Chapitre 2 : Appréhensions et Incompréhensions
La jeune fille les regarda tous les deux, l'un après l'autre, en tournant la tête plusieurs fois. L'oiseau poussa un petit cri, comme pour l'encourager. Elle fixa son regard sur le vieil homme, et répondit…
- Cet endroit me rappelle… des livres que j'ai lus, marmonna-t-elle.
- Oui, je n'en doute pas, lança sèchement l'autre homme visiblement agacé.
- Je… pense que… non, je n'en sais rien, …
- Tu as peur que ça soit encore un de tes rêves ? fit le vieil homme.
- Comment vous s… ?
- Ne t'inquiète pas. Tu auras plus d'une occasion pour te rendre compte que non.
- Comment ça ? Est-ce que tout existe vraiment ?
- Oui, aussi bien le bon côté que le mauvais. Je dois d'ailleurs te prévenir que ces livres ne disaient pas réellement la réalité. Ici, personne ne connaît ces livres, quand le Ministère a découvert ces fuites, il a envoyé des oubliators mais cela n'était pas suffisant au vue de l'ampleur que ça a prit. Nous ne savons pas comment l'auteur a pu « deviner » ces choses et les écrire, elle a sûrement un don de voyance. Le Ministère s'en charge depuis deux mois, essayant en vain de comprendre le pourquoi du comment. Bref, je voulais te prévenir que tout n'est pas comme dans les livres. Je les ais lus il y a un mois, les six, vu que le septième est très difficile à se procurer, encore plus que les autres qui sont déjà interdits dans le monde de la magie.
- Le monde de quoi ?
- La Magie. Tu es à Poudlard.
La jeune fille regarda le fond de la pièce, et arrêta son regard sur l'oiseau qui était maintenant perché dans sa cage. Etait-ce donc réel ? Véritablement réel ? Elle n'en revenait pas. Poudlard… ?!
- Tu verras que le château, les personnes qui y sont, ne sont pas exactement comme ils sont décrits dans les livres, même si il y a une certaine vérité. Harry est en deuxième année. Nous verrons si tu es capable d'être dans la même classe.
- Est-ce que… Tous ces rêves que j'ai fait à propos de… demanda timidement la jeune fille, avant d'être coupée par l'homme aux cheveux gras.
- Effectivement ! J'ai utilisé des sortilèges provenant d'une branche de la magie noire pour te prévenir à travers tes rêves… Pour que tu ne sois pas trop choquée…
Elle avait fait plusieurs rêves où, en effet, elle se trouvait confrontée aux mêmes problèmes que le trio si connu du livre, et elle se battait aussi contre Lui. Ce qu'elle souhaitait, c'était que la Paix envahisse le monde. Seraient-ils aussi sympathique ?
- Oui, Severus l'a bien fait, contre mon gré d'ailleurs ! Mais bon, passons, rajouta-t-il en souriant. Sinon, pour mettre fin aux multiples questions qui te traversent l'esprit à cet instant, oui, je suis bien Albus Dumbledore, le directeur de cette école, qui est, comme tu le sais, Poudlard.
Severus ? Severus Rogue ? se dit-elle. J'aurais dû le reconnaitre… Et Dumbledore…
- As-tu quelques questions pour ce soir ? questionna le dénommé Severus.
- Pourquoi se mettait-il soudainement à la tutoyer ? Son cerveau recommençait un peu à fonctionner, elle réfléchit un bref instant.
- Euh… oui, une en particulier, mais bon... comment se fait-il que je vous comprenne ? Je ne parle pas anglais… Je suis, même, la plus nulle de ma classe dans cette matière… Je ne comprends pas…
- Tout d'abord, personne n'est nul ! Ensuite, pour répondre à ta question, la magie en est la cause ! Quand tu étais petite, tu vivais encore avec tes vrais parents. Donc, en quelque sorte, tu as toujours été attachée à cette langue. Le fait que tu ne sois pas bonne en cette matière est certainement la conséquence d'un sortilège que nous avons dû pratiquer sur toi, qui ne fait action que quand tu es dans le monde du côté moldu, jusqu'à ce que ce sortilège te soit enlevé.
- Quels sortilèges ? demanda-t-elle.
Un silence se fit, puis il s'adressa à l'homme vieux avant l'âge.
- Bien, allez chercher le professeur McGonagall s'il vous plaît, il se fait tard, et nous sommes tous fatigués.
- Très bien, je reviens.
La jeune fille se leva du fauteuil, et s'approcha de la seconde fenêtre qu'elle venait d'apercevoir sur la droite.
