Au-delà des apparences
Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent (Kaylan), mais l'univers de Twilight et Harry Potter, à leur auteurs respectives.
Résumé : Et si Harry Potter était une jeune femme nommée Kaylan Amel. Et si pour détruire Voldemort, elle devait se cacher à Forks. Implacable, puissante... seul sa mission l'importe. Même Edward, ce beau vampire, ne saura la détourner de son devoir. Enfin, au départ...
Chapitre 2 : Être Bella Swan
"Où se trouve-il ? Dit la voix lugubre de Voldemort. Il faut que je la trouve, je dois l'avoir pour pouvoir la tuer..."
Mes yeux s'ouvrir brusquement et je fus momentanément aveugler par la forte lumière du jour. Clignant rapidement des paupières, j'observai prudemment les alentours. J'étais dans ma chambre, dans l'aile ouest du manoir Black, à Forks.
- Tempus. Murmurai-je doucement.
Sous mes yeux étonnés - 10H15 - apparurent en lettres de feu devant moi. Je ne pensais pas dormir aussi longtemps. Le Seigneur Sombre m'avait, comme d'habitude, accompagné dans mes songes. Il semblait chercher un objet précieux depuis quelques temps. Soupirant, je rejetai les couvertures de mon lit, et me leva en prenant soin de rattacher ma longue chevelure ébène. Je me sentais encore épuisée. J'avais passé une bonne partie de la nuit à "rassurer" mon hôte. Et bien qu'il ne le montrait pas énormément, je sentis que ma présence n'était pas vraiment acceptée. Comme je le pensais, il savait que j'étais une sorcière. Je m'abstins de lui parler de la guerre faisant rage dans le monde magique, et lui expliqua que j'avais seulement besoin de rester discrètement du coté moldu, un laps de temps. Intérieurement, je savais que je devais lui imposer l'état des faits. Je comptais bien rester à Forks, accomplir ma mission, en me faisant passer pour sa fille.
Je grimaçai en pensant qu'il avait particulièrement rechigné devant cette condition-là. Mais il me fallait absolument une autre identité. Après tout, il n'avait qu'à faire croire qu'il ignorait mon existence jusqu'à aujourd'hui. Après tout, les meilleurs mensonges se rapprochaient souvent de la vérité. Chassant es souvenirs de la veille, j'observai une fois de plus les alentours. La chambre de couleur bleu roi était vraiment magnifique. Le grand lit à baldaquin ne prenait même pas le quart de l'espace de cette pièce. Je disposais d'une énorme armoire en chaine, d'un bureau, d'une bibliothèque, d'un "mini-salon" et d'un magnifique balcon donnant sur les bois de la ville.
Respirant à plein poumon, je cherchai la fine veste mouillée que je portais hier soir. La trouvant sur un des fauteuils du mini-salon de ma chambre, je fouillai mes poches à la recherche de mes valises. Je pris dans mes mains de minuscules valises, que j'agrandis grâce à un sort sans baguette. D'un autre sort, j'enchantai mes divers effets personnels, afin qu'ils se rangent seuls aux endroits adéquats.
Je me dirigeai ensuite tranquillement vers ma salle de bains attenante. Entièrement faite de marbre blanc et bleu, elle disposait d'un mini-jacuzzi en guise baignoire. Me regardant devant le miroir, je grimaçai devant mes cernes évidents.
Charlie m'avait qualifié de "belle". Et j'avais trouvé comique de m'en donner le nom. Pourtant, je ne me décrirais pas comme une personne réellement belle. Grande, doté d'un corps fin - voir maigre - que je prenais soin de muscler à présent, je possédais une peau bronzé et de longs cheveux noirs, qui m'arrivaient au bas du dos. Mon seul atout, à mes yeux, était mes grands yeux verts émeraude (héritage de ma mère) pailletés d'améthyste. Cette couleur violette, totalement incongrue, était apparue lorsque j'avais commencé à utiliser la magie runique et elfique.
D'un sourire désabusé, je me dis que j'avais au moins échappé aux yeux rouges de Voldemort. Je pouvais malheureusement pas me permettre de montrer la particularité de mes yeux à qui le voulait, je me cachais donc derrière d'immense lunettes à monture noire. J'avais depuis ma cinquième année corrigé ma vue, pour plus de facilité durant les duels. Je devais donc ensorceler une paire de lunette banale, afin qu'elle n'agisse pas sur ma vue, mais sur la couleur de mes prunelles. Les rendant ainsi d'un vert boueux, peu séduisant. Mais pour moi, cela était parfait.
Me détournant de mon reflet, je me dépêchai de prendre une douche et d'enfiler une tenue de sport. Tous les matins, voire parfois le soir, je courrais afin d'endurcir mon corps. Car pour moi, il ne me fallait pas seulement combler mes lacunes magiques, mais aussi physiques. Je commençais tout juste à être satisfaite de mon endurance. Et grâce à la salle sur demande et à divers manuels, j'avais commencé à m'entrainer à divers sports de combat. Enchantant les mannequins, je forçais mon corps à devenir plus rapide, plus souple et plus endurant.
