Titre: Tempus Bella Prensareque
Auteurs : Na-Chan2 - Remind - & Bliblou - Bekind
Couples : HP/LM
Disclaimer: Bien que nous ayons tenté de soudoyer JKR pour qu'elle nous offre ses personnages - et son argent - nous n'avons rien pu faire, alors tout est à elle - sauf l'intrigue évidemment :)
NDAs : Les réponses aux reviews sont terminés :) Merci encore à tous. Pour les anonymes, comme j'ai reçu un mail me disant de ne pas les mettre sur les chapitres sous peine de voir notre fic retirée, je les ai mis sur mon site - Bliblou - dont le lien est dans notre bio. Allez les lire, j'y ai mis tout mon coeur :) La prochaine fois, promis, c'est Na-Chan2 qui répondra.
TEMPUS BELLE PRENSAREQUE
Le temps de faire la guerre et de courtiser
Chapitre 1
Harry ne s'aperçut de pratiquement rien après cela. Il sut juste qu'il y avait de la lumière – beaucoup – de toutes les couleurs et il eut un moment l'impression que son estomac, son coeur, ses poumons et sa tête passaient dans un tuyau bien trop étroit pour eux.
Encore un moment, il se sentit tourbillonner – encore et encore – et il eut à peine le temps de réaliser – de réaliser vraiment – qu'il était en train de remonter le temps et que, fort probablement il allait en mourir parce que c'était bien trop douloureux, qu'il fut projeté violemment sur une surface froide et dure.
Puis plus rien. Ni magie, ni tourbillon, ni rouleau compresseur souhaitant mouliner ses organes.
C'était fini.
Il n'y avait plus à présent que ce plafond gigantesque qu'il reconnaissait sans doute aucun, envahi d'un immense fatras de mosaïque gothique. Ce ne pouvait être que le Manoir Malfoy dans lequel il venait d'atterrir – ce qui était assez normal puisqu'Harry était parti de là –. Poudlard, cependant, aurait été un bien meilleur endroit où réapparaître.
Bien, il était donc là, arrivé quelque part, dans un espace temps différent du sien – et c'était évident puisqu'il n'y avait plus ni mangemorts ni amis – Seigneur, et ses amis étaient morts à présent, n'est-ce pas? Du moins avaient-ils disparu. Ils n'existaient même plus. -
C'était dur et douloureux de réfléchir après avoir été ainsi vidé de sa magie et transporté dans un autre temps. - Et s'il n'était pas arrivé là où il le devait? - Personne n'était venu l'accueillir, aucun grand Malfoy n'avait débarqué à peine était-il apparu, baguette en main, prêt à lui jeter un sort. Il n'y avait personne.
Et s'il n'était pas arrivé? Et s'il était juste coincé quelque part, dans un lieu où il n'y avait personne, dans un temps qui n'existait pas?
Le sort n'avait pas été réalisé comme il le fallait. Quelqu'un les avait trahi et il était quand même parti. L'incantation avait marché. Mais quand était-il?
Se relevant – et ses muscles hurlèrent en même temps que sa tête vrombissait tellement tout était douloureux – il s'appuya au mur. - Merlin, quand pouvait-il être? -
Il devait trouver quelque chose, quelqu'un, pour le rassurer – et il était même prêt à ce que cela soit un Malfoy en colère qui le lui dise – pour lui dire s'il était réel, si tout cela était réel. Si le sort imparfait ne l'avait pas simplement fait disparaître, le laissant ailleurs.
Il ne devait pas paniquer. Cela ne servirait à rien. Reprenant son souffle lentement, Harry ferma les yeux puis expira et les rouvrit. Il fallait trouver quelque chose qui le renseignerait sur la date d'aujourd'hui, il fallait qu'il trouve quelqu'un pour le rassurer quant à la présence d'autres êtres humains ici. Dans ce temps.
Merlin, il fallait qu'il sache.
Prenant sur lui – et il était habitué à aller au-delà de ce qui lui restait de force, pour se battre, pour faire la guerre – il fit quelques pas en avant et reprit encore une fois lentement sa respiration alors que sa vue vacillait soudainement, puis recommença, encore et encore.
Le Manoir Malfoy, du moins le rez-de-chaussée, ne lui apporterait sûrement aucune réponse. Il était aménagé pour recevoir les invités et paraître beau et luxueux, aussi Harry savait qu'il ne trouverait rien qui pourrait le renseigner sur la date d'aujourd'hui. Il fallait donc monter dans les étages, il fallait atteindre les appartements privés des Malfoy et fouiller n'importe où et trouver. Absolument.
Encore, il fit des efforts colossaux pour monter les marches – et il eut l'impression qu'il montait au ralenti tant ses jambes tentaient de refuser – et se retrouva enfin sur le palier du premier étage.
Cela n'avait pas changé. Le tapis vert était toujours là, moelleux sous ses pas, les tapisseries aux liserais noir étaient toujours là, et les tableaux représentant chaque membre de la famille Malfoy également.
Et vraiment chacun était là, de l'ancêtre au détenteur présent du titre des Malfoy.
De Malfoy I – Harry n'avait pas fait la chronologie des Malfoy et ne savait pas qui était le prénom du premier... et d'ailleurs il s'en moquait totalement – à Lucius Malfoy.
Mais pas Draco. Etait-il alors retourné au temps où Lucius était un chef de famille? N'avait-il fait qu'un bond de quelques petites années en arrière, et dans ce cas-là, Voldemort était-il simplement une entité évaporée?
Et si tel était le cas, alors tout cela avait-il été vain? Comment pourrait-il retrouver Voldemort si celui-ci était une sorte d'être désincarné parcourant le monde à la recherche d'un corps prêt à le recevoir?
