence alors que ses doigts se couvraient progressivement d'encre en même temps qu'elle écrivait. Quand elle eût enfin fini une heure plus tard, il l'aida à rassembler ses affaires et l'envoya se coucher.
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Deux faits importants suivirent la crise nerveuse d'Hermione. Pour commencer, Remus était désormais son ami et ensuite, elle ne ressentait plus le besoin permanent d'éclater en sanglots. Elle avait tout gardé en elle trop longtemps et avoir enfin laissé s'exprimer ce qu'elle ressentait faisait qu'elle n'avait plus l'impression de risquer d'exploser à chaque instant bien qu'elle ait toujours un poids sur le cœur causé par le manque de ses proches et de son époque.
Remus et Mary l'attendaient tous deux dans la salle commune pour descendre à la Grande Salle. James et Sirius étaient visiblement déjà partis, laissant Remus s'occuper de la nouvelle de cinquième année. Ils étaient certainement avec Peter. Cette simple pensée suffit à faire se révolter l'estomac d'Hermione.
Hermione était reconnaissante de la présence de ses camarades et ils parlèrent de tout et de rien alors qu'ils parcouraient les couloirs.
Ils avisèrent des places libres à la table de Gryffondor et Hermione se glissa entre Remus et Mary, près des Maraudeurs. James était assis près de Lily, qui semblait s'appliquer à l'ignorer, et à la gauche de Sirius. En face de Remus se trouvait Peter qui essayait maladroitement de manger son petit-déjeuner tout en finissant son devoir de Sortilèges qu'il avait apparemment négligé jusqu'alors. Hermione sentit une vague de nausée la gagner quand elle vit ce garçon trapu aux yeux humides assis si près d'elle et fit ce qu'elle pût pour ne pas le regarder. Il n'était pas le même que celui qu'elle connaissait se répétait-elle, tout comme James, Sirius et Remus. Ils étaient tous différents. Pour l'instant, il n'était qu'un garçon au teint pâle et à l'allure fragile qui trainait avec les trois autres Maraudeurs parce qu'ils lui offraient protection et amitié.
Mary agissait de façon timide. Elle parlait peu et jetait parfois de rapides coups d'œil à ses camarades assis près d'elle. Elle ne parlait déjà pas très fort en temps et au milieu du brouhaha de la Grande Salle, tout ce qu'elle disait semblait s'y perdre.
Tout en répondant aux questions de Peter sur les sortilèges de verrouillage et refusant fermement de donner ses notes d'histoire à Sirius, Remus et Hermione discutaient. Il semblait agréablement surpris par les connaissances d'Hermione et sa passion pour les études et ils passèrent une grande partie du petit-déjeuner à débattre de l'influence de l'Alchimie en Métamorphoses et en Potions. Sirius quant à lui passa la matinée à jeter des coups d'œil appuyés à Remus, qui les ignora tant bien que mal, et Hermione avait comme l'impression que d'ici la fin de la journée, Sirius aurait une sérieuse conversation avec son ami.
Ils se dirent au revoir et se séparèrent en quittant la table. Hermione et Mary prirent la direction de la classe de Potions.
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« Splendide ! » s'émerveilla Slughorn en regardant la potion qu'Hermione venait d'achever. « Absolument splendide ! Vous avez un vrai talent pour les potions, Miss Granger, et quel talent ! Dix points pour Gryffondor. » Il la regarda avec un intérêt soudain, les yeux pétillants. « Granger… Seriez-vous par hasard apparentée à Hector Dagworth-Granger ? »
Hermione s'apprêtait à répondre que non mais s'arrêta brusquement. Il y avait des Serpentards dans cette pièce. Des Serpentards qui n'avaient aucune idée de sa véritable ascendance mais qui la considéreraient aussitôt comme une cible si elle révélait qu'elle était Née-Moldue. Il ne lui fallut qu'une fraction de seconde pour y réfléchir. Si elle reniait toute relation dans le monde magique, ils pourraient facilement conclure qu'elle était d'origine moldue. Mieux valait donc saisir cette opportunité, qui pouvait lui offrir un semblant de protection.
« Peut-être » dit-elle en essayant de paraître modeste.
Elle ne prêta pas vraiment attention à ce que dit ensuite Slughorn mais elle remarqua du coin de l'œil que certains Serpentards la regardaient d'une toute autre façon. L'un d'entre eux ricana avant de se pencher vers son partenaire pour lui chuchoter quelque chose et Hermione se demanda si elle n'avait pas fait une erreur prévisible. Elle s'était peut-être préservée de l'étiquette Née-Moldue, mais en laissant supposer une possible relation, même distante, avec un sorcier célèbre pouvait très bien la placer en position de cible d'autant plus convoitée.