Descendant au rez-de-chaussée, je remarquai un calme limite religieux au sein du domaine. Charlie semblait être partit depuis un bon moment maintenant. D'après ce que j'avais pu réunir comme informations sur lui, c'était un flic. Ce terme me fit sourire légèrement. Mettant mes lunettes de soleil sur mes yeux anormaux, je sortis courir vers les arbres bordant le manoir. Tout ce vert, cet air frais me donnaient presque le tournis. J'étais loin de ma rigide rue du 4 Privet drive little whinging. Je me sentais comme perdue, comme si je n'étais pas en harmonie, dans cette nature.
Quelques heures plus tard, je rentrai pour trouver Charlie retirant son manteau dans l'entrée. Il me sourit silencieusement pour me dire bonjour. Je sentais que je le mettais assez mal à l'aise. Mais je pouvais comprendre son sentiment. J'étais celle qui envahissait son espace et lui imposait de me cacher. Allant dans l'immense cuisine du manoir, j'ouvris le réfrigérateur et me servit un verre de jus d'orange.
Me retournant, j'aperçus Charlie assis sur une chaise de la grande table à manger en chêne. Ses regards en coin semblèrent me signifier qu'il semblait vouloir me parler. Soufflant intérieurement, je m'approchai de lui et m'assis calmement à table. Ôtant mes lunettes de soleil, je plongeai directement mes yeux dans les siens. Je le sentis frissonner face à mon regard.
- Je. Euh... Bredouilla-t-il. Je t'ai inscrit au lycée de la ville ce matin. Pour que tu puisses faire comme tous les autres. Je sais que tu n'es pas comme les autres. Mais... Je ne veux pas dire que tu n'es pas normale. Enfin tu ne l'es... S'arrêtant brusquement de "s'enfoncer" dans son discours, il lâcha : Tu commences demain.
Sur le coup, je ne sus comment réagir face à ces mots. J'éprouvai d'abord une certaine colère. Il avait pris cette décision sans m'en parler. Combien de personnes avaient passé leur temps à me cacher des choses, et à décider à ma place ? Pourquoi personne ne voulait me laisser le choix, me laisser mon libre arbitre ? Si j'avais fui le monde magique, c'était pour mener ma mission dans le secret, mais aussi pour m'émanciper. Je n'avais pas besoin d'un autre adulte, pour prendre des décisions à ma place. Il cherchait lui aussi à contrôler ma vie ? Comme les autres ? Mon verre de jus explosa à cette pensée et mon interlocuteur fit un bond avant de blêmir.
J'inspirai lentement, je perdais le contrôle trop facilement ces temps-ci. M'excusant, je réfléchis à la situation avec plus d'objectivité. Je cherchai maintenant à comprendre pourquoi un homme, qui vraisemblablement avait peur de moi, chercherait à m'imposer cette condition. Car c'était bien une requête qui m'était plus imposée, que soumis. Je réfléchis à la situation. C'est moi qui avais choisi de venir me perdre dans un petit village où tout le monde se connaissait sur des générations. Mon arrivée en elle-même provoquerait assez de conversations, sans qu'en plus j'en rajoute. Que penserais les gens d'une fille de 16 ans, sortit de nulle part, qui ne fréquentait même pas le lycée ?
Je doutais pouvoir risquer d'être découverte dans cette ville de moldu. Mais qui savait où et quand pourrait frapper l'ennemi ? J'oubliais mon envie de rester discrète. De toute façon, je piétinais dans ma recherche d'hocruxes. Je pourrais donc être une lycéenne banale la semaine et l'arme ultime anti-Voldemort, le weekend. Cette pensée narquoise m'arracha un sourire, sans joie. Charlie, tendu, attendait que je reprenne la parole. Je m'en voulus légèrement de mon excès de colère.
- Merci... "Papa". Dis-je calmement. Tu as eu une idée excellente.
Après un silence de plomb, suite à ma réponse, Charlie m'accorda un léger rictus avant de se lever de table. Et voulant certainement détendre l'atmosphère, il me proposa de me faire le petit déjeuner. Avant que je ne puisse décliner l'offre poliment, des dizaines de plats argentés parés d'appétissants fumets apparurent sur la table. Des croissants, du bacon, des boissons chaudes, rien ne manquait à l'appel.
Me levant lentement, j'observai les alentours, en faisant fi des regards apeurés de mon "père".
- Qui est là ? Demandais-je.
Ma voix sembla résonnée dans toute la résidence, et je sentis ma magie vibrer autour de moi, prête à me protéger. A nous protéger. Soudainement, un "pop" retentissant derrière moi se fit entendre. Me retournant j'aperçus une minuscule créature vêtit d'un gilet vert et de magnifiques baskets blanches. La tête baissée, elle semblait attendre mes ordres.
- Dobby ? Demandai-je.
