La découverte d'un corps dans le pensionnat a contraint Mai et les autres à se rendre d'urgence sur place.
Chapitre 2
En une heure à peine, la base fut installée, et il ne restait plus qu'à aller placer les caméras et les micros dans les différentes pièces. Pendant que les autres étudiaient les plans du bâtiment, Mai préféra observer le décor. Cette pièce ressemble à une salle de classe, les enfants font probablement leurs devoirs ici. Maintenant que j'y pense, il me semble qu'il y en a plusieurs d'indiquées. La jeune fille savait pertinemment que c'était vrai, même si elle ignorait comment elle le savait.
Comme pour vérifier, elle s'approcha des plans. Il y avait trois étages, plus un sous-sol. Aux deux étages se trouvaient les chambres et au rez-de-chaussée il y avait le réfectoire, la bibliothèque et quelques salles réservées aux devoirs et aux cours. Bien sûr, ils sont obligés d'aller étudier à Nagoya mais c'est proche et la ville est belle alors … Ah non ! Je dois oublier que je connais cette ville, quoi qu'il advienne, personne ne doit l'apprendre ou je serais obligée de tout leur raconter. Je ne veux pas qu'ils pensent que je leur ait menti, même si c'est le cas.
Il fût ensuite décidé que Mai, Takigawa et John iraient voir les enfants en ville (décidément j'ai toujours eu beaucoup de chance) pendant que Lin, Naru, Masako et Ayako s'occuperaient du reste de l'équipement et repèreraient s'il y avait des esprits dans la demeure. Bien qu'il fasse encore nuit, il valait mieux qu'ils partent immédiatement, car Nagoya était quand même à plusieurs heures de route. S'en suivi une longue et ennuyeuse discussion pour savoir de qui on utiliserait la voiture.
La jeune fille en profita pour s'éclipser et elle sortit du bâtiment. Maintenant qu'elle l'observait plus attentivement, elle se rendait compte que cet endroit lui était vaguement familier, comme une image qu'on aurait tenté d'effacer mais dont certains traits refuseraient de disparaître. Avant qu'elle n'ait pu se souvenir, Naru et Lin sortirent à leur tour et se placèrent devant la jeune assistante.
_ « Finalement, expliqua son patron, John et Takigawa resteront ici et c'est nous qui allons t'accompagner.
_ Donc je suppose qu'on prend le van, dit la jeune fille en souriant
_ Evidemment ».
Elle allait donc se retrouver une bonne partie de la journée avec Lin et Naru (en fait, j'ai peut-être un peu plus de chance que je pensais), deux personnes qui manquaient cruellement de conversation. Bien sûr, elle était heureuse d'être avec son patron mais comment pourrait-elle avoir une véritable conversation avec lui. Lorsque Lin démarra, ce fût toutefois Naru qui brisa le silence, surprenant ainsi l'adolescente.
_ « J'ai contacté Yasuhara, commença-t-il, il arrivera probablement demain.
_ En voilà une bonne nouvelle ! se réjouit-elle, mais est-ce que ça ne risque pas de nuire à ses études ?
_ Contrairement à une certaine personne, son cerveaux semble parfaitement équilibré ».
Mai bouillait mais elle décida de ne pas le provoquer, car elle était vraiment trop fatiguée pour sortir indemne de ce genre de combat et il semblait presque déprimé par cette affaire. Avant qu'elle ne s'en rende compte, un voile noir recouvrit ses yeux et elle s'endormit. Naru la regarda, tendit qu'un virage la faisait basculer, et elle se retrouva avec la tête sur son épaule. Il hésita quelques instants, puis décida qu'elle avait bien le droit de dormir après tout, et que de toute façon, il y avait peu de chance pour qu'il perde un bras à cause de ça.
