Bêta : Grealyl

Note : Je remercie tous ceux et celles qui ont mis cette histoire en alerte, en favori, qui m'ont laissé une review ou qui m'ont simplement lu. J'espère avoir répondu à tout le monde, si ce n'est pas le cas, faites-le moi savoir. Beaucoup se sont inquiétés, avec justesse d'ailleurs, que je sombre dans le cliché qu'on peut lire dans beaucoup de fictions traitant de ce thème, j'essaye que ce ne soit pas le cas, de toute manière ma bêta a pour mission de me coller son pied aux fesses si elle trouve que ça sombre dans le cliché ou le débile. J'espère avoir pu vous rassurer.

Avertissement : Je rappelle que cette fiction est la suite d'une autre fiction "Quelque chose de pourri au royaume de Merlin". Je vous conseille vivement de la lire si ce n'est pas déjà fait, juste par souci de compréhension de certains détails et pour comprendre un peu le caractère de Harry. J'ai fait mention dans la note en fin du dernier chapitre, que Drago n'est pas vraiment gentil. et je n'ai pas l'intention de le rendre tout beau tout mignon dans les chapitres à venir.


Chapitre 2

« Un élémental est issu, selon les légendes, de l'union magique de la Nature avec un homme. Aux filles issues de cette union, la beauté fut accordée. Quant aux garçons, chacun reçut un élément en parfaite harmonie avec son âme. Mais cette âme ne sera complète qu'avec un compagnon ou une compagne. Refuser l'amour d'un élémental est comme refuser l'amour de la nature et refuser la magie elle-même. Une fois la demande acceptée par le promis, l'élémental est en droit d'exiger que son futur époux ou sa future épouse demeure avec lui, afin d'accomplir le rite avant l'union. »

Extrait de La vie d'un élémental, par Ophiucus Caeli, élémental d'air.

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Harry resta statufié par l'annonce. Son cœur semblait même s'être arrêté et le jeune homme ne respirait plus. Ça ne pouvait être qu'une vaste plaisanterie. Drago Malefoy, la personne qui devait le mépriser le plus au monde, ne venait pas de le demander en mariage. Ce n'était pas possible.

Et pourtant, Harry dut se rendre à l'évidence, Drago était toujours planté devant Sirius, attendant quelque chose. Une réponse probablement. Harry pria Merlin et les fondateurs pour que son parrain dise non, même s'il savait au fond de lui que ce serait un oui. On ne pouvait pas refuser la demande d'un élémental sous peine d'aller directement à Azkaban. Car refuser un élémental, c'était refuser ce que la nature offrait.

- C'est, commença Sirius lentement, une proposition qui aurait mérité une certaine réflexion dans un autre cas. Cela dit, les circonstances font que je n'ai pas vraiment le choix que de donner une réponse maintenant.

- En effet.

Harry fixa son probable futur époux d'un air horrifié. Drago avait l'air joyeux. Mais en le regardant plus attentivement, Harry découvrit qu'il ne l'était pas. Le blond semblait presque dégoûté en posant son regard acier sur son futur mari.

Mépris ! Dégoût ! Harry était perdu. Non, il n'aimait pas Drago, pas après les insultes dont il le gratifiait lui, mais aussi ses amis dans les couloirs du collège Poudlard. Henry et Neville étaient les moins touchés mais Ron, Hermione et Harry en faisaient sans cesse les frais.

Harry n'avait jamais eu confiance en lui et craignait par-dessus tout le rejet des autres. Le rejet visible de Drago Malefoy alors que celui-ci l'avait choisi pour compagnon, le blessa plus qu'il ne l'aurait imaginé. Le jeune Potter avait toujours rêvé d'un mariage d'amour, comme Henry, qui sortait avec Ginny depuis près de six mois. Pas un mariage où son mari le méprisait clairement.

Il ne voulait pas rester là, pas quand son fiancé le toisait de cette manière, avec froideur et dédain.

Le jeune homme quitta sa place et courut hors de la pièce. Mais, avant qu'il n'atteigne l'escalier, Sirius l'avait rattrapé et ceinturé, les faisant tomber tous les deux sur une marche. Harry se sentait mal. Il n'arrivait pas à respirer correctement, il avait des sueurs et se sentait sur le point de vomir.

Severus, sortit lui aussi, entendit nettement la respiration rapide de son neveu et diagnostiqua une crise d'angoisse. Il disparut dans son laboratoire au sous-sol pendant que son mari essayait de calmer Harry en lui parlant.

Le temps de descendre dans son laboratoire et de remonter, la crise avait gagné en intensité. Severus donna à Sirius une potion calmante que l'homme parvint à faire boire à Harry. L'effet fut presque instantané.

- Ça va mieux ? s'enquit Sirius avant de se mordre la lèvre.

La stupidité de sa question lui sauta aux yeux. Non, ça n'allait pas mieux et Harry lui confirma cet état de fait en secouant la tête.

- Donne-moi une bonne raison pour accepter cette demande ? souffla le jeune homme d'une voix si basse que ses oncles durent tendre l'oreille afin de saisir ce qu'il avait dit.

