Chapitre 1 : Attends et écoute


Au rendez-vous pour le début des vacances d'été, le soleil plombait fort sur la capital des États-Unis d'Amérique, Washington. Pour un matin du 25 juin, l'air était particulièrement chaud. La majorité des édifices ne se gênait guère pour allumer leur air clématisée au maximum. Les bruits de la ville étaient clairement audibles. Parmi le son des klaxons des voitures prises dans le trafic et celui des véhicules d'urgences, les piétons, autant touristes que résidents permanents, tentaient de se frayer un chemin pour parvenir à faire leur itinéraire de la journée. À 8h30, la ville roulait déjà à plein régime, comme le personnel de la Maison Blanche.

Comme à chaque matin, aux alentours de 8h30, depuis que Daniel Michael James avait été élu président des États-Unis, ce dernier prenait le petit-déjeuner en compagnie de sa fille, Haley James et de sa femme, Deborah Miller James. Dan était assis à l'un des bouts de la table à manger, lisant le journal local de Washington tandis que Deb était à l'autre bout, lisant son magasine de beauté « 40 ans et toujours rayonnante ». Comme à l'habitude, Haley, quant à elle, regardait son assiette, attendant qu'on lui permette de se retirer.

Omis le bruits des pages tournées à chaque trente secondes, le silence régnait dans la salle à manger de la Maison Blanche. Très rarement, normalement que suite à un scandale politique, la famille présidentielle arrivait à trouver des sujets de discussion autour de la table. Autrement, chacun faisait ce qu'il avait à faire sans trop se mêler au reste de la famille.

Aujourd'hui, malgré qu'il n'y ait eu aucun scandale politique, Dan était plus que prêt à mettre sur la table un sujet qui allait probablement allumer bien des flammèches.

« Comment vont les amis Haley? », dit Dan d'un ton qui laissait un mauvais présage.

« Pourquoi cette question papa? », répondit Haley plutôt surprise par le soudain intérêt de son père pour sa vie sociale.

« Je trouve seulement que tu passes beaucoup de temps ici, à la maison. Ça fait longtemps que tu ne m'as pas demander la permission de sortir. Tu as toujours en tête de faire des rencontres avec des jeunes garçons de ton âge? », demanda Dan, intrigué par le développement de la vie amoureuse de sa fille.

« Pas pour le moment. Tu m'as permis d'avoir trois rendez-vous depuis le début mai et aucun n'a été un succès. Avec tout le nombre de gardes du corps qui nous suivaient tout au long de la soirée, c'était impensable d'avoir une discussion plus ou moins intime. », dit Haley quelque peu frustrée.

« Tu le sais, Haley, que si je réduis le nombre de gardes du corps, tu ne seras plus autant en sécurité. C'est pour ton bien que j'agis ainsi. », se défendit Dan.

« Peut-être, mais ça change rien au fait que je n'arrive pas à établir des liens avec des jeunes de mon âge. Tu veux que j'aie une vie sociale plus élaborée? Et bien pour ça, j'ai besoin de plus d'intimité et donc moins de gardes du corps. Trois, ça serait assez si je ne vais que dans un restaurant. », s'exclama Haley, voulant faire valoir son point.

« Trois? », s'écria Dan plus que surpris. « Il est hors de question qu'il n'y ait que trois gardes à tes côtés lors d'un repas dans un lieu public, au minimum cinq. Ça ne se discute pas. », continua Dan, désemparé.

« Alors si c'est pour être comme ça, ça me sert à rien de voir d'autres garçons. Je crois que ça leur fait peur de voir autant de gardes. Ils savent que s'ils disent qu'un mot de travers, quelqu'un est prêt à intervenir. Ça en devient pratiquement ridicule. », lâcha Haley, fortement ennuyée par cette discussion qui allait, selon elle, mener à nulle part.