Comment ferait-il pour mener à bien la mission qui venait de tuer – de faire disparaître – ce qui lui restait de famille?
Alors, vraiment, cela n'avait servi à rien...?
Il était fatigué, horriblement fatigué, et tout ce qu'il souhaitait maintenant était d'avoir le droit pendant quelques fichues secondes de se reposer dans un lit, ou même un fauteuil, tant que c'était un minimum confortable pour qu'il puisse s'y assoupir sans peine. Peut-être même se contenterait-il d'un tapis moelleux.
Mais il ne fallait pas rester ici, il fallait avancer, encore et savoir exactement en quelle année il était, et s'il y avait des gens, ici - Parce que la possibilité que le sort l'ait simplement jeté dans un espace temps vide et perdu était toujours là -
Il inspira profondément – encore. Harry savait qu'il aurait été très simple et agréable de simplement se laisser tomber à terre, évanoui de fatigue – vidé ainsi qu'il l'était de magie – et avança avec toute la volonté qu'il pouvait trouver en lui, malgré la fatigue, comme si, réellement, il était en mission et que de celle-ci dépendait la survie de l'univers – et d'une certaine manière, c'était le cas – et il ouvrit la première porte se trouvant à sa droite, et entra.
C'était une chambre d'enfant, sans aucun doute. Un tapis beige clair recouvrait une grande partie du plancher foncé, les murs étaient tapissés d'un tissu aux doux feuillages bleutés, des jouets étaient dispersés un peu partout, et un berceau était posé au milieu de la chambre, sous un grand lustre en argent.
Et dans le petit lit, un enfant reposait, endormi, tout blond et avec ce petit quelque chose de caractéristique qui fit battre le cœur de Harry un peu plus vite, et le força à s'approcher encore, de manière à être si près de l'enfant endormi qu'il pouvait le toucher.
Oh par Merlin, il était si petit – Harry ferma un instant les yeux et un faible sourire apparut sur ses lèvres pâles de fatigue – Draco était tellement petit, tellement fin. Son petit visage ovale, mangé par deux grands yeux fermés, un petit nez à peine pointu, et ses petites menottes qui cachaient une petite bouche entrouverte, c'était évident.
Merlin, cet enfant était Draco. Et d'après le peu d'expérience que Harry avait dans les bébés – il s'en occupait parfois, lorsqu'il avait, là-bas, dans cet autre temps disparu, enfin la possibilité de rentrer au QG, là où de nombreuses familles se cachaient – il avait peut-être dix mois tout au plus.
C'était Draco. L'enfant avait l'air si paisible que le sourire d'Harry s'élargit encore et il se laissa tomber à genoux, regardant par les petits espaces que formaient les larges tresses d'argent composant le berceau, son tout petit meilleur ami dormir.
Et peu à peu, doucement, lui-même sombra dans un profond sommeil.
Il était encore temps, finalement, de sauver le monde.
- & -
Lucius se définissait comme étant un homme d'ambition. Il était fort et avide de pouvoir et n'hésitait pas à se servir de toute l'intelligence que lui avait léguée ses ancêtres pour arriver à ses fins, quelles qu'elles soient.
Cependant, bien que la plupart des sorciers de Grande-Bretagne trouva que Lucius était un homme froid et particulièrement déplaisant malgré sa présence quasi-constante auprès du ministre, Lucius ne se considérait pas comme un homme du mal. Probablement n'était-il pas juste de dire qu'il était un homme bon, mais il faisait au mieux pour lui-même et pour sa famille, afin de ne jamais perdre ce que ses ancêtres, tout au long de leur vie, avaient pris soin de façonner et de transmettre.
Bien sûr, il servait le Seigneur des Ténèbres depuis quelques temps déjà, mais jamais il n'avait vraiment réalisé à quel point, aux dépends du fait que cela lui apporterait de nombreux bénéfices, il serait accroché – obligé d'être accroché et fidèle – aux fameux préceptes que répandaient le Lord comme un apôtre répandrait la parole de Dieu – et s'il faisait des références aux Moldus, ce n'était pas parce qu'il les aimait, mais parce que savoir de nombreuses choses sur ses ennemis était sans conteste un atout de poids - - d'ailleurs, grâce à leur pouvoir, les sorciers n'auraient aucun mal à se faire passer pour des envoyés de Dieu et ainsi pourraient-ils facilement prendre le pouvoir.
Il était donc, depuis un certains temps déjà – cinq ans précisément – dans les petits papiers du Lord aussi bien que dans ceux du ministre. Un Malfoy se place toujours au mieux et le dicton n'avait jamais été plus vrai qu'en ces temps.
Mais un Malfoy n'agit jamais que pour son compte et celui de sa propre famille et cela, autant le lord que le ministre semblaient simplement l'ignorer.
Mais peu importe, ainsi il pourrait continuer à trouver chez chacun de ces hommes ce qui lui était nécessaire et il pourrait, de cette manière, procurer à son fils un avenir assuré.
« Narcissa, depuis quand Draco dort-il? » Demanda l'adulte blond à sa femme qui discutait doucement avec son médecin personnel.
La maladie de Narcissa ne se soignait pas, et c'était bien la seule chose sur laquelle Lucius n'avait aucune emprise. Il était là, à simplement la regarder dépérir chaque jour un peu plus – et vraiment c'était ainsi, elle rétrécissait, elle perdait du poids et maigrissait et devenait de plus en plus pâle et sans force à un point tel qu'elle ne pouvait même plus tenir Draco assez longtemps pour qu'il puisse s'apercevoir qu'elle était sa mère – en se maudissant de ne rien pouvoir faire.
Et Lucius ne pouvait pas voir sa famille souffrir. C'était un précepte aussi profondément enfoui que celui concernant la fortune et le pouvoir.
