Bonjour Bonjour !
Disclaimer : Les personnages du Harry Potter ne m'appartiennent pas. Ils sont la création de J.K Rowling
BETA : Ce chapitre a été relu et corrigé par : Lily Elebore Michaels. :) Merci à elle !
Chapitre 2 : Flashbacks
Harry rentra dans son dortoir, se changea et se mit au lit. Ron dormait déjà.
Il aurait dû profiter du fait que le rouquin ne se soit pas encore mis à ronfler pour s'endormir. Pourtant, il n'en fit rien. Les bras croisés sous sa tête, il regardait le cadre de son lit.
« Malfoy. Quel drôle de personnage! »
Il pensait qu'après la guerre ils auraient pu nouer quelque chose, un semblant d'amitié ou de respect. Mais le Serpentard retournait aux vieilles boutades.
« Malfoy on ne commencerais pas à se faire trop vieux pour ces engueulades à la con? On s'est tellement battu autrefois. Alors même si ça ne remonte pas à si longtemps, avec la Guerre, tu n'en as pas assez toi? Oui voilà c'est ça que j'aurais dû lui dire. Punaise, des fois je suis vraiment nul. Une répartie de limace. Voilà! Bon, la prochaine fois que je le croiserai je lui dis. … Oui mais non! Je ne peux pas aller le voir comme ça. Non Harry t'es nul! Pourquoi je pense à ça d'abord? Malfoy et moi on a trop de mauvais souvenirs en commun pour pouvoir un jour tisser quelque chose. Avec Hermione c'est plus simple, elle n'a jamais été son ennemi numéro 1, n'a pas été obligé de l'espionner. Il n'a pas été obligé de sacrifier tout ce qu'il avait sous prétexte que la sauver elle, sauverait le monde sorcier. »
Harry se retourna sur le ventre et écrasa son coussin sur sa tête.
« Je déteste Potter! »
Draco claqua la porte de sa chambre de préfets en chef. Lorsqu'il était énervé, il était bien content de vivre seul. Il posa sa lampe sur le bureau et jeta sa cape et sa baguette sur son lit.
« Maudit Potter. Tu te crois mieux que moi, mais tu te trompes! Ou bien non! En fait oui tu es mieux que moi. Mais tu en joues et ça, ce n'est pas très glorieux. Non en fait tu n'en joues pas, c'est moi qui me ridiculise tout seul! Même pour ça je n'ai pas besoin d'aide et je me retrouve encore une fois en solo. Potter tu m'énerve! Pourquoi est ce que tu trainais dans les couloirs à une heure pareille aussi? Si tu avais été un bon garçon, tu serais rentré avant le couvre-feu. Je ne t'aurais pas choppé à la sortie des toilettes. Et on ne se serait pas pris la tête! Mais qu'est ce que tu pouvais bien foutre dans les toilettes du deuxième? Y'en a pas à ton étage? Tient c'est ça que j'aurais dû lui dire. Pourquoi je n'ai pas dit ça? … et surtout pourquoi est-ce que je me demande, maintenant, ce que j'aurais bien pu lui dire? Parce que je suis préfet en chef, voilà. Ce que font les élèves en dehors de leur dortoir après le couvre-feu ce sont mes oignons. Bon j'ai surtout accepté le poste parce que je ne dors pas beaucoup et que j'aime me promener pour réfléchir, mais une des grandes satisfactions de ce job aussi, c'est qu'en trainant partout, on en apprend des belles. Oui! Voilà! C'est pour ça que je veux savoir ce que foutait Potter au deuxième! Pas parce qu'il aurait pu être avec quelqu'un. La rouquine ou une autre. C'est parce que je suis curieux. Après tout, ils me surnomment tous : "la fouine". J'aime fouiner. Je me délecte des histoires des autres, à défaut d'en vivre une moi-même. Alors Potter, tu étais avec quelqu'un? Oui, ça ne fait aucun doute. Entre la hutte du géant et ton dortoir, tu aurais pu aller aux toilettes. Tu n'avais pas à t'arrêter au deuxième. Faudrait vraiment avoir une vessie de hibou pour ne plus pouvoir se retenir à trois cents mètres de son dortoir. En fait, je te remercie Potter. Après ton petit échange érotique avec le veracrasse tu viens de me donner un autre sujet de distraction : trouver qui tu baises. Et Dieu sait que j'aimerais que se soit un homme. Pour te faire regretter ce que tu m'as dit tout à l'heure c'est évident. »
Le blond partit dans sa salle de bain, les mains sur les hanches et avec un rire diabolique. Il manqua de se prendre l'encadrement de la porte pour avoir fermé les yeux, se rattrapa comme il put à une serviette qui ne faisait pas le poids, et tomba, fesses en avant, dans la baignoire.
