Saaa-luuuut !

Voici donc le deuxième chapitre ! Le prochain sera le premier du "Eren's side" et ne sera pas posté comme un chapitre de cette fic', mais comme une fiction indépendante. Fans de Riren, c'est pour vous !

Ensuite, je voudrais remercier les auteurs de ces magnifiques reviews... Elles m'ont mise la larmes à l'œil, je déconne pas. T^T

L'Illusoire : J'espère que la suite ne te décevra pas !

Victoria : Je suis d'accord avec toi, les fanfic', ça détend ! Je ne fais pas de karaté, et je n'en ai jamais fait, mais je me suis dit que c'était un sport parfait pour Ymir... Je fais de l'aikido, par contre.

Mrs Neko-sama : Toi aussi tu fais du violon ? Sacré hasard !

J'espère que ce chapitre vous plaira, et n'hésitez pas à laisser des reviews, elles illuminent encore plus mes journées que le sourire de Christa ! ;D


Ch 2 - Jeudi 8 septembre, après-midi

La sonnerie retentit. Un brouhaha familier remplit la salle.

"Rendez-vous mardi en labo de chimie, et bon appétit !"

La classe entière répondit en cœur, preuve qu'elle s'en était attirée la sympathie. Ymir était morte de faim, et elle espérait vraiment que la nourriture du lycée serait à la hauteur de sa réputation.

Encore fallait-il arriver jusqu'à la nourriture.

"Tu sais où est la cafèt' ?"

Christa, qui finissait de ranger ses affaires dans son sac, lui répondit avec un sourire.

"C'est au rez-de-chaussée de l'annexe Klorva, escalier E, couloir I, couloir J.

- Tu m'en diras tant…"

Le lycée Ilse Langner, du nom d'une célèbre chercheuse en manipulations génétiques, comptait 3 bâtiments principaux (Chōsa Heidan, Chūton Heidan, et Kenpeidan), 5 bâtiments secondaires, 8 annexes (une pour chaque division : collège, lycée général, lycée professionnel, trois classes préparatoires, administration et bureaux, plus le planétarium), 3 cours (Maria, Rose, et Sina), 3 CDI, 2 gymnases couverts et 2 terrains extérieurs. Sans oublier le bâtiment Utgarde, qui abritait les dortoirs et disposait d'un jardin réservé aux pensionnaires.

Le tout était relié par un véritable labyrinthe de couloirs, d'escaliers et de passerelles, à tel point que leurs noms (des lettres ou des numéros) étaient placardés à chaque virage, et qu'un plan du bâtiment était affiché tous les cent mètres. Les salles étaient nommées en fonction du couloir et de l'étage : la salle D 304, par exemple, était au 3e étage, couloir D, 4e salle. Il y avait dix classes par niveau au collège, neufs au lycée section générale, et cinq en section professionnelle. Quant aux classes prépas… c'était une autre affaire.

Le lycée Langner n'était pas juste une école, c'était une petite ville.


"Tu viens de quel collège ?"

La jeune fille leva les yeux de son gratin dauphinois pour les fixer sur Christa, hésitante.

Et puis merde.

Elle avait joué la carte de l'honnêteté jusque là, elle n'allait pas s'arrêter maintenant.

"Kokuryu."

Elle ouvrit de grands yeux, et Ymir y répondit par une grimace.

"Le collège privé hyper côté ?

- Lui-même." Elle enchaîna rapidement, peu désireuse de s'étendre sur cette partie de sa vie. "Et toi ?"

Nouveau sourire.

"En fait, j'étais ici.

- Je comprends mieux d'où vient ton "très bon sens de l'orientation"."

Elle rit, ses yeux soudainement mille fois plus beau, et Ymir se pencha sur son assiette pour dissimuler le sourire qui naissait sur ses lèvres.

La nourriture était bonne et l'adolescente était affamée, mais le silence finit par se faire lourd. Avait-elle remarqué son malaise à propos de Kokuryu ? Probablement. Elle n'avait pas vraiment cherché à le cacher.

