Coucou c'est de nouveau moi! Comme j'ai reçu que des reviews positives (et dès le premier jour! Je suis trop contente!! Il fallait me voir, devant mon ordi, à crier comme une possédée parce que j'avais des reviews... "la fougue de la jeunesse", comme dirait Gaï-sensei) je poste directement la suite!!

Cette fic ne contient que 4 chapitres, désolée si certain(e)s auraient préféré que ce soit plus long... mais comme elle est finie depuis juillet 2009, je saurais pas la rallonger...

Disclaimer: Non, les beaux ninjas ne sont toujours pas à moi... dommage...

Chapitre 2

Iruka ne voulait pas rentrer chez lui trop vite. Il voulait encore profiter de l'air tiède d'un soir d'été. Il fit un détour pour se promener dans le bois.

Il s'assit au pied d'un chêne et sortit son carnet, sans savoir tout à fait ce qu'il allait y écrire.


Kakashi filait un ninja ennemi depuis plusieurs heures – tout en notant deux, trois petites choses dans son carnet – lorsqu'il vit Iruka s'asseoir au pied de l'arbre où il était posté. « Cet imbécile va tout faire rater » songea-t-il. Il posa son carnet sur une branche et jeta des regards furtifs sur la clairière. Il repéra le ninja qu'il devait tuer et se rendit compte qu'Iruka l'avait repéré aussi.


Iruka entendit un craquement. Un ninja qui lui était inconnu se tenait à plusieurs mètres de là.

Que devait-il faire ? Il n'était très certainement pas suffisamment puissant pour le mettre au tapis, mais c'était son métier de repousser les ennemis. Il se leva, son carnet toujours en main.

Il n'eut pas le temps de tergiverser plus avant, deux bras l'immobilisèrent.


Kakashi prit sa décision. Il ne pouvait pas laisser Iruka faire rater sa mission. Il bondit sans bruit au sol, juste derrière Iruka qui s'était levé. Il enroula son bras gauche autour de sa taille et plaqua sa main droite sur la bouche du Chuunin, tout en le tirant en arrière.

-Pas un mot, souffla-t-il. Vous allez tout faire foirer.


-Pas un mot, vous allez tout faire foirer.

Iruka écarquilla les yeux. Il était en train de se faire engueuler par il ne savait même pas qui parce qu'il était sur le point de faire son métier !

Sous l'effet de la surprise, il lâcha son carnet.

L'homme qui l'immobilisait le délaissa soudain pour se jeter sur le ninja ennemi et ce n'est qu'à ce moment-là qu'il vit qu'il s'agissait de Kakashi Hatake, le fameux ninja copieur. Iruka resta interdit quelques secondes puis ramassa son carnet.

Kakashi acheva le ninja et retourna près du chêne. Iruka était toujours là.

-Excusez-moi pour tout à l'heure, je…

-Oh, non, c'est rien, lança Kakashi en faisant un geste désinvolte de la main.

Iruka acquiesça et repartit.

Le ninja copieur retourna dans le chêne pour récupérer son carnet.

-Tiens… où est-ce que… ?

Il baissa la tête et vit que le petit carnet était tombé de la branche. Il le récupéra et rentra chez lui.


Iruka ouvrit la porte de son appartement et faillit tomber à la renverse en voyant Naruto lui bondir dessus.

-Yo, ça va !? s'exclama le blond en sautillant sur place.

-Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Iruka d'un ton soupçonneux.

-On va manger des ramen !

Ce n'était pas une question, Iruka ne répondit donc pas.

-Je dois… prendre une douche, dit-il simplement.

Il s'éclipsa dans la salle de bain et se déshabilla.

Pour une raison mystérieuse, ses vêtements lui semblaient appartenir à quelqu'un d'autre.

Il eut la réponse en reniflant l'étoffe noire.

Ce n'était pas son odeur.

Lui sentait quelque chose comme un mélange de miel et de cannelle, très sucré.

Ses vêtements sentaient le vieux cuir, le musc et la sueur.

Il fit une grimace bizarre en se rendant compte que c'était là l'odeur de Kakashi.