-Je te déteste Potter!
Lorsque Harry Potter se réveilla, le soleil ne s'était pas encore levé. Il avait froid. La couverture s'était repliée à ses pieds. D'un geste maladroit, sans ouvrir les yeux, il l'attrapa du bout des doigts. Grogna de mécontentement quand il la lâcha et se rendit compte qu'il devrait lever le haut de son corps pour l'atteindre. Puis lorsqu'il l'eut rabattue sur lui soupira d'aise.
Il ne savait pas quelle heure il était. Sa propre chaleur commençait à réchauffer l'espace entre lui et la couette. Si ce n'était Ron qui ronflait comme une locomotive, il se réveillait tout en douceur. Il resta vingt minutes sans bouger, sans penser à rien, jusqu'à ce que le brouhaha du dortoir des filles se fasse entendre. À côté de lui, Dean commença à ronchonner. Seamus et Neville, comme tous les matins, pestèrent contre les filles qui se levaient définitivement trop tôt.
- Non, mais ce n'est pas possible de se lever si tôt. Elles sont folles? Demanda Neville.
- Si celles-ci sont folles, on n'est pas sorti de l'auberge! Répondit Dean.
- Que veux-tu dire? Répliqua Seamus.
- Et bien, regarde. Tous les matins, les filles se lèvent trente minutes avant nous pour se faire belles, etc. Pourtant quand elles descendent à la grande salle pour le petit déjeuner, on dirait qu'elles sortent à peine du lit! Alors oui si celles-ci sont folles je me demande comme vont être les filles en dehors de Poudlard.
- Oh, mais peu être qu'elles ne se font pas belles, mais qu'elles discutent? Répondit Neville fier de lui.
- Elles discutent déjà la première moitié de la nuit. Qu'est ce qu'elles peuvent bien se dire?
- Peut-être qu'elles parlent de leurs rêves?
- De leurs rêves?
- Oui peut-être qu'elles parlent de ce dont elles ont rêvé. Peut-être que c'est de nous-mêmes, dit Dean en souriant.
_Mouiii, ou sinon elles parlent de Krum, grogna Ron en roulant et tombant de son lit.
Harry ouvrit un œil pour regarder son ami se frotter les fesses, assis par terre. Il n'arrivait pas à digérer que sa copine ait connu quelqu'un avant lui, même si lui avait eu Lavande, et cette fille à Pré-au-Lard dont il tairait le nom, et l'histoire.
Il se leva et se dirigea vers la salle d'eau. Il se débarbouilla, mais continua d'écouter ses amis se poser des questions sur les filles. Puis ça lui revint. Ginny était dans le dortoir à côté. Il se demandait si elle parlait de lui. De leur rupture. De son comportement avant qu'il ne comprenne qu'il ne pourrait plus jamais l'aimer comme avant. La Guerre avait tout fichu en l'air. Il était devenu tellement paranoïaque, pensant qu'on s'attaquerait à elle pour le blesser qu'il s'était forcé petit à petit à ne plus l'aimer. Et ses efforts ne furent pas vains. Et puis la paix était revenue et ils s'étaient remis ensemble, dans la joie et la passion des débuts. Pourtant un jour, il s'était réveillé à côté d'elle, l'avait regardée, et tout avait disparu. Il pensait que ça lui passerait, que ça reviendrait, que c'était juste un relâchement. Mais il s'était surpris à l'éviter puis à l'ignorer, pour enfin ne plus la toucher. C'était elle qui avait abordé la conversation qui avait mis un point final à leur histoire.