« Mais Haley, tu as déjà 17 ans. Tu ne crois pas qu'il faudrait bientôt que tu te cases avec quelqu'un. Si tu n'acceptes pas de faire de rencontres, tu vas avoir trente ans et tu n'auras toujours pas eu de petits amis. Faudrait peut-être que tu penses éventuellement à la descendance de cette famille. », dit Dan en voulant faire voir le vrai côté des choses à sa fille.

« Dan! Elle n'a que 17 ans comme tu l'as si bien dit. », s'exclama Deb, surprise par la réflexion de son mari.

« Haley! », dit Dan pour attirer l'attention de sa fille unique. « Vas te préparer pour ton cours de piano. C'est bientôt l'heure et j'aimerais parler en priver avec ta mère. », continua Dan.

« Papa! Pourquoi tu ne comprends pas que pour moi, c'est impossible de... »

« Fais ce que je t'ai dis Haley Alisson James! », se fâcha Dan.

« ARRGG! », s'exclama Haley avec un ton de découragement et d'impatience tout en quittant la pièce où son père et sa mère était encore en silence, attendant son départ pour reprendre la discussion.

Arrivée dans sa chambre, Haley se jeta sur son lit, les yeux pleins d'eau, essayant de son mieux pour ne pas s'effondrer en larmes. Pourquoi avait-elle fallu qu'elle soit la fille du président des États-Unis, hein? Allait-elle avoir un jour l'occasion d'être une jeune femme comme les autres, faisant ses propres choix, ses propres expérimentations? Était-elle dévouée à une vie sans intimité pour le restant de ses jours? Parce que soyons francs, ce n'est pas parce que son père ne serait plus le président des États-Unis, qu'elle ne serait plus pour autant connue à travers le monde et victime de menaces. Réfléchissant à tout cela, Haley ne pouvait qu'être qu'apeurée par le futur qui lui était réservé.

Dans la salle à manger, Deb n'avait toujours pas osé exprimer son point de vue. Elle réfléchit à la meilleure façon d'amener son opinion avant de se lancer de nouveau dans la discussion controversée.

« Je ne suis pas certaine que le fait de l'inciter à rencontrer des jeunes garçons de son âge avec beaucoup de gardes du corps soit une manière de l'aider à se sentir à l'aise avec eux. », se risqua Deb.

« Ne me dit pas que tu penses toi aussi à réduire le nombre de gardes du corps? », dit Dan en élevant le ton.

« Dan, sois réaliste. Comment veux-tu qu'elle se sente en confiance et à l'aise avec son rendez-vous si elle est suivie par plus de dix gardes postés partout autour d'elle? », surenchérit Deb.

« Chérie, as-tu idée du nombre de menaces que je reçois par jour qui implique autant les unes que les autres notre fille? », dit Dan avec un ton apeuré.

« De quoi parles-tu? », demanda Deb, craignant la réponse de son mari.

« Je ne t'en ai jamais parler auparavant parce que je ne voulais pas t'inquiéter, mais il est peut-être temps. Chaque jour, je reçois des menaces de mort, ce qui est, d'une certaine façon, normal pour un président. Par contre, ce que tu ignores, c'est que la majorité ne sont pas des menaces de mort contre moi, mais contre toi ou particulièrement Haley, notre fille pour l'amour de dieu. Elles sont toutes plus épeurantes les unes que les autres. Bien évidement, je ne suis pas celui qui les lit directement, car j'ai toute une équipe qui travaille là-dessus et tente de repérer la provenance des appels ou des E-mail. Souvent, mes employés arrivent trouver le coupable et celui est arrêté, mais parfois, ils sont incapable de le retracer. », expliqua Dan afin de faire comprendre la situation à sa femme.

« Mais... je... » Deb ne parvenait pas à sortir les mots de sa bouche. Sa petite fille, celle qu'elle avait mis au monde 17 ans plus tôt, risquait sa vie chaque jour sans même s'en rendre compte.

Dan afficha un sourire voyant très bien que sa femme était à présent de son côté. « Tu comprends pourquoi je ne peux pas réduire le nombre de grades du corps maintenant? »

Deb ne fit qu'hocher la tête, en signe d'approbation.

