Bonjour ! Merci de lire cette fic qui vient tout juste de commencer et qui je l'espère continuera de vous plaire !
Merci aussi pour vos commentaires, je ne m'attendais pas à en recevoir autant dès le premier chapitre ! Ça me booste pour taper la suite encore plus vite !
Je voudrais juste réagir rapidement à certains d'entre eux avant de passer au chapitre suivant (vite fait, c'est promis ( = 3 = ) ) :
Laura-067 : Wow, tu m'as résumé toutes les clefs de l'intrigue d'un seul coup, c'est génial ! Je n'avais même pas pensé à les noter moi-même ( ^ ^') Alors, à chaque fois que j'aurai des doutes pour la suite de l'histoire, je relirai ton commentaire plutôt que de me refaire tout le premier chapitre ! Merci ~
TakutoKoh : Tu fais bien de relever les fautes, j'ai une fâcheuse tendance à ne jamais me relire... Si tu en vois d'autres, n'hésite pas ~
Voilà, je vous avais dit que ça serait rapide ! Bonne lecture ~ ( - . 6)
Kuroko ouvrit les yeux au contact d'un curieux tentacule chaud et humide. Son cerveau recouvrant peu à peu sa capacité de réflexion, il identifia rapidement cette étrangeté comme étant… une langue. Une langue qui lui labourait méthodiquement la plante des pieds. Jamais il n'aurait cru que sa mauvaise habitude de bazarder sa couette en pleine nuit pouvait lui occasionner pareille déconvenue. Sans se presser, presque nonchalamment, il leva la tête de son oreiller, et vit que la créature qui l'avait tiré de ses songes n'était autre qu'un adorable toutou au pelage noir et blanc. Il n'en fallu pas plus à Kuroko pour sourire comme un gamin au matin de Noël.
- Nigô !
Le chien jappa joyeusement, et vint saluer son maître de plus près en fouettant l'air de sa queue. Celui-ci s'assit en tailleur sur le matelas et enfouit ses doigts dans la fourrure épaisse de son petit protégé, qui avait d'ailleurs pris de l'ampleur depuis l'époque où lui et ses camarades de lycée l'avaient recueilli. Il était encore jeune, mais n'avait plus rien d'un chiot à présent. Malgré tout, il y avait quelque chose chez lui qui n'avait pas changé, et lui avait valu son nom : ses grands yeux bleu ciel, qui lui donnaient un air si doux et attachant. Kuroko lui adressa un regard plein de tendresse, tandis que le chien lui léchouillait affectueusement le menton. Sans doute Momoi s'était-elle occupée de lui tout ce temps, par amitié pour son maître. Il se sentit infiniment reconnaissant de cette dévotion qu'elle lui témoignait depuis son réveil, et ce malgré son refus de lui donner les réponses qu'il désespérait de connaître. Il ne pouvait lui reprocher sa discrétion, après tout ce qu'elle avait fait pour lui.
Tout en observant Nigô, dont le nom complet était Tetsuya n°2, en référence à la flagrante similitude de leur regard, il se demanda s'il avait été chassé de la maison de ses parents après l'accident, huit mois auparavant. Kuroko parti, ceux-ci n'avaient sans doute pas souhaité s'encombrer de son animal de compagnie. Au point de le laisser sur les bras d'une jeune fille qui vivait seule, et en appartement. Il devait se rendre à l'évidence : ses parents, pour quelque raison que ce fut, semblaient lui en vouloir terriblement. Ils n'avaient même pas cherché à prendre de ses nouvelles depuis sa sortie de l'hôpital.
Comme il l'avait fait tous les autres jours depuis son réveil, Kuroko se leva le cœur lourd, et marcha sans entrain jusqu'à la porte de sa chambre, le fidèle Nigô sur les talons. Quand il atteignit le salon, il vit Momoi sur le canapé, les jambes repliées de côté et pianotant distraitement sur son téléphone portable, avec pour toile de fond à ce tableau maussade une émission de variétés qu'il ne connaissait pas. Ce fut le chien qui trahit sa présence en jappant une nouvelle fois à la vue de la jeune fille. Celle-ci se retourna en un quasi sursaut, puis se composa aussitôt un visage souriant et avenant. Elle avait de la pratique, incontestablement.