« Depuis trois heures. Veux-tu que j'aille le réveiller? Je pense que les elfes lui ont déjà préparé son biberon. » Narcissa était une femme douce, et elle adorait sans conteste Draco. Si elle avait pu – si elle en avait eu la force – elle serait restée à s'en occuper et à jouer avec lui chaque heure de chaque jour, mais elle ne pouvait pas. L'accouchement avait déjà été si dur que Lucius avait peur que le bébé, s'il ne l'avait pas suffisamment épuisé à en mourir lorsqu'il était né, puisse avoir raison de sa mère maintenant.
Mais peu importe, Lucius avait souvent pensé à cela. Et peu importe ce qu'il ressentait pour sa femme, s'il devait choisir et tout recommencer, il choisirait Draco, parce que son fils était un petit ange tombé du ciel, une petite réincarnation parfaite des ancêtres Malfoy et qu'il fallait, de toute manière, assurer la lignée.
Alors, malgré le fait que Lucius aimait fortement Narcissa, elle n'était que la femme qu'avait choisi son père pour devenir son épouse, et ne serait jamais rien de plus qu'une adorable amie pour lui, alors que son fils, son cher fils, était le futur de leur lignée, et son enfant à lui.
« Je vais aller le chercher, Ciss'. » Il ne le faisait pas souvent. Il n'était que rarement à la maison en ces temps d'élection mais, autant qu'il le pouvait, il s'occupait de Draco. Draco, avec ses petites manies si mignonnes pour son âge, avec la manière dont il suçait son pouce lorsqu'il s'endormait, ou celle dont il fermait ses petits poings lorsqu'il buvait son biberon, la manière dont il s'émerveillait lorsque son père venait le tirer du sommeil, et celle dont il tendait les bras en gazouillant de sa petite voix douce et claire.
Salazar, la lignée des Malfoy était une descendante de la magie noire, mais sans doute aucun était-elle aussi celle qui s'attachait le plus à ses enfants.
Lucius avait été traité comme un petit ange-roi et il avait toujours ressenti le besoin de faire de même avec son propre enfant.
Bien sûr, il parlait souvent d'héritier, de représentant de la lignée, de successeur mais son fils était un diamant dans son cœur et, malgré tout ce qu'il représentait, il serait à jamais son enfant chéri avant tout.
Il atteignit rapidement les marches de l'escalier et le premier étage et rejoignit la chambre de son fils d'un pas lent, comme si prendre son temps rendrait le moment où il verrait son fils encore plus merveilleux que s'il s'empressait. Cependant, lorsqu'il ouvrit la porte, il sentit que son cœur allait sortir de sa poitrine et il manqua rugir alors qu'il apercevait la silhouette d'un étranger effondrée contre le berceau de son fils.
Qui? Qui avait osé s'approcher, pénétrer ainsi dans cette chambre? Le Lord avait-il envoyé quelqu'un? Avait-il découvert les intentions cupides de son bras droit? Non, c'était impossible, Lucius était trop bon à cela, et le Lord était trop intéressé par la puissance et le pouvoir que Lucius lui apportait pour réfléchir plus loin à ses motivations, tandis que le ministre était bien trop aveugle pour voir que chacun de ses gestes n'était que manipulation.
Sortant sa baguette d'un geste précis, il avança lentement dans la pièce et alla immédiatement vérifier si son fils allait bien. Respirant plus rapidement que lorsqu'il était endormi, Draco avait ses grands yeux gris ouverts et fixait son père avec un sourire heureux, alors que dans l'une de ses petites mains, il tenait fermement une mèche de cheveux bruns qui passait par les trous du berceau. Avançant jusqu'à être en face de l'intrus, Lucius manqua laisser transparaître une expression effarée sur son visage froid et dur comme la glace.
L'inconnu semblait simplement profondément endormi la tête appuyée contre le berceau de son fils, une marque rouge apparaissant déjà sur son front, et sa bouche légèrement ouverte laissait échapper un ronflement d'endormi satisfait.
Bien et maintenant, finalement, que se passait-il?
S'avançant, toujours sur le qui-vive, Lucius s'agenouilla devant l'intrus – et il constata qu'outre ses cheveux un peu longs noirs et ses lunettes en métal rectangulaires, il avait de fines mains pâles et tremblantes – et secoua du bout de sa baguette son épaule droite.
« Monsieur, je vous conseille de vous réveiller immédiatement si vous ne voulez pas que je le fasse moi-même. » Et Lucius à présent n'avait plus rien du gentil père aimant, mais tenait bien d'un mangemort de haut-rang (NdBl: Ce serait mieux si il était d'Alexandrie...).
Mais malgré la menace lâchée dans un sifflement mesuré, le jeune homme – car il s'agissait là d'un jeune homme d'une vingtaine d'années environ – ne broncha pas un instant, et poussa même la situation plus loin en osant émettre un petit ronflement d'inconfort.
- Est-ce qu'il le dérangeait? -
Assez contrarié – il avait tué pour moins que ça – Lucius secoua la tête et prit sur lui de ne pas ensorceler à grand renfort de magie noire cet étranger dans la chambre de son si jeune fils, et décida - et sans doute était-ce son jour de grâce... ou bien ce jeune homme était-il attendrissant ainsi endormi? - de le mener jusqu'à la chambre d'ami la plus proche et de – dans sa grande bonté – le faire examiner par le médecin de Narcissa.
Soulevant Draco dans ses bras, sa baguette toujours légèrement pointée sur l'endormi, il le fit léviter et le fit sortir de la chambre de son fils.
Et, pas à un seul moment, le jeune homme ne sembla reprendre connaissance.
- & -
- Lucius, que se passe-t-il?