- Drago est un élémental. Refuser serait un crime. Et tu le sais aussi bien que nous.

- Je... Je croyais que ma vie irait mieux, hoqueta Harry, que je pourrais faire comme Henry, me marier et fonder une famille. Je... Il me déteste. Ça se voit dans ses yeux. À chaque fois qu'il me croisait dans les couloirs, il m'insultait. Et ça n'a pas arrêté. Jamais. Même quand il a reçu son héritage. Ce jour-là, il a du savoir que c'était moi et il n'a pas changé. Qu'est-ce qui...

Harry ne termina pas sa phrase. Sa voix était montée dans les aigus et son corps était pris de tremblements. Il n'était pas loin de fondre en larmes. La potion calmante faisait encore effet sinon, nul doute qu'il aurait fait une bêtise ou une autre crise. Sirius le serra dans ses bras, comme lorsqu'il était plus jeune, pour apaiser ses angoisses ou le réconforter. Severus soupira. Ils comprenaient tous les deux le problème de leur neveu mais aucun ne pouvait y faire quoi que ce soit.

Quelques minutes plus tard, ils étaient de retour dans le salon, Sirius soutenant Harry qui semblait curieusement apathique. Le jeune homme fut assis dans un des fauteuils et ne bougea plus d'un pouce. Seule, Narcissa s'inquiéta de son état de santé, probablement parce qu'elle ne voulait pas d'un gendre amorphe et avec autant de conversation qu'une plante en pot. Lucius et Drago se contentèrent de lui jeter un coup d'œil, le plus jeune n'ayant pas bougé de sa place.

Sirius, une fois assis à sa place, se racla la gorge et sentit son estomac se nouer. Il n'avait aucune envie de faire ça mais il n'avait pas le choix.

- Moi, Lord Sirius Black, accorde à Drago Malefoy la main de mon filleul Harry Potter.

Et il se maudit pour ces mots formels mais qui scellèrent le destin de son filleul. Le visage de Narcissa s'éclaira d'un sourire joyeux. Lucius et Drago, eux, restèrent impassibles, même si l'on décela chez le père une pointe de soulagement.

Harry se croyait dans un cauchemar. Il était certain que le pire allait venir. Car la demande en mariage n'était rien à côté de ce qu'il redoutait. Le jeune homme avait rapidement parcouru le début d'un livre sur les élémentaires que Remus leur avait offert à lui et Henry, pour leurs quinze ans. Il en avait retenu que peu de choses mais, étrangement, certains détails lui revirent à l'esprit et il redoutait ce qui allait suivre.

- Maintenant qu'ils sont fiancés, j'en déduis que Harry doit venir avec vous, fit Severus comme s'il lisait dans ses pensées.

- C'est le point que je voulais aborder en second lieu, confirma Lucius, affable. Drago est en droit d'exiger que Monsieur Potter le suive, comme vous le savez.

Voilà exactement ce que le jeune homme redoutait. Ce point-là. C'était pire encore que la demande en mariage, du moins à ses yeux. Le livre mentionnait – et Harry s'en souvenait car ce détail l'avait interpellé – qu'il s'agissait là d'un moyen plus sûr pour l'élémental d'accomplir le rite jusqu'à l'union mais Harry savait également que c'était un moyen déguisé d'éviter que le promis ou la promise ne s'engage dans une autre relation en parallèle.

Harry aurait bien voulu mourir sur le champ ou tomber évanoui mais Merlin semblait absent et le département des miracles avait l'air d'avoir pris des congés. Le brun n'avait aucune envie d'aller au manoir Malefoy, pas plus qu'il n'avait envie de se marier avec Drago. Et à bien regarder son futur époux, celui-ci ne semblait pas le vouloir non plus. Pourtant, il n'avait pas le choix.

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Harry monta d'un pas lourd les marches de l'escalier de bois et se traîna jusqu'à sa chambre avec l'impression de porter le monde sur les épaules. Il n'avait rien demandé à personne et voilà qu'on le nommait compagnon de Drago Malefoy. Difficile de faire pire.

D'accord, l'héritier Malefoy était beau et bien fait de sa personne mais il avait un caractère passablement exécrable pour ne pas dire impossible.

Arrivé dans sa chambre, Harry regarda sa valise qu'il n'avait pas encore défaite. Conscient qu'il ne reviendrait pas des vacances, il récupéra ses affaires d'école et les rangea lentement dans sa malle. Il prit des vêtements, les plus beaux de sa garde-robe et plus adaptés au monde sorcier que ceux qu'il porte en général qui sont moldus.

- Tu as besoin d'aide ?

Harry bondit et se retourna pour tomber nez à nez avec Sirius qui le regarde avec un air désolé. Le jeune homme ne peut pas s'empêcher de lui en vouloir. C'était stupide car son parrain n'avait pas d'autre choix que de dire oui, sous peine d'un aller simple pour Azkaban, mais Harry lui en voulait.

- Non, rétorqua-t-il froidement en essayant de refouler ses larmes – il n'était pas une fille que diable, il n'allait pas pleurer !