- Bonjour, Tetsu-kun. Bien dormi ?
Il était particulièrement lent à émerger, le matin, mais Momoi ne semblait pas s'en soucier. Il ne put s'empêcher d'éprouver une certaine amertume à l'idée que son amie était la seule garantie de son identité, de son passé, qu'il n'avait pour seul recours à sa mémoire défaillante que ses réactions à chacun de ses faits et gestes. Et quand bien même il aurait accepté de ne dépendre que d'elle pour se remémorer celui qu'il avait été jusqu'alors, elle s'évertuait tant à rendre son visage aussi indéchiffrable que des runes anciennes qu'il n'en aurait pas été plus avancé. Lui qui semblait avoir été si effacé jusqu'alors, il n'était plus que le fantôme de cet être transparent qui avait pour nom Kuroko Tetsuya, l'ombre d'une ombre. Etait-il encore seulement… quelqu'un ?
Malgré ses efforts, Momoi laissa transparaître son inquiétude en voyant Kuroko si hagard. Faute de trouver comment engager la conversation, elle se leva et se dirigea vers le placard derrière le bar pour lui proposer un petit déjeuner. En la regardant passer devant lui, Kuroko resta pensif à la vue de son téléphone portable. Avec qui discutait-elle par mail jusqu'à son arrivée ? Il ne put pas s'empêcher d'imaginer que c'était peut-être l'un des garçons de la photo qu'il avait retrouvée. Se pourrait-il qu'elle lui ait parlé de lui ? Peut-être que sa déclaration tout droit sortie d'une scène dramatique de série B, la veille, l'avait convaincue de prendre des nouvelles de l'un d'eux. Il ignorait pourquoi, mais son désir de les retrouver lui occupait de plus en plus l'esprit. Comme si la vérité gisait en eux, quelque part.
- Tetsu-kun ? Tu m'écoutes ?
Il releva brusquement la tête, et constata qu'elle brandissait dans chaque main un paquet de biscuits différent, attendant qu'il se décide entre les deux.
- Désolé, j'étais ailleurs…
Elle pencha la tête de côté et le regarda d'un air soucieux. Nigô, de son côté, avait pris sa place sur le canapé, et dès qu'elle s'en aperçut, Momoi s'empressa de le chasser en faisant de grands mouvements de bras… produisant ainsi un déluge de cookies dans tout le salon, faute d'avoir reposé les paquets avant de partir courser le chien. Elle s'arrêta net et poussa un cri, se rendant compte du carnage qu'elle avait involontairement provoqué, tandis que le fauteur de trouble s'en donnait à cœur joie parmi ce champ fraîchement miné de pépites de chocolat. Muni d'une pelle et d'une brosse, Kuroko vint à la rescousse de la malheureuse coupable et victime à la fois de ce fâcheux accident aux relents de nougatine.
Elle s'excusa et le remercia une bonne dizaine de fois alors qu'ils balayaient méticuleusement le sol du salon. Lorsqu'ils en eurent enfin terminé, Nigô s'était endormi depuis longtemps dans son panier près de l'entrée. Lessivés d'avoir du autant s'activer dès le matin, ils restèrent tous les deux assis par-terre, le temps de souffler.
- Tu sais, à propos d'hier… Quand tu as dit que tu voulais les retrouver… Tu le pensais vraiment ?
Kuroko la regarda avec étonnement, puis hocha la tête.
- Mais tu ne te souviens pas d'eux, pas vrai ? Alors, pourquoi… ?
Cette fois, c'était à son tour de ne pas donner de réponse. Non pas parce qu'il ne voulait pas, mais parce qu'il n'en savait rien. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui le poussait si soudainement à se mettre à leur recherche. En observant pensivement les maisons qui se dessinaient à travers la baie vitrée, il s'interrogea sur ce qu'il pouvait espérer trouver en allant à leur rencontre. Du réconfort, un flashback aussi clair et bien goupillé que dans une comédie dramatique, ou, plus improbable encore… un nouveau départ, une remise à zéro, comme si ces huit derniers mois n'avaient jamais existé ? Comme s'il n'avait pas disparu de la carte tandis que le monde autour de lui continuait à tourner ?