Bien sûr, il avait fallu que Narcissa ait vent de ce qui se passait dans ce manoir. Même obligée de rester dans sa chambre, sa femme parvenait à faire ce qu'elle voulait dans sa maison.
- Tout d'abord, je veux que tu sois assurée qu'il n'y a rien de grave.
La sorcière blonde lui envoya une œillade accusatrice à ces mots.
- Et c'est ça qui est supposé me rassurer?
- Excuse-moi Cissa, je voulais juste... je ne veux pas que tu t'inquiètes.
Sachant qu'attendre et tenter de calmer sa femme ne ferait que l'agiter un peu plus, il continua:
- Un étranger a réussi à se faufiler dans la chambre de Draco. Il n'a rien fait et notre fils va bien, s'empressa-t-il de rajouter. Mais j'ai demandé aux elfes de maison de fouiller tout le manoir, par mesure de précaution. Je suis presque certain qu'ils ne trouveront rien mais je préfère être prudent.
- Lucius, où est... où est Draco? Où est mon fils?
Et voilà pourquoi il avait voulu la calmer avant, ce n'était définitivement pas bon pour sa santé que Narcissa se mette dans un tel état.
- Il est avec le Docteur Carrey. Cette mesure est certainement excessive, mais je préfère être sûr.
- Il va bien alors? Tu me jures qu'il va bien?
Le médicomage particulier de Narcissa rentra dans la pièce à ce moment-là, le petit Draco bien éveillé dans les bras.
- Il n'a rien, pas la moindre petite trace de magie sur lui, les rassura-t-il aussitôt.
Le Docteur Carrey avait la délicatesse de les rassurer, lui comme Narcissa, sans qu'ils n'aient besoin de le lui demander, et pourtant, il ne leur avait jamais caché la vérité – sans quoi cela ferait bien longtemps qu'il ne serait plus à leur service. Et, cela allait sans dire, il possédait la discrétion nécessaire pour travailler pour le compte des Malfoy.
- Je peux...?
Le médicomage adressa un sourire à Narcissa avant de poser Draco dans ses bras. L'enfant tenta aussitôt d'attraper une de ses longues mèches de cheveux, babillant joyeusement.
Draco était vraiment leur petit rayon de soleil.
Bien sûr, il avait fallu qu'il attende qu'il pense ces quelques mots pour que le dit rayon de soleil se mette à s'agiter, tentant de s'échapper des bras fragiles de sa mère.
- Et bien, je pense que notre petit ange s'est rendu compte qu'il était l'heure de prendre son biberon.
Narcissa lui adressa un sourire lorsqu'il reprit leur fils dans ses bras et il se pencha pour poser un tendre baiser sur son front. Que sa femme avait l'air fragile, Merlin, il avait parfois peur de l'approcher, peur qu'elle se brise s'il ne prenait pas mille et une précautions envers elle.
- Tu devrais te reposer un peu, lui souffla-t-il doucement.
Il se releva et fit un signe discret au médicomage pour qu'il le suive. Il avait un nouveau patient pour lui, maintenant qu'il était totalement sûr que le sorcier endormi n'avait rien fait à son fils.
oOo
Lucius rentra dans la chambre où il avait installé l'inconnu, Draco dans les bras. Il avait eu tellement peur plus tôt dans la journée à l'idée que quelque chose ait pu arriver à son fils, à son fils encore si petit et tellement attachant.
- Votre verdict? demanda-t-il aussitôt, faisant peu cas de l'impolitesse de son entrée en matière.
- Ce jeune homme est littéralement vidé de sa magie. Il est même surprenant qu'il soit simplement endormi et non évanoui... ou dans le coma.
- Vidé de sa magie...? Comme quelqu'un qui aurait réussi à contrecarrer les barrières du manoir?
Le médicomage sembla réfléchir quelques instants à sa comparaison avant de lentement secouer la tête en signe de dénégation.
- Plus comme quelqu'un... qui aurait entrepris de transformer toutes les pierres de Poudlard en caramel.
- A ce point...?
C'était étrange. Qu'est-ce qu'un tel individu faisait dans son manoir? Il supposait que quelqu'un de suffisamment intelligent et puissant pour réussir à entrer sur son domaine sans sa permission n'était pas stupide au point de s'endormir juste à côté de l'enfant qu'il aurait dû enlever ou tuer.
Mais alors, que faisait-il dans la chambre de son fils?
- Maître, maître!
- Maître!
- Maître Malfoy!
Trois elfes de maison arrivèrent en même temps, criant plus fort l'un que l'autre dans le but d'obtenir en premier son attention.
Et bien, il semblerait qu'il se soit trompé finalement. Si ces créatures étaient là, c'était certainement pour lui annoncer qu'ils avaient trouvé un complice, une faille dans les défenses du manoir. Ce qui impliquait que leur inconnu n'avait pas eu des intentions aussi inoffensives qu'il l'avait supposé.
- Maîtresse Narcissa ne respire plus!
oOo
Elle était morte. Sa femme était morte. Son amie était morte. La mère de son fils était morte.
Il avait laissé Draco aux soins de Byrtti, - Narcissa était morte -.
Il était venu s'isoler dans la chambre de ce fameux inconnu qui avait réussi à atteindre le berceau de son fils, quelques heures plus tôt, une éternité plus tôt.
Narcissa était morte.
Et, par Merlin, Draco ne méritait pas d'être élevé sans sa mère, il méritait d'être choyé et noyé de câlins, il méritait de connaître, de se souvenir du sourire si tendre que Narcissa lui réservait.
Narcissa était morte.
Il devrait s'occuper de son enterrement. Vérifier que les elfes de maison n'avaient oublié de prévenir personne.
Narcissa était morte.
Que pouvait-il bien en avoir à faire d'oublier un de ces sorciers rassis qui ne voulaient rien de plus qu'un bon potin?