- Harry il faut qu'on parle.
- De quoi?
- Tu le sais.
Il l'avait regardé, craignant sa réaction. Il ne l'aimait plus comme avant certes, mais il ne voulait pas qu'elle souffre pour autant.
- Qu'est ce qu'il se passe?
- Qu'est ce qu'il s'est passé plutôt? lui répondit-il.
- Que veux-tu dire?
- La Guerre Ginny. La Guerre.
Elle l'avait regardé. Avait compris. Ce n'était pas elle. Dans d'autres circonstances, dans un autre monde ou une autre époque, ils auraient fini leurs jours ensemble, dans une belle maison et avec une ribambelle de gamins. Mais plus maintenant, pas en ayant vécu ce qu'ils avaient vécu. Lui prêt à mourir pour l'humanité, et elle attendant tous les jours derrière un poste de radio la nouvelle qui bouleverserait sa vie à jamais. Harry avait été prêt à mourir. Il était mort. Mais il n'était pas revenu pour elle. Il était revenu pour recommencer une nouvelle vie, dans laquelle son douloureux passé ne serait qu'un vague souvenir. Elle n'avait pas sa place dans celle-ci. Il tournait la page d'un nouveau chapitre. Cela ne voulait pas dire qu'il ne l'appréciait pas. Elle le savait.
- Je suis désolé Ginny.
- Moi aussi.
Au loin, la discussion des garçons l'amusait. Les filles et encore les filles. Ils ne parlaient plus que de ça maintenant, à défaut de parler de la Guerre. Il préférait ça. Mais ne se sentait pas à sa place dans ses discussions. Il se prit à se demander ce que Draco Malfoy en aurait pensé. Se serait-il moqué des filles en disant qu'elles ne savaient pas prendre soin d'elles? Que ce n'était pas parce qu'il était gay qu'il disait ça, mais parce qu'il était un Malfoy, et qu'un Malfoy est toujours impeccable! C'est vrai qu'il l'était. Même lorsqu'Harry était venu assister à son procès, il l'avait trouvé majestueux… Dans sa tenue de prisonnier.
Il était arrivé enchaîné, dans cet uniforme noir et gris. Et pourtant le blond avait gardé sa prestance aristocratique. Il était resté debout, attendant son jugement dans la dignité qui incombait à son rang. Ou bien était-ce de la résignation? Peut-être avait-il perdu tout espoir.
Il ne savait pas qu'Harry allait venir. Hermione avait averti son ami le matin même du procès du Serpentard en lisant le journal. Harry s'était levé d'un bond et avait transplané au ministère de la magie. Il était arrivé quelques minutes avant l'ouverture, juste le temps qu'il lui fallait pour se créer une tenue plus de circonstances qu'un pyjama, d'un coup de baguette.
Il était rentré et était allé voir le juge. Toutes les personnes présentes dans la salle furent surprises de voir le « Sauveur » présent au procès d'un mangemort.
- Mais Monsieur Potter ce genre d'intervention doit être prévu à l'avance, il aurait été préférable pour nous d'être au courant de cet événement avant afin d'organiser la séance.
- Monsieur le Juge. Personne n'est venu me demander quoi que se soit, je ne savais même pas que Draco Malfoy devait être jugé et encore moins aujourd'hui.
- Bien, bien Monsieur Potter je vais voir ce que je peux faire. Mais sachez que si vous n'avez pas été prévenu c'est que nous ne voulions pas vous déranger. Vous avez tellement fait.
- Malfoy aussi.