- Harry...

- Oncle Sirius, s'il te plaît, laisse-moi.

- Je sais que...

Si Sirius continuait comme ça, Harry sentait qu'il ne tiendrait pas longtemps avant d'exploser ou pleurer voire les deux. Et il n'était pas question que ça arrive. Contrairement à ce qu'il espérait, Sirius entra dans la chambre et s'agenouilla aux côtés de son filleul.

- Qu'est-ce qui ne va pas ?

- À ton avis ? !

Sirius se releva et toisa son filleul de ses yeux gris qui étaient devenus plus sombres. Il était en colère.

- Harry, je sais que tu n'acceptes pas cette situation et je le comprends tout à fait mais ça ne te donne pas la permission de me parler sur ce ton ! Me suis-je bien fait comprendre ? !

Harry baissa les yeux, se tassant malgré lui, conscient qu'il avait été trop loin même s'il n'avait pas dit grand-chose. Mais Sirius ne supportait pas l'insolence, bien qu'il l'ait été dans sa prime jeunesse.

- Tu veux en parler ? reprit Sirius d'une voix plus douce.

- Parler de quoi ? murmura Harry.

- Savoir comment tu te sens, comment tu prends tout ça.

- Je croyais en avoir parlé tout à l'heure, dans le couloir. Ça n'a pas changé. Je suis toujours... je veux dire que je n'arrive pas à y croire. Je vais me marier avec la dernière au monde qui veut de moi.

Sirius sembla prendre conscience d'un détail que jusque là, il avait ignoré. Harry disait surtout qu'il n'aimait pas Drago et que c'était réciproque, mais pas qu'il ne pouvait pas l'épouser parce que c'était un garçon.

- Harry, tu es gay ?

Le concerné rougit. Il avait gardé soigneusement cette information pour lui. Seul Henry le savait et ce, depuis qu'il avait vu son frère regarder les fesses de ses coéquipiers de Quidditch l'année précédente. C'était d'ailleurs lui qui l'avait orienté sur sa sexualité en lui parlant. Certes, des rumeurs courraient depuis longtemps sur ça mais rien n'avait jamais été pris au sérieux.

- Je crois.

- Comment ça ?

- Je n'ai jamais... comment dire... Henry a vu que je regardais surtout les garçons et pas les filles. Il m'en a parlé et j'ai découvert que les mecs m'intéressaient plus mais je n'ai jamais eu confirmation. Je veux dire, je n'ai jamais embrassé de filles ni de garçons. Donc, je ne sais pas vraiment.

- Donc, le fait que de te marier avec un garçon ne te dérange pas.

- Je... Je n'y ai pas vraiment réfléchi.

Et c'était vrai. Harry s'en rendit compte. Il n'avait pas pensé un seul instant qu'il épouserait un garçon.

- C'est juste que c'est Malefoy qui me dérange. C'est cette histoire aussi. J'ai... je ne sais pas comment dire.

- Essaie quand même, fit doucement Sirius.

Harry prit une profonde inspiration avant de focaliser son regard sur un point du mur.

- J'ai l'impression que tout ça n'est qu'une vaste machinerie. Malefoy m'a demandé en mariage mais lui même n'avait pas l'air ravi. Je croyais que les élémentaires étaient amoureux de leur compagnon ou compagne mais je me suis trompé. Et lourdement. Tu aurais vu le regard qu'il m'a jeté, finit-il en fixant Sirius.

- J'ai vu le regard de Drago. Moi non plus je ne comprends pas. Malheureusement, il n'est pas question que toi et moi prenions le risque de refuser.

- De toute manière, c'est trop tard. Il faut que je finisse ma malle.

D'un coup de baguette, les affaires de Harry se rangèrent dans sa malle, correctement pliées, malle que Sirius envoya ensuite d'un autre coup de baguette dans le hall.

- Je n'ai pas envie d'y aller, murmura Harry qui se retenait de pleurer depuis que Sirius était entré.

Son parrain ne répondit rien, il se contenta de serrer le jeune homme dans ses bras et de le bercer doucement.

- Jure-moi que tu ne diras rien à Henry, murmura Harry.

- Sûrement pas, s'exclama Sirius en agrippant son filleul par les épaules.

- S'il te plaît. Je ne veux pas qu'il sache.

Les yeux verts de Harry étaient brillants de larmes contenues. Sirius ferma les siens et soupira. Il ne pouvait pas promettre une telle chose parce que Henry devait être mis au courant.

- S'il te plaît, murmura Harry.

- Il ne saura rien, promit Sirius dans un soupir. On y va ?

Ensemble, ils descendirent dans le salon où les attendaient les Malefoy, prêts à partir. La malle dans l'entrée avait disparue, sans aucune doute déjà au manoir Malefoy. Harry eut à peine le temps de dire au revoir à Severus que Drago l'empoigna par le bras et le poussa dans la cheminée. L'instant d'après, le jeune Potter fut éjecté hors de l'âtre, à plat ventre, le nez sur du marbre. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas atterri aussi peu gracieusement.