« Et sincèrement, Deb, je commence à m'inquiéter pour le futur de notre famille. Oui, peut-être qu'Haley n'a que 17 ans, mais il est temps qu'elle apprenne à vivre avec d'autres gens que nous. Si nous voulons qu'elle puisse un jour élever une famille, elle doit faire des connaissances et surtout apprendre à cohabiter avec des garçons de son âge. », reprit Dan, amenant la conversation à son deuxième point.

« Je comprends ton point de vue mon chéri, mais nous ne pouvons quand même pas la forcer à faire des rencontres si elle n'en a pas envie. »

Dan n'était pas vraiment de cet avis. « Et pourquoi pas? »

« Dan! »

« Quoi? », lâcha Dan avec un ton innocent. « Pense s'y! Elle n'acceptera pas de rendez-vous tant que je ne baisserai pas le nombre de gardes du corps. Je viens de t'expliquer pourquoi ce n'est même pas quelque chose d'envisageable. Alors, sérieusement, je ne vois pas d'autres choix que de l'obliger contre son gré. »

« Tu le sais qu'elle t'en voudra pour le restant de tes jours, hein? » Deb n'était pas très convaincue par l'idée de son mari, mais peut-être était-ce la seule solution possible après tout.

« Si c'est le prix à payer pour que nous ayons une descendance digne des James alors je suis prêt à prendre le risque. Je suis le président des États-Unis d'Amérique pour l'amour de dieu. Je suis un des hommes les plus influents sur la Terre et je ne pourrais pas forcer ma fille à rencontrer un jeune homme que J'AI choisi? ». dit Dan d'un ton sarcastique. « Franchement, c'est totalement ridicule. », reprit-il.

« Que veux-tu dire par : Rencontrer un jeune homme que TU as choisi? », demanda Deb, incertaine de vouloir la vérité.

« Ça veut seulement dire que je sais peut-être déjà qui pourrait bien faire l'affaire. Je ne dis pas qu'elle doit immédiatement, demain à la première heure, l'épouser. Non, tu vois, ce que j'ai en tête en ce moment c'est plutôt une rencontre familiale organisée. Si le père du jeune homme est d'accord, nous pourrions inviter sa famille à dîner un soir cette semaine et comme ça, nos deux familles pourraient faire plus amples connaissances. Par après, il n'aurait rien de plus normal aux yeux de la population que notre fille côtoie le jeune homme en particulier. Puis, s'ils sont capables de s'entendre entre eux, pourquoi pas un mariage? De cette façon, nous aurions pas de soucies à se faire concernant la famille et le niveau social de notre futur gendre ni de son éducation et par-dessus tout, ce mariage nous procurerait une alliance parfaite avec un autre pays. » En racontant son plan, Dan trouva l'idée encore plus géniale. Dire que c'était SON idée!

« Et je peux savoir qui est ce fameux prétendant? », demanda Deb pour bien comprendre toute la stratégie de son mari.

« Comme je te l'ai dis, je n'en ai pas parler encore à son père, mais si tout fonctionne comme prévu, ton futur gendre pourrait fort bien être le fils du premier ministre du Canada, j'ai nommé Bryan Jonathan Scott. », s'exclama fièrement Dan.

« Quoi!? », s'exclama une Deborah des plus surprises. « Bryan n'est pas celui qui apparaît souvent dans les journaux canadiens parce qu'il fait des choses pas très saines? »

« Je t'accorde qu'il n'a pas une des réputations les plus éloquentes sur Terre, mais justement, ça ne peut que tirer en notre faveur. Si avec un mariage, il finit pas se caser et arrête les aventures d'une nuit, ça ne donne qu'une bonne image à notre fille, donc par le fait même à notre famille. Et crois-moi, Mike n'accepterait pas que son fils soit infidèle durant son mariage. De cette façon, les scandales reliés à Bryan sont évités, Mike est content, et nous avons une descendance assurée, nous sommes contents. Tout le monde en bénéficie. » Dan était vraiment persuadé que son idée était celle du siècle.