- Oui bien sur j'entends. Allez vous installer sur le banc là-bas. Je vous appellerai le moment venu.
Il alla s'asseoir et vit le juge sortir suivi des jurés. Quelques minutes plus tard, on emmenait Draco Malfoy à la barre des accusés. Lorsqu'il le vit entrer, Harry sentit son cœur battre plus fort. Comment avait-il pu laisser passer ça? Sans Draco il serait mort. Lestrange l'aurait tué, comme elle avait tué Sirius. Et pourtant il était là, à la barre des accusés. Harry déglutit. Il avait envie de pleurer. La guerre était finie depuis plus d'un mois. Combien de jours, de semaines avait-il passés en cellule à cause de son silence? Pourquoi Draco n'avait-il rien dit? Pourquoi ne lui avait-il pas demandé d'intervenir? La fierté des Malfoy était-elle ainsi encrée en lui qu'il préférait mourir en prison complètement fou que de demander de l'aide?
Le juge entra suivi des jurés. Au-dessus d'eux planaient deux détraqueurs. Ils terrifiaient Harry, mais il tenait bon. Il regardait la silhouette maigrichonne devant lui, ne pouvant se décider à la laisser tomber. Le blond, lui, ne semblait pas l'avoir vu.
Le juge prit la parole tout en s'asseyant :
- Monsieur Malfoy. Vous êtes présent aujourd'hui devant cette cour afin d'être jugé par vos pairs. Les accusations portées contre vous sont les suivantes : étude et pratique de la magie noire, conspiration, sédition, vols, complots, espionnage, torture et enfin meurtre. SI vous êtes déclaré coupable, vous serez remis aux détraqueurs afin de recevoir votre sentence de mort.
Un frisson remonta le long de l'échine d'Harry. Meurtre? Torture? Comment était-ce possible? S'était-il trompé? Était-ce de fausses accusations? L'avait-on forcé? Il commençait à douter de la légitimité de sa présence en ces lieux. Mais pourquoi Hermione ne l'avait-elle pas retenue?
- Monsieur Malfoy, vous avez choisi de vous défendre vous-même. En cas de verdict vous déclarant coupable vous n'aurez pas de moyen de faire appel. Voulez-vous changer d'avis et prendre un avocat?
Harry entendit le blond ricaner. Il pourrait reconnaître ce rire hautain dans une foule de 10 000 personnes.
- Non monsieur le juge, je ne souhaite pas d'avocat.
- Bien dans ce cas, la séance peut commencer.
Harry entendit les détails des accusations. Évidemment que Draco avait pratiqué la magie noire, il était plongé dedans depuis le berceau. Pour ce qui était des complots et conspirations, c'était également évident. Mais Harry attendait, presque avec impatience, les détails des accusations de meurtre et de torture.
- Et en ce qui concerne la torture et le meurtre sur la personne d'Erica Reldnips. Quelle défense plaidez-vous?
Il y eut un long silence.
Draco baissa la tête.
Harry le fixait intensément, attendant sans respirer que le blond réponde. De sa réponse viendraient son salut et celui d'Harry.
- Non coupable monsieur le juge.
- Non coupable?
Harry se relâcha aussitôt et soupira. Draco se retourna et le regarda. Harry le fixait droit dans les yeux, pourtant le blond ne comprit pas la raison de sa présence. Était-il là pour se délecter de sa sentence?
- Monsieur Malfoy, nous avons retrouvé au matin du 9 janvier dernier, le cadavre d'Erica Reldnips, devant votre manoir… exhibé dans un arbre. Lorsque nous avons retracé les derniers sorts lancés sur sa personne, il s'est avéré qu'ils provenaient tous de votre baguette. Hors il me semble, et arrêtez moi si je me trompe, que vous étiez en possession de votre baguette ce jour-là.
- Oui Monsieur le juge.
- Alors qu'avez-vous à dire pour votre défense Monsieur Malfoy?