"C'est quoi, tes options ?"

Christa n'était pas la seule à pouvoir poser des questions ou commencer une conversation. Ymir n'étais certes pas un modèle de sociabilité, mais elle n'était pas non plus muette.

"Littérature et Société et musique. Et toi ?

- S.I. et Athlétisme." Dans ce lycée d'élite, les élèves étaient tenus de choisir une option obligatoire (contre-sens total, mais c'était écrit comme ça) qui, et c'était écrit exactement ainsi, "correspond à leur centres d'intérêts, afin d'aider à la socialisation et dans le but de "déscolariser" leur lieu d'étude." Résultat, ils devaient tous se taper deux heures en plus. Deux heures d'option, certes, mais deux heures tout de même.

"Ta LV2 ?

- Anglais, j'ai commencé l'allemand en sixième. Mes deux parents ont vécu en Allemagne, et j'y suis allée plusieurs fois. Et toi ?

- Idem."

Elle avait à peine fini son "m" que Christa lui offrait un sourire rayonnant et une réponse enthousiaste.

"Est-ce que tu trouves ça beau ?

- De quoi ?

- L'allemand. Tout le monde pense que c'est une langue rude et barbare, alors que s'ils prenaient vraiment la peine de l'écouter, ils se rendraient compte qu'elle est magnifique."

Ses yeux pétillaient de passion, et Ymir sentit les commissures de ses lèvres lutter pour rester stoïques. Elle prit néanmoins le temps de finir de mâcher sa bouchée de gratin et d'avaler une gorgée d'eau avant de lui répondre.

"Deutsch ist wunderschön, und alle, die das Gegenteil sagen, sind verdammter Dummköpfe."

["L'allemand est magnifique, et tous ceux qui disent le contraire sont de damnés idiots."]

Le sourire de la petite blonde s'étira d'avantage, lumineux, et Ymir jura avoir vu ses yeux briller.

"Ich würde das nicht besser sagen."

["Je ne l'aurais pas dit mieux."]

Que les lèvres d'Ymir fassent ce qu'elles veulent, la voix de Christa sublimait l'allemand comme jamais personne n'aurait pu le faire. À travers elle, il devenait doux et chantant.

Comme un ois- … Je fais vraiment une fixation sur ces foutus pigeons.

Dans le silence tacite qui suivit, un Christanosaure dégustant un Apfelstruddel au milieu d'une bande de ptéropigeons roucoulants et de Tyrannopoules picorants envahit son esprit. Et l'ennui ayant tendance à emmener son imagination dans des lieux hostiles et inexplorés, Ymir savait que la scène allait empirer au fil de la journée.

Putain de documentaire.

Ymir finit par terminer sa pomme et se leva, talonnée par Christa, pour aller débarrasser son plateau. Celui de Christa était presque intact.

Dehors, l'air était chaud et sec, la légèreté de la matinée ayant été remplacée par une chaleur plus en adéquation avec la période de l'année. Rester enfermée entre quatre murs par un temps pareil ravivait la mauvaise humeur d'Ymir. Elle enfonça ses mains dans ses poches, regrettant amèrement la liberté de ses deux mois de vacances passés, et se dirigea d'un pas traînant vers Maria, la cours la plus proche.

Un rapide coup d'oeil sur son portable lui apprit qu'il était 12:38.

Encore une heure et trente-deux minutes à tuer avant d'aller remuer la poussière d'une époque quelconque en histoire géographie.

L'adolescente balança son sac sur un banc avant de s'y laisser tomber comme une masse, les deux bras étendus sur le dossier, la tête penchée en arrière. Le ciel était toujours d'un bleu scandaleux, le soleil de midi était bien trop haut pour être caché par les bâtiments, elle avait chaud et sommeil, et la cours était étonnamment silencieuse.

Il y avait bien quelques bruits de pas, accompagnés de conversations, mais l'ensemble restait calme.

Rien à voir avec mon ancien collège…

Elle ferma les yeux, cédant à la torpeur qui envahissait peu à peu son esprit.