« Et tu as pensé à notre fille dans tout ça? » Deb se sentait mal à l'idée d'obliger à sa fille un mariage arrangé.

« Elle apprendra à l'aimer au fil des années. Regarde-nous! Nous nous en sommes assez bien sortis, tu ne trouves pas? Nous avons appris à nous aimer et maintenant nous sommes vraiment amoureux. C'est normal des mariages arrangés dans notre classe sociale. », dit Dan en voulant convaincre sa femme.

« Tu as peut-être raison après tout. », se résigna Deb à l'idée d'un éventuel mariage opposant sa fille et ce fameux Bryan Scott. Peut-être était-ce finalement le meilleur choix pour tout le monde.

« Parfait! J'appelle de ce pas Mike pour lui en parler! » Dan quitta la salle à manger pour aller s'enfermer dans son bureau. Il décrocha le téléphone et, étant le président des États-Unis, il eut Mike Kiefer Scott au bout de la ligne en moins de trente secondes. Il était prêt à lui faire part de son idée géniale, enfin... géniale selon lui.

« Je dois vous avouer que votre offre ne ferait probablement pas de tord à Bryan. J'en parle avec ma femme et mon fils et je vous rappelle dès que j'ai une réponse M. James. » Mike raccrocha le téléphone après avoir discuter environ un heure avec le président des États-Unis sur l'idée d'unir Mademoiselle James et son fils. Il ne pouvait pas être contre l'idée. Mike savait très bien que tant que Bryan ne se marierait pas, ce dernier lui apporterait encore plusieurs autres problèmes. De plus, même si son fils travaillait à la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), il se pouvait fort bien qu'il puisse devenir, à son tour, le premier ministre du Canada. Il lui fallait donc une femme à ses côtés le plus vite possible. Après tout, il avait déjà 23 ans et il était grand temps qu'il se stabilise dans sa vie amoureuse.

Karen Sullivan Scott entra dans le bureau de son mari et s'assit dans le siège face à ce dernier. Elle lui lança un regard interrogateur avant de commencer à se renseigner sur cet appel intriguant. Mike ne restait jamais plus de quinze minutes au téléphone. Son emploi du temps ne le lui permettait pas. « Qui s'était? », demanda-t-elle simplement.

« J'ai quelque chose d'important à te dire Karen. C'était le président des États-Unis, Daniel Michael Scott, il vient de me proposer une idée qui est très attirante. », commença Mike.

Voyant l'hésitation dans le visage de son mari, Karen reprit la parole. « Tu comptes m'en parler ou attendre que je te pose toutes les questions nécessaires pour que je comprenne? », dit-elle en laissant paraître un léger sourire sur son visage pour rassurer son mari.

« Très bien, alors voilà... pour arrêter les folies de Bryan et assurer la descendance de sa famille, Dan nous propose d'unir sa fille unique à notre fils. Il croit que c'est une solution logique et que bénéfique. », se lança-t-il.

« Quoi!? Mais Mike, un mariage arrangé? », s'exclama Karen, n'en croyant pas ses oreilles.

« Avant que tu ne dises quoi que ce soit, je t'assure qu'il a de très bons arguments et je dois te dire à mon tour que ça ne serait pas une mauvaise idée, autant pour l'avenir de notre fils que pour celui du pays. Il est temps que Bryan se stabilise et crée sa propre famille. », se défendit Mike en souhaitant que sa femme comprenne son point de vue.

« Je... je n'en sais rien Mike. Un mariage arrangé. Nous ne sommes plus dans les années 20 maintenant. »

« Je sais et il n'aura pas de mariage tant qu'ils ne se connaîtront pas davantage. Ils auront plusieurs rendez-vous, apprendront à apprécier l'autre et finalement, si tout va bien, ils se marieront. », dit-il en tentant d'expliquer du mieux qu'il le pouvait.

« Tu sais que Bryan ne se réjouira probablement pas à l'idée. » Karen ne pouvait absolument pas comprendre comment son fils accepterait une telle suggestion.

