Voilà le second chapitre, cette fois-ci écrit par moi, laissez une tite review pour me dire si ça vous a plus ou non !

Disclaimer : JK Rowling

Le retour du benjamin de la famille Weasley fut dignement célébré ! Tous les membres de l'ordre pleuraient de joie, se rendant enfin compte qu'ils avaient bel et bien retrouvé leur coéquipier, et que l'issu morbide qu'ils avaient tous imaginés ne s'était pas réalisée. Le jeune rouquin était considérablement affaibli, il était livide, le regard perdu dans le vague et le visage tuméfié, parsemé de ci de là par de multiples contusions et ecchymoses violacées, il faisait réellement peur à voir, et son état d'épuisement particulièrement prononcé n'arrangeait rien au tableau effrayant qui s'offrait à ses amis et sa famille. Et tout particulièrement à sa petite amie. Celle-ci ne pouvait s'empêcher de pleurer toutes les larmes de son corps, à la fois sous le coup de l'émotion, immensément heureuse à l'idée d'avoir retrouvé l'homme de sa vie, mais également horrifiée par son apparence et son comportement. S'il n'était pas mort physiquement, il semblait vraiment l'être moralement. Comme un soldat qui revient de la guerre après plusieurs années passées sur le front, incapable de reprendre une vie normale. Molly décida qu'il devait monter se coucher après avoir mangé un morceau, et qu'il leur raconterait tout le lendemain, une fois calmé et reposé. Remus posa une main réconfortante sur l'épaule du jeune martyr, et celui sursauta vivement avant de faire un bond sur le côté. Tous les regards étaient tournés vers lui. Il marmonna quelques excuses et monta les marches d'un pas traînant, sans prendre la peine de saluer qui que ce soit, pas même Hermione, qui semblait sur le point de s'évanouir. Harry lui caressa doucement la joue avant de la prendre amicalement dans ses bras.

- Il va vite se remettre… Ne t'en fais pas…, chuchota Harry d'une voix qui se voulait sûre d'elle et réconfortante au possible.

- Oui, il faut lui laisser un peu de temps, poursuivit Tonks. Après tout ce qu'il a vécu, il est normal qu'il soit encore sous le choc, ce n'est qu'un état post-traumatique, ne t'en fais pas mal belle…

Hermione acquiesça doucement et se retira de l'étreinte du Survivant, penaude. Elle était loin d'être convaincue. Les regards des membres étaient fuyants, personne ne souhaitait avoir à soutenir le regard inquisiteur des autres. Un silence pesant régnait dans la pièce, et chacun contemplait ses pieds ou ses ongles avec plus ou moins d'insistance, la tension était presque palpable. Hermione décida qu'il était temps de prendre congé, et quitta la pièce sans un regard en arrière, lasse. Les autres firent de même, et chacun rejoint sa chambre, sachant très bien qu'il serait mieux dans leur lit qu'à se ronger collectivement les sangs dans le salon. La jeune femme brune entra doucement dans la chambre qu'elle partageait avec Ron. Il semblait dormir, ou du moins perdu dans de sombres pensées. Son regard était vide, effrayant. Mais la joie de le retrouver l'emporta, et Hermione vint le rejoindre dans le lit, caressant son épaule nue avec sensualité, il lui avait manqué, et de ce point de vue là aussi. Ils n'avaient jamais osé coucher ensemble, peut être trop timides, peut être trop respectueux l'un de l'autre. La réaction du roux fut pour le moins inattendue. D'un mouvement de l'épaule, il repoussa la main de sa petite-amie, sans même la regarder.

- Ron… implora la brune la voix tremblante.

Il ne répondit pas, restant dos à elle à l'extrémité du lit, comme un couple qui part en dérive et qui se détruit peu à peu jusqu'à refuser de partager la même chambre.

- Ron ! s'exclama t-elle en ravalant ses larmes.

Il se tourna vers elle avec une lenteur exagérée avant de lui caresser la joue d'un air absent, elle posa alors ses lèvres sur les siennes, lui donnant un baiser fiévreux auquel il ne répondit pas. Elle se redressa alors, vaincu, et terrassée par la tristesse. Son cœur semblait être définitivement brisé.

- J'ai eu tellement peur de ne jamais te revoir Ron… Répond moi s'il te plait…

- Jamais rien ne sera comme avant… souffla t-il d'une voix morne.

Hermione eut un pincement au cœur.

- Comment as-tu réussi à obtenir ma libération ? continua t-il d'une voix dure.

- Je me suis… Arrangée… Avec Malefoy…

- Il a posé ses mains sur toi ? demanda le roux en se redressant soudainement, faisant grincer le mieux lit de bois, il semblait furieux.

Hermione se mordit la lèvre, anxieuse.

- Il ne m'a pas fait de mal… répondit-elle, évitant soigneusement de répondre de but en blanc à la question horrible et gênante qu'il lui avait posée.

- Parce que tu étais consentante par dessus le marché ?

- Je… N… Non… s'exclama t-elle les yeux exorbités tandis que Ron quittait le lit pour s'adosser contre la porte.

