Oui, y a une suite à cette fic chelou.
Bonne lecture ?
-Tu es Hayner ? Linoa m'a beaucoup parlée de toi, ravie de te rencontrer ! Je suis Tifa, la maman de Sora, voici Vanitas, son petit frère. Dis bonjour, Vanitas.
-Salut ?
Le dit Vanitas lui lance un regard tellement mauvais et accusateur, que Hayner regarde derrière lui pour être bien sûr d'être la source du problème ; yep, totalement lui qui est visé.
-Voyons Vanitas, ce ne sont pas des manières.
Un garçon aux cheveux gris et à la peau mate intervient, l'air trop gentil pour que ce soit vrai. Il lui fait froid dans le dos, son instinct de survie lui dit de dégager de là, c'est insupportable ; son hypocrisie transpire à des kilomètres à la ronde.
-Salut, crache enfin Vanitas en dévisageant l'autre garçon. Xehanort, lâche-lui le cul, on se tire.
Puis il s'en va en attrapant fermement le bras de son cousin, tout en s'assurant de lui jeter un regard rempli de mépris mélangé à de l'incompréhension. Bah voyons, après on dira que c'est Hayner qui a commencé.
-Il a exacerbé le caractère de son père, explique Tifa.
Fantastique.
XX
-Roxas, t'es réveillé ?
Un marmonnement endormi ressemblant fortement à un "t'veux quoi ?" lui répond. Hayner dort dans la chambre de Roxas, ce qui l'arrange grandement, on ne va pas se mentir. Auparavant, les jumeaux partageaient une grande chambre avec Sora et son frère, dormant dans deux lit-doubles, pendant que leurs autres cousins étaient à part, tandis que les parents avaient chacun leur chambre.
À présent la grande chambre a été scindée en deux, Ven et Sora y sont ensemble, Roxas dort avec lui de l'autre côté ; mais chacun a droit à un lit maintenant. Demyx est avec son fils sur un grand matelas, prêt à accueillir Roxas, comme pour chaque réunion de famille. Naminé dort avec Xion, puis le restant des membres de la famille a son espace.
Hayner se demande bien comment s'organisent les autres ; sur le plan de Sora il n'y a que des "chambres occupées" sans qu'il ne sache par qui… Non pas qu'il s'en soucie après tout.
-C'est de quel cousin dont tu me parlais assez souvent ? Sora ?
-Hum…
Roxas grogne un peu, se retourne dans le lit, puis se tait. À force d'avoir vécu à l'internat avec lui, puis en colocation, il sait qu'il aura une réponse malgré sa passivité et son sommeil.
-Non… Non, au lycée, il préférait Ven… c'était Vanitas, je crois.
-Ce gars te collait vraiment ?
-Hm, ça dépendait. Parfois il traînait qu'avec moi, puis juste après m'envoyait chier…
Un silence suit ses propos, pendant lequel Roxas se retourne encore.
-Il passait son temps à me sentir et m'offrir des trucs, c'était bizarre. J'allais voir Demyx quand il me collait trop.
-Tout est un prétexte pour aller dans ses pattes.
-Ta gueule…, soupire le blond en tombant dans les limbes du sommeil.
Roxas lui a raconté tellement de choses, même si le terme exact serait "plaindre". Hayner a réellement du mal à croire que le sale type qu'il a rencontré plutôt dans la soirée soit la même personne que le fameux adorable cousin. Enfin, peut-être s'est-il trompé.
XX
Depuis qu'il est petit, qu'il soit chez lui ou n'importe où, Hayner fait des nuits complètes ; il ne se réveille quasiment jamais pour aller aux toilettes. Quand il dort, rien ne peut le réveiller si ce n'est son horloge interne ou une fringale, et en général ça lance le début de sa journée.