La jeune fille ne se réveilla que lorsque le van s'arrêta. Quand elle se rendit compte que l'épaule de son patron lui servait d'oreiller, elle se redressa rapidement, rouge comme une pivoine. Elle ne voulait pas croiser son regard et choisit de regarder par la fenêtre. L'hôtel où vivent tous les enfants du pensionnat, bien sûr, il fallait que ce soit justement celui-ci. Mai poussa un long soupir et sortit du véhicule. Elle suivit les deux hommes dans le hall, où les attendaient une cinquantaine d'enfants et leurs professeurs. L'un deux la regarda fixement pendant que Naru faisait les présentations. J'aurais du me renseigner avant d'accepter de venir.
Le groupe fût ensuite conduit vers une sorte de salle de réception, que l'on pouvait réserver à l'occasion d'un anniversaire, d'un mariage ou d'un repas d'affaire. Et probablement aussi pour les interrogatoires. Pendant plusieurs heures, les enfants racontèrent ce qu'ils avaient vu ou entendu.
« La nuit, on peut entendre des pas dans le couloir mais lorsqu'on jette un œil, c'est toujours complètement désert. Etrangement, ça n'arrive qu'à l'étage des filles et lors des nuits sans lune. Les autres nuits, on n'entend aucun bruit mis à part des sanglots, audibles dans tout le pensionnat. »
« On a été obligés de recouvrir tous les miroirs avec du papier noir parce que quand quelqu'un se regarde, ils reflètent des ombres qui se promènent derrière la personne. Parfois, une silhouette se met à courir et se rapproche du miroir, qui finit toujours par se casser »
« Tous ceux qui descendent au sous-sol se retrouvent dans le noir et une drôle d'odeur peut se faire sentir »
« Dans la cuisine, on peut sentir une odeur de brûlé même s'il n'y a rien du tout dans le four »
De temps à autre, Naru demandait des explications, pendant que Lin prenait des notes. Plutôt impressionnant, Bou-San lui avait eu beaucoup plus de mal à supporter ce genre de rythme. L'esprit de Mai commença à vagabonder. Le pensionnat semblait soudain tellement lugubre. Elle ne voulait pas y retourner, et aurait préféré faire quelques recherches sur ses parents pendant qu'elle était là.
Au bout de plusieurs heures, les apparitions étaient toutes notées et Naru décida qu'il était temps de retourner au pensionnat. Avant de partir, il demanda où avait été retrouvé le corps de l'enfant.
_ « L'odeur dans la cuisine était plus forte que d'habitude et lorsqu'ils ont regardé à l'intérieur, ils ont aperçu le cadavre, à moitié carbonisé.
_ Cette histoire n'est pas très rassurante, déclara Mai lorsque les enfants se furent éloignés, on dirait presque la maison des horreurs. »
Naru ne lui répondit pas, l'air grave. OK, cette histoire ne l'enchante visiblement pas, donc je ne vais pas insister. Il est encore plus sombre que d'habitude. Peut-être que les affaires avec tellement d'enfants le bouleversent un peu, même si ça me semble peu plausible. Elle suivit les deux hommes qui se dirigeaient vers le van mais, se sentant observée, elle se retourna et vit le professeur de tout à l'heure qui la fixait d'un regard perplexe. Naru le remarqua et dit quelques mots à Lin que l'assistante ne comprit pas. C'est vraiment pas sympa de parler anglais pour se débarrasser des oreilles indiscrètes.
Le van repartit et Naru gardait les yeux rivés sur la jeune fille, qui ne pouvait s'empêcher de rougir. Soudain elle remarqua que quelque chose clochait.
« Lin, c'est la mauvaise direction, s'écria-t-elle tandis que Naru souriait, il fallait tourner à gauche à la seconde intersection et pas continuer tout droit ! »
Bon sang, je crois que je viens de détruire moi-même mon mensonge !
N/A : Bon, s'il y a des fautes d'orthographes, je m'en excuse mais là il est 2h du mat donc je pense qu'on peut me pardonner. Vous inquiétez pas, la suite est déjà en préparation donc je la publierais dans quelques jours.