Avant de répondre, Draco regarda Harry avec tristesse, comme s'il avait honte d'avouer ce qu'il avait fait.
- Vous n'êtes pas sans ignorer le sortilège d'Impérium, Monsieur le Juge. Et personne dans cette salle non plus.
- Prétendez-vous que vous étiez sous l'emprise d'un autre mangemort lorsque vous avez commis ces crimes?
- C'est exactement ce que je prétends.
- Monsieur Malfoy, il est très facile pour nous de vérifier cette version sachant que le sortilège d'Imperium laisse une marque dans la chair de celui qui le reçoit.
Harry se dit que Hermione devait surement savoir cela.
- Oui Monsieur le juge.
- Alors, le temps que je fasse intervenir un médicomage, -il fit signe à son secrétaire -, vous pourrez peut-être nous dire qui vous avez lancé ce sort.
Encore une fois Draco baissa la tête, mais il la releva rapidement, et se tint aussi droit qu'on puisse l'être.
- Lucius Malfoy.
Un « oh » de stupéfaction d'éleva de la salle. Harry avait le cœur qui battait de plus en plus vite. En plus d'avoir été embarqué dans les délires de son père, ce dernier l'aurait forcé à torturer et à tuer une moldue.
Une médicomage entra. Elle portait une longe blouse blanche avec des coutures bleues. Elle souleva la manche du blond, et Harry put voir pour la seconde fois le tatouage des mangemorts incrusté dans cette peau si blanche. Elle eut un léger mouvement de recul, mais se reprit et appuya sa baguette au dessus de la marque. Elle ferma les yeux et une auréole jaune commença à s'élever autour de Draco. Le juge acquiesça de la tête. Mais avant que Draco n'ait pu s'extraire de l'emprise de la médicomage, l'auréole se changea en rouge violacé. La baguette plantée sur son bras s'envola et fut projetée à l'autre bout de la salle.
Harry s'interrogea. Puis il sentit une main sur sa jambe. Il se retourna. Hermione était à côté de lui. Il avait bien senti quelqu'un s'asseoir à côté de lui quelques minutes auparavant, mais il n'avait pas regardé de qui il s'agissait.
- Les trois sortilèges impardonnables laissent une trace sur ceux qu'ils touchent. Traces que les médicomages peuvent déceler grâce à un sort. Mais pour pouvoir les identifier, ils leur ont donné trois couleurs distinctes. Lorsqu'une personne à une aura jaune c'est qu'elle a été contrainte grâce au sortilège d'Imperium. Une aura rouge, un Doloris. Et je suis sure que si on te faisait le test, tu aurais une aura verte.
- Alors Malfoy a subi un Impérium… et un Doloris?
- Il semblerait. Mais est-ce que ça t'étonne vraiment? Il a trahi les mangemorts. Ils ont dû vouloir lui faire payer. C'est à cause de ça que son père est à St Mangouste. Comme pour les Londubats. Les Doloris l'ont rendu fou.
- BIEN! BIEN! Monsieur Malfoy. Vous êtes donc innocenté. Mais vos accusations de trahison sont toujours de vigueur.
Harry regardait Draco inquiet. Qu'allait-il pouvoir bien dire qui contenterait l'assistance?
- Un évènement de dernière minute pourrait vous valoir une grâce et vous rendre votre liberté. J'appelle à la barre des témoins : Harry Potter.
Toute la salle se tut et se tourna vers Harry. Hermione lui donna une tape dans le dos pour l'encourager. Tout le monde le fixait. Harry Potter le sauveur du monde sorcier était présent au procès d'un mangemort et, qui plus est, venait témoigner en sa faveur. Il se leva et alla s'installer à la place que lui indiquait le Juge.
- Alors Monsieur Potter. Vous auriez des informations capables d'innocenter Monsieur Malfoy?
- Oui Monsieur le juge.
- Et bien nous vous écoutons.
Harry regarda Draco. Celui-ci le regardait incrédule, la tête penchée sur le côté.