Pourquoi avait-elle hésité ? Non, elle n'avait pas été consentante. Elle n'avait pas été consentante. Elle avait fait ça pour lui. Uniquement pour l'amour qu'elle portait à cet homme, pas pour elle. C'était impossible. Il s'était pourtant montré si doux et si compréhensif, tout en Malefoy n'était que contradictions.

- Tu es en train de me dire que… Je viens de me coucher dans le même lit que la… La putain d'un mangemort ? cracha t-il avec peine et mépris.

Hermione ne put retenir ses larmes, elle sortit à son tour du lit et se planta devant lui, la vue brouillée par ses canaux lacrymaux trop irrigués. L'envie subite de la gifler la prit alors. Elle le détestait. Elle lui en voulait de ne pas comprendre qu'elle avait fait ça uniquement par amour pour lui, et pas pour profiter du fait qu'il était absent pour froisser les draps avec son pire ennemi, et le simple fait qu'il puisse penser ça d'elle la blessa profondément. Après quelques secondes de silence durant lesquelles elle se remettait du choc, elle réussit enfin à répondre, folle de douleur.

- Tu n'as pas le droit de dire ça Ron… Je… Je l'ai fait pour toi, parce que je voulais te sauver ! s'écria t-elle, oubliant que les autres dormaient.

- Ça ne change rien… Il… Il t'a touché, il t'a vue… Il a souillé ton corps… Il t'a prit ce que tu m'avais promis… marmonna t-il placide.

- Il n'est pas allé jusqu'au bout ! Je t'en prie Ron, crois moi ! J'ai fait ça parce que je t'aime… avoua t-elle tandis que ses larmes reprenaient de plus belle.

D'un geste un peu brutal, Ron l'attrapa par le poignet et la plaqua contre la porte, lui arrachant un gémissement de douleur et de surprise. Il était violent, plus que l'ombre de lui-même. Il n'était pas celui qu'elle avait toujours connu, et toujours aimé. Il mit à ses divagations et l'embrassant avec force et passion. Elle lui répondit malgré elle. Dans le fond, elle espérait qu'elle retrouverait un jour l'homme de sa vie. Il plaqua une de ses mains sur son sein pour le pétrir avec violence. Il lui faisait mal, il n'était pas doux, il lui faisait peur, mais elle n'osait rien dire, elle se contentait de fermer les yeux et de s'accrocher à lui comme à une bouée de sauvetage. La seconde main du roux se glissa sous la nuisette de la lionne et commença lentement à la retirer. Hermione se réveilla soudain et lui fit tout cesser. Elle lui lança un regard sévère.

- Je ne peux pas Ron… souffla t-elle sur un ton chargé d'excuse.

- Tu ne peux pas ? s'exclama t-il dans un petit rire ironique avant de la regarder avec un air venimeux. Ça n'a pourtant pas eu l'air de te déranger d'écarter les cuisses devant Malefoy…

La gifle était partie. Elle avait claqué dans l'air, dans un bruit mat et sec. Comment avait-il pu lui dire une chose pareille ? Elle s'était sacrifiée pour lui, et en retour, il la traitait comme une… Une pute. Elle se remit à pleurer. Elle avait été jusqu'à s'abandonner à un mangemort qu'elle avait toujours détesté, elle avait enduré ses caresses outrageuses, ses yeux inquisiteurs et ses paroles douces et chaudes à son oreille. Elle avait faillit y perdre jusqu'à sa virginité, son honneur, juste dans l'espoir de le sauver des griffes de leurs ennemis, et le rouquin, dans toute sa reconnaissance, lui faisait clairement comprendre qu'il ne voulait plus d'elle. Comme si elle ne se sentait pas déjà assez seule, il fallait qu'il en rajoute une couche, et l'enfonce encore plus dans son mal-être et sa honte. Elle était consciente du fait qu'elle avait définitivement perdu le Ronald Weasley qu'elle avait toujours connu. Elle venait de perdre pour toujours son ami de toujours, son amour, elle avait l'impression d'avoir perdu une partie d'elle même, comme si son cœur avait subitement arrêté de battre pour laisser place à une sorte de silence oppressant. Comme si elle basculait entre la vie et la mort, trop amochée pour vivre réellement, mais pas encore assez pour trouver le repos éternel.

- Je ne sais pas pourquoi je t'aime Ron… Je ne sais plus…, marmonna t-elle en baissant les yeux.

Il la poussa sans douceur pour atteindre la porte et l'ouvrit.

- Tu peux le garder ton amour, il est la seule chose qui te reste à présent… Et malheureusement pour toi, il n'a plus rien de réciproque… Tu me dégoûtes…

Il claqua la porte, laissant derrière lui une Hermione complètement effondrée, au bord de la crise d'hystérie, le cœur balafré de peine et de souffrance. Sans lui elle n'était rien. Elle se laissa tomber par terre, sonnée, les jambes et les bras repliés contre elle en position fœtale. Elle était si vulnérable. C'est Harry qui la tira de sa torpeur en la secouant avec attention, veillant bien à ne pas lui faire de mal en l'aidant à se relever.

- Ça va Hermione ? lui demanda t-il en tentant de lui faire reprendre ses esprits.