Alors il est très étonné quand quelque chose le pousse à se lever en pleine nuit. À tâtons, il atteint la porte de la chambre, puis sort pour essayer de se rendre aux toilettes. Où se trouvent les sanitaires, déjà ? Sur sa droite, s'il se souvient bien du plan, il doit marcher sur deux mètres après ça…
-Hayner ? Tu t'es perdu ?
Il sursaute et regarde la personne qui lui a parlé, comme sorti de son état de semi sommeil.
-Xion ?
-Ta chambre n'est pas là, qu'est-ce que tu fais ?
-Toilettes… ?
Elle lui jette un regard dubitatif, c'est ce qu'il estime en tout cas.
-Pas là. Viens, pauvre enfant.
XX
Jour deux.
Si vous vous posiez la question, non, Hayner ne s'est absolument pas trompé sur le genre de personne qu'est Vanitas Strife : c'est un enfoiré de première classe. Il ne dira pas à quel point sa journée a été horrible à cause de ce connard fini à la pisse, mais l'idée est profondément ancrée.
Roxas n'a même pas été là pour lui, préférant tenir compagnie à Demyx. Bah bordel, s'il avait su, il n'aurait pas autant bu deux jours auparavant et aurait empêché Roxas de l'emmener avec lui.
-C'est le temps qu'il se stabilise, lui explique Ven plus tard.
-Comment ça ?
-Roxas bloque ses sens quand Demyx n'est pas autour, donc là il s'ajuste d'abord à lui, s'ancre correctement, et ils ont besoin de proximité pour ça.
Il ne comprend rien à ces histoires de sentinelles et de guides. En même temps, il n'a jamais cherché plus loin que ce qu'on lui apprenait en cours, ce doit être pour ça toutes ses lacunes.
XX
-Hayner, qu'est-ce que tu fais ?
-Je cherche les toilettes.
-C'est pas ici, c'est une chambre là.
-Ha.
-Je me perdais aussi au début, viens.
Sauvé par une fillette de dix ans.
XX
Jour trois.
Après une session surf tôt dans la matinée, Hayner est surpris de voir sur la plage la troupe de la veille à savoir Xion, Sora, Naminé et Denzel. Ce petit passe plus de temps avec ses cousins qu'avec son propre père ; il n'a pas fait attention, mais est-ce que Demyx lui a au moins adressé quelques mots depuis que Roxas est arrivé ?
-Salut beau blond, t'aurais pas un 06 que je puisse te harceler en toute impunité ?
-Bien sûr beau brun, tu regarderas dans l'annuaire entre "je t'emmerde" et "va te faire".
-Alors, t'es tombé du lit ?
Hayner tape dans la main de Sora avec un sourire, puis salue Xion et les petits, ces derniers étant déjà en train de courir jusqu'à l'eau.
-Je veux éviter ton frère.
-T'es lucide, commente Xion. Il fait souvent cet effet-là aux gens.
Sora hausse les épaules.
-Il écoute tout ce que lui dit Xehanort, pourtant. D'après ce que je sais, ils n'ont pas présenté le même second genre.
-Au fait, Hayner !
Xion se tourne vers lui, totalement concentrée sur sa personne.
-Ce qu'il a dit avant hier m'a perturbée, mais est-ce que tu as présenté ?
-Non, dit-il avec un froncement de sourcils. J'ai fait des tests, mais rien à signaler.
-Tu devrais peut-être en refaire, les tests d'aujourd'hui sont plus performants qu'avant. Apparemment, un ordinaire sur dix présente sans le réaliser. Tu peux être concerné.
Hayner acquiesce sans grand intérêt : il n'en a aucune envie.
XX
Le repas du midi est préparé par Xehanort et Vanitas. Enfin, ils ont sorti le barbecue et ont tellement eu du mal à l'allumer que Ven s'en est occupé. Sora a assaisonné la viande, tandis que Xion s'est occupée de Denzel. Roxas et Hayner ont décidé de protéger la petite Naminé en l'emmenant dans la cuisine ; il vaut mieux qu'elle apprenne à préparer le repas du bon étudiant (à savoir : des pâtes), plutôt que de traîner à ses grands cousins malveillants.
