Me revoici pour un nouveau chapitre avec le début de l'histoire de Tony.
Pour lire ce chapitre, je conseille la musique Almost Martyr. Vous devriez la trouver facilement sur Youtube.
Le prochain chapitre paraitra lundi ou mardi.
Chapitre 1 :
Quand Tony était entré dans le laboratoire de son père, il avait été poussé par une intense curiosité provoquée par la joie inhabituelle de son père quand il était revenu de son laboratoire situé au sous-sol. Haut et fort, il avait déclaré qu'il venait encore de progresser dans son étude de l'énergie renouvelable auto-générée et qu'il pourrait concevoir prochainement un nouveau réacteur encore plus performant. Bien qu'il ne comprenne pas encore très bien de quoi son père voulait parler, la nouvelle avait intrigué le petit garçon de sept ans qui avait eu peu d'occasions de voir la joie s'afficher sur le visage d'Howard Stark. Il s'était donc faufilé dans le laboratoire avec l'un de ses prototypes, espérant partager sa dernière découverte avec son père puisqu'il était de bonne humeur.
Le hasard voulut qu'Howard Stark ne se trouvait pas dans son laboratoire à ce moment précis mais, en revanche, un étrange cube d'énergie se trouvait placé sur un instrument de mesure. Il brillait d'une étrange lueur qui avait attiré l'enfant à la manière d'un poisson attiré par la lumière d'une lamproie et ce dernier avait tendu la main pour toucher ledit objet. Au moment précis où ses doigts étaient entrés en contact avec l'étrange matière énergétique, son père était entré brutalement dans la pièce. Tout s'était alors enchainé à une vitesse irréelle pour Tony : il avait entendu son père hurler un "NON ! TONY !" avec un visage horrifié, tandis qu'à côté de lui, alimentée par le Tesseract, une faille étrange s'ouvrait et aspirait l'enfant dans un tourbillon de ténèbres et de lumières avant de se refermer.
Tony s'était alors vu enveloppé dans un rayon de lumière multicolore et projeté à travers l'espace. Il avait vu des galaxies s'étirer au dessous de lui en des spirales constitués de millions de diamants, pu admirer des étoiles brillant de mille feux, certaines explosant en supernova sans le blesser, d'autres s'effondrant sur elles-mêmes en une masse noire. Il vit des planètes étranges, certaines vides et désolées et d'autres foisonnantes de vie. Il avait vu des formes inaccessibles à la compréhension et à la logique humaine, des objets que nul ne pouvait imaginer, des choses que personne ne pouvait voir sans sombrer dans la folie.
Tony Stark était un génie et un prodige, son intelligence dépassait dans certains aspects celui d'un adulte mais fondamentalement, il demeurait encore un enfant, avec la capacité d'admettre des choses sans encore trop les remettre en question, avec la curiosité vive mais pas encore excessivement bridée par la logique des adultes. Ce fut cette faculté d'adaptation et sa grande ouverture qui sauva l'esprit de Tony alors qu'il traversait ces lieux aux frontières de la logique et de la folie, sa raison épargnée par l'inimaginable et l'inconcevable.
Malgré cela, ce fut dans un grand état de choc que Tony atterrit sur un sol dur : il était incapable de former une pensée cohérente dans sa tête, les images se bousculaient, incompréhensibles, défilaient encore devant ses yeux à un rythme rapide et il n'arrivait pas à les trier, ni même à leur donner un sens. Une migraine terrible l'assaillait et il ressentait un poids immense sur tout son corps, l'empêchant de se lever et même de s'asseoir, ne lui laissant pas d'autre choix que de rester allongé par terre, tremblant de tous ses membres. Dans son âme en détresse, il n'y avait plus qu'une seule supplication : que son père vienne le chercher, même pour le gronder d'être entré dans son laboratoire. Tout ce qu'il voulait était la promesse que tout allait s'arranger.
Il ne sut jamais combien de temps il avait passé là, gisant sur le sol, se sentant comme si le poids du monde l'écrasait. Ses yeux mi-clos étaient embués de larmes et ses oreilles bourdonnaient mais le vrombissement laissa bientôt la place à des échos de voix qui se rapprochaient de plus en plus et qui devenaient de plus en plus distinctes jusqu'à ce qu'enfin, il distingue les paroles prononcées :
"Heimdall a affirmé qu'il était tombé par ici et tu sais qu'il ne se trompe jamais" déclara une première voix.
"Si c'est un ennemi d'Asgard, crois-tu vraiment qu'il va nous attendre tranquillement ? S'exclama une voix impatiente avant de continuer : qui sait s'il n'est pas déjà dans le palais à planifier une tentative d'assassinat sur Père ! Si c'est l'un de ses maudits Géants de Glace, je les extermine !"
"Du calme, Frère, l'interrompit une autre voix plus calme et posée. Si ça avait été un Jotun, Heimdall nous l'aurait dit avant de nous envoyer ici."
"Hé, je crois que je l'ai trouvé !" s'exclama une voix féminine beaucoup trop près de lui.