Elle avait une lueur démente dans les yeux, elle semblait avoir complètement disjoncté, avoir totalement perdu la raison qui l'habitait avant. Le reste des membres s'était rassemblé au pas de la porte pour savoir ce qui se passait, réveillé par les cris implorants d'Hermione. Ron était adossé à la rambarde de l'escalier, l'air vicieux. Personne ne semblait comprendre, les regards valsait de Ron à Hermione, puis d'Hermione à Ron, pour enfin se reposer sur le sol, pour cacher au mieux leur curiosité mal placée. Personne n'osait parler, attendant que d'autre se dévoue pour le faire à leur place.

- Ne prends même pas la peine de la réconforter Harry, crois moi… Elle n'en vaut… Vraiment pas la peine…, décréta Ron d'une voix moqueuse.

- Je t'interdis de dire des choses pareils Ron ! La pauvre Hermione aurait donné sa vie pour te sauver, elle s'est battue pour te ramener sain et sauf, et c'est ainsi que tu la remercies ? Tu me fais honte Ron… s'exclama Molly Weasley, outrée par le comportement de son fils.

- Ah oui… La gentille, la merveilleuse, la sainte Hermione… J'avais presque oublié… La parfaite Hermione qui pendant que je me faisais torturé par ces enfoirés de mangemorts s'envoyait en l'air avec le grand Drago Malefoy, roi des serpents…

Un silence s'installa. Un silence pesant. Tandis que tous les regards étaient tournés vers la jeune brune. Le cœur de l'ancienne gryffondor avait raté un battement, et le Survivant l'avait lâché, comme brûlé par son contact. Elle baissa les yeux, achevée. Il venait de lui administrer le coup de grâce, le coup scellant pour de bon leur douloureuse séparation, et elle ne pouvait plus soutenir le regard de qui que ce soit. Une vague de chuchotement traversa l'assemblée à la vitesse d'une traînée de poudre qui s'enflamme. Les autres ne savaient que répondre, légèrement transfigurés par cette annonce quelque peu houleuse. Ils ne savaient trop que croire. Comme Hermione aurait-elle pu céder aux avances de Malefoy après tant d'année de guerre ? Elle qui disait aimé Ron d'un amour sincère, et ce depuis toujours ? Aurait-elle pu avoir une relation secrète avec leur ennemi à tous ? Harry fut le premier à se ressaisir et attrapa Ron par les épaules, le secouant doucement comme pour essayer de lui faire reprendre ses esprits.

- Ne dis pas n'importe quoi Ron… souffla Harry, choqué.

- Tu ne me crois pas ? Je pensais qu'elle vous l'avait dit…, continua Ron avec un sourire mauvais.

- Hermione ? s'enquit Ginny, tremblante.

- Il dit vrai…

Quelques exclamations de stupeur s'élevèrent alors de la part des membres de l'ordre du phénix, qui n'en croyait pas leurs oreilles. Venait-elle d'avouer qu'elle avait eu une relation avec Drago Malefoy alors que son supposé petit ami était retenu prisonnier des partisans de ce dernier ? Harry et Ginny s'étaient lâchés subitement la main. Molly Weasley était passé du blanc au rouge, du rouge au blanc, et du blanc au vert, elle semblait sur le point de tomber dans les pommes. Tonks et Remus la regardaient d'un air choqué. Plus personne n'osait prononcé un mot, mais Hermione pouvait ressentir toute leur indignation, leur préjugé et leur conclusion un peu trop rapide. Elle n'eut même pas le cœur à se défendre. Elle se releva et claqua la porte de la chambre qu'elle partageait avec son petit a… Ex petit ami. D'un coup de baguette, elle fit sortir sa valise de sous son lit et vida ses étagères dedans. Cela fut vite fini, et elle ne pu s'empêcher de remercier le ciel de ne pas l'avoir faite moldue. Elle enfila un manteau et une écharpe, une paire de bottes fourrées et ressortit. Les autres n'avaient pas bougés. Ils continuaient de la fixer. Elle les lâcha du regard et commença à descendre les marches. Seule Ginny sembla réagir et se rendre compte de son erreur. Elle marcha à sa suite.

- Où est-ce que tu vas Hermione ?! Tu ne peux pas partir, tu es folle ! Tu vas être tuée ! Je sais que tu as fait ça pour sauver mon frère, tu n'as rien à te reprocher, il est juste jaloux, comprend le Hermione ! Je t'en prie ! Tu pourrais te faire tuer à ton tour ! s'exclama Ginny.

- Ça serait au moins ça de gagner… ricana le rouquin.

- La ferme Ron ! Comment oses-tu lui dire ça ?! Tu me dégoûtes ! Hermione, écoute moi je t'en supplie ! Pose cette valise ! Je…

Hermione l'interrompit en se retournant et en la serrant avec force dans ses bras. Ginny se mit alors à pleurer, répondant avec ferveur à son étreinte. Elle venait de comprendre que rien de ce qu'elle pourrait dire ne ferait changé d'avis sa meilleure amie. Elle allait s'en allé. C'était ainsi. Il fallait donc qu'elle profite de cette étreinte qui se serait sûrement la dernière.