Baissant la tête, elle rassembla ses affaires aussi vite que possible, attendant juste un instant près de la porte pour que Mary la rattrape puis les deux jeunes filles quittèrent les donjons pour leur prochain cours.
« Tu es vraiment apparentée à Dagworth-Granger ? » demanda humblement Mary tandis qu'elles quittaient rapidement le couloir. Elles attinrent l'escalier menant au niveau supérieur et se retrouvèrent bien vite dans le Grand Hall.
Elle était sur le point de répondre lorsque Mary laissa échapper une brusque exclamation de surprise et trébucha, laissant tomber son sac qui se renversa sur le sol devant elle. Hermione se retourna juste à temps pour voir trois garçons visiblement plus âgés s'approcher d'elles, baguettes à la main. Tous abordaient la même expression enthousiaste.
Hermione s'empara vivement de sa propre baguette. « Protego ! » cria-t-elle en la brandissant d'un ferme mouvement diagonal dans leur direction. Les sorts qu'ils jetèrent ensuite rebondirent sur le bouclier et l'un des garçons, moins vif que les autres, trébucha avant de tomber en arrière alors que son visage se couvrait de furoncles. Il laissa échapper une exclamation furieuse qu'Hermione trouva parfaitement injustifiée. Elle jeta alors un Petrificus Totalus dans sa direction avant de se replacer en position de défense entre les deux autres garçons et Mary.
Ils n'en avaient pas fini. Le plus grand, le plus patibulaire des deux, lança un sort malveillant en direction d'Hermione qui le détourna promptement avant de lui retourner la politesse avec un Stupefix. Harry avait fait bien plus que leur apprendre à lancer des sorts. Il leur avait enseigné comment les utiliser dans des situations concrètes, comment attaquer et se défendre dans un duel en face à face et alors qu'elle mettait en application ses compétences dans un trois-contre-un, ces connaissances lui étaient bien utiles. Le troisième essaya de la toucher avec un Sortilège de Découpe et un Bloque-Jambes jetés en succession rapide, esquivant son second Stupefix. Elle s'apprêtait à répliquer quand elle sentit quatre sorts frôler ses cheveux, l'un d'eux ne la manquant que de justesse. Deux d'entre eux touchèrent son adversaire en pleine poitrine. Le premier l'assomma et le second le dota de quatre paires d'antennes.
Hermione se retourna à nouveau brusquement et trouva derrière elle les quatre Maraudeurs, baguette au poing, la même expression de colère sur le visage. Peter se précipita pour aider Mary à se relever. Remus l'approcha le premier, posant une main sur son épaule.
« Tout va bien Hermione ? Ils ne t'ont pas touchée ? »
« Non, je les ai touché la première. » le rassura Hermione en jetant un œil aux trois Serpentards inconscients. Elle s'apprêtait à élaborer quand elle fut, à nouveau, interrompue.
« Regardez ce que nous avons là ! » Deux autres Serpentards venaient d'arriver, baguette en main et Hermione vit James et Sirius se placer sur leur garde à leur approche. Celui sur la droite avait les cheveux châtains, c'était le plus petit des deux. L'autre était grand et dégingandé, il avait des cheveux gras et un nez crochu. Hermione ne le reconnu pas immédiatement…
« Tes Serpentards ont attaqués nos amies. » grogna Sirius. Hermione voulu lui demander à quel moment elle était passée du statut de 'nouvelle connaissance à embêter' à celui 'd'amie' mais resta silencieuse. « Elles revenaient de cours. »
« Et pourquoi avoir rameuté ton troupeau de Gryffondors si ce n'est pour chercher les ennuis ? » demanda le garçon aux cheveux châtains, suspicieux. « Ca semble un peu excessif pour une innocente balade en plein milieu de la matinée, tu ne crois pas ? »
« On a potions juste après, sombre imbécile. » répliqua James.
« C'est vrai, ce petit détail m'avait échappé. » répondit le Serpentard avec un sourire dédaigneux. « Après tout, on suit le même cours mais j'espérais que vous aviez enfin été chassés de Gryffondor étant donné votre incompétence. » Il soupira, l'air résigné. « C'était pourtant un joli rêve. »
« Contente-toi de dégager d'ici avant qu'on décide te régler ton compte, Avery » grogna furieusement Sirius. « Et prend donc Snivellus avec toi. » Il désigna le Serpentard aux cheveux noir et graisseux, dont les yeux s'emplirent d'une rage mal dissimulée. « Il semble un peu perdu. »
A ce moment, Mary se tourna vers Hermione et tira sur sa manche. « Allons-nous en d'ici » implora-t-elle.