- Pitoyable, fit une voix dans son dos.

Harry se retourna et vit Drago le toiser. Le brun sentit ses joues brûler sous l'humiliation et se hâta de se relever mais son fiancé n'eut pas le temps de dire grand-chose de plus, les flammes de la cheminée devinrent vertes et les deux garçons reculèrent. Narcissa apparut rapidement suivie par Lucius. Les époux dégageaient une classe indéniable mais également une froideur à toute épreuve. Harry ne se sentait pas à sa place et il n'avait qu'une envie: rentrer chez lui. Mais voilà, ce n'était pas possible.

- Dobby ! appela le maître de maison.

Un elfe apparut dans un crac sonore et s'inclina. Son grand nez frôla le sol.

- Conduis donc notre invité dans ses appartements ! Considère-le comme un membre de la famille !

Toute amabilité et chaleur semblaient avoir totalement disparu, remplacées par un milieu peu accueillant et pour le moins réfrigérant. De quoi ne pas se sentir chez soi. Était-ce le but ? Déstabiliser les petits-amis ou petites-amies ? Les faire fuir ? En tout cas, c'était réussi. Harry sentit comme une pierre tomber dans son estomac alors que la petite créature grisâtre aux yeux globuleux et aux oreilles pointues s'inclinait respectueusement. Le jeune homme se revit au manoir Donewood avec la même attitude, repensa à Lotty, et le souvenir le fit serrer les poings.

Dobby passa devant Harry qui le suivit mécaniquement, une boule au ventre et la rage aux dents.

L'elfe le conduisit à travers les étages, en silence. Harry regardait le trajet, cartographiant la route pour ne pas se perdre. Le manoir était plus grand que celui des Donewood, et tout aussi labyrinthique, si ce n'est plus. Ici, par contre, tout respirait le luxe et la distinction. Les Malefoy avaient de l'argent et le montraient fièrement. Le jeune homme n'avait aucune idée de la valeur des objets qui meublaient les couloirs ou certaines pièces qu'il pouvait voir en passant devant, mais ça devait coûter une fortune.

Finalement, Dobby s'arrêta devant une double porte fermée.

- Vos appartements Maître Harry Monsieur, couina l'elfe en s'inclinant.

L'appellation cloua Harry sur place. On ne l'avait jamais appelé comme ça et il n'était pas sûr d'aimer. Lotty l'appelait 'petit', Balthazar employait un autre terme jusqu'à ce qu'il lui dise qu'il s'appellerait Orion Donewood et qu'il valait mieux pour lui de ne pas l'oublier. Les autres elfes du manoir, eux, ne l'approchaient pas ou restaient muets quand il était près d'eux.

Les appartements étaient magnifiques. Le salon et la chambre attenante étaient décorés dans des tons clairs et lumineux, parfaitement coordonnés au linge de lit et aux rideaux. Les bibelots posés ça et là et les meubles d'excellente facture se fondaient très bien dans le décor. Harry n'en revenait pas.

- Dobby espère que la chambre plaît à Maître Harry Monsieur, couina Dobby.

- C'est... parfait.

C'était tellement splendide que sur le coup, Harry était presque content de se marier. Mais il se reprit bien vite.

- Dobby est ravi, Maître Harry Monsieur, reprit la petite créature qui sautillait presque de joie à l'idée d'avoir fait plaisir.

Harry serra les dents à cette appellation mais il ne pouvait décemment pas reprendre le pauvre elfe qui risquerait d'aller se punir. Pour un elfe de maison, le protocole et le respect des ordres étaient très importants. Y déroger les obligerait à s'infliger des douleurs inutiles.

- Maître Harry Monsieur a-t-il encore besoin de Dobby ?

Le jeune homme secoua la tête, le regard fixé sur ce qui était maintenant sa chambre. Il ne vit donc pas Dobby s'incliner bien bas mais entendit le craquement sonore, signe que l'elfe était parti. Lentement, Harry fit un premier pas. Sa malle était déjà là, fermée, n'attendant que lui. D'habitude, il l'aurait défaite mais là, il se l'interdit. Cet endroit était trop beau pour que ce soit à lui et Harry s'attendait à ce qu'on lui dise que c'était une blague et qu'il allait déménager, sans vraiment savoir pourquoi il pensait une telle chose puisque, jusque là, personne n'avait repris ce qu'on lui avait donné. Il laissa donc son bagage et se dirigea vers la fenêtre. La vue était superbe et donnait sur un parc gigantesque qui n'était pas sans rappeler celui des châteaux français. La pelouse bien grasse était parfaitement entretenue, les massifs étaient taillés, ainsi que les haies. Plus loin, au bout d'une allée de graviers blancs, Harry put apercevoir une fontaine.

- Monsieur Potter ? fit une voix féminine dans son dos.

Harry se retourna prestement, tendu et sur le qui-vive. Narcissa Malefoy se tenait au milieu du petit salon privé, belle comme le jour avec ses cheveux d'un blond clair, sa peau pâle et sans la moindre imperfection à part quelques rides d'expression qui apparaissaient, la rendant plus belle encore et sa robe taillée sur mesure qui lui allait à ravir.