Il n'en savait rien. Aucun raisonnement logique ne pouvait expliquer cette volonté irrépressible ; il le fallait, c'était tout.
- J'en ai besoin. J'ai l'impression que si je les retrouve, les choses reprendront sens, ne serait-ce qu'un petit peu… Mais je ne peux pas l'expliquer. Je le sens, c'est tout.
Momoi sembla désemparée en entendant ses mots. L'espace d'un instant, il se demanda si elle n'aurait pas aimer le dissuader, si ce n'était pas son intention depuis leur conversation de la veille. Mais, que ce soit à cause de son obstination, ou pour une raison qui, une fois encore, lui était inconnue, elle venait d'abandonner cette idée.
Elle se leva, et lui tendit la main pour l'aider à se mettre debout.
- Je suppose que tu t'en étais rendu compte, mais j'aurais préféré que tu ne te lances pas là-dedans… Enfin, apparemment, tout ce que je pourrais dire n'y changera rien, pas vrai ?
Il lui sourit avec reconnaissance. Malgré toutes les appréhensions qui se terraient au fond d'elle, elle voulait avant tout qu'il aille mieux. Et si son rétablissement impliquait qu'il cherche ses propres souvenirs, alors elle le laisserait faire. Et elle serait là pour le rattraper, s'il finissait par s'écrouler.
- Merci. Merci pour tout ce que tu fais pour moi, Momoi-san.
- Il est trop tôt pour me remercier…
Il fut quelque peu déboussolé par la mélancolie qui pointait dans sa voix.
- A vrai dire, je n'ai plus de contact avec la plupart d'entre eux. Alors je ne pourrai pas t'être très utile pour les retrouver.
- Je ne comptais pas te demander de faire ça pour moi. Je vais les chercher par mes propres moyens.
Force était de reconnaître que cette perspective lui redonnait le goût d'aller de l'avant. Il émanait de lui une telle confiance que Momoi sembla rassurée, sur le moment. Peut-être n'était-ce que son égoïsme qui s'exprimait, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle préférait mille fois revoir cette flamme au fond des yeux de Kuroko, plutôt que le gouffre de lassitude et d'errance qui les avait vidés de toute vivacité depuis son réveil.
Alors qu'ils s'installaient tranquillement autour du bar tous les deux, Kuroko se souvint qu'il avait tiqué à la vue du portable de Momoi, avant que Nigô ne vienne mettre la pagaille dans le salon, et dans ses réflexions par la même occasion.
- Est-ce que j'ai encore un téléphone portable ?
La question semblait tellement sortie de nulle part qu'elle mit un moment avant de répondre.
- Le portable en lui-même, oui, je l'ai gardé. Mais tu n'as plus d'abonnement, vu que… c'était tes parents qui le payaient, et qu'ils l'ont… résilié il y a quelques mois…
Elle ne savait plus où se mettre. Kuroko voyait bien qu'elle se sentait particulièrement mal à l'aise lorsqu'elle n'avait d'autre choix que de mentionner ses parents. Sans doute craignait-elle de réveiller des souvenirs douloureux en les évoquant, mais il n'en était rien. Du moins, dans l'état actuel des choses, il n'avait aucune idée de ce qui avait pu faire imploser la cellule familiale de la sorte.
- Tu peux me parler d'eux, ça ne me fait rien. Je ne me souviens pas de ce qui s'est passé, après tout.
Il ne disait pas tout à fait vrai. Certes, il avait oublié le sujet de leur brouille, bien que ce mot lui parût un euphémisme, mais l'idée qu'ils lui en veuillent au point d'avoir coupé tout contact avec lui le blessait profondément. Comment aurait-il pu être indifférent, alors que sa propre famille l'avait abandonné au moment où il avait le plus besoin d'elle…
Devant le silence pesant qui s'installait, la jeune fille choisit de revenir à leur premier sujet de conversation.
- Tu as une idée de la façon dont tu vas t'y prendre pour les chercher ?
- Pas vraiment. Je pense aller fouiller dans mes affaires pour commencer, je dois bien avoir gardé un carnet d'adresses.