Les grands yeux globuleux de l'elfe m'observèrent alors, et il me refit une courbette.
- Bonjour mademoiselle Kaylan Amel. Répondit sa voix criarde. Dobby à sentit l'appel du manoir qui s'est réveillé. Dobby est fier de travailler pour son amie, mademoiselle Kaylan Amel.
Je ne pus m'empêcher de rire franchement à cette entrée en matière. Le manoir l'avait appelé. Il est logique que depuis des générations de cracmols, et/ou, de moldus, celui-ci n'est pas eu besoin d'elfes de maison. Mais maintenant qu'un sorcier était présent, la magie de ce lieu se manifestait et veillait aux besoins de ses occupants. Aucun doute, cette propriété appartenait à des Black !
Rigolant toujours légèrement, j'aperçus le regard mortifié de Charlie. Je me souvins qu'il n'était pas vraiment familier du monde magique. Descendant d'une famille de cracmols, sa lignée avait fini par vivre comme de véritable moldu. Les générations continuaient de se murmurer l'existence des sorciers dans la branche principale de la famille Black, mais ils n'avaient pas réellement dut fréquenter de vrais sorciers depuis des lustres. Charlie connaissait notre existence, mais, il ne connaissait rien de nos coutumes ou des autres créatures magiques. Sa méfiance envers moi devait certainement prendre racine de là. Calmement, je me dis qu'il serait bon de lui expliquer la situation.
- Un elfe de maison, hein ? Questionna-t-il, après un long moment de pause. Au moins quelqu'un s'occupera correctement de la lessive.
Sa plaisanterie, dit sous ses airs de crainte, n'eut pas l'effet voulut. Souriant toujours, je remerciai chaleureusement Dobby d'être venu. Il allait, comme tout elfe libre qui se respectait, être payé pour ses loyaux services. Je fis même de lui le "gouvernant" de la maison. Le laissant le choix de gérer l'arrivée d'autres elfes si le besoin se faisait sentir. Après cela, je passai bien quinze bonnes minutes à le convaincre d'arrêter de pleurer de bonheur (et de se torturer pour avoir pleuré). Tout cela, sous l'œil incrédule de Charlie.
Plus tard dans l'après-midi, j'appelai Dobby pour qu'il me guide dans les diverses pièces du manoir. Certaines d'entre elles s'étaient déverrouiller suite à ma présence dans ces lieux, et, bon nombre m'attira fortement. Comme l'immense bibliothèque, la salle d'entrainement, ou encore, la pièce dédiée à la fabrication des potions. Un sourire apparut d'ailleurs à mes lèvres. N'en déplaise à Rogue, j'étais tout de même assez doué en potion. Et je prenais même plaisir à réaliser certaines, juste pour me perfectionner dans cet art fort utile. Je choisis d'ailleurs de refaire ma réserve de potion de sommeil sans rêve.
Même en dehors de Poudlard, je m'imposais une certaine rigidité afin de continuer de progresser. Entourer de livres, ou de mannequin, je décidai de continuer à me m'entrainer le weekend. Étant obligé d'aller au lycée, je me dis que je pourrais même partir avec mes livres de sorcellerie, en les ensorcelants, afin que les moldus ne remarquent rien.
Tard dans la soirée, après un copieux diner en compagnie de Charlie, je décidai de partir me coucher tôt, afin de pouvoir affronter ma première journée de cours. De sorcière fugitive, je devais passer à lycéenne ordinaire. Dur.
Couchée sur le flanc gauche, j'ouvris lentement le tiroir de ma table de chevet pour en sortir un médaillon. Des souvenirs d'une grotte et de Dumbledore m'envahissent. Nous avions tant risqué pour finalement posséder le mauvais médaillant. J'espérais sincèrement que Ron et Hermione découvriraient rapidement qui était ce R.A.B. Il me fallait me dépêcher de détruire tous les morceaux d'âmes de Voldemort. Il fallait que je me dépêche de le combattre. Il me fallait me dépêcher d'être une meurtrière. Il me fallait me dépêcher d'arriver au moment de ma propre chute.
Fermant brusquement mes paupières, je tenais à m'en faire mal le médaillon de malheur avant de le balancer dans le tiroir. Plaçant sur celui-ci un sort de protection puissant, je me mis sur le dos et me détendit. Pour l'instant, il fallait surtout que je restai en vie.
Et pour cela, je devais retourner à l'école, mais cette fois-ci, dans un lycée moldu. Demain, je serais la fille du shérif Swan, qui a décidé de quitter la grande ville et sa mère, pour vivre avec son père à Forks. Je serais la banale, et maladroite fille unique de Charlie, avec ses propres petits problèmes d'adolescentes. Demain il me faudrait être renfermée, timide et asociale, et feindre de ne pouvoir m'adapter à cette nouvelle ville.
Demain, il me faudra être Bella Swan.
A SUIVRE.
Je ne sais pas pour vous, mais moi, je déteste les jours de rentrée ! Lol