- Je vous dérange ?

- Non Madame, se hâta de répondre le jeune homme en bafouillant.

Il sentit ses joues brûler. Il devait être d'un beau rouge écrevisse. Narcissa le toisa d'un œil amusé, un sourire imperceptible étirant ses lèvres.

- La chambre vous plaît-elle ? demanda-t-elle en parfaite hôtesse de maison.

- Oui Madame, elle est parfaite.

- Vous m'en voyez ravie. J'ai quelque chose à vous remettre. Un cadeau d'anniversaire un peu en retard en quelque sorte. Vous m'excuserez de ne pas vous l'avoir emballé.

Elle tendit à Harry un livre avec une couverture en cuir souple ainsi qu'un assortiment de plumes et d'encre. Le jeune homme récupéra les objets sans vraiment savoir pourquoi on lui offrait de telles choses. Son air perplexe fit sourire sa future belle-mère.

- Ceci est un journal vierge que chaque compagnon ou compagne d'un élémental de la famille Malefoy donne à son gendre ou sa belle-fille afin qu'il ou elle puisse le remplir. Un moyen de laisser une trace.

Harry voulut rétorquer qu'il ne tenait pas de journal intime et qu'il ne voulait pas laisser de trace mais la réplique ne passa pas la barrière de ses lèvres.

- Je sais ce que vous pensez, je pensais la même chose avant vous. Un journal intime ? En voilà une idée stupide. Mais vous devez comprendre, Monsieur Potter, qu'il s'agit là de laisser un témoignage pour les futurs compagnons ou les futurs compagnes et de les aider à comprendre ce que vous et moi avons vécu. Les aider à accepter leur condition. Il y a dans la bibliothèque que Drago se fera une joie de vous montrer l'ensemble des journaux des compagnons ou compagnes des élémentaires de notre famille. Vous y avez évidemment accès. Concernant le votre, le nombre de pages est illimité.

Le jeune homme baissa les yeux sur le carnet. Vu sous cet angle, ce n'était pas une mauvaise idée. Narcissa souriait toujours de cette façon étrange, les lèvres à peine étirées, dégageant une impression dérangeante de fausseté.

- Je suis ravie de voir que vous comprenez. Je vais vous laisser vous installer. En cas de soucis, appelez Dobby. Il vous aidera au moindre problème. Et avant que je n'oublie, considérez-vous comme chez vous.

Sur ce, elle le laissa seul. Harry retourna à la fenêtre et à la contemplation du parc. Il ne se considérait pas comme chez lui et doutait y arriver un jour. Cette maison n'était pas celle de ses oncles, plus petite et plus chaleureuse. Ici, les habitants avaient tous cette expression neutre et impassible ou ce petit sourire presque hypocrite, même dans le cercle familial. Et surtout, il n'y avait pas Henry.

En pensant à son frère, Harry soupira. Son frère n'était pas au courant. Mais nul doute qu'il le serait rapidement. Severus allait lui apprendre la nouvelle puisqu'il n'avait rien promis au futur Malefoy. Henry allait certainement s'énerver, tempêter, traiter son jumeau de tous les noms possibles imaginables avant de lui envoyer Helga, sa chouette, afin d'avoir plus d'explications et Harry ne pourrait rien lui cacher, il cracherait le morceau.

Dans le ciel, le soleil commençait doucement sa descente vers l'horizon. Harry aimait bien cette heure de la journée où les rayons semblaient enflammer tout ce qu'ils éclairaient. C'était un spectacle dont le jeune homme ne se lassait pas. Il pouvait rester des heures à contempler l'astre baisser.

Un crac le fit sursauter pour la deuxième fois. Il reconnut le bruit caractéristique du transplanage des elfes de maison.

- Maître Harry Monsieur, Madame Malefoy Madame vous faire dire que le repas est servi et que tout le monde vous attend dans la salle-à-manger, couina Dobby.

Repas ? Salle-à-manger ? Harry s'étonna presque qu'il soit si tard. Après tout, il était à peine dix-huit heures quand il était parti. Quelle heure pouvait-il être ? Plus tard qu'il ne le pensait, sûrement. C'était l'heure de manger. Mais Harry n'avait pas faim. Il avait perdu l'appétit au moment où Drago avait fait sa demande.

Néanmoins, refuser de se rendre au dîner parce qu'il ne se sentait pas bien serait un manque d'éducation puisque Narcissa venait de le quitter en bonne santé, alors il suivit l'elfe à travers les couloirs. Lui qui avait cru avoir mémorisé le trajet, il se rendit compte qu'il s'était fourvoyé. Le décor autour avait changé. Rien ne semblait être à la même place. Pourtant Harry pouvait se vanter de posséder une excellente mémoire photographique, c'était ce qui le sauvait la plupart du temps en cours. Là, sa mémoire lui faisait défaut. La preuve, l'immense tableau représentant une jeune femme d'une beauté incomparable situé à quelques mètres des escaliers n'était pas là. Certes, les tableaux bougeaient mais tout de même, Harry se serait souvenu du fauteuil. Une pièce comme ça, ça ne s'oubliait pas ! Une superbe bergère recouverte d'un tissus d'un beau rouge bordeaux. Non, il ne l'aurait pas oublié.