Il regarda ses vêtements en se demandant s'il comptait les laver.

L'odeur de Kakashi n'était pas si désagréable.

Il secoua la tête et se lava.


Kakashi se gratta l'arrière du crâne en constatant qu'il n'avait plus rien à manger dans son appartement.

Il sortit de chez lui, trop heureux de pouvoir quitter une heure de plus son logement sinistre.

Il se promena au hasard et son choix se porta finalement sur Ichiraku, l'échoppe de ramen préférée de Naruto.

D'ailleurs, il s'y trouvait, avec ce type… Iruka.

-Yo Naruto, Iruka-sensei, salua-t-il simplement en s'asseyant sur un tabouret.

-Yo Kakashi-sensei ! s'exclama Naruto.

-Bonjour, dit seulement Iruka, qui trouvait soudain beaucoup d'attrait à son bol de nouilles.

Kakashi commanda un bol lui aussi et sentit tout à coup le regard pesant de Naruto.

-Ça va ?

-Je vais enfin savoir ce qu'il y a en dessous de votre masque !

-Cours toujours.

Il voulut sortir son Icha Icha Paradise, mais se trompa de poche et sortit son carnet.

« Tant pis… » songea-t-il en se cachant derrière le petit calepin pour ôter son masque.

Naruto eut beau se tortiller dans tous les sens, il n'arriva jamais à voir derrière le petit carnet.

Iruka osa enfin lever les yeux de son bol pour regarder Kakashi et ce qu'il vit faillit le mettre K-O.

« Mon carnet ! » songea-t-il en voyant le calepin à couverture noire que Kakashi tenait devant son visage.

Le Chuunin se calma et plongea sa main dans la poche de sa veste.

Le carnet y était toujours.

« Fausse alerte »

Kakashi termina son bol en trente secondes chrono et replaça son masque.

Il rangea son carnet, salua les deux ninjas et sortit.

Il s'assit sur un banc et tira son roman de sa poche.

Il lut un peu puis son esprit se perdit dans le vague.

Il passa une main devant son visage et fut surpris de sentir une odeur sucrée.

Il renifla sa mitaine et s'aperçut que le tissu rêche était imprégné d'une senteur de miel et de cannelle.

C'était la main avec laquelle il avait bâillonné Iruka.

Il se décida à écrire quelque chose, sans savoir tout à fait quoi.

Pour en revenir à cette question d'amour – puisque visiblement tout tourne autour de cela – je pense être capable d'apprécier une présence. Pas tomber éperdument amoureux, ça, c'est définitivement impossible. Mais aimer simplement avoir quelqu'un à côté de moi, quelqu'un que je préfèrerais aux autres, quelqu'un qui serait plus… Mais qui ? Tous me semblent dérisoirement stupides, absurdes, ineptes… Il faudrait quelqu'un qui soit spécial. Mais je me rends compte que je suis trop égoïste pour trouver ne serait-ce qu'une qualité suffisante à ces autres gens qui leur permettrait de m'être ce quelqu'un de spécial. Et je passe en revue tous ces gens de mon âge, tous ces plus ou moins amis, garçon ou fille peu importe. Et aucun ne me satisfait.

Mais qu'est-ce que je recherche, au fond ?

Une présence rassurante, un corps à prendre dans mes bras quand je me sens seul, quelqu'un à défendre de mes propres défauts…

Aucun nom ne me vient à l'esprit.

Sauf peut-être… mais non, c'est trop idiot. Pourquoi lui ? Parce qu'il sent le miel et la cannelle ? Parce qu'il sourit même quand ses élèves sont insupportables ? Parce qu'il est typiquement le genre de personne à vous rassurer par sa simple présence ?

Je me relis et je me rends compte que je tente de me persuader que je n'aime pas cet homme…

Parce que si je l'aime, ça veut dire que je suis capable de sentiments.

Et si c'est le cas, ma vie me semblera encore plus vide, parce que j'étais capable tout ce temps d'en faire quelque chose et que pourtant je l'ai laissée à l'abandon.