Au lieu de la sonnerie stridente qu'elle attendait, ce fut une intrusion dans son espace vital qui la tira de sa sieste salvatrice. La main s'était à peine posée sur son épaule qu'elle ouvrait déjà les yeux, identifiant immédiatement le danger potentiel qui planait sur elle - et surtout sur son sommeil. Son corps se tendit, son dos se détacha du dossier du banc et le tranchant de sa main droite - celle qui était la plus proche de son agresseur - percuta la saignée du coude de celui qui avait osé interrompre sa sieste. Il lâcha immédiatement prise, et elle profita de cette ouverture pour se redresser tout en attrapant son coude de son autre main, avant de pivoter sur un axe de 180°.

Une demi-seconde après son réveil prématuré, son agresseur avait déjà pris sa place sur le banc.

"La prochaine fois, je te pète le bras." C'était on ne peut plus sincère.

Souplesse et mouvement des hanches, avait dit Annie lorsqu'elle lui avait montré ce mouvement. Force était de constater que c'était efficace.

Dominant son agresseur de toute sa hauteur, elle posa son pied gauche à deux millimètres de son genou et s'appuya sur le banc en se penchant légèrement vers lui. Maintenant qu'elle prenait le temps de le regarder (quiconque interrompait sa sieste méritait ce qu'elle venait de lui faire subir - et encore, elle s'était abstenue de lui tordre le coude au passage -, armoire à glace ou fil de fer), il lui semblait le reconnaître.

Deux grands yeux verts bordés de cernes, écarquillés sur le coup de l'étonnement, une tignasse noisette, une peau doré et des mains couvertes d'encre noir et de stylo bleu.

"J'espère pour toi que t'as une foute bonne raison de m'avoir réveillée, Eren.

- Parce que tu dormais ?!" Elle leva les yeux aux ciel.

"Non, j'escaladais l'Everest en solitaire, ça se voyait pas ?"

"En général, les gens dorment allongés et dans un lit. Pas assis sur un banc dans la cours du lycée !"

Véridique, mais il pouvait toujours courir pour qu'elle l'admette. Ils se fixèrent un instant un chien de faïence, les yeux plissés, et Ymir n'était clairement pas celle qui était la moins à l'aise. Mais Eren tenait bon.

Elle décolla son pied du banc avec un soupir, préférant lui faire remarquer qu'il ne lui avait toujours pas dit pourquoi il avait interrompu sa sieste réparatrice plutôt que de sa lancer dans un combat qu'elle était sûre de gagner. Elle savait reconnaître les grands cons qui gueulent beaucoup mais qui se battent comme des serpillières quand elle en voyait un, et elle s'était plus ou moins jurée de ne plus distribuer de coups à torts et à travers.

"Tu sais où est le CDI, toi ?" Il s'était levé avant de poser sa question, et Ymir se rendit compte qu'il était légèrement plus petit qu'elle. Avec son tee-shirt rock et son jean troué, il ne donnait pas franchement l'impression d'être un rat de bibliothèque. Elle le fixa d'un regard sceptique auquel il répondit en se grattant l'arrière de la nuque, mal à l'aise.

"Hum… 'pas que j'aime vraiment lire, mais, ben… Arm- … enfin, j'ai un pote qui, lui, aime ça, et..." Il fit une pause, fronça les sourcils, puis repris avec un débit nettement plus fluide. "Bref, je suis censé y retrouver un pote, mais ce lycée est vraiment trop grand et j'ai paumé le plan qu'on nous a distribué hier."

Putain de lycée-labyrinthe, tu me paieras mes heures de sieste en moins.

"Aucune idée." Haussement d'épaule.

La seule "chose" qui lui avait permis de trouver ses salles, c'était Christa.

À propos de Christa...

Elle fit un tour complet sur elle-même, mais pas la moindre petite blonde à l'horizon. La cours était presque déserte.

Merde !

"Euh… Ymir ? Tu as perdu quelque chose ?

- Mon GPS, marmonna-t-elle.

- Hein ?