Deuxième preuve qu'ils n'avaient pas pris le même chemin, ils arrivèrent en haut des marches de l'escalier à double envolée taillé dans la pierre, par l'autre côté. Harry ne posa pas de question mais il sentait qu'il allait rapidement devoir demander de l'aide pour s'y retrouver.

Dobby le laissa devant la double porte de la salle-à-manger et disparut dans un crac sonore. Harry se sentit perdu et se demandait si on l'attendait vraiment ou s'il pouvait rebrousser chemin et retourner – à condition qu'il retrouve son chemin – dans sa chambre.

Malheureusement pour lui, son idée de fuite tomba à l'eau quand son fiancé apparut derrière lui.

- Tu attends quoi pour entrer ? claqua Drago. Une autorisation ?

Le regard de mépris qu'il reçut par la suite, glaça Harry jusqu'au sang. Pourquoi avait-il l'impression de n'être rien de moins qu'un insignifiant insecte que Drago aurait volontiers écrasé ? Le blond ouvrit les portes d'un geste brusque et entra, son fiancé sur les talons. Les époux Malefoy étaient déjà à table, attendant les absents. Harry remarqua qu'ils s'étaient changés. Lui avait gardé ses vêtements qu'il portait depuis le matin, il détonait un peu.

- Je commençais à craindre que vous ne veniez pas Monsieur Potter, s'écria Narcissa. Et je suis navrée, j'ai manqué à tous mes devoirs en oubliant de vous prévenir de l'heure du dîner.

Pour un peu, Harry aurait souri. Narcissa semblait s'acharner pour qu'il se sente à l'aise ici. Peut-être avait-elle été comme lui, perdue au milieu de tout ça. Ou peut-être pas. L'hypocrisie semblait être l'apanage des riches. Mais quand elle lui fit signe de s'asseoir à sa droite, il se demanda si elle était vraiment hypocrite, ou bien juste maladroite dans sa sincérité.

Les deux garçons prirent place, l'un en face de l'autre tandis qu'un vieil elfe tout ridé commençait à faire le service. Harry laissa son regard dériver. La pièce était petite pour une salle-à-manger, surtout avec un manoir de cette taille mais sans doute était-ce celle utilisée juste pour les repas familiaux et qu'il y en avait une autre. Probable. Le jeune homme ne put qu'apprécier le goût certain de la décoration. Elle n'était pas surchargée et les couleurs claires mettaient la pièce en valeur. Encore une fois, tout ici respirait le luxe.

Harry se concentra ensuite sur son repas mais il savait déjà qu'il aurait du mal à avaler le plus petit plat. Il devait cependant faire bonne figure et manger ce qu'il avait dans son assiette. La première bouchée fut un calvaire.

Le reste du repas ne fut pas mieux. Personne ne parla. Seuls les bruits des couverts contre la porcelaine résonnaient. Harry n'était pas bien ici. Il voulait partir. Ou aller dans sa chambre et se coucher. Mais ce n'était pas pour tout de suite. Les Malefoy, en sortant de table, se dirigèrent vers une pièce attenante qui devait être le petit-salon. Drago le poussa à entrer à son tour et c'est à peine s'il ne le jeta pas dans un fauteuil. Le thé coula dans des tasses et des gâteaux étaient empilés sur une assiette. Si le dîner n'avait pas fait envie à Harry, les pâtisseries étaient son pêché mignon. Il se sentait saliver et ne put détacher son regard des petites tartelettes qui avaient l'air délicieux.

Il vit Narcissa se servir, attendit que Drago et Lucius en fassent de même, et put enfin prendre une tartelette à la fraise. La première bouchée faillit le faire gémir. Il ne s'en lassait pas. Oubliant totalement où il était et laissant le goût sucré des fraises et de la crème ravir ses papilles, le jeune homme se laissa aller dans son fauteuil. Là, c'était le paradis. Elles étaient plus que délicieuses, elles étaient divines. Meilleures que celles de Poudlard et c'était peu dire. Il faudrait sincèrement qu'il aille remercier la personne qui préparait ces pâtisseries. C'était un génie.

Il ne put s'empêcher de prendre une deuxième tartelette, au kiwi celle-ci et la dégusta avec autant de passion que la première. Il oublia où il se trouvait et ne remarqua pas qu'on le regardait avec amusement pour Narcissa, mépris pour Drago et étonnement pour Lucius. Mais personne ne dit rien.

Vingt-deux heures sonnèrent quelque part dans le manoir. Le thé et les tartelettes disparurent à la plus grande horreur de Harry qui n'avait pas pu goûter celle à la pêche. Il faillit pleurer en fixant l'endroit où se trouvait l'assiette avant de se volatiliser, espérant vainement qu'elle reviendrait. Au lieu de ça, ce fut Dobby qui apparut devant lui pour l'accompagner à sa chambre.