Le repas du midi commence tout naturellement à quinze heures et Vanitas ouvre les hostilités :
-Les bons à rien et les enfants d'abord. Denzel, Naminé et Hayner, venez vous servir !
Le tout accompagné d'un sourire méchant. Hayner jette un regard mi-figue mi-raisin à Roxas, comme pour lui demander s'il a réellement entendu ce qu'a dit ce con. Ils ne se connaissent même pas, comment peut-il se permettre de lui lancer un assaut aussi virulent ?
-Tu vas t'y faire, il est comme ça avec tout le monde, tente de le rassurer une gamine de dix ans.
Si même elle a réalisé que son cousin est mauvais, c'est soit qu'elle est très réceptive, soit que c'est un cas désespéré.
-Et oui, ne gâche pas des réunions de famille qui veut, ajoute Roxas avec un sourire entendu.
XX
-Tiens, je t'ai gardé un des meilleurs morceaux.
Le tout accompagné d'un sourire sardonique.
-J'en veux pas, dit-il comme la chose la plus naturelle qu'il soit.
Après ça, Hayner jette son assiette en plastique à côté de Vanitas et retourne s'asseoir avec Xion, dos à ce crétin. Bon sang, c'était quoi cette réaction de merde ?
XX
Roxas, en bon meilleur pote qu'il est, est allé remplir son assiette à plusieurs reprises et n'a même pas partagé avec lui, contrairement à Sora et Ven. Hayner veut être remboursé maintenant pour un si horrible ami.
-'Vois même pas pourquoi t'y vas pas.
-Parce que ton putain de cousin m'emmerde.
-Bah emmerde-le plus, t'es bête ou tu fais exprès ?
-Va mourir.
Roxas, son amitié, les désavantages, tout ça, vous avez suivi.
XX
Jour quatre.
Vous voyez, Hayner fait un mètre soixante-seize, ce qui est très bien pour un garçon de son âge. Il n'est pas géant, mais n'est pas des plus petits non plus, il ne s'en plaint pas merci bien. Le problème c'est qu'il n'est pas assez grand pour contrer les assauts de Vanitas, parce que cet enfoiré en puissance met tout ce qu'il touche en hauteur. Mais genre, le plus haut possible, même pour lui, pour être sûr que personne ne puisse l'atteindre sans galérer.
Quand Sora, Roxas, Ven ou même Xion, tentent d'attraper un truc qu'il a déplacé, il leur jette un regard moqueur pendant qu'ils essayent, puis un regard rempli de pitié lorsqu'ils se résignent à prendre une chaise. Parce que c'est un sale type.
Mais quand Hayner veut prendre un truc, là, là, cet enfoiré accourt presque pour choper ce dont il a besoin pour lui filer avec le plus grand sourire arrogant qu'il n'ait jamais vu. Le pire dans cette histoire ? La partie irrationnelle de son cerveau est conquise, alors que sa partie rationnelle n'arrive même pas à se mettre en colère, bordel.
XX
La quatrième nuit, c'est Sora qu'il croise en se rendant aux toilettes.
La cinquième nuit, Linoa lui indique son chemin.
Après ça, il surprend Roxas revenir de ce qu'il suspecte comme la chambre de Demyx.
Depuis quand n'a-t-il aucun sens de l'orientation ? Il a besoin de revoir le plan que Sora lui a donné, il n'a aucun mal à se repérer dans la journée, mais la nuit c'est mission impossible.
XX
Jour six.
-Ton con de frère n'arrête pas de me dévisager, tu ne peux rien faire, Sora ?
-Vanitas, bouge du salon, lui ordonne Xion sans y croire, concentrée sur son portable.
-T'as peur de moi, chochotte ? Réplique le concerné.
Hayner lui lance un mauvais regard. Trop, c'est trop.
-T'as oublié d'être subtile, ducon ?