Harry inspira un bon coup et parla. Il leur raconta l'intégralité des faits s'étant déroulés au manoir Malfoy tout en regardant Draco dans les yeux.
- Enfin tout ça pour dire. Si Malfoy, euh… Draco Malfoy n'avait pas menti à Lestrange, aujourd'hui je ne serais plus là.
Le juge se frottait le menton d'une main.
- Oui. Mais avoir sauvé une personne ne rachète pas d'en avoir condamné autant. Vous étiez camarades à Poudlard, peut être ressentez-vous une empathie à voir un garçon de votre âge dans cette situation. C'est tout à fait louable bien sûr, mais…
- IL M'A SAUVÉ MOI! ET MOI JE VOUS AI TOUS SAUVÉS! ALORS, LAISSEZ-LE PARTIR!
Tout le monde regardait Harry qui venait de crier sa dernière phrase.
- Non, mais c'est vrai quoi, Malfoy il m'a sauvé! Reprit-il plus calmement, il ne mérite pas d'être en prison! Il mérite une médaille. Croyez-moi ça me fait déjà mal à l'égo de lui devoir quelque chose. Pourquoi n'iriez-vous pas trouver les mangemorts exilés plutôt? Pourquoi est-ce que vous vous acharnez sur lui? C'est le seul que vous ayez retrouvé? Malfoy n'est peut-être, et surement pas, un Saint. Mais en ayant été élevé comme un mangemort, il a réussi à prendre une décision qui aurait pu lui couter la vie. Et d'après ce que l'on vient juste d'entendre, il refusait de faire du mal à une moldue, si bien que son père l'a forcé afin de ne pas voir son fils se faire déchiqueter par le serpent de Voldemort. Qu'est ce que vous ne comprenez pas? C'était facile pour nous de nous rebeller contre l'oppression quand elle était dirigée contre nous. Ça l'était surement beaucoup moins de le faire en étant à l'intérieur. Quel choix un fils de mangemort pouvait-il avoir? Combien en connaissez-vous qui m'aurait sauvé? Moi? Leur ennemi numéro un? – L'assemblée frissonna - bon il me semble que j'ai fait ma part. Est-ce que je peux partir?
Il était sorti avec un drôle de sentiment qu'il ne pouvait expliquer. Hermione lui raconta qu'il avait libéré Draco grâce à son intervention. Elle eut l'intelligence de ne pas insister. Dès qu'il avait franchi la porte de l'appartement, il avait mis de côté cet épisode. Ne plus y repenser, oublier Malfoy et ce sentiment étrange de vouloir le protéger. De lui rendre la pareille.
Harry sortit de la salle de bain et se mêla aux autres garçons qui descendaient vers la grande salle. Ron cherchait Hermione des yeux et quand il la vit enfin, en train de discuter avec un préfet en chef, aussitôt il accourut vers elle, enlaça ses épaules et fit un grand sourire au Serdaigle afin de lui faire comprendre qu'elle n'était pas célibataire.
Harry sourit. Si Hermione était amoureuse du roux depuis des années, elle n'allait pas maintenant le laisser tomber pour un autre. Le comportement jaloux de son ami n'était pas logique. Mais l'amour n'est pas logique, alors!
Enfin ils s'installaient à table. Harry commença à discuter avec Hermione de Hagrid et de son départ tandis que Ron commençait à tenter de battre son propre record d'ingestion de nourriture. Lorsqu'il eut du jus de citrouille jusqu'au front, Hermione s'offusqua et lui lança un sort de nettoyage. Harry commença alors à parler avec la jeune fille qui était à côté de lui. C'est là qu'il sentit un regard insistant sur lui. De l'autre côté de la salle Draco Malfoy le regardait sa cuillère en arrêt à côté de sa bouche. Leurs regards se croisèrent et aucun des deux ne rompit le contact jusqu'à ce que Zabini tape sur l'épaule du blond.
À SUIVRE ...