Iruka tomba comme une masse dans son lit. Il était mort de fatigue, pourtant il prit son carnet. L'écriture était devenue pour lui une drogue.

Pour en revenir à cette question d'amour – puisque visiblement tout tourne autour de cela – je pense que je devrais employer mon temps à chercher cette personne qui vaudrait à mes yeux plus que tout au monde, quelqu'un qui serait plus… Mais qui ? Tous me semblent se valoir… Il faudrait quelqu'un qui soit spécial. Mais je me rends compte que je suis trop altruiste pour trouver ne serait-ce qu'une personne qui vaudrait plus que tous les autres. Et je passe en revue tous ces gens de mon âge, tous ces plus ou moins amis, garçon ou fille peu importe. Et aucun ne me satisfait.

Mais qu'est-ce que je recherche, au fond ?

Une présence rassurante, des bras qui me serreraient quand je me sens seul, quelqu'un qui m'aimerait malgré ses et mes défauts…

Aucun nom ne me vient à l'esprit.

Sauf peut-être… mais non, c'est trop idiot. Pourquoi lui ? Parce qu'il sent le cuir et le musc ? Parce qu'il sourit uniquement avec l'œil droit ? Parce qu'il est typiquement le genre de personne à vous rassurer par sa simple présence ?

Je me relis et je me rends compte que je tente de me persuader que je n'aime pas cet homme…

Parce que si je l'aime, ça veut dire que j'ai trouvé cette personne que je cherchais.

Et si c'est le cas, ma vie me semblera encore plus vide, parce que j'ai toujours eu cette personne sous la main et que j'ai laissé le temps passer parce que je n'ose pas lui parler.


Kakashi ouvrit les yeux et se sentit vaguement nauséeux. Il n'était pas vraiment sûr que ce soit un symptôme de l'amour fou donc il en conclut que c'était dû à la bouteille de saké qu'il avait vidée la veille au soir.

Il attrapa sa mitaine droite échouée sur son oreiller et la respira. L'odeur était toujours là.

Il se sentit soudain franchement mal.

Sa vie était en train de changer… le vide était sur le point de se combler…

Et il n'était plus tout à fait sûr de le vouloir.

Il s'habilla et sortit rejoindre l'équipe sept.

Il croisa Gaï en chemin et son costume vert lui sembla encore plus moche, son sourire encore plus effrayant, sa coiffure encore plus ridicule que d'habitude.

Il s'appuya contre un mur, le teint verdâtre.

Il n'allait vraiment pas bien.

Il entra dans le premier bar qu'il trouva, se dirigea vers les toilettes et plongea sa tête dans un lavabo, sous un jet d'eau glaciale.

Il secoua ses cheveux comme un chien mouillé et sortit.

Il allait un peu mieux.


Iruka se leva, s'étira et s'habilla. Il jeta un regard éperdu sur le chandail qu'il portait quand Kakashi l'avait saisi à bras-le-corps. Il ôta son chandail propre pour enfiler celui-là.

Il sortit et entra dans un bar pour prendre un café – il n'avait plus un seul paquet chez lui.

Il vit le ninja copieur entrer, l'air hagard, le teint maladif, puis ressortir, les cheveux trempés.

Il haussa un sourcil puis vida son café.


Kakashi s'assit sur une souche pour regarder ses élèves s'entraîner. Il se sentait de plus en plus malade.

Naruto profita de sa seconde d'introspection médicale pour lui faire discrètement les poches.

Il crut attraper un tome d'Icha Icha Paradise mais se retrouva avec un petit carnet noir.

La seconde d'introspection écoulée, Kakashi revint sur terre et vit que Naruto lui avait subtilisé son précieux carnet.

Il courut après le blond pendant environ… trente secondes, puis il le saisit à la gorge, le plaqua contre un arbre, récupéra son bien et planta un kunaï dans le col de sa veste, le retenant suspendu à l'arbre.

Il retourna à sa souche, les doigts tellement crispés autour de son carnet que ses jointures en étaient blanches.


