chapitre 2: recherche cavalière désespérément

Lorsqu'Edward et Alphonse Elric se présentèrent au Q.G de Central, ils ne remarquèrent pas la tension qui régnait dans les couloirs. Ils ne remarquèrent pas non plus que la quasi totalité des éléments mâles de l'armée étaient en train de courtiser allègrement la quasi totalité des éléments féminins de ladite armée. Et ils ne furent pas non plus en mesure de repérer le sourire diabolique de Mustang quand il les fit entrer dans son bureau. Tous ces petits éléments auraient dù leur mettre la puce à l'oreille et les inciter à déguerpir le plus vite possible. Hélas, le duo Elric faisait parfois preuve d'une regrettable distraction. Le Lieutenant Colonel Mustang les fit assoir, et leur dit:

"Alors Alphonse, où as-tu perdu ton frère cette fois ci? OOOOOOH pardooooooooon Ed', je ne t'avais pas vu, quelle idée de te cacher sous le coude de ton frère!! (Alphonse rattrapa son frangin furax d'un mouvement ample et rodé par l'expérience.) Bon blague à part, Fullmetal, où étais-tu en train de traîner tes basques? Il m'a fallu deux jours pour te localiser!

- Colonel, j'étais à Reesembul, pour raccompagner ma mécano chez elle. Vous vous rappellez? Vous m'avez dit qu'avec ces saletés d'Homonculus dans les parages, c'était pas très prudent de la laisser seule

- M'est avis que t'aurais mieux fait de te la garder sous la main, dit Mustang d'un air entendu.

-ça veut dire quoi ça? répliqua très vite Ed, les joues un peu roses. T'as intérêt à t'expliquer, si tu veux pas te prendre mon fullmetal poing dans ta tronche de minet gominé!"

On lui expliqua. A la fin de ladite explication, Ed avait l'air un peu ahuri. Au bout de quelques minutes d'effort méritoire pour reprendre son empire sur lui même...

"A-Attendez... Vous ne voulez pas dire qu'il faut que je me trouve une cavalière pour dans cinq jours? J'suis pas affecté à Central, moi!! en plus, je devrai même pas être là!

-Certes, Fullmetal, certes, sauf que tu es là en ce moment et que tous les alchimistes d'état de la région qui ne sont pas en mission sont conviés obligatoirement... De plus, tu auras la chance d'ouvrir le bal avec eux!

- ESPÊCE D'ENFLURE DE RACLURE D'ORDURE DE SALE GRAND C...PAN!!!"

le Lieutenant Hawkeye, son beretta encore fumant, venait de signifier au plus jeune alchimiste d'état de tous les temps qu'elle n'appréciait guère entendre son supérieur ainsi insulté. Alphonse, toujours très en phase avec les évènements, en profita pour aller la saluer tandis que son frère se remettait difficilement du double choc émotionnel.

"Allez, Fullmetal, conclut le Flame alchemist avec un sourire sadique: Tu as cinq jours!! Et toute absence sera punie comme un abandon de poste face à l'ennemi...niark niark niark!!"

Edward Elric sortit du bureau en gueulant.

Plus tard, les deux frères discutaient en se rendant au réfectoire.

" Ah, cet enfoiré de colonel... Il m'a bien eu!! "reviens vite à Central, mission prioritaire, bouge tes fesses ou t'auras affaire à moi..." C'était juste une bonne vieille excuse pour ne pas se retrouver tout seul à valser, ouais!

- Boh Ed', dramatise pas!! ça peut être amusant! Je me demande si je serai invité...

- C'est vrai qu'officiellement tu fais pas partie de l'armée... Donc t'auras pas bseoin de te trouver une fille! Moi si! Quelle galère! Mais je connais personne, ici!!

- Ben si quand même! Schizka, Le lieutenant Hawkeye, mme Hughes...

- et pourquoi pas Elysia, tant que tu y es!! Y'a personne à ma taille, ici..."