« Entre toi et moi, la fille de Dan, Haley, est assez mignonne alors je ne crois pas que Bryan y verra un très grand inconvénient sur le plan physique. Il devra seulement s'habituer à n'avoir droit qu'à une femme dans son lit. »

« Ouin, vu sous cet angle... tu as sûrement raison. » En y repensant, Karen comprit que Bryan prendrait probablement la nouvelle avec le soulagement d'avoir droit à une femme comme Haley dans son lit tous les soirs. Il voyait la vie comme ça et tout le monde le savait.

Karen et Mike continuèrent d'en discuter environ trente minutes avant de décider d'appeler Bryan à son travail pour qu'il rentre plus tôt. À 15h00, il allait être là, ce qui laissa à Mike le temps de trouver un moyen pour lui annoncer et appeler Dan pour lui dire la bonne nouvelle.

« Quoi!? », s'exclama Bryan, ne comprenant pas la décision de ses parents. Il était rentré à 15h00 comme prévu et dès qu'il avait mis un pied dans la maison, ses parents l'avaient fait s'installer confortablement sur le divan du salon et avaient commencé à lui expliquer les intentions de Daniel James. Mike venait tout juste de lui faire comprendre qu'il était mieux pour lui-même d'avoir recours à un mariage arrangé entre lui et cette fameuse Haley qu'à faire les premières pages des journaux avec ses aventures d'une nuit lorsqu'il s'opposa à l'idée. « Il est hors de question que vous me forciez à marier une sainte nitouche qui est encore qu'une enfant. Elle a 17 ans bon sang. J'en ai 23. C'est impossible. Je suis certain qu'elle ne connait rien au sexe. Comment veux-tu que je vive avec une femme qui n'a pas d'expérience? Tu y as pensé? Non, je refuse. Je ne me priverai certainement pas de sexe expérimenté pour vous. », se fâcha-t-il.

« Woah... tu ne parles pas comme ça Bryan Jonathan Scott. Il est temps que tu te cases, mon cher. Ça va faire les aventures d'une nuit qui tournent mal. Nous t'avions averti que si tu ne cessais pas de faire les premières pages pour des stupidités, tu aurais des conséquences. », rétorqua Mike, ne voulant pas se laisser piler sur les pieds par son propre fils. Il est temps que Bryan se conduise en homme!

« Des conséquences? Oui, je pensais peut-être plus à, par exemple, me faire virer de la maison familiale, mais certainement pas de devoir me marier! », s'écria Bryan, les yeux perçants de rage.

« Avant de dire non, tu devrais voir sa photo. Tu changeras peut-être d'avis. Tiens regarde. », dit Mike en passant une photo d'Haley que Dan lui avait envoyé par fax à peine quelques minutes auparavant.

Bryan prit la photo des mains de son père et la contempla tranquillement. « Je... vous êtes certains que c'est bien elle, parce que la dernière fois que je me souviens vaguement de l'avoir vu, c'était à un congrès entre premiers ministres et elle ne ressemblait pas vraiment à une femme, si vous voyez ce que je veux dire. WOW, quelle poitrine, dis donc! », lâcha Bryan, sans même se gêner.

« Bryan! Tu ne parles pas de cette façon d'une femme. », s'écria Karen qui n'en pouvait plus des commentaires vulgaires que son fils lançait à l'égard de la jeune femme.

« Alors... tu es prêt à la rencontrer cette Haley James? », demanda Mike d'une voix intriguée.

« Quand que vous voulez! » Bryan ne décrocha pas pour autant son regard de la photo d'Haley. Il était totalement sous le charme. Quelle bombe! Arrêtait-il pas de se répéter dans sa tête. Jamais il aurait cru que cette chère Haley pouvait dégager autant de beauté. Même si elle n'avait probablement pas d'expérience au lit, il serait ravi de se charger de se petit détail. Non, mais qui pourrait résister à une femme aussi sexy? Pensa-t-il avec le sourire jusqu'aux oreilles.