- C'est-à-dire… Que certains n'habitent plus au même endroit. On a tous quitté le lycée, alors ils se sont installés seuls quelque part… Moi aussi, j'aimerais bien savoir où ils sont, parfois…
Elle baissa les yeux, et sa voix n'était plus qu'un murmure. Elle lui parut si triste, tout d'un coup. A elle aussi, l'ignorance lui pesait terriblement. Kuroko avait beau se creuser la tête, il ne comprenait pas ce qui avait pu les amener à couper les ponts les uns avec les autres. Ce n'était pas seulement lui qui était laissé pour compte ; même entre eux, Momoi comprise, les liens semblaient s'être rompus. En quelques mois, cette amitié qui durait depuis l'époque où la photo avait été prise, du temps de leurs années de collège, avait été reléguée à l'état de souvenir vague et douloureux. Et il avait l'impression d'être le seul à chercher à se souvenir, à remuer les éclats d'un miroir au reflet distordu.
Le portable rose vibra. Momoi hésita, puis, voyant que Kuroko acquiesçait, l'ouvrit et lut rapidement le message qui s'affichait. Devant le regard insistant de son vis-à-vis, elle eut un petit sourire gêné.
- Je sais ce que tu t'imagines, mais ce n'est pas l'un d'eux. C'est une amie que j'ai connue au lycée.
Disait-elle la vérité ? Aussi avilissante que lui parût cette idée, il sentit qu'il ne lui faisait pas entièrement confiance. Si elle lui cachait des choses, peut-être irait-elle jusqu'à travestir la réalité, ne serait-ce que pour l'en préserver. Ce doute acheva de le déprimer. Il fallait qu'il sorte, qu'il fasse quelque chose. N'importe quoi, mais quelque chose qui lui changerait les idées, ou, mieux, qui l'empêcherait de trop penser.
Il se leva, et se dirigea vers sa chambre pour s'habiller.
- Tetsu-kun ?
- Je vais sortir un peu, aujourd'hui. Je crois que j'ai besoin de me familiariser avec les lieux où je vivais, peut-être que ça me fera du bien…
- Je vois… Tu veux que je t'accompagne ?
- C'est gentil, mais je pense qu'il vaut mieux que j'y aille tout seul.
Il ne l'avait pas fait à dessein, mais nul doute que son refus l'avait blessée. Elle se contenta d'acquiescer, et il ne rentra pas avant la fin de cette journée d'été.
Kuroko dut bientôt se rendre à l'évidence qu'il n'irait pas bien loin, sans personne pour le guider. Le quartier où habitait Momoi ne lui évoquait rien, et il aurait été bien en peine de déterminer dans quelle direction se situait son lycée, ou sa propre maison. Comment comptait-il s'y prendre au juste pour leur remettre la main dessus, à ses anciens camarades de collège ? Ces quelques mois qui s'étaient écoulés depuis son accident lui paraissaient des années. Il se retrouvait seul au milieu de nulle part, et autour de lui, affectivement parlant, tout s'était dépeuplé en un rien de temps. Il avait dû faire quelque chose de grave, pour que l'on s'ingénie tant à le fuir. Peut-être n'avaient-ils tout simplement pas envie de le revoir, à l'image de ses parents, auquel cas ses maigres tentatives de recherche étaient vouées à l'échec, quoiqu'il entreprenne.
Il était dix-neuf heures passées lorsqu'il rentra à l'appartement. On était dimanche, alors Momoi n'était pas partie travailler, et l'attendait dans le salon, occupée à feuilleter un quotidien.
- Je suis rentré.
- Ah, bonsoir, Tetsu-kun ! Je me demandais quand tu reviendrais, il faudra qu'on pense à te retrouver un abonnement pour ton portable !
- Pour appeler qui ? Si je n'ai que toi, un talkie-walkie suffira…
Il avait prononcé ses mots presque en soupirant, trop las pour simuler l'indifférence. Lorsqu'elle lui demanda si quelque chose de particulier lui était arrivé, il se contenta d'hocher la tête. Non, rien ne lui arrivait, il ne se passait rien ; le monde s'était arrêté. Il se sentait plus inexistant que jamais. Si personne ne voulait de lui, alors à quoi bon insister ? Même Momoi, malgré toute sa bonne volonté et sa gentillesse, serait vite déprimée de le voir tourner en rond sans but dans son appartement. Il était un poids pour elle.