Hermione ne voyait pas comment ce serait possible. Si elle tournait le dos, elle serait une cible facile. Tous restaient immobiles, leurs sept baguettes à la main. Deux options s'offraient à eux. Soit ils rangeraient simplement leur baguette et se sépareraient soit ils commenceraient à se lancer des sorts… la dernière option étant sans doute la plus réaliste…
« Ca suffit ! » Hermione se retourna et se trouva face au Professeur McGonagall qui arrivait, l'air furieux. Hermione ne savait pas ce qu'elle faisait là, mais elle en fut reconnaissante, jusqu'à ce que celle-ci ne parle. « Bagarre dans les couloirs ! Dix points en moins et une retenue, pour chacun d'entre vous ! »
« C'est injuste ! » s'exclama furieusement James en se tournant pour faire face à sa Directrice de Maison. « Ils ont attaqué Mary et Hermione en premier ! »
Le Serpentard qui abordait désormais une impressionnante succession d'antennes s'agita faiblement sur le sol.
McGonagall posa les yeux sur Mary qui avait l'air sur le point de tourner de l'œil. « Je peux certainement le croire en ce qui concerne Miss MacDonald. Vous pouvez partir. » déclara-t-elle d'un ton sec, mais non dénué de compassion. Mary jeta un dernier regard à Hermione, rassembla ses affaires et s'enfuit le long du couloir. Minerva reporta alors son attention sur les Serpentards. « Avery, emmenez ces trois-là à l'infirmerie et rendez-vous à huit heures ce soir chez Mr Rusard pour votre retenue. Vous et Pettigrew l'aiderez à nettoyer la boue que quelqu'un… » Elle inspira profondément. « … a pris soin d'étaler dans les couloirs la nuit dernière. »
Sans un mot, Avery jeta un œil en direction de son camarade au teint pâle et au nez crochu, qui semblait vouloir être n'importe où sauf là où il se trouvait, et aida le Serpentard à antennes à se relever. Un moment plus tard, tous deux soutenaient l'un de leur camarade toujours inconscient et s'en allèrent à leur tour. McGonagall tourna alors son regard furieux sur ceux qui demeuraient encore impunis.
« Je n'ai rien fait ! » se défendit furieusement le garçon brun en reculant d'un pas. « Je n'ai absolument rien fait… »
« Peut-être bien Mr Snape, mais serais-je arrivée quelques secondes plus tard, je ne doute pas que vous ne seriez pas resté là à ne rien faire. » répondit McGonagall sur un ton qui aurait pu passer pour indifférent, mais qu'Hermione reconnu comme profondément furieux. Dans le dos du Professeur, Hermione aperçu les sourires satisfaits de James et Sirius. « Il en va de même pour vous, Miss Granger. » Celle-ci n'essaya même pas de protester. « Vous irez tous deux effectuer votre retenue vendredi soir à huit heures avec le Professeur Slughorn. »
Hermione vit son futur Professeur de Potions lui lancer un regard meurtrier, comme si cette punition était entièrement de sa faute, et elle dû résister à l'envie de déglutir. Un instant elle eut l'impression qu'elle avait dû tomber dans le trou du lapin blanc, dans un monde étrange où ses amis s'étaient vus remplacés par de jeunes versions des personnes qu'Hermione considéraient comme des modèles ou des adultes de confiance. Et, cerise sur le gâteau, elle était désormais à l'école en même temps que celui qui deviendrait l'un des professeurs qu'elle abhorrait le plus, quelqu'un qui, elle en était sûre, ne prendrait pas sa soudaine apparition avec un sourire et un franc bienvenue.
A l'instant, tout ce qu'elle aurait voulu était de se recroqueviller dans un coin, respirer profondément et trouver un moyen de dormir suffisamment longtemps pour que les choses s'apaisent. Elle avait juste besoin d'un peu plus de temps pour aborder les réalités de cette nouvelle époque. Mais visiblement, la seule façon de traverser tout ça serait de laisser les choses suivre leur cours.
Rassemblant son courage, elle regarda Severus Snape dans les yeux et lui retourna son regard avec une égale animosité.
« Partez maintenant. » leur ordonna McGonagall sèchement, tirant Hermione de ses pensées. Elle saisit son sac, tombé au sol, et commença à partir. « Et que je ne vous reprenne plus à vous battre dans les couloirs ! »
Hermione se demanda comment elle avait bien pu se retrouver mise en retenue dès son deuxième jour de cours quand il lui avait fallu toute une année avant que cela ne lui arrive à son époque.