Le vent frisquet de fin de journée se faisait à présent sentir. Il était presque 20h00 lorsque la famille présidentielle des États-Unis se mit à table pour dîner. Dan et Deb n'avaient pas reparlé à Haley de la journée. Celle-ci avait été occupée par ses cours de piano et d'espagnol en avant-midi puis dans l'après-midi, Haley avait passé presque tout son temps dans sur le terrain de Basket Ball privé de la Maison Blanche à lancer des paniers en se posant des questions et à réfléchissant sur son avenir, son futur qui semblait entièrement tracé sans même qu'elle ait eu le droit de choisir sa voie.

Assit à la table comme à l'heure du petit-déjeuner, la famille James mangeait à nouveau dans le silence le plus complet. Dan jeta un regard à Deb l'avertissant qu'il était prêt à se lancer dans la GRANDE conversation. Il savait très bien que cette discussion pouvait lui coûter sa relation avec sa fille mais, malgré tout, selon lui, c'était le choix à faire. Sans attendre davantage, il se tourna vers Haley et commença à parler.

« Haley. Ta mère et moi avons eu une discussion cette après-midi et nous avons pris une décision importante pour ton avenir et celui de la famille. », se risqua Dan avec un ton incertain.

Haley savait que ces quelques mots annonçaient rien de bon. Elle pouvait sentir son coeur défoncer sa poitrine tellement qu'il battait fort. « Je t'écoute. » Ce fut les seuls mots qu'elle réussit à prononcer. Haley n'osa même pas lever les yeux de son assiette par peur de voir le regard sévère et dictateur que son père lui lançait probablement.

« Alors voilà... euh, je ne prendrai pas plusieurs chemins pour te le dire. Il m'est impossible de réduire le nombre de gardes du corps à tes côtés et puisque tu ne veux plus faire de rencontres sans que je te donne plus d'intimité, j'ai décidé, avec l'accord de ta mère et du principal concerné, que nous prendrions ta vie sociale en main. C'est pourquoi nous allons te présenter un jeune homme et nous comptons sur toi pour que tu apprennes à le connaître. Si tout va bien, il y a de fortes chances que d'ici un an vous soyez mariés. », dit Dan dans l'espace d'une respiration.

« Quoi!? », se frustra Haley. « Il est hors de question que je marie qui que ce soit pour votre plaisir. Je n'arrive pas à y croire. Comment pouvez-vous me faire une chose pareille? » Haley laissa ses larmes inonder son visage.

« Haley, ma puce », dit Deborah en tentant de calmer sa fille. « Ce n'est pas si pénible un mariage arrangé. Crois-moi! Regarde ton père et moi, nous sommes heureux ensemble. C'est la vie... tu dois... »

« Non! », cria Haley en interrompant sa mère. « Ce n'est pas la vie! Je veux choisir moi-même mon mari et je veux en être amoureuse. Vous n'avez pas le droit de me forcer à épouser un étranger! »

« Il n'est pas un étranger, Haley. Tu l'as rencontré au moins une fois auparavant. », avoua Dan avec un ton des plus serein.

« C'est quoi son nom? », demanda Haley, apeurée par la vérité.

Dan afficha un sourire de satisfaction. « Il s'appelle Bryan Jonathan Scott. Il est le... »

« Quoi!? », s'exclame Haley. « En plus de me forcer à marier un homme que je n'ai vu qu'une fois dans ma vie il y a peut-être 6 ans, vous choisissez le plus crétin sur Terre? Pourquoi lui, hein? Vous n'auriez pas pu choisir un intellectuel comme tous parents normaux? Pourquoi vous me demandez de marier l'homme le plus coureur de jupons qui existe dans la race humaine? » Haley n'en revenait pas. Ses parents devaient sûrement la détester plus qu'elle le croyait.

« Comment tu sais qu'il n'est pas très saint? », se demanda Dan, intrigué par les commentaires de sa fille.