-Je m'adapte à ton niveau, ce serait bête que tu ne comprennes pas mon humour d'élite.
Ils le dévisagent tous, genre Hayner n'est même pas le seul à avoir le privilège d'être désarçonné par ses réflexions. Il n'arrive pas à se faire à ce garçon déboussolant.
-Je me tire, j'en ai assez de ce gars.
Sora lui fait les gros yeux, tandis que Xion ricane :
-Ha, t'as mal joué tes cartes, novice. Si j'ai bon souvenir, il y a deux choses à ne jamais faire : dire son prénom et abandonner devant lui.
-Bon courage, lui dit Sora avec tout le soutien du monde.
-Vanitas, si tu continues d'embêter Hayner, je vais le dire à Tifa, continue-t-elle sans grand intérêt.
-Je n'ai plus quatre ans.
Silence.
-Alors je le dirai à Braig, qui le dira à Xehanort.
Vanitas ne répond pas, et c'est suffisant pour qu'ils le regardent tous avec une surprise non feinte.
-Alors c'est ça qu'on ressent quand on a du pouvoir sur quelqu'un ? Mais c'est fantastique !
XX
-Salut.
Roxas lève la tête vers lui, un sourire discret accroché aux lèvres, tandis que Denzel continue de gazouiller assis contre son ventre.
-T'as trouvé où je me planquais, félicitation.
-Xion m'avait déjà dit que tu venais souvent ici.
Hayner se laisse tomber sur le transat à ses côtés, confortablement installé sur la véranda. C'est bien la première fois qu'il voit Roxas et Denzel ensemble.
-T'es de corvée babysitting ou c'est comment ? Plaisante-t-il.
-T'as fui mon cousin ou c'est comment ? Réplique Roxas avec un sourire insolent.
-Va te faire foutre.
-Il y a un enfant, surveille ton langage, voyons.
Maintenant qu'il y pense, il n'a pas vu la mère de Denzel. Certes il n'a vu aucun autre parent à part le premier soir, mais c'est inquiétant, Denzel n'a que deux ans.
-D'ailleurs, est où est sa mère ? Quoique t'es tellement proche de Demyx, que si ça trouve c'est toi.
Roxas ricane en jouant avec le petit entre ses bras.
-Que t'es con. Demyx ne sait pas qui est la mère, un jour il a trouvé une poussette devant sa porte qui disait "c'est le tien, bonne chance". Le test de paternité a confirmé qu'il était le père donc on a été obligé de le garder. Tifa s'occupe pas mal de lui, car Demyx part souvent en tournée, j'en profite quand je le vois.
Hayner est perplexe : au final, Roxas profite du petit… ou de Demyx ? Il préfère ne pas demander, ce que fait son meilleur ami de son corps ne concerne que lui après tout.
-Ok.
-Ta gueule.
XX
Le revoilà dans le couloir, devant la porte qui l'appelle chaque nuit alors que ce ne sont même pas les chiottes, qu'est-ce qui peut bien se cacher derrière ? Hayner se le demande bien. Le plan n'indique même pas d'autres toilettes que celles auxquelles il va déjà.
-Que fais-tu là ? Tu rodes beaucoup trop par ici.
Hayner sursaute en entendant la personne qui s'est glissée derrière lui, inaudible et inconfortable. Xehanort passe à côté de lui, affichant un air indifférent, bien plus inquiétant que son sourire hypocrite et avenant, avant de l'observer de haut en bas, cherchant la moindre faille dans son armure. Et bon sang qu'il y en a pleins, tellement que Hayner se surprend parfois à arriver de ne plus pleurer sans raison. Il déglutit avec peine, profondément mal à l'aise à cause de ce type tout sauf menaçant.
-Je ne rôde pas, se défend-il, en se refusant de reculer.
Ce garçon est-il un alpha ? Car si c'est le cas, Hayner n'est pas censé le sentir.