Iruka était d'une humeur exécrable. Dix fois en même pas deux heures, il se prit à espérer pouvoir pendre Konohamaru.

« Onze » songea-t-il en voyant l'enfant jeter des boulettes de papier sur ses camarades.

Il s'assit à son bureau et fusilla le petit-fils du Hokage du regard.

Le gamin se tortilla, un peu effrayé par l'expression de son professeur et resta calme jusqu'à la fin du cours.


Kakashi fut secoué d'un haut-le-cœur et se retint de vomir sur Sakura – qui l'avait approché pour lui demander s'il allait bien.

Il fit un vague signe de la tête qui pouvait dire aussi bien « au revoir, ma chère petite Sakura » que « va te faire foutre abrutie » puis s'en alla.

Il avançait sans vraiment regarder devant lui et se cogna dans un corps humain non identifié.

Une odeur de miel envahit ses narines et il voulut disparaître sous terre.


Iruka cria une ultime fois sur Konohamaru avant de rentrer chez lui.

Il n'aspirait qu'à une chose : dormir et qu'on lui foute la paix (bon, en fait il aspirait à deux choses)

Il marchait à pas rapides et ne vit donc pas arriver le ninja qui déboulait de sa droite.

Il sentit une odeur de cuir et se demanda si il pourrait courir assez vite pour éviter Kakashi.


-Oh, pardon !

-Non, ça va, pas de mal.

-Bon, ben… salut.

-Salut.


-« Salut » ? C'est tout ce que t'as trouvé à dire, cerveau débile ? grogna Iruka pour lui-même.


-« Pardon » ? C'est tout ce que t'as trouvé à dire, génie de mes deux ? grogna Kakashi pour lui-même.


Iruka sortit son carnet pour la cent quatorzième fois de la journée et pour la cent quatorzième fois, il ne trouva rien à écrire.

Il se mit à relire tout depuis le début, histoire de passer le temps, tout en vidant un verre de saké.

Il recracha son alcool, sous l'effet de la surprise, en découvrant une autre écriture que la sienne à la première page.


Kakashi prit son carnet pour le relire, une bouteille de sirop contre les nausées à la main.

Il recracha son sirop, sous l'effet de la surprise, en découvrant une autre écriture que la sienne à la première page.


Iruka tourna la dernière page couverte d'encre, la seule du carnet qu'il avait écrite.

Il avait reconnu l'auteur comme étant Kakashi.

Et il ressentait un besoin impérieux de revoir cet homme qui lui ressemblait au point d'écrire les mêmes mots, il voulait plus que tout au monde rencontrer cette âme sœur qu'il avait entraperçue, si parfaitement semblable à lui, couchée sur le fin papier d'un carnet à couverture noire.


Kakashi tourna la dernière page couverte d'encre, la seule du carnet qu'il avait écrite.

Il avait reconnu l'auteur comme étant Iruka.

Et il ressentait un besoin impérieux de revoir cet homme qui lui ressemblait au point d'écrire les mêmes mots, il voulait plus que tout au monde rencontrer cette âme sœur qu'il avait entraperçue, si parfaitement semblable à lui, couchée sur le fin papier d'un carnet à couverture noire.


-Le plus bizarre, dit Iruka, c'est que plusieurs passages sont identiques. Comme si nous avions pensé la même chose en même temps. Parce que même si nos caractères divergent, notre façon d'envisager les choses est la même.

Naruto l'écoutait attentivement, sans pour autant comprendre ce qu'il racontait.

Iruka s'était pointé chez lui en plein milieu de la nuit pour parler d'un carnet dont Naruto n'avait même pas conscience de l'existence, et depuis le jeune professeur discourait sur une potentielle âme sœur dont il dissimulait soigneusement le nom.

-Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? réussit-il enfin à placer.

-Qu'est-ce que j'en sais, moi ?

-Ok, ça promet.

-Est-ce que je dois lui parler ?

-A qui ? demanda Naruto, dont le cerveau luttait péniblement pour suivre la conversation décousue de son ancien sensei.

-Mais à Ka… au type à qui appartient ce carnet…

-Non.

-Pardon ?