"Incroyable, on dirait un enfant mortel !" S'étonna tout haut un autre homme.
"Ce n'est pas possible, aucun mortel n'est supposé trouver le moyen de voyager par les branches d'Yggdrasil, encore moins un enfant. Déclara l'une des voix précédentes.
"Dans tous les cas, on doit le ramener au palais pour avoir une explication et laisser le Père de Toute Chose le juger pour son intrusion" Dit une dernière personne.
Un instant après, quelqu'un le saisit dans ses bras, s'ébahissant à haute voix en clamant à quel point les Mortels étaient légers comme des plumes, puis il sentit son porteur se mettre à marcher tout en discutant d'un ton joyeux d'une bataille. Tony, de son côté, tâchait de ne pas bouger d'un cil pour faire croire qu'il était inconscient, suivant ainsi les consignes données par le garde du corps de son père au cas où il se ferait enlever. Il tâchait de garder sa respiration calme et régulière, prenant parfois le risque de lever les paupières pour voir les environs. La vue qu'il découvrait était fantastique : il voyait des sortes de gratte-ciels aux formes fantastiques et tordues, complètement différentes de celles des buildings traditionnels de New York et parfois, il pouvait voir des touches de verdures au milieu de cette cité baignée d'or. À l'horizon, il voyait comme des gigantesques tuyaux d'orgue dorés qui formaient une structure pyramidale imposante. L'enfant manquait de mots pour décrire la splendeur et l'étrangeté de cette ville tant il était impressionné par l'architecture fascinante et hors du commun.
Finalement, le groupe entra dans ce qui pouvait passer aisément pour un palais : l'or recouvrait les murs et les plafonds, des gravures et des bas reliefs finement sculptés parsemaient les parois et une douce lumière éclairait l'ensemble et le mettait en valeur. Tony faillit garder ses yeux grands ouverts quand le groupe franchit d'immenses portes pour arriver vers ce qui paraissait être une salle du trône, du moins, s'il devait en juger l'immense estrade d'or pur à laquelle on pouvait accéder par plusieurs marches. Il ne put apercevoir clairement la personne qui se tenait dessus car il dû fermer les yeux pour feindre à nouveau l'évanouissement…ou du moins il le cru jusqu'à ce qu'une voix pince-sans-rire s'éleva clairement dans l'immense pièce.
"Tu peux arrêter la comédie maintenant, Mortel. Tout le monde sait que tu es réveillé."
Tony émit un bruit qui mêlait glapissement et hoquet de stupeur et qui manquait complètement de dignité. Il ouvrit les yeux et rencontra les visages de ceux qui l'avaient amené ici : quatre personnes en armures, dont une fille, se tenaient en retrait : l'un était roux avec un léger embonpoint, le second avait une petite barbe blonde, le troisième différait des autres par ses traits asiatiques. La fille, quant à elle, portait une armure elle aussi, ce qui étonnait le petit garçon. La personne qui l'avait transporté durant le trajet, un homme grand, assez jeune avec une cape rouge et une armure, aux longs cheveux blonds, portant la barbe et des yeux bleu le saisit vigoureusement et le posa à terre, plutôt brutalement, manquant de faire tomber Tony qui n'était pas habitué à une telle force. À coté de lui, un homme vêtu d'une cape verte et d'une armure (à croire que c'était la mode ici) avec des cheveux noirs coiffés en arrière en catogan, levait ses yeux verts au ciel comme pour ne pas soupirer et plaça sa main sur son col pour le maintenir à peu près droit. Tony devina que c'était lui qui venait de parler.
Terrifié, mais refusant de montrer sa peur, Tony Stark leva les yeux vers le vieil homme borgne qui le considérait d'un air circonspect du haut des marches. Celui-ci ne perdit pas de temps avant de l'interroger d'une voix solennelle :
"Jeune Mortel, je suis Odin, Père de Tout, souverain suprême de ce royaume et en ce nom, j'exige de savoir qui t'a envoyé sur Asgard et par quels moyens. Aucun mensonge ne sera toléré ici alors je te conseille de répondre par la vérité dans les plus brefs délais."
"Je, je ne sais pas, répondit Tony qui pouvait entendre le ton pitoyablement tremblant de sa propre voix. Peu soucieux de s'attirer les foudres de l'homme devant lui, il poursuivit : j'ai touché le cube bleu dans l'atelier de Pap, heu, de mon père et il s'est passé des trucs bizarres et je me suis retrouvé ici. C'est la vérité, je vous le jure !"
"Il dit vrai", déclara sans passion celui à la cape verte qui continuait à le tenir.
"Le Tesseract se trouve donc toujours sur Midgard, murmura pour lui même Odin avant de s'adresser à nouveau au jeune terrien : "Quel est ton nom et celui de ton père ?"
Tony blêmit légèrement : d'après le peu qu'il comprenait, le Tesseract était le cube bleu qu'il avait touché par erreur et qui était l'une des piste menant à Captain America que recherchait son père. Si ces gens le lui volaient, il serait furieux contre lui et pourrait même ne plus l'aimer ! De plus, il ne devait pas dire son nom à ceux qu'il ne connaissait pas car il existait des gens qui pourraient vouloir s'en prendre à lui pour blesser son père ! Ce fut les raisons qui le poussèrent à mentir :
"Je m'appelle Anthony Roger et mon père s'appelle Edward Roger, mais on me surnomme Tony."