-Que viens-tu chercher alors ? Toutes les nuits tu viens jusqu'ici.
Son aura est clairement intimidante, ses yeux jaunes scrutateurs ont l'air de déceler sans mal son malaise et son envie de prendre ses jambes à son cou. Qui est-il ?
-Je cherche les toilettes, je me perds simplement, voilà tout.
-Tu te perds ? Intéressant.
Xehanort n'a nullement l'air d'y croire. Il fait un mouvement comme pour se rapprocher de lui, mais c'en est trop pour Hayner. D'un seul coup, il se sent basculé en arrière, soustrait avec force de l'emprise de ce type dangereux. Malgré la surprise, il arrive à se rattraper tant bien que mal, même si c'est grâce à son agresseur qui ne l'a pas juste lâché sur le sol. La prise quitte son col quand il est stable, puis vient se mettre entre eux…
-Vani - ?!
Ce dernier lui jette un regard mauvais (pour changer), lui disant presque de s'éloigner de là, mais tout dans sa posture semble être sur la défensive, comme s'il protégeait quelqu'un.
-Xehanort, tu as un problème avec lui ?
Ils se dévisagent durant de longues secondes, la tension est réellement palpable, c'en est presque grisant. Hayner n'avait pas fait attention avant maintenant, mais Vanitas a toujours l'air décontracté et de mauvaise humeur avec les autres, alors que face à Xehanort toute sa méfiance ressort.
-Tu n'avais pas besoin de venir, finit par soupirer le métis. On ne faisait que discuter.
Parle pour toi, oui.
La tension est redescendue, toute l'électricité s'est envolée, les voilà redevenus ceux qu'ils ont l'habitude d'être, mais Vanitas garde toujours sa posture protectrice dérangeante.
-Il rôde toujours par ici, je me demande bien pourquoi.
Hayner est sûr et certain de manquer quelque chose d'important, car Xehanort emploie un ton un peu trop anodin pour que ça le soit réellement. Vanitas grogne en lui jetant un énième regard agacé, avant d'avancer à grandes enjambées vers son cousin et de se planter droit devant lui, coupant toute œillade possible entre Xehanort et Hayner.
-On y va, dit-il comme un ordre.
-Comme tu veux.
Xehanort tourne les talons, puis part suivi par son chien de garde. Avant de disparaître derrière un couloir, Vanitas lui lance un regard accompagné d'un froncement de sourcil, et il a définitivement dû confondre l'inquiétude sur son visage avec un autre sentiment fort peu sympathique.
Que vient-il de se passer ? Vanitas protégeait Xehanort, n'est-ce pas, parce qu'il tournait beaucoup trop le dos à Hayner pour que ce soit plausible. Rien de tout ça n'a de sens.
XX
Jour sept.
Si Roxas n'est pas tant curieux que maladivement intrusif, Ven n'a aucun de ces défauts. Il répond aux questions, sans essayer de comprendre ce que cherchent les autres et propose son aide spontanément.
-Salut ? Tente Hayner en entrant dans sa chambre.
Ven lève les yeux de sa basse, avant de lui sourire amicalement.
-Salut Hayner, ça va ? Si tu cherches Roxas, je pense qu'il doit traîner dans la roseraie avec Xion et les petits.
-Je sais, j'étais avec eux tout à l'heure… c'est juste que...
Hayner zieute hors de la chambre pour s'assurer qu'aucune oreille ne traîne, avant de fermer derrière lui.
-Je sais que ça va te paraître bizarre, mais c'est à propos de Vanitas et Xehanort. Tu sais ce qu'ils ont présenté ? Je les ai croisés et la tension était tellement palpable, c'était bizarre.
Ven l'observe s'agiter en fronçant les sourcils d'inquiétude, tapotant sur certaines cordes par réflexe, ou sans doute pour se concentrer ; les sentinelles ont d'énormes problèmes de concentration s'ils ne s'ancrent pas sur un guide apparemment.