-Si j'ai bien compris, nulle part dans ce carnet ce gars n'a fait mention de ton existence.

-Et… ?

-C'est très peu probable qu'il veuille de toi, il en aurait déjà écrit quelques lignes, non ? Sur ce, laisse-moi dormir, je t'en supplie !

Iruka sortit, encore plus embrouillé que lorsqu'il était entré.


-En bref, je suis complètement paumé, conclut Kakashi.

Gaï se gratta le sommet du crâne. Il ne voyait pas vraiment pourquoi le Jonin était venu le voir lui en particulier.

-Et c'est qui ce type ?

-C'est… un secret.

-Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

-Je ne sais pas… qu'il faut absolument que je coure voir ce gars avant de me faire tuer en mission ?

-Il faut absolument que tu coures voir ce gars avant de te faire tuer en mission, s'exclama Gaï avec un sourire peu en rapport avec l'allusion à la mort de Kakashi.

-Parfait.

-Ce n'est absolument pas parfait. Qui te dit qu'il est intéressé ? Il fait bien mention d'un pseudo prince charmant, mais je te rappelle que tu n'as rien d'un prince charmant.

-Merci du compliment ! Bon, je me tire.

Il se leva et eut une nouvelle nausée.

« Bordel, on jurerait que j'attends un gosse »

Il grimaça. Il détestait les enfants.


Iruka ne savait plus quoi faire. Récupérer son carnet ? Oui, mais si Kakashi l'avait déjà lu… il allait se moquer. Il serait bien capable de publier des extraits dans le journal de Konoha.

Laisser son carnet là où il était ? Oui, mais si Kakashi voulait récupérer le sien, il verrait qu'Iruka avait écrit dedans !

Il en était tout à ces considérations, en marchant dans la rue, lorsqu'il sentit à nouveau l'odeur de cuir.

Il bifurqua subitement, se cacha dans une ruelle et sortit le carnet de Kakashi. Il déchira la page qu'il avait écrite et la jeta dans une benne à ordure, puis s'éloigna.


Kakashi repéra Iruka mais ce dernier s'éloigna avant qu'il ait eu le temps de l'approcher. Il le suivit furtivement et bondit sur le toit d'une des maisons bordant la ruelle où le sensei se cachait.

Il le vit sortir son carnet noir, déchirer une page, la jeter à la poubelle et partir.

Kakashi atterrit devant la benne à ordure et farfouilla jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il cherchait.

Un bout de papier chiffonné.

Il l'aplatit et se mit à lire.

-Pour en revenir à cette question d'amour – puisque visiblement tout tourne autour de cela…tiens, c'est exactement la même formulation, dit-il en sortant l'autre carnet de sa , bla, bla…Parce qu'il sent le cuir et le musc ? (Kakashi renifla son chandail et hocha la tête) Parce qu'il sourit uniquement avec l'œil droit ? Parce qu'il est typiquement le genre de personne à vous rassurer par sa simple présence ? Rassurant, moi ? Je me fais peur en me regardant dans le miroir...

Kakashi se gratta l'arrière du crâne.


Iruka jeta le carnet noir sur la table de son salon et alla se coucher.

Il ne pouvait plus écrire dans ce maudit carnet, maintenant qu'il savait qu'il appartenait à Kakashi. Ç'aurait été comme violer l'entrée d'un temple sacré.

De plus, Iruka se sentait ridiculement intimidé par les talents littéraires insoupçonnés de l'Hatake.

Il coupa court à ses réflexions et s'endormit d'un sommeil profond.


Kakashi entra dans l'appartement d'Iruka par la fenêtre du salon.

Il retint un petit cri de victoire en voyant son carnet sur la table basse.

Il le reprit et le remplaça par celui d'Iruka.

En ressortant, il se demanda s'il avait bien fait d'arracher la page qu'il y avait écrite. Dans un sens, cela simplifierait tout si Iruka la trouvait.

Mais dans un autre sens, le Chuunin avait arraché sa propre « déclaration », comme s'il revenait sur sa décision.