Nigô sentit la tristesse poindre chez son maître, et vint à lui timidement, la queue basse. Kuroko se laissa tomber sur le canapé aux côtés de la propriétaire des lieux, et gratta distraitement l'animal entre les oreilles. Momoi était au comble de l'embarras. Elle cherchait ses mots, dans l'espoir de détendre l'atmosphère et, avec un optimisme teinté d'idéalisme, de le voir esquisser un sourire, de lui alléger un peu le poids qu'il avait sur le cœur.
- Un livreur va passer bientôt, j'ai commandé des pizzas pour ce soir. On pourrait les manger devant la télé, en mode grosses larves, qu'est-ce que tu en dis ?
Kuroko ne put s'empêcher de sourire devant l'énergie qu'elle employait à lui remonter le moral. Il hocha la tête et la remercia. Au moins, elle était encore là, après tout ce temps. Il n'était pas tout seul. Mais le manque qu'il ressentait au fond de lui lui chuchotait exactement le contraire. Alors qu'ils l'avaient simplement abandonné, ni plus ni moins.
La jeune fille prit son courage à deux mains, et le regarda droit dans les yeux pour lui poser la question qui lui brûlait les lèvres.
- Tu as trouvé des infos ?
- Non, pas vraiment. Je ne savais plus où aller alors j'ai tourné en rond dans le quartier. En plus, j'ai réalisé un peu tard que je n'avais pas d'argent pour prendre le métro…
- Ah, mais oui, qu'est-ce que je suis bête, j'aurais dû t'en donner ! Pauvre Tetsu-kun, et tu es quand même resté dehors tout ce temps ?
- Eh bien oui, au moins, il faisait beau.
- Toi alors, tu vois toujours le vase à moitié plein !
Elle éclata de rire, et sans trop s'en rendre compte, il l'imita, soulagé lui aussi. Peut-être qu'il y avait encore de l'espoir, après tout. Même si, pour l'instant, il ne voyait pas comment s'y prendre, il avait à peine commencé ses recherches.
- Ne t'en fais pas, je suis sûre qu'on va leur mettre la main dessus ! Ils ne sont pas du genre à s'évanouir dans la nature, on les repère de loin avec leurs sacrés caractères !
Il ne voyait pas vraiment à quoi elle faisait référence, mais son optimisme lui mit du baume au cœur. Quelques minutes plus tard, le livreur sonna à la porte, et Momoi lui ouvrit en peignoir, ce qui le perturba sensiblement. Kuroko s'était bien proposé, mais même en sortant tout juste de sa douche, elle avait tenu à aller récupérer les pizzas elle-même. Il nota pour plus tard que, lorsqu'il s'agissait de nourriture, elle était prête à faire des concessions… ou bien était-ce dans sa nature d'être complètement impudique ?
Elle vint déposer les deux boîtes en carton sur la table basse, se délectant d'avance de leur petit plateau télé. Mais alors qu'elle gagnait le coin cuisine pour sortir les couverts, la sonnette retentit une seconde fois. Les deux jeunes gens échangèrent un regard incrédule. Encore le livreur ? Elle venait pourtant de le régler.
Cette fois, Kuroko prit les devants et se dirigea vers la porte, tandis que Momoi venait déposer les assiettes près des boîtes sur la table. Il regarda par l'œilleton, mais ne vit pas la casquette indémodable qu'arboraient les livreurs de pizza du coin en été. A la place, il aperçut des cheveux blonds, qui reflétaient élégamment l'éclat orangé du soleil couchant. Il sentit sa main trembler alors qu'il la posait doucement sur la poignée. Un long frisson parcourut tout son corps, alors que, devant lui, la porte s'ouvrait.
- Eh ben ! Ma parole, t'en fais une tête ! Tes neurones ont grillé pendant que tu dormais… Kurokocchi ?
Kuroko resta figé devant le jeune homme qui lui faisait face à présent, son regard charmeur posé sur les grands yeux bleus ébahis qui le dévisageaient, et un mince sourire se dessinant au coin de ses lèvres.
- … Kise…-kun...