- Christa.

- Qui ?

- Christa. Petite, blonde, l'air fragile et des yeux bleus immenses.

- Euh… celle qui était à côté de toi en français ?

- Ouais."

Il secoua la tête.

"T'étais seule quand je t'ai vue.

- Merde.

- C'est ton amie ?

- Mon GPS." corrigea-t-elle distraitement.

Trouver la salle d'histoire allait être un véritable calvaire...

Eren lui rendit un air franchement perplexe, puis, décidant qu'il était temps de prendre congés, fit un pas en arrière.

"Bon, ben, merci quand même. À tout à l'heure en classe, j'imagine.

- Ouais." répondit-elle, laconique.

Maintenant qu'elle y réfléchissait, elle n'avait pas vu Christa depuis qu'elles étaient sorties de Klorva. Elle se rappelait s'être dirigée vers le banc, mais elle ne se souvenait pas le lui avoir indiqué, ni même l'avoir entendue la suivre. Elle était tellement fatiguée que la perspective d'une sieste lui avait fait oublier tout le reste, visiblement. Christa avait très bien pu lui dire qu'elle allait retrouver des potes et, obnubilée par sa fatigue, elle ne l'avait pas entendue.

Elle jeta un coup d'œil sur son portable.

13:23

Elle se rassit sur le banc et ferma les yeux. Ce n'était pas une demi-heure de sommeil en plus qui allait faire la différence, mais il fallait bien tuer le temps.


Ymir poussa la porte de la salle d'histoire-géo avec cinq bonnes minutes de retard. Elle grommela une excuse sur l'encombrement des couloirs, et le prof, qui se présenta comme M. Bär-Varbrun, lui fit signe de s'asseoir.

Alors qu'elle se dirigeait vers une double table libre au dernier rang, son regard rencontra celui de Christa, qui lui adressa un petit sourire. Elle n'y répondit pas, préférant rediriger son regard vers la place qui l'attendait.

Le prof fit l'appel, puis commença à présenter ses méthodes de travail, et Ymir décrocha. Son regard vagabondait dans la salle, passant d'une Annie feignant l'intérêt à un Eren toujours plongé dans ses gribouillages, en passant par un petit chauve qui faisait le pitre à côté d'une fille qui s'étouffait de rire avec sa barre chocolatée, puis s'arrêta en rencontrant une chevelure d'un blond éclatant.

Christa, deux rangs plus loin, lui montrait son dos.

Toujours sans but réel, le regard d'Ymir se traîna sur les longues mèches dorés qui tombaient sur ses épaules, sa nuque, le haut de son dos. De ce point de vue, la finesse de la silhouette de la jeune fille était flagrante. Son port droit faisait ressortir la minceur de sa taille et la délicatesse de ses épaules, tandis que son chemisier blanc à manches courtes dévoilait la peau de ses avant-bras tout en en accentuant la pâleur.

Christa tourna la tête pour prêter sa règle à un autre élève, offrant à Ymir un aperçut de la ligne douce de sa mâchoire, de son petit nez délicat, de ses pommettes discrètes, du bleu azur de ses yeux.

L'élève lui rendit sa règle en la remerciant, brisant l'état de contemplation dans lequel Ymir s'était plongée malgré elle, et la petite blonde se fendit d'un sourire.

Ymir tiqua.

Un sourire définitivement forcé.


Le reste du cours se déroula sans événements majeurs, et Ymir, son GPS retrouvé, ne fut pas en retard en anglais.

Du plus loin qu'elle se souvienne, elle avait toujours aimé et eut des facilités à comprendre et parler les langues vivantes. Au collège, ses professeurs d'anglais et d'allemands étaient même les deux seuls auteurs de commentaires 100% positifs sur son bulletin.

Pourtant, ce jour-là, elle n'accorda pas une seule seconde de son attention à M. Erd, leur prof d'anglais ; la présence de Christa à côté d'elle, juste assez près pour qu'elle puisse l'observer discrètement du coin de l'œil, la déconcentrait beaucoup trop.