« Internet! Tu sais ce que c'est? Je ne marierai pas ce crétin, c'est certain! Ne comptez pas sur moi pour accepter! » Haley se leva de la table et avança vers la sortir de la salle à manger lorsque son père la retenu par le bras avec une force surprenante.

« Regarde-moi bien jeune fille! Tu n'as pas le choix. Sa famille vient dîner demain soir et tu vas faire ta charmante jeune femme. Tu es mieux de bien te comporter. Tu m'as bien compris? », lança Dan avec un des tons les plus sérieux possible.

« Oui! », chuchota Haley. Lorsque son père lui lançait ce regard, elle ne pouvait que ressentir des frissons hanter son corps. Cela en était effrayant.

« Parfait! Maintenant, vas te calmer dans ta chambre et reste s'y jusqu'à demain matin. Tu as besoin d'être seule pour te faire à l'idée. Je ne veux pas te voir t'en que tu n'es pas prête à accepter cette décision. », ajouta Dan satisfait.

Sans dire autre chose, Haley quitta la salle à manger le plus rapidement possible, sentant encore la douleur sur son bras que son père lui avait procuré en la retenant. Elle en avait assez! Il était hors de question qu'elle reste plus longtemps dans cette prison qui lui servait de chez-soi. Au lieu de se rendre à sa chambre comme son père lui avait demandé, Haley tourna dans un couloir où se trouvaient plusieurs bureaux servant au personnel important de la Maison Blanche. Sans prendre la peine de cogner à la porte de celui qui indiquait le nom de John Grevist, la jeune femme entra et attira aussitôt le regard de l'homme dans la cinquantaine qui était assis à son bureau.

« John! J'ai besoin de ton aide. », laissa entendre Haley avec un ton de désespoir. Les larmes coulaient sur ses joues et, malgré ses efforts, elle était incapable de les faire cesser.

John la regarda inquiet et lui fit signe de s'asseoir sur la chaise en face de son bureau. Ce qu'Haley fit sans se questionner. Elle avait une confiance aveugle en cet homme. Elle le connaissait depuis toute petite. Il avait toujours été d'une certaine façon de la famille. Il était le chef de la sécurité à la Maison Blanche. John s'occupait donc de tous les gardes du corps, s'arrangeait pour que les systèmes d'alarme soient vingt-quatre heures sur vingt-quatre fonctionnels. Bref, que la famille présidentielle soit saine et sauve. Il était un homme grand, aux cheveux blancs et très costaux. John portait toujours un costume noir avec une paire de chaussure de la même couleur. Il avait sept cravates, une pour chaque jour de la semaine. Pour Haley, il était la seule personne en qui elle avait confiance et elle savait que peu importe ce qui pouvait arriver, il la protègerait toujours, pas parce qu'il s'agissait de son travail mais bien parce qu'il l'aimait comme sa propre fille.

« Tu sais que tu peux toujours compter sur moi, Haley! Qu'est-ce qui se passe? », demanda John inquiet et peiné de voir sa petite Haley dans cet état.

Haley ne se posa pas de questions et décida d'aller droit au but. « Je dois quitter la Maison Blanche pour quelques heures. J'ai besoin de prendre l'air. J'ai besoin d'être seule et... »

« Tu veux que je t'amène au terrain. », compris John avant même qu'Haley n'ait le temps d'exprimer entièrement le fond de sa pensée.

« S'il te plaît! Je sais que je t'avais dis que je ne te demanderais plus cette faveur, mais je t'en supplie. », s'exclama Haley presque à genoux devant Grevist.

Il y a maintenant près d'un mois, la jeune femme était allée à un rendez-vous avec l'un des fils du président de l'ONU, Monsieur Jacob Davis. La soirée en tant que telle ne s'était pas particulièrement bien déroulée et pour cette raison, John avait raccompagné Haley à la Maison Blanche. Par contre, en chemin, la jeune demoiselle avait aperçu un terrain de Basket Ball public situé sur la rive de la rivière Potomac. Elle était tombée en amour avec la vue et le paysage. Après avoir supplié John pour s'arrêter, Haley était restée quelques minutes sur le terrain à écouter les vagues et respirer l'air libre de l'endroit. Quelques jours plus tard, lorsqu'une grande dispute entre ses parents avait éclatée, elle avait supplié John de l'amener au terrain en lui promettant que c'était la première et dernière fois qu'elle lui demandait une telle faveur. Il avait accepté et, comme promis, Haley ne lui avait jamais redemandé quelque chose qui mettait son travail en jeu... jusqu'à ce jour.