Narcissa était morte.
N'avait-il donc pas le droit qu'on lui fiche la paix?
Narcissa était morte.
Un gémissement en provenance du lit – de l'inconnu – attira aussitôt son attention, le sortant de ses pensées – ou peut-être n'avait-il souhaité rien de plus que de sortir de ses pensées, aussi avait-il guetté inconsciemment le moindre son qui pourrait l'y aider.
Narcissa. Etait. Morte.
Il rejoignit en quelques enjambées le chevet du sorcier brun dont les paupières papillonnaient déjà.
Des yeux d'un vert incandescent se posèrent sur lui, tentant paresseusement de trouver un sens à ce qu'ils voyaient.
Par l'enfer, il venait de perdre sa femme – Narcissa était morte – et il n'avait rien de mieux que de penser que l'inconnu – qui s'était introduit dans la chambre de son fils – avait de beaux yeux?!
Si Lucius n'avait pas été en train de se fustiger mentalement, nul doute qu'il aurait perçu le faible 'Draco?' qui franchit les lèvres du brun.
- Je suis Lucius Malfoy, se présenta-t-il finalement, son attention totalement focalisée sur le sorcier allongé devant lui, scrutant la moindre de ses réactions pour savoir ce qu'il était venu faire chez lui.
Les yeux de l'inconnu se remplirent aussitôt de peur et il recula, emmêlant ses membres dans les draps alors qu'il fouillait sa robe de sorciers, chaque fouille infructueuse augmentant son angoisse.
- Je suppose que vous cherchez votre baguette. Vous comprenez sans nul doute que je ne peux vous la rendre tant que je ne sais pas ce que vous faisiez dans mon manoir.
Mais le sorcier ne semblait en rien se sentir coupable, il paraissait simplement... terrifié.
Ce qui était plutôt contre productif pour lui, parce qu'il était évident que l'inconnu ne parlerait pas tant qu'il ne se serait pas un peu calmé.
- Regardez-moi, demanda-t-il soudainement en s'asseyant sur le bord du lit où reposait toujours le brun.
Il fit bien attention à laisser une distance raisonnable entre eux, ne souhaitant pas effrayer un peu plus l'intrus.
- Je ne vous ferais pas de mal, d'accord?
Son ton, plus doux qu'habituellement, s'approchant étrangement de la voix qu'il utilisait pour lire des histoires à son fils, sembla réussir à calmer le sorcier. Ce dernier, finalement immobile, le fixa comme il le lui avait demandé, clignant régulièrement des paupières.
- Qui êtes-vous?
- Harry.
C'était ce que l'on appelait une réponse succincte – et qui lui était totalement inutile. Il se retint difficilement de faire claquer sa langue contre son palais pour montrer sa désapprobation.
- Et comment êtes-vous entré chez moi, Harry?
Il regarda le brun humidifier nerveusement ses lèvres plusieurs fois.
- Chez vous? Au manoir Malfoy? Qu'est-ce que... qu'est-ce que je fais ici?
Cette fois, ce fut sa pomme d'adam qui monta et redescendit plusieurs fois d'affilée alors qu'il tentait visiblement de rester calme.
- Je pensais que les barrières autour du manoir Malfoy étaient inviolables...
Puis il écarquilla les yeux et il se mit à trembler imperceptiblement alors qu'il tentait de cacher sa peur et qu'il échouait considérablement.
- Est-ce que... Est-ce que vous m'avez kidnappé?
Ses souvenirs étaient un peu flous et, s'il ne s'était pas réveillé en présence de Lucius Malefoy, il aurait certainement considéré la vague impression d'avoir vu un Draco bébé comme faisant partie d'un rêve – un rêve étrange.
Mais Lucius Malefoy était là, devant lui, observant la moindre de ses réactions alors que lui essayait de ne pas hyperventiler. Parce que quelqu'un dans le manoir l'avait sûrement vu endormi tout près du berceau de Draco, et il n'avait aucun doute que le fait de s'être introduit dans le manoir Malefoy et d'avoir réussi à atteindre la chambre du jeune héritier était une sorte de crime capital sanctionné par la mort.
Et il n'avait pas sa baguette.
Il allait mourir, là, alors qu'il avait réussi à retourner dans le temps, alors qu'il pouvait tout changer, alors que ses amis n'existaient plus – étaient morts – pour donner une nouvelle chance à ce monde.
Ses amis étaient morts – n'existaient plus – et il allait mourir dans ce lit, même pas quarante-huit heures après être arrivé dans le passé.
Par Merlin.
Non. S'il vous plaît, non.
Et pourtant... pourtant, Lucius n'avait pas l'air d'être à deux doigts de le tuer, il n'avait même pas sa baguette sortie. Il avait même pris une voix douce et compatissante pour lui parler – chose dont il l'aurait cru incapable.
Et peut-être Lucius n'était-il pas comme dans ses souvenirs, un monstre d'égoïsme ne cherchant que plus de pouvoir. - Mais l'avait-il seulement vraiment été? Draco parlait de son père comme de quelqu'un de bon pour sa famille, qui s'était juste laissé embarquer bien trop loin dans les affaires d'un Lord devenu dangereux même pour la famille Malfoy.
Peu importe, là n'était pas la question. Il fallait qu'il se concentre, parce qu'il sentait l'utilisation sous-jacente de la Légilimencie, Lucius souhaitant sûrement voir un peu ses sentiments, pour déterminer s'il mentait ou non. Alors il devait rester attentif, le simple usage de l'Occlumancie était insuffisant, il devait paraître innocent, perdu, effrayé – enfin, il se sentait déjà terrorisé, cette partie-là ne lui posait pas problème.