Elle quitta les donjons, fulminant furieusement contre les Serpentard qui étaient entièrement responsables de ce qui venait de se produire. Elle arriva en Etude des Runes avec cinq minutes de retard et se laissa tomber lourdement sur son siège, maudissant toujours les imbéciles dégénérés et pourri-gâtés qu'ils étaient.
Elle était cependant contente d'avoir tenu compte de l'avertissement de McGonagall et elle n'aurait pu être plus reconnaissante envers les Maraudeurs qu'elle ne l'était en cet instant, même si elle aurait préféré qu'ils ne soient pas punis pour leur intervention. Elle se souvenait que Sirius avait reconnu qu'ils n'étaient qu'un lot d'imbéciles arrogants lorsqu'ils étaient élèves mais étant donné les circonstances, leur empressement à se battre était plus que bienvenu. Il faudrait qu'elle pense à les remercier.
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« Je peux pas y croire ! » fulminait James en s'installant sur le canapé, près d'Hermione qui travaillait sur son devoir de Sortilèges. « On a un entraînement de prévu samedi et au lieu d'être sur le terrain avec le reste de l'équipe, je vais être coincé au château ! Pour faire des lignes ! »
« Pas de chance, Cornedrue. » dit Sirius, l'air morose tout en jetant quelques morceaux de parchemin dans la cheminée où ils se désintégrèrent avant d'atterrir en flocons de cendre sur le tapis. « Je dois faire des lignes avec Flitwitck. » Il arrêta une seconde de jeter des bouts de parchemin dans le feu pour mimer quelqu'un en train d'écrire, l'air concentré mais un peu stupide. « Je…ne…lancerai…plus…de…sorts…aux…Serpentards…dans…les…couloirs. »
« Je ne les doterai plus d'antennes. »
« Je ne recouvrirai plus leur visage de tentacules, peu importe si je pense que cela ne ferait qu'améliorer leur apparence. »
« Je ne pendrai plus Sniv… »
« Est-ce que vous pourriez arrêter ça ? » s'emporta Remus en posant son livre. « Certains d'entre nous essaient de travailler. Et je ne suis pas spécialement ravi d'avoir été mis en retenue par ta faute. » ajouta-t-il en regardant Sirius, l'air énervé.
« Hey mon pote, pour une fois, ce n'est pas ma faute ! »
« Si tu savais quand te retirer d'une bagarre à temps, on aurait peut-être pu être partis à temps pour éviter que McGonagall nous tombe dessus. » constata Remus en retournant à son livre.
« Si laisser Snivellus m'attaquer alors que j'ai le dos tourné est selon toi 'savoir se retirer', je t'en prie, Lunard… »
A ce point, Hermione en eut assez. Elle leva les yeux de son devoir et les fusilla tous deux du regard. « J'ai beau vous être reconnaissante d'être intervenus ce matin, j'apprécierais encore plus si vous réussissiez à rester silencieux suffisamment longtemps pour que l'on puisse finir nos devoirs ! »
Sirius donna un bref coup de coude à James « Viens, Cornedrue. Je vois qu'on n'est pas les bienvenus ici. »
« Où est Peter ? » voulu d'abord savoir James.
« Toujours en retenue avec Rusard. Aller, viens. » Sirius se leva et pris la direction de l'ouverture derrière le tableau de la Grosse Dame. « On sera en train de s'entraîner sur le terrain de Quidditch si vous nous cherchez. » ajouta-t-il par-dessus son épaule avant que le portrait ne se referme sur James et lui. Hermione laissa échapper un soupir de soulagement et se reconcentra sur son devoir.
La salle fut paisible durant plusieurs minutes, à l'exception du crépitement du feu, avant que Remus ne brise le silence relatif qui y régnait. « Tu sais, ils ne sont pas si mauvais une fois que tu as appris à les connaître. »
« Je sais. » répondit Hermione en terminant un paragraphe. Elle s'arrêta pour le regarder et lui sourit légèrement. « Je peux le voir. »
Elle jeta un bref regard par la fenêtre avant de reprendre là où elle en était de son essai. La lune brillait intensément, se détachant d'un ciel dépourvu de nuages.
Elle était décroissante.
Bonjour à tous! Je suis désolée de cette longue absence. Mes études ont été très prenantes ces deux derniers mois et avec des chapitres aussi longs à traduire ; ça m'a prit beaucoup de temps. Néanmoins, il est là et c'est tout ce qui compte.
Je remercie toutes les personnes qui m'ont laissé des avis, des encouragements comme de simples remarques ; ça motive grandement. Je vous incite donc à continuer.
Je vais essayer de traduire des chapitres en avance pendant ces fêtes de fin d'années. Ainsi, vous en aurez tout de même.
A une prochaine et n'oubliez pas les reviews!