« Avant d'accepter, j'ai besoin de savoir ce qui t'as mis dans cet état, Haley. », répondit John sincèrement.

« Mes parents veulent me forcer à épouser un homme que je connais à peine et qui est, selon tous les journaux, le plus irrespectueux avec les femmes. », avoua Haley, sachant que dire la vérité était la meilleure décision qu'elle pouvait prendre.

« Quoi!? », s'écria John, surpris et déboussolé.

« Ils ne veulent rien entendre même si je leur dis que je ne veux pas l'épouser. Ils sont persuadés que c'est ce qu'il y a de mieux pour l'avenir de la famille. Mais bon... pour le moment, je ne veux plus y penser. Je veux seulement aller écouter les vagues, respirer l'air pur et peut-être lancer quelques paniers. » Dès qu'Haley aperçut le regard compatissant de John, elle sut qu'il ferait tout pour elle, jusqu'à aller perdre son travail de toujours pour son propre bien-être personnel.

Après que John se soit arrangé pour que personne ne se doute de quoi que ce soit, il amena Haley au terrain comme voulu. Le trajet se fit dans le silence le plus complet. La jeune femme n'avait pas cessé de contempler les arbres et les bâtisses défiler devant ses yeux alors que John avait passé son temps à jeter des coups d'oeil dans le rétroviseur pour s'assurer que sa petite Haley tenait toujours le coup.

Arrivée au terrain, celle-ci sortit de la voiture noire avec son ballon de Basket appuyé sur ses hanches. Avant qu'elle n'ait le temps de refermer entièrement sa portière, quelque chose ou plutôt quelqu'un attira son attention. Dans la noirceur de la nuit, Haley aperçut un jeune homme qui devait être de son âge ou peut-être un peu plus vieux. Il était positionné devant l'un des paniers et faisait des lancers. Il était grand et semblait avoir les cheveux assez foncés. Il portait une simple paire de pantalons de sport Adidas avec un chandail à manches courtes blanc. À travers celui-ci, Haley pouvait voir clairement les muscles qui formaient son torse. WOW, pensa-t-elle. Puisqu'il ne s'emblait pas s'être aperçu de sa présence, Haley resta près de la voiture à le regarder jouer. Il était vraiment excellent.

Après que John ait inspecté le jeune homme de loin pour s'assurer qu'il ne paraissait pas suspect, il se retourna vers Haley et vit la manière qu'elle regardait ce dernier. Un sourire s'afficha sur son visage à l'idée que sa petite Haley ressentait peut-être pour la première fois un nouveau sentiment à l'égard du sexe opposé. Elle était totalement figée sur place et incapable de dévier son regard du jeune homme. Pour s'assurer qu'elle ne resta pas à la même place jusqu'à temps qu'il quitte le terrain, John appuya « accidentellement » sur le klaxon de la voiture afin de faire part de leur présence à ce garçon qui était absorbé par le jeu. Lorsque le bruit retentit, Haley sursauta et lança un regard meurtrier à John. Ce dernier lui sourit et lui fit signe de se retourner vers le terrain. Au moment où elle l'écouta, Haley aperçut le jeune homme la fixer profondément. Leurs regards se croisèrent et la jeune femme ressentit aussitôt des frissons parcourir son corps. Par contre, cette fois-ci, il ne s'agissait pas d'une sensation inconfortable. Il s'agissait d'une sensation nouvelle mais, à la fois, rassurante et chaleureuse. Haley souhaitait pouvoir la ressentir à nouveau, ces frissons qui faisaient battre son coeur à toute vitesse.


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