Car c'était cela qui tracassait Kakashi. Avait-il ôté cette page pour qu'un curieux ne la trouve pas, ou pour effacer tout souvenir de ce qu'il pouvait ressentir pour lui ?

Il pesa le pour et le contre et finalement, il partit, la page contenant les derniers mots qu'il avait écrits placée entre les pages 129 et 130 de son Icha Icha Paradise.


Iruka se réveilla le lendemain matin et vit que le carnet sur la table du salon avait été un peu déplacé sur la gauche.

Il l'attrapa et le calepin s'ouvrit automatiquement à la première page.

-Mais… c'est mon écriture ?

Il vit qu'il manquait aussi une page un peu plus loin et comprit ce qui s'était passé.

Kakashi avait, tout comme lui, écrit dans ce carnet en croyant que c'était le sien. Quand il s'était rendu compte de l'échange, il avait décidé de récupérer son bien. Il avait arraché cette page « en trop » pour ne pas qu'Iruka puisse la lire.

Mais pourquoi masquer cela alors que Kakashi savait sûrement qu'Iruka avait lu son carnet ? Quelle pensée voudrait-il cacher qui soit différente de tout ce qu'il avait déjà lu ?

Le mieux, pour le savoir, était évidemment d'aller le voir. Il aurait pu, en plus, essayer discrètement de deviner s'il était intéressé par lui.

Mais Iruka était timide.

Il rendit visite à Naruto, à la place.

-Je ne sais plus quoi penser… conclut-il, les sourcils froncés.

Naruto secoua la tête, son cerveau était encore en train de battre la campagne.

-Mais va le voir, grogna-t-il, en priant pour que ses neurones ne soient pas tous brûlés par cette profonde réflexion.

-Mais il risque de mal réagir ! On parle de Kakashi, le shinobi au cœur de pierre, là !

Les yeux d'Iruka s'agrandirent… oups, ça lui avait échappé…

-Kakashi ? Beurk, je vois pas ce que tu lui trouves.

Iruka eut une expression outragée : voilà que le gamin qui s'était entiché d'une idiote aux cheveux chewing-gum osait faire des critiques sur ses goûts amoureux !

L'Umino s'en alla. A chaque fois qu'il discutait avec Naruto, il sortait encore plus perplexe que quand il était entré.


Kakashi fut plié en deux par un haut-le-cœur particulièrement violent.

Ça ne s'arrangeait pas, ses affaires.

Il eut tout juste le temps de se cacher dans un coin sombre où retirer son masque et il vomit tout ce que contenait son estomac, c'est-à-dire pas grand-chose d'autre que de la bile.

Il essuya sa bouche du revers de sa main – gauche, il ne voulait pas salir sa mitaine droite – avant de remonter son masque sur son visage et tomber au sol, inconscient.


Iruka se dépêcha, il était déjà en retard. Il se prit le pied dans quelque chose et se ramassa sur le pavé.

-Putain de bordel de…

Il regarda ce qui l'avait fait tomber : un pied humain, chaussé d'une sandale de ninja.

Son regard remonta le long de la jambe du type couché par terre, puis le torse et Iruka vit enfin la tête du shinobi.

-Kakashi-sensei, sauf votre respect, vous foutez quoi à terre ?

L'Hatake ne répondit pas.

-Merde, il est mort… pensa Iruka en s'approchant du corps.

Il vit une flaque de vomis et comprit à peu près ce qui s'était passé.

Il approcha sa main du visage de Kakashi puis se retint d'ôter son masque, même si cela le démangeait depuis un moment.

Il ouvrit la veste du ninja copieur et plaqua son oreille contre son torse.

Lorsqu'il eut constaté que le cœur battait toujours, Iruka consentit à porter le corps sur son dos.

Il amena l'Hatake à l'hôpital et retourna vers l'Académie.

L'endroit où il avait trouvé Kakashi inconscient se situant sur son chemin, il repassa devant le coin sombre et vit un objet orange accrochant la lumière.

Il s'approcha et reconnut la couverture de Icha Icha Paradise. Il ramassa le livre et s'éloigna.