"Il ment, du moins en partie", déclara aussitôt le type aux cheveux noirs dont les yeux verts commençaient à étinceler légèrement.
"Je ne vais rien vous dire sur moi et sur mon père, je refuse !" s'exclama Tony en tentant de lever la tête fièrement mais échouant misérablement.
Pourquoi tout sentait-il si lourd, ici ? Il avait l'impression que si l'homme qui détectait les mensonges ne le maintenait pas sur ses jambes en permanence, alors il s'effondrerait comme une masse. Il avait un peu de mal à respirer, aussi, et ce n'était peut-être pas étonnant s'il se trouvait sur une autre planète…
"Inutile d'insister, dans ce cas, murmura Odin, il serait inutile d'envoyer des guerriers chercher le Tesseract à l'aveuglette sur Midgard et il y a de fortes chances qu'il ne s'y trouve plus après avoir déplacé ce mortel. De plus, l'enfant ne cédera pas s'il garde ce secret pour son père par loyauté, inutile de l'interroger plus longuement."
"Oui, Père" répondirent à l'unanime les deux guerriers entourant Tony.
"Maintenant, il reste à déterminer le sort de ce mortel. Nul étranger ne peut entrer au royaume d'Asgard sans permission et la loi exige que la mort soit la seule punition pour châtier celui qui ose outrepasser la limite sacrée de ce royaume. Mais compte tenu de l'âge du prisonnier et de son ignorance, je vais rassembler le conseil pour voir s'il est possible d'accorder une exception. Thor, Loki, vous m'accompagnerez pour aider à trancher dans ce débat en tant que Princes."
Le guerrier que Tony identifiait désormais comme Loki le laissa tomber à terre sur ses genoux et juste avant de partir en suivant le dénommé Thor, se pencha au dessus de lui et murmura :
"Si tu tiens à survivre un peu plus longtemps, je te conseille très fortement de rester prosterné ici. Nul ne jugera raisonnable de garder en vie un enfant mortel défiant ceux qui lui sont supérieurs."
Tony resta prostré, à moitié parce qu'il était paralysé par la peur et à moitié parce qu'il se sentait trop faible sur ses jambes pour rester debout. Des larmes commençaient à couler sur ses joues mais il n'osait pas laisser échapper un sanglot trop bruyant : son père détestait les pleurnicheries et les gémissements, et s'il agaçait ces personnes, il allait mourir ici. Il ne pouvait pas non plus les supplier tout haut parce qu'il était un Stark et les Stark sont des hommes d'acier que nul ne faisait plier. Sauf que maintenant, Tony Stark n'était qu'un tout petit garçon très loin de chez lui et incapable de rentrer seul à la maison.
Tony n'avait aucun moyen de lire l'heure sur cette planète à part en voyant la manière dont la lumière faiblissait dans l'immense salle, l'obscurité emplissant la pièce de pénombre. Plusieurs heures avaient dû passer depuis que le roi et les deux Princes étaient partis et Tony n'avait plus une seule larme en réserve pour pleurer. Il commençait à ressentir la faim mais n'osait surtout pas réclamer de quoi manger, peu enclin à rappeler sa présence de cette manière, car cela ne ferait que prouver qu'il avait de mauvaises manières et les grandes personnes n'appréciaient jamais cela.
Enfin, alors que la nuit était tombé, la salle s'illumina à nouveau tandis que le roi, suivit de ses deux fils entraient d'un pas solennel. Tony redressa la tête tout en demeurant agenouillé, ses pieds ankylosés par sa position prostrée, puis il fixa Odin en tentant d'empêcher sa peur de se montrer de façon trop visible. Le souverain le fixa en retour de son œil unique durant un long moment avant qu'une taloche de Thor positionné derrière lui ne lui fasse comprendre qu'il ne devait pas fixer le roi si ouvertement. Ce dernier prit la parole :
" Bien que le viol de nos frontières constitue un sacrilège selon nos coutumes, ayant pu constater le caractère accidentel de la présence du mortel en notre royaume et après avoir considérer l'âge visiblement jeune de celui-ci, il a été décidé par le conseil et moi-même de faire preuve d'une certaine indulgence envers le coupable. Puisqu'il est hors de question de renvoyer un mortel chez lui en vie après qu'il ait été témoin des merveilles recélées par Asgard et en prenant en compte son absence de rang, il a été décidé que le Mortel dénommé Anthony servira en ce palais jusqu'à la fin de ses jours en tant que Thrall, c'est à dire un esclave. Ainsi en a t-il été décidé et que nul ne remette en cause cette sentence. Ainsi soit il."
Et pour ponctuer sa décision, il laissa retomber sa lance sur le sol, scellant ainsi le sort de Tony.
La situation s'annonce mal pour Tony et elle ne va pas s'arranger.
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