De plus, Severus lui avait révélé un peu par hasard que l'Occlumancie pouvait être utilisée pour moduler, influencer la façon dont d'autres personnes percevaient ses propres sentiments. Et Harry savait qu'il était un horrible menteur, et que cela pouvait facilement coûter la vie à d'autres Résistants, alors il s'était débrouillé pour s'améliorer – car cela signifiait souvent la différence entre une vie sauve et une vie perdue.
Et, encore en plus de tout cela, il devait réfléchir à une identité, parce qu'il doutait que « Juste Harry » soit suffisant pour une famille aussi influente que les Malefoy.
- Pourquoi est-ce que vous m'auriez kidnappé...? Pour... quoi?
Et maintenant il allait se taire, parce qu'il avait un peu peur de sur-jouer.
Avant de partir, Hermione – et qu'allait-il faire sans Hermione? Sans ses sages conseils, toutes ses connaissances et son intelligence hors pair? Et surtout, que ferait-il sans son amie? - avait fait des recherches pour lui trouver une nouvelle identité. Et il avait ingurgité tellement d'identités différentes qu'il avait peur de les confondre maintenant. Bien sûr, il fallait quelqu'un d'orphelin, et qui n'avait pas effectué ses études à Poudlard pour ne pas que l'on se rende compte que son identité était fausse – ou, tout du moins, pas trop rapidement. Il avait des choses à faire, ses parents à sauver, Voldemort à tuer. Après... Pour le reste, il verrait plus tard.
Mais le problème était qu'ils avaient prévu de le renvoyer en 1972. Et qu'il avait atterri en 1981.
- Je peux vous assurer que je ne vous ai en rien kidnappé. Je vous ai retrouvé près de mon fils. Et j'aimerais avoir des explications sur la façon dont vous avez déjoué les protections de mon manoir.
Finalement, Lucius pouvait être effrayant – vraiment effrayant.
Il se rendit compte avec un certain décalage, que son rythme cardiaque s'était soudainement affolé. Parce qu'il ne pouvait pas mourir. Pas maintenant. Pas après tant de sacrifices – un monde entier sacrifié. Un monde entier dont il avait seul le souvenir.
Il se força à prendre une profonde inspiration. S'il mourait d'un arrêt cardiaque maintenant, ce serait vraiment bête.
- Harry? Vous n'avez donc vraiment aucune idée de comment vous êtes arrivé ici?
Et Lucius avait l'air sincère alors il se força à accrocher son regard. Sa lèvre inférieure trembla légèrement et il n'avait même pas à se forcer – ce qui était définitivement terrifiant.
- Bien.
Bien que cela semblait conclure l'argument, concéder à Harry qu'il le croyait, Lucius continuait de le fixer.
Et il n'avait toujours pas de nom.
Il était jaloux de Tonks, il aurait adoré être métamorphomage. Pas tellement parce qu'il trouvait cela cool – et c'était le cas – mais parce que c'était terriblement utile.
Les Hughes étaient morts en 1973, mais il avaient deux filles. Et, même s'il avait voulu se faire passer pour une fille – ce qui restait hors de question à son opinion – aucun doute que le médicomage des Malefoy savait maintenant sans aucun doute qu'il était un homme.
Pas les Firetex – ils avaient disparu en 1970, lorsque leur garçon, Andrew, avait dix-sept ans. Ce qui lui donnerait vingt-huit aujourd'hui – et il ne pouvait définitivement pas se faire passer pour quelqu'un de presque trente ans.
Oh!! Christian Shane. En 1981, il aurait... vingt-quatre ans! Il avait été élevé en Australie, il était enfant unique et avait déménagé en Angleterre avec ses parents peu après sa remise des diplômes – donc pas de Poudlard.
Il avait disparu – il avait été tué – lors d'un raid de mangemorts contre un village moldu. Supposément. Son corps n'avait jamais été retrouvé – sans quoi il n'aurait pu utiliser cette identité.
Il ne se souvenait pas très bien du reste, mais il supposait qu'il pourrait faire quelques recherches par la suite.
- Puis-je avoir tout du moins votre nom de famille?
- Shane. Christian Shane... Christian Harry Shane, mais je préfère Harry.
Il rougit soudainement, parce que son mensonge ne paraissait absolument pas convaincant à ses propres oreilles.
- Monsieur Shane...
Cette fois, s'il piqua un fard, c'était parce que Lucius avait l'air de savourer son prénom.
- Maître Malefoy.
Un elfe de maison venait d'apparaître dans un « pop » bruyant.
- Les pompes funèbres sont arrivées Maître. Monsieur Rayled vous attend dans le salon bleu.
Harry sentit qu'il devint livide. Les pompes funèbres...? Non, ce n'était certainement pas pour lui. Non.
Ca y était, il hyperventilait de nouveau.
- Harry?
Il ne put croiser le regard de Lucius jusqu'à ce qu'il l'entende rire doucement. Lorsqu'il releva la tête, l'expression du sorcier blond était amusée.
- Je vous assure, ce n'est pas pour vous.
Puis son visage s'assombrit tellement rapidement qu'il eut l'impression d'avoir une personne différente en face de lui.
- Ma femme vient de mourir.
- & -
Harry avait été gentiment désolé pour le décès de sa femme, et depuis qu'il avait repris connaissance, après que Lucius ait été suffisamment confiant, surtout du fait qu'il ne lui ferait aucun mal, il avait proposé de s'occuper de Draco pendant que lui, prenait soin des obsèques de sa femme.
Encore maintenant, Lucius avait du mal à croire réellement que Narcissa était morte, qu'il était veuf, et que son cher petit enfant était orphelin. Il s'attendait à tout instant à la voir déambuler dans le manoir, le rencontrant et lui parlant de sa voix douce et si gentille.