Edward laissa sa phrase en suspens... IL AVAIT PRONONCE LE MOT "TAILLE"... Pendant que son frère se roulait pas terre pendant les affres d'une crise intérieure grave, Alphonse regarda tout autour de lui. Ca emballait sec dans le réfectoire. Avec des fleurs, des sourires gênés, des "cette place est libre mademoiselle?" et des râteaux spectaculaires. Al se prit à penser qu'après tout, il était bien content de pouvoir échapper à ça. Ed se rassit, les yeux encore un peu humides. Tout à coup, il désigna quelque chose dans le dos d'Al. Celui ci se retourna et vit l'adjudant Kain Fuery en grande conversation avec Schizka. Les deux frères s'approchèrent en catimini (enfin, surtout Ed).

"Donc, mademoiselle Schizka, vous travaillez à la documentation? disait le petit binoclard aux cheveux noirs.

-Oui c'est exact. C'est le lieutenant... enfin le général de brigade Hughes qui m'a proposé ce poste. depuis, j'ai un travail fou avec l'incendie de la troisième section, et le...(une larme perla au coin des yeux de Schizka) meurtre de ce pauvre monsieur Hughes... Il était si gentil avec moi!!"

Fuery sortit sans mot dire un mouchoir de sa poche et le tendit à Schizka.

"Miss Schizka... Ce n'est peut-être pas le moment, mais... J'aurais voulu savoir... Enfin vous demander... (ladite Schizka releva le nez de son mouchoir avec un air étonné. L'adjudant prit une profonde inspiration.) si vous me feriez l'honneur d'accepter d'être ma cavalière pour le bal du tricentenaire.

- Euh, je... Je... (rigoureusement écarlate, la petite bibliothécaire n'arrivait plus à aligner deux mots à la suite.) Ou-Oui, bien sûr!! avec joie, adjudant Fuery!!"

En souriant de façon un peu nerveuse, Kain Fuery et Schizka sortirent du réfectoire sous les clins d'yeux égrillards et les sifflements lourdingues. Ed eut une moue ennuyée. Ca ne lui aurait pas déplu d'avoir un peu plus de renseignements sur la manière de parler aux filles. Il se rassit à sa place en ruminant ses pensées... Il avait une idée très claire d'une personne à inviter. Il avait même tout de suite pensé à elle. En fait, il ne faisait QUE penser à elle depuis quelques temps. Winry. mais comment lui demander? ça allait lui faire faire une sacré trotte, de Reesembul à Central, pour un simple gala, se dit Edward en sirotant son orangeade. A ce moment, son frère se pencha vers lui et lui murmura d'un air complice:

"Psst, Ed? Et Wintry? (Ed recracha l'intégralité de son jus d'orange)

-Qu-quoi, "Winry"? dit Ed, dans une démonstration impresionnante de mauvaise foi.

- tu pourrais l'inviter, banane!! comme ça t'aurais une cavalière à ta taille, et en plus une que tu connaîtrais bien!

-Non, je... Je sais pas, ça va faire trop loin pour elle... Et pourquoi tu me parle d'elle, d'abord?! bégaya le Fullmetal Alchmist qui aurait plutôt mérité le surnom d'"écarlate" à ce moment précis.

- Ce que tu peux être borné... Tu sais très bien que ça lui fera plaisir... (voyant son frère secouer vigoureusement la tête en signe de dénégation, Al décida de prendre les choses en main.) Ecoute, Ed, ça va être très simple. Ou tu invites Winry, ou c'est moi qui le fait!"

Et se levant dans un bruit de quinquaillerie prononçé, Alphonse sortit du réfectoire, laissant son frère la mâchoire inférieure pendante et les yeux exorbités. S'il avait pu, Al aurait pouffé de rire: il laissait deux jours, peut-être trois à son frère, avant de le voir se précipiter comme un dingue sur le premier téléphone disponible.