-J'apprécie le fait que tu assumes qu'ils aient présenté sans te poser de questions.
Hayner fait les cent pas, en se frottant la nuque.
-Les autres en ont parlé en début de semaine, c'est tout.
-Même si je suis assez proche de Vanitas, il a toujours refusé de me dire ce qu'il était, en revanche je suspecte Xehanort d'être un alpha.
-Ils ne sont pas delta et epsilon ?
-Non, ils ne font pas partie de la même dynamique.
Ven tape de plus en plus sur sa basse, comme agacé.
-Ils ont grandi ensemble, c'est peut-être pour ça, continue-t-il. Tu devrais demander à Xion ou Sora pour plus de détails, Roxas et moi sommes partis quand Vanitas avait deux ans.
Maintenant Ven se met à taper du pied, son sourire amical toujours présent.
-Tu… Tu veux que je parte ?
-Non ! Non, c'est l'hyperactivité, se justifie-t-il ennuyé par sa condition. Toutes les sentinelles sont hyperactives, c'est un des critères, c'est presque le seul qui se manifeste pour chacun d'entre nous.
-D'accord.
-Non, c'est pas parce que t'es hyperactif que t'es une sentinelle, ça ne marche pas dans ce sens.
Hayner aime bien Ven. Il en viendrait presque à préférer avoir rencontré ce jumeau en premier…
Just kidding. Team Roxas till the end.
XX
Cette nuit-là Hayner ne se réveille absolument pas.
XX
-Xion, on peut faire du beach volley aujourd'hui ? Demande Naminé en dessinant, alors qu'elles sont au petit-déjeuner.
-Oui, tout ce que tu veux.
XX
Jour huit.
En bonne tante qu'elle est, Xion est allée sortir tous ses neveux du lit sans exception ; même Xehanort est dans le salon, alors qu'il n'est que huit heures et qu'il est connu pour être un lève-tard. Hayner baille à s'en décrocher la mâchoire, alors qu'il pioche dans le placard un bol, Vanitas lui file le paquet de céréales de suite, puis le lait.
-Merci.
Il récupère des cuillères pour eux deux, puis ils s'installent à l'îlot central. Roxas semble à peine plus réveillé que lui, tandis que Sora grappille encore quelques minutes dans le canapé, alors que l'air bougon de Ven montre son mécontentement, et que Xehanort prend son café avec colère. Xion donne la becquée à Denzel, joyeuse, Naminé dessinant à ses côtés. Seul Vanitas a l'air en bon état.
Vanitas qui vient de déposer des biscottes, du pain, des confitures et des jus sur la table en face de lui.
-Tiens, si t'as faim.
-Merci.
Il va se contenter de son bol pour l'instant, sans se presser parce que c'est encore le matin, hein. Vanitas lui a apporté à manger, peut-être bien qu'il va se dépêcher pour choisir parmi les mets, pour lui montrer son intérêt.
-Prends ton temps, recommande Vanitas, en caressant son dos.
-Nh, nh.
La main chaude va doucement de haut en bas, près de lui, mais sans l'envahir pour autant. Quelques minutes s'écoulent pendant lesquelles ils sont en pleine quiétude.
-Salut à tous, bien dormi ?
Sora vient de quitter son état de larve, comme toujours, et démarre en grandes pompes, frais comme un gardon. Il rejoint la partie cuisine, presque en chantonnant, de trop bonne humeur, mais s'arrête immédiatement pour l'observer avec de grands yeux. La main chaleureuse sur son dos s'arrête et devient rapidement inconfortable, presque oppressante.
-Qu'est-ce que tu lui as fait ?
Non, Sora dévisage la personne à côté de lui. Hayner suit son regard et sursaute presque en voyant les yeux remplis de colère de Vanitas fixer son frère. Il s'éloigne aussitôt, comme sortant d'un rêve, en fronçant les sourcils.
-Qu'est-ce que ta main fout sur moi ?