- Pour les sortilèges, je t'expliquerai plus tard. Il est tard, et tu es un peu trop fatiguée à mon goût. Tu as d'autres questions plus simples auxquelles je pourrais répondre ? lui demanda le propriétaire du bureau.
- Pas spécialement… Effectivement je ne suis pas en forme… lui répondit-elle en baillant.
- Oui, je comprends, tu reviendras demain après-midi quand tu seras bien en forme, d'accord ? La rentrée aura lieu dans 3 jours, en comptant aujourd'hui.
- La rentrée ? Mais… on est en juillet ! Et, pourquoi fait-il encore jour tandis qu'il est 23h à ma montre ?
- Je croyais que tu étais trop fatiguée… lui répondit-il sur un ton qui se voulait moqueur. Bien, je te passerai certains détails, on en reparlera demain. Mais nous sommes bien fin août, en fin d'après-midi. Nous avons fait des pieds et des mains, à l'aide de sortilèges très puissants, pour te retrouver, ce qui a mis beaucoup de temps, et t'a peut-être décalée. Et je dois aussi te prévenir que demain tu n'auras plus cette apparence…
- En août ? Et… Et pourquoi je n'aurais plus la même apparence ? essaya-t-elle de demander le plus poliment possible.
Le front appuyé contre les vitraux, elle attendait une réponse. La panique montait en elle. Toutes ces questions sans réponses… Elle commençait à s'énerver, elle ne comprenait pas ce qu'elle faisait là, elle n'osait pas y croire, mais cela avait l'air si réel…
- Eh bien, tu dois te douter, de part les différents rêves, mais assez répétitifs, que tu as fait, que le professeur Dumbledore, Rogue et moi-même avons dû, pour te protéger, te faire subir plusieurs sortilèges pour que tu ressembles aux parents que nous t'avions choisi. Répondit une voix de femme.
La jeune fille se retourna vivement, risquant de se cogner au mur de pierre, et vit la nouvelle arrivante qui avait l'air très âgée. C'était elle, le professeur McGonagall, suivie de près par ce Severus. Elle n'eut pas le temps de rassembler ses esprits pour bien comprendre ce que la personne venait de dire que le professeur Dumbledore compléta :
- En effet, et maintenant que nous sommes tous réunis, j'imagine que tu sais qui sont ces personnes ? lui demanda-t-il.
- Je pense… Vous, dit-elle en adressant un bref regard vers la vieille femme, vous êtes le professeur McGonagall… Professeur de métamorphose et directrice de la maison Gryffondor ?
Celle-ci lui sourit de façon brève en tant qu'affirmation. Puis, se retournant vers le dénommé Severus :
- Vous êtes sûrement Severus Rogue, enfin, le professeur Rogue, rectifia-t-elle rapidement, professeur de Potions… et directeur de la maison Serpentard, ajouta-t-elle en grimaçant.
- Exact, mais je serai aussi ton professeur de Défense Contre les Forces du Mal, annonça-t-il.
Pourquoi la tutoyait-il ? Décidément, elle ne comprenait quasiment rien… De plus, il avait l'ai un peu plus sympathique que lors du trajet jusqu'au château. Mais comment un homme tel que lui pouvait lui paraitre sympathique ? Ce n'était pas le sentiment qui apparaissait lors de la lecture des livres.
Le directeur de l'école leva un bout de bois qui était sûrement une baguette magique, et l'agita vers la porte. On put entendre un cliquetis, comme si la serrure s'était fermée toute seule… La jeune fille regarda Dumbledore d'un regard interrogatif, et ce dernier sourit, puis la rassura.
- Ne t'inquiète pas. Les sortilèges que tu as subis quand tu n'étais encore qu'un bébé, sont très complexes, mais il suffit d'un seul contre sort. Si tu as bien lu les livres « Harry Potter », j'imagine que tu le connais ?
- Finite Incantatem ? Répondit-elle sans réfléchir, le cerveau encore embrouillé de tout ce qu'elle venait d'entendre.
- En effet. Bien, tu vas t'allonger par terre, si cela ne te dérange pas. Je vais mettre un drap sur toi, histoire que tu ne te retrouves pas nue si jamais ta transformation cause de petits soucis… Aller, vas-y, n'aie pas peur.
Puis, d'un coup de baguette, il fit atterrir une sorte de matelas par terre, ainsi qu'un drap. La jeune fille s'y allongea, méfiante et ne sachant ce qui allait se passer. Dumbledore mit un drap sur elle, ce qui la plongea dans le noir, subitement…