Mais non, rien de tout cela n'était arrivé en une semaine, et le fait qu'il devait maintenant s'apprêter pour l'enterrement rendait encore plus réel le fait que sa femme était morte.
Combien de fois se le répétait-il en une journée? Combien de fois, cette pensée, alors qu'il faisait toute autre chose, le traversait, le paralysait et le rendait tremblant et triste?
Narcissa est morte.
Et malgré tout, malgré le fait que Harry soit arrivé de façon totalement incongru dans le manoir, sans savoir lui-même comment il avait pu traverser les protections, et malgré le fait qu'il ait d'abord été si effrayé par lui, le blond le remerciait presque chaque jour d'être là, à faire ce qu'il n'était pas capable de faire avec Draco. Pour le moment. Parce que pour le moment, il devait enterrer sa femme.
« Monsieur Malfoy? » Harry était beau. Lucius l'avait vu dés qu'il l'avait trouvé, paisiblement endormi auprès de son fils. Il avait ce visage fin et gracieux, cette petite bouche purpurine et ce regard si verts qui faisaient ressortir ses cheveux si noirs...Oui, Harry était beau, et Lucius se flagellait à chaque instant de penser ainsi alors qu'il devait enterrer sa femme.
Bien sûr, Narcissa n'avait jamais été rien de plus que sa meilleure amie, une tendre et belle femme qu'il avait appris à apprécier et à estimer suite à leur mariage arrangé, mais le fait était là, à peine était-elle morte, que Lucius s'autorisait déjà à considérer le jeune homme et sa présence soudaine dans le manoir, comme un cadeau du destin ; Une petite chose qui donnait un goût à la fois amer et doux à la mort de Narcissa.
Jamais il n'avait eu l'idée de la tromper, et jamais il n'en avait eu l'envie. Un Malfoy ne trompe pas son épouse, un Malfoy représente les valeurs de l'aristocratie et ne va pas chercher ailleurs ce qu'il a dans sa maison – son manoir. Un Malfoy, même si il est gay, comme beaucoup d'aristocrate, ne va pas se réchauffer dans les bras d'autres hommes. Ce n'est pas digne de son rang.
« Harry? » Répondit-il en ôtant ses lunettes de lecture de sur son nez. Il devait rédiger des papiers importants et faire en sorte qu'ils arrivent au ministère avant la nouvelle élection du ministre, alors qu'il était déjà prêt pour l'enterrement, alors qu'il aurait dû être pleinement conscient des obsèques qui allaient avoir lieu. Mais il ne pouvait pas laisser ses affaires, les affaires des Malfoy, s'effriter, s'éloigner de lui pour cela. Il ne pouvait pas.
Et il avait tant de choses en tête qu'il ne pouvait calmer ses migraines qui encore et encore l'empêchaient de dormir.
« J'ai habillé Draco. J'ai pensé qu'un petit ensemble bleu serait moins triste et solennel qu'un costume noir. J'espère que vous ne m'en voudrez pas. » La voix de Harry était douce également, grave et douce. Et elle lui envoyait des frissons dans le corps alors qu'il allait enterrer sa femme.
« Vous avez très bien fait, Harry. Merci beaucoup. » Si Lucius avait pu, si il n'avait pas pensé à sa femme et à son fils, il aurait gardé Draco ici, sans avoir à lui infliger, pour son si jeune âge, la vue du corps de sa mère étendu dans un lit de soie et de bois, qu'on mettrait en terre, à tout jamais.
Mais Draco devait y être, parce que...Et bien, Lucius ne s'expliquait pas vraiment pourquoi Draco avait à y être, parce qu'il était trop petit pour comprendre que sa mère était morte et ne reviendrait plus, mais Harry avait su trouver les mots pour le convaincre, et plus que ce qu'il avait dit, c'était la tristesse qu'il avait manifesté, et la culpabilité qu'il ressentait pour avoir détourné le médecin de Narcissa le temps que son cœur s'arrête, qui l'avait convaincu.
Pas un seul instant pourtant Lucius lui-même n'avait considéré le jeune homme comme fautif.
« Je... » Lucius pensait que Harry avait quitté son bureau, il avait à peine levé la tête lorsqu'il était entré et pensait qu'il était parti dés que lui avait agréé sa demande, mais tout à ses affaires, il n'avait pas remarqué qu'il n'en était en réalité rien.
« Oui Harry? » L'encouragea t-il en relevant plus certainement la tête, plongeant son regard gris dans celui si vert du plus jeune.
« Je voulais savoir si vous souhaitiez que je vous accompagne? Je m'occuperais de Draco et vous... »
« Ce ne sera pas la peine. Merci Harry. » Lui répondit un peu plus durement qu'il ne l'aurait voulu. Il assista impuissant à la tristesse apparente qui traversa le visage du brun. « Bien. Excusez-moi.» Et le jeune homme fit demi-tour et se dirigeait déjà vers la porte lorsque Lucius le retint. Bien malgré lui, le sentiment d'avoir blessé Harry le rendait triste, surtout en cette journée.
« Attendez, ce n'est pas que je ne veux pas de vous là-bas, mais je préfèrerais que Draco soit avec moi. Je préfèrerais qu'on ait l'air d'une famille, devant Narcissa. Une dernière fois.» C'était touchant sûrement, de le voir là incertain dans son explication alors qu'il était Lucius Malfoy, mais aujourd'hui il pouvait bien se le permettre, parce que Narcissa était morte.
Le visage de Harry se recolora légèrement et enfin il sourit de nouveau, les ombres de ses yeux laissant la place à un regard compréhensif.
« Evidemment. D'accord. Je suis désolé de ne pas y avoir pensé. Draco est prêt alors, je vais retourner jouer un peu avec lui le temps que vous le soyez aussi. Et je vous attendrais ici pour ce soir. »
« Merci Harry. » D'un mouvement de tête accompagné d'un petit sourire, le jeune homme prit congé de Lucius et sortit.