-Je t'avais bien dit que cela serait futile, commente Xehanort.
-Allez tous vous faire foutre, répond Vanitas.
Il quitte ensuite le salon en claquant la porte derrière lui avec violence. Tous les regards se posent sur Hayner, comme pour lui demander des explications qu'il n'a pas.
XX
-Tu vas morfler, tête de merde.
-On verra sur le terrain, Roxas.
Une discussion normale avec les jumeaux.
Xion, Naminé et Ven sont ensemble, Roxas et Hayner ont pris Denzel, tandis que Vanitas, Xehanort et Sora forment le dernier trio, pour équilibrer les choses. Cela peut sembler injuste, mais ça ne l'est pas. Xion est une tuerie au volley, Ven n'arrive pas à se concentrer dessus bien longtemps, Roxas et Hayner ont des bases grâce au lycée mais sont réactifs, alors que Xehanort est un excellent stratège, qui sait où envoyer deux gars qui n'ont que peu pratiquer ce sport.
Xion a réussi (presque toute seule) à écraser l'équipe de Sora, pendant que c'est leur fusion quasi innée qui a permis à Roxas et Hayner de les écraser, malgré les ordres de Xehanort. Vanitas s'est énervé en tapant dans le sable et s'est éloigné en grognant.
Ce type n'est pas net, pense Hayner en secouant la tête.
XX
-On rentre ? Demande Naminé, bien plus tard.
-Bien sûr. Je finis cette manche et on rentre.
Xion les a fait cavaler pour le plaisir, avant de mettre un point à la dérobée. Bon. Ils n'ont peut-être pas gagné, mais ils n'ont pas perdu pour autant. Ils ont arrêté de compter les points au bout d'un moment, donc pour ce que ça vaut…
XX
L'après-midi, Roxas a accordé de son précieux temps à son pauvre meilleur ami et ils sont restés sur les transats de la véranda au soleil.
Oui, putain, ils n'ont parlé que de conneries et bu quelques bières, mais c'est pour ce genre de moments que Hayner est heureux de l'avoir pour ami. Et pour les pistolets à eau que ce crétin a sorti de son sac après.
Même s'ils sont ensuite de corvée de nettoyage, ça a le mérite d'avoir été drôle.
XX
-Hayner, on peut parler ?
Hayner regarde derrière lui, un bâtonnet de glace dans la bouche, assis sur un muret entourant la maison. Sora prend place à côté de lui, pour profiter des derniers rayons de soleil, baignant dans l'éclat orange.
-Quoi de beau ? Lance Hayner.
-Écoute, j'ignorais que vous étiez si proches, je suis désolé pour ce matin.
Le châtain fronce les sourcils, suspicieux.
-De quoi tu parles, Sora ?
-Toi et mon frère, ce matin, répond Sora avec évidence.
-Il n'y a rien entre lui et moi, je ne le connais même pas !
Sora pose sa main sur son épaule, presque peiné pour lui.
-T'es mon pote et c'est mon frère, je devrais être content ou super énervé, je ne sais pas, mais il est tellement… mauvais. Tu perdrais ton temps avec lui.
-Je ne vais pas sortir avec ton frère, réplique Hayner avec indignation. Je ne suis pas de ce bord.
-C'est aussi ce que Roxas affirme, pourtant regarde-le avec Demyx.
Point pour Sora.
-Ecoute, je ne sais pas du tout ce qu'il s'est passé avec ton frère tout à l'heure, c'était… bizarre, je n'avais absolument pas l'impression que c'était lui. Je savais que c'était lui, mais pas dans son comportement habituel. J'étais… Je ne sais pas, c'était juste bizarre.
Sora l'observe longuement sans rien dire durant quelques secondes, puis reporte son attention sur le sol devant lui.
-Vous aviez la même… Aura ? Impression ? ce matin quand je vous ai vus, que vous n'avez plus maintenant. Vous aviez tous les deux l'air à votre place. D'où ma question : as-tu présenté ?