Beaucoup plus tard, Harry était assis par terre près de la fenêtre, une couverture sur ses épaules et un oreiller dans son dos. Il aurait pu s'allonger dans le lit mais il savait qu'il ne dormirait pas. Pas la première nuit. Et il souffrait toujours de ces insomnies.

Le regard perdu dans l'immensité du parc qu'il voyait à travers la vitre, Harry ferma les yeux doucement, sans s'en rendre compte et se laissa sombrer dans le sommeil, alors que paraissaient les premières lueurs de l'aube.

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Cela faisait quinze jours que Harry habitait au manoir Malefoy. Il commençait tout juste à se retrouver dans les couloirs. Dobby lui avait fait visiter le domaine. Ça aurait dû être Drago mais le jeune homme avait prétexté avoir du travail en retard. Il n'en avait pas fallut plus à Harry pour comprendre qu'il s'agissait d'un mensonge éhonté. Le jeune Potter était toujours aussi perdu par le comportement inexplicable de son fiancé. Celui-ci lui parlait à peine, sauf pour lui aboyer dessus ou l'insulter lorsqu'ils n'étaient que tous les deux – ce qui était rarissime – et la plupart du temps, ils ne s'adressaient pas la parole. Lorsqu'ils se voyaient, Drago avait pour unique occupation de faire comprendre à Harry qu'il le considérait comme un moins que rien, et celui-ci devait avouer qu'il y parvenait extrêmement bien.

Harry avait trouvé la bibliothèque au bout de deux jours et s'astreignait à deux heures de lecture de journal par jour. C'était largement suffisant puisque la lecture en elle-même était une tâche fastidieuse. Les écritures étaient souvent difficiles à déchiffrer voir impossible et malgré le sort de conservation qui avait jeté sur les pages afin de rester lisibles, l'encre avait disparu à divers endroits, laissant des blancs. Lui-même avait commencé son propre journal. Il ne parlait que de sa relation, ou plutôt de l'absence de relation avec son élémental et put voir que les autres avant lui en avaient fait de même.

Le jeune homme avait fait le compte du nombre de journaux. Quarante-trois qui couvraient près de neuf cent ans ans de souvenirs et de témoignages de compagnons et compagnes d'élémentaires, Harry ne compta aucune vélane, à croire qu'il n'y avait que des descendants mâles. Dans la bibliothèque, le dernier journal à être présent était celui de Dragonnia Malefoy, épouse d'Abraxas Malefoy, élémental d'eau. Celui de Narcissa était absent, mais peut-être l'utilisait-elle toujours. Avec celui de Narcissa et le sien, le total s'élevait à quarante-cinq.

Au fur et à mesure de ses lectures, Harry prit conscience que les compagnes et compagnons des élémentaires avaient vécu des choses différentes les uns des autres. Que les élémentaires n'agissaient pas de la même manière même s'ils étaient du même élément. Il retrouva des similitudes mais en général, c'était différent. Juste dans leur façon de se comporter. Mais Harry mit ça sur le compte de l'époque.

Il avait également remarqué que jamais il n'y avait eux deux élémentaires d'eau, de feu, de terre ou d'air qui se suivaient et qu'être un élémental de terre était très rare. Sur presque un millénaire, seul Thuban Malefoy, né Orlinov, avait eu un compagnon qui maîtrisait la terre : Alshain Malefoy. Et ça remontait au seizième siècle. Ce fut, selon Harry, une relation parfaite du début à la fin. En comparaison, la sienne était un désastre mais lui ignorait encore quel était le signe de Drago.

Le reste de sa journée, il la passait dehors dans le parc ou dans sa chambre à écrire à ses oncles et Henry à qui il n'avait toujours pas dit la vérité. Jamais Drago ne venait le voir de lui-même et Harry en était soulagé. Il était incapable de savoir comment se comporter et il n'avait pas envie de supporter la froideur ou l'indifférence de son fiancé. Ils ne se voyaient qu'aux repas et ça semblait être largement suffisant.

Ce fut dans le parc, au beau milieu de sa promenade quotidienne, que Drago le trouva. Celui-ci ne put s'empêcher de lui jeter un regard dédaigneux et de le toiser de la tête aux pieds. Harry rougit un peu en se souvenant qu'il était pieds-nus. Petit, il n'avait jamais porté de chaussures, ses pieds s'étaient habitués à marcher n'importe où et il ne sentait plus rien. La première fois qu'il avait mis des chaussures, il avait souffert. Ça avait été une torture. Même maintenant, il passait le plus clair de son temps pieds nus pendant les vacances car, avec les grosses chaleurs, il supportait difficilement autre chose.

- On ne t'a jamais appris que dans le monde civilisé, on portait des chaussures ? Tu te crois où ? Chez les sauvages ? !

Apparemment, Drago avait décidé de jouer la carte du sarcasme.

- Bref, je ne suis pas là pour tenter de rattraper ton éducation, c'est trop tard.