- & -
Draco était adorable. Il souriait et riait et tendait ses petits jouets vers Harry, les lui prêtant gracieusement, et le regardait avec émerveillement les prendre et s'amuser avec.
Sûrement, les Malfoy n'avaient-ils jamais réellement joué avec lui, ou bien pas avec autant de fascination que le faisait Harry.
Harry était fasciné, sans doute. Draco était tellement mignon. Lucius aussi, l'était. Harry n'arrivait pas à se dire que cet homme était un tel assassin dans son temps, et parfois, depuis la semaine qu'il avait passée ici, il se demandait s'il n'avait pas simplement fait un bon dans le temps, mais dans un autre temps. Après tout, il n'avait pas encore entendu parler de Voldemort, mais à bien y réfléchir, le Manoir était tellement isolé de tout qu'il semblait impossible d'être atteint par l'extérieur.
Sans doute, Lucius était-il le seul du Manoir à être au courant de ce qui se passait à l'extérieur, ses innombrables dossiers, entassés dans un coin de son bureau, et ses nombreux allers-et-venus jusqu'au ministères ou ailleurs lui conférant la connaissance suffisante.
Les autres n'avaient pas besoin de savoir. Harry avait l'impression qu'il était dans un petit cocon sécuritaire duquel il ne pourrait plus jamais s'échapper. Et, et bien, Harry parfois, se sentait si bien avec Draco contre lui et les yeux de Lucius le suivant distraitement qu'il songeait qu'il pourrait oublier tout ce pourquoi il était ici et s'habituer simplement à rester là, à faire parti de cette famille.
Puis ensuite, il se souvenait des dizaines et des dizaines de morts que Voldemort avaient causés, il se souvenait qu'aujourd'hui ses parents étaient en vie, et qu'il avait l'opportunité de les sauver, et de tuer Voldemort ici, et alors l'impression de sécurité du Manoir et son envie d'y rester et d'oublier tout s'évaporait devant le devoir qu'il se devait d'accomplir.
Un elfe de maison apparu subitement devant Draco et lui et alors que Draco sursautait et que les larmes lui montaient déjà aux yeux, Harry l'attrapa et le cala dans ses bras tout en demandant la raison de sa venue à Dobby, l'elfe des Malfoy.
« Maître Malfoy vous fait dire qu'il vous attends avec le petit maître dans le grand salon d'apparat. Ils vont partir pour les obsèques de Défunte maîtresse Narcissa. »
Harry acquiesça et remercia l'elfe qui se courba encore un peu plus avant de disparaître.
Lorsqu'il l'eut fait, le visage d'Harry perdit de sa couleur et il se souvint que Draco était orphelin à cause de lui, et il s'en voulait horriblement d'avoir privé Draco de sa tendre mère, qu'il avait tant aimé dans son temps. Il serra un peu plus Draco contre lui et embrassa ses cheveux si blonds. Le plus petit, comprenant que le moment était grave et triste, resta muet, suçant discrètement son pouce en jouant avec une mèche des cheveux bruns de sa nouvelle nounou.
« Allez petit prince, on y va. » Se levant, Harry parcourut rapidement les méandres du Manoir Malfoy et rejoignit Lucius. Il le trouva comme prévu dans le grand salon, fumant une cigarette devant la cheminée. Et il avait l'air si triste qu'encore, malgré tout ce que pourrait bien faire Lucius dans le futur, il ressentit une peine immense et une culpabilité grandissante envers lui.
« Monsieur Malfoy. » Chuchota t-il, amenant l'attention de Lucius sur lui. L'homme se redressa gracieusement et se tourna vers lui ; Ecrasant sa cigarette, il fut auprès de lui et de Draco dans ses bras en quelques secondes.
« Harry, vous voilà. » Lucius lui offrit un tout petit sourire reconnaissant et tendit les bras vers son fils, l'attirant contre lui. Comme chez lui, Draco s'enfonça dans le giron de son père et ne fit encore aucun son, et de nouveau quelques larmes envahirent les yeux de Harry.
« Je suis vraiment désolé pour tout ça, monsieur Malfoy. »
« Harry, s'il vous plaît, vous n'y êtes pour rien. Ma femme était malade. » La voix de Lucius était dur et sèche et c'était visiblement le seul moyen que l'homme avait pour faire rentrer l'information dans la tête du plus jeune. Cela ne rendit pas la culpabilité d'Harry moins grande cependant.
« Mais... »
« Harry. Vous n'êtes en rien responsable de cela. Qui sait même si Carrey aurait pu la réanimer s'il avait été auprès d'elle? De plus, il est trop tard maintenant, et cela ne sert à rien de vous rendre malade pour quelque chose dont vous n'êtes pas responsable. J'ai décidé en toute connaissance de cause de réquisitionner Carrey pour qu'il vous examine. Alors, si la faute doit aller à quelqu'un, c'est à moi. Sur ce, je ne veux plus rien entendre. Et, à ce soir donc. »
Et sans un mot de plus, sans laisser à Harry la chance de reprendre la faute, de répondre, Lucius emporta son fils avec lui et disparut dans le hall. Et Harry décida qu'il fallait réellement donner sa chance à Lucius Malfoy.
- & -
A suivre...
Pour répondre à une question qui revient. L'update de cette fic se fait toutes les trois semaines :)
Reviews?? - Encouragez-nous! Encouragez-nous!!! (Deux étudiantes en droit à l'aube de leurs partiels, ça se brosse dans le sens du poil!! :))Lol. En tout cas, un grand merci à tous pour tous vos commentaires.
Biz à tous.
BekindRemind *