Durant l'heure de récréation, Iruka resta dans la classe en tête-à-tête avec le roman de Kakashi.

Il l'ouvrit, rongé par la curiosité. Il fut bien vite répugné par les descriptions perverses et referma le bouquin.

-Comment un type qui écrit aussi bien que Kakashi peut lire des monstruosités pareilles ?

Il posa son regard vers le livre orange et vit que quelqu'un y avait glissé un papier.

Il le prit et le lut.

-Bla bla bla…Parce qu'il sent le miel et la cannelle ? Parce qu'il sourit même quand ses élèves sont insupportables ? Eh mais… c'est moi…

Iruka rougit violemment et se prit la tête dans les mains.

-Ça va Iruka-sensei ? s'exclama Konohamaru en entrant. Pourquoi vous êtes tout rouge ?

-Parce que… il ne trouvait pas d'excuse bidon. Ça ne te regarde pas !

Il tourna la tête vers la fenêtre et vit un petit chien assit sur le rebord extérieur.


Kakashi ouvrit péniblement les yeux.

Il était à l'hôpital. Quelqu'un l'avait trouvé dans la rue et l'avait amené chez un médecin.

Et lui avait volé son Icha Icha Paradise.

Il appela l'infirmière.

-Qui m'a amené ici ?

-Euh, ce monsieur qui donne cours à l'Académie, je crois.

-Iruka Umino ?

-Oui.

« Parfait » songea Kakashi. Il n'était pas du genre à voler les gens couchés par terre, il lui rendrait donc son roman.

Puis il se souvint du papier glissé entre la page 129 et 130.

« Et merde… »

Il se leva précipitamment mais eut un vertige et retomba sur le lit.

-Bordel, mais qu'est-ce que j'ai de ces temps-ci ?

-Il semblerait que vous ayez développé un virus inconnu, mais visiblement peu ou pas contagieux…

-Génial. Comment je fais pour récupérer mon bouquin, moi ? dit-il plus pour lui-même que pour l'infirmière.

Il invoqua Pakkun et l'envoya à l'Académie vérifier si Iruka avait ou non ouvert le livre.

Le chien revint quelques minutes plus tard.

-Visiblement, il l'a ouvert.

-Visiblement ?

-Il est rouge comme une tomate.

Kakashi sourit malgré lui. Selon toute apparence, Iruka était effectivement la personne chaste et pure qu'il avait imaginé.

-Mais le… papier, il l'a lu ? demanda-t-il inquiet.

-Oui.

-Je suis mort.

Pakkun pencha la tête sur le côté et Kakashi lui demanda :

-De quoi il avait l'air ?

-Iruka-sensei, tu veux dire ? Bah, il était rouge.

-Oui, mais… fâché, triste, … ?

-Oh, ça…


Iruka rangea ses affaires dans son sac. Fin de journée, le meilleur moment dans la vie d'un enseignant.

Il glissa le livre à couverture orange dans sa poche et prit le morceau de papier déchiré entre le pouce et l'index.

Il le regarda longtemps, puis le rangea dans la poche arrière de son pantalon.

Il se retourna vers la porte de la classe et vit la silhouette dégingandée de Kakashi Hatake.

-Déjà sorti de l'hôpital ? demanda-t-il d'une voix faible.

-Hum, ouais. Les médecins sont pas au courant.

-Je vois, dit-il d'une voix de plus en plus éteinte.

-Vous… voulez manger un morceau ? Avec… hm… moi ? proposa lentement Kakashi.

Iruka rougit à nouveau et Kakashi se demanda comment ses élèves avaient bien pu suivre un cours donné par une tomate ambulante.

-J'ai des corrections à faire pour demain, répondit Iruka d'un ton ferme en passant devant Kakashi.

-Ah. Hm… d'accord. Demain, alors…

-Peut-être.

L'Hatake resta seul dans la classe quelques instants, puis retourna à l'hôpital.

A suivre!

Prochain chapitre à la prochaine review que je reçois! (je demande vraiment pas beaucoup: une toute petite review me fait déjà super-plaisir!)