- Tu es là pour quoi alors ? tenta Harry en essayant d'ignorer l'insulte à peine voilée.

Un claquement de langue le fit taire. Drago prit un Harry perdu par le bras, et le traîna à sa suite. La poigne exercée fit siffler le jeune Potter de douleur mais son fiancé ne le lâcha pas et ne desserra pas sa prise. Ils se dirigèrent vers le manoir et une fois à l'intérieur, ils allèrent jusqu'au petit salon désert à cette heure de la journée.

Drago poussa Harry au beau milieu de la pièce et referma les portes.

- Une heure ! C'est le maximum que je passerai avec toi aujourd'hui.

- Mais...

- Tu te tais ! Je ne veux pas t'entendre. Ta vue m'est déjà insupportable, il est hors de question que j'entende ta voix. Mère souhaite que nous nous entretenions tous les deux sur notre avenir. Nous allons le faire mais avant mettons les choses au point tous les deux. Ce qui veut dire que je parle et que tu te tais. Je ne t'aime pas et je ne comprends toujours pas pourquoi ma magie t'a choisi toi. J'aurai préféré Rusard. Mais bon, j'ai eu un crétin binoclard, pas fichu de mettre des chaussures, incapable de s'habiller et physiquement... Non, je préfère taire cette partie, je n'ai pas envie de te faire pleurer.

Trop choqué par les propos de Drago, Harry resta assis là, la bouche ouverte, incapable de réagir ou de contrer et insulter à son tour son fiancé. Se prendre un coup de couteau ou une paire de baffe lui aurait sans doute fait moins mal. Il savait qu'il n'était rien mais l'entendre ne faisait que confirmer ses doutes et ça faisait mal.

- Bien, reprit Drago, une bonne chose de fait. Maintenant passons à la suite. Le mariage et la façon dont on va vivre à Poudlard pour notre dernière année.

- Pardon ?

- Ce que j'ai dit tout à l'heure, Potter, est encore valable. Je parle et tu te tais. Je ne veux pas entendre ta voix. J'espère que pour ton petit cerveau, c'est un ordre que tu pourras exécuter sans trop de problème, à moins que ça ne soit trop dur à comprendre. Dans ce cas-là, je ne peux rien pour toi.

Feu. Ce fut la seule chose à laquelle pensa Harry en entendant la diatribe cassante de Drago. Son fiancé était un élémental de feu, ça correspondait tout à fait à ce que Harry voyait.

- Je vois que finalement tu es plus intelligent que je ne le pensais, fit Drago alors que Harry n'avait pas bronché face à ses insultes. Mère a prévu une date pour le mariage, il est fixé à la mi-septembre. Je n'y vois pas d'objection. Pour le reste, évidemment, jusqu'à ce que nous soyons mariés, il est évident que tu resteras loin de moi. Pour la suite, on verra le moment venu.

Harry se rendit compte que son avis ne serait pas écouté et que tout avait déjà été décidé, sans lui alors qu'il était le premier concerné. Ce constat l'énerva. Il n'écoutait plus Drago parler, il s'en fichait puisque son fiancé lui expliquait toutes les décisions prises. Il se leva et allait quitter le petit-salon pour trouver un elfe et ainsi demander une entrevue avec sa future belle-mère. Il acceptait les insultes mais pas qu'on décide de tout à sa place, surtout pas le jour qui devait être le plus beau de sa vie, même si ce dernier point semblait plutôt compromis. Mais, avant qu'il n'ait eu le temps d'atteindre la porte, une main s'abattit sur son poignet et le força à se retourner pour tomber nez à nez avec les orbes grises d'un Drago furieux.

- Tu vas où là ? éructa Drago.

La colère de Drago coupa toute velléité chez Harry et le jeune homme se sentit trembler. Il aurait voulu se sentir plus fort et repousser son fiancé, lui asséner ses quatre vérités à son tour mais rien ne sortit de sa bouche à part un couinement quand la main du blond serra sans scrupule son coude.

- Nous n'avons pas fini ! Alors assis ! ordonna Drago en l'envoyant dans un fauteuil que Harry rata et il finit par se retrouver par terre, sa tête tapant durement contre le parquer recouvert d'un tapis magnifique.

Oui, Drago Malefoy était un élémental de feu. En parfaite harmonie avec son âme et son caractère dominateur, exclusif et violent. Et son air de fou furieux fit peur à Harry qui se tassa comme il put contre l'un des pieds du fauteuil.

- Que les choses soient bien claires, Potter, tu fais ce que je te dis !

Devant l'absence de réponse de Harry et les yeux de son vis-à-vis révulsés de terreur, Drago lui ordonna de déguerpir.

Harry courut dans le parc jusqu'à sentir ses poumons demander grâce. Là, il tomba à genoux dans l'herbe et se laissa aller. Il hurla toute sa rage, sa peine et ses peurs avant de s'allonger, enfin calmé et, rompu de fatigue à cause de ses insomnies qui continuaient, il s'endormit.


À suivre


Pour les clichés, faites-moi savoir ce que vous ne voulez pas lire, je vous dirais s'il y a ou non ^^