-Quoi ?
Sora a l'air mi-embêté, mi-sérieux.
-On présente tous dans ma famille. J'ai présenté, Linoa a présenté, ma grand-mère a présenté, Naminé va présenter. Mec, c'est dans nos veines. Mes grands-parents se sont rencontrés ainsi et ont foutu ça dans la tête de leurs gosses, qui nous l'ont transmis. Tu ne peux pas te poser avec Vanitas si tu n'as pas présenté.
-On parle de moi ?
Ils sursautent tous les deux en entendant la voix derrière eux, surpris. Merde, dire son prénom l'invoque vraiment ?
-Mince, j'avais oublié, soupire Sora en se tapant la tête. Oui, on parlait de toi, tu veux quoi ?
Vanitas est appuyé contre le chambranle de la baie vitrée, une pomme croquée à la main, les sourcils froncés de suspicion, et… musclé ? Hayner n'avait jamais remarqué avant qu'il mette ce débardeur que Vanitas était bien formé pour un gamin de 17 ans.
-En mal j'espère, ce serait bête que vous me fassiez des compliments.
Hayner connaît trop bien Sora et n'est pas surpris de son impulsivité :
-Tu penses bien. D'ailleurs, t'as fait quoi à Hayner ce matin ?
Rien ne change sur le visage de Vanitas, il garde cette expression ennuyée, mais Hayner a senti quelque chose. On dirait qu'il est… agacé par la question ?
Rien qui ne te concerne, tête de cul.
Hayner fronce les sourcils.
-Jaloux qu'il me préfère à toi, maître de la Keyblade ?
-Espèce d'enfoiré !
Sora pique un fard de colère et saute du muret, courant après son petit frère. Quoi… ?
XX
Jour neuf.
Boom, boom, boom. Boom, boom, boom.
Bordel, quoi encore ?
Hayner grogne en se réveillant, mais se contente de se retourner dans son lit sans se lever. C'est une heure beaucoup trop tôt pour se réveiller un mercredi d'été. Ça n'empêche même pas Roxas de dormir, c'est le pire. Faux pote.
Boom, boom, boom. Boom, boom, boom.
Ennuyé et trop conscient pour retourner entre les bras de Morphée, Hayner quitte son lit bien décidé à aller faire taire ce boucan. Le bruit est tantôt erratique, tantôt régulier, suivant un rythme qu'il ne reconnaît pas du tout. D'où est-ce que cela peut bien venir ?
Dans le couloir, rien à signaler mais le bruit continue ; bizarre. Ses pas le mènent devant une porte qu'il connaît trop bien à force de s'y rendre chaque nuit et cette cacophonie vient de là. Qui est derrière ?
Boom. Boom. Boom. Boom.
C'est insupportable. Hayner n'en peut plus : il toque durement contre cette fichue porte. Un grognement retentit derrière la porte, avant que des pas agacés arrivent jusqu'à lui pour ouvrir et Vanitas apparaît devant. Essoufflé, rouge, transpirant et… torse nu.
Oh.
-Hayner, dit-il sans surprise.
-C'est toi qui dors ici ?
Il s'appuie contre le chambranle, bras croisés, sourire en coin.
-Apparemment. Tu t'es perdu ?
-Non, tu…
Okay, du calme, ne surtout pas montrer qu'il est affecté par le bruit.
-Je ne sais pas ce que tu fais maintenant, mais tu peux arrêter ? Ça m'empêche de dormir.
Vanitas hausse un sourcil, presque déconcerté.
-C'est impossible, je ne fais rien du tout.
Vanitas le chieur, le retour. Hayner se tape le front, déjà ennuyé.
-Allez, sois cool, je veux dormir.
-Entre, tu verras bien.
Ça sent le piège, mais Hayner n'est pas connu pour sa jugeote, voyez-vous : il saute dedans les pieds joints. Et bordel qu'il